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EAN : 9782226215284
272 pages
Albin Michel (18/08/2010)
2.95/5   10 notes
Résumé :
Février 1939. Franco au pouvoir, l'armée républicaine vaincue se replie vers la frontière française. A. et ses troupes fuient villes et villages dévastés pour rejoindre le centre de triage de La Tour de Carol. Tourneur ajusteur chez Hispano Suiza à Barcelone, membre de la CNT, A. a fait partie de la colonne Durruti, participé à la bataille de Teruel puis à la traversée de l'Ebre, laissant derrière lui Andrea et Carmen, son épouse et sa fille.Né en 1944 à Bayonne d'u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
J'ai lu ce livre dans le cadre d'un partenariat avec Blog-O-book (BoB) que je tiens à remercier vivement et les éditions Albin Michel que je tiens à saluer également.


Pour résumer brièvement l'histoire, Tony Cartano tente, dans un roman qui se veut autobiographique, de retracer l'histoire de son père. Une histoire enveloppée de non-dits, de mystères... quelque chose de déroutant pour son fils, Antonio, né d'un deuxième mariage. Ce dernier va alors mettre bout à bout tout ce qu'on aura bien voulu lui raconter, et va mêler réalité et fiction afin de donner une certaine image, une quasi- identité à ce père. Et s'il y a autant de silence autour de la figure du Paternel, c'est aussi parce que vient se mêler, en fond, la guerre d'Espagne.



Je suis assez partagée quant à mon ressenti face à la lecture de ce livre. En effet, on ne tient pas là, à mon avis, le best-seller de l'année. Sur le plan stylistique, l'écriture est simple quoique fluide. Etant originaire moi-même du sud de la France, j'ai lu avec plaisir quelques évocations de lieux connus. Pourtant, je n'ai pas dévoré ce livre comme je peux le faire lorsque je suis vraiment intéressée. Car, en prenant du recul et en toute objectivité, je me dis que si je suis allée jusqu'au bout de l'ouvrage, ce n'est pas pour l'histoire en elle-même. Non, c'était justement parce qu'il y avait quelques fragments qui me rappelaient ma région. Je m'attendais à ce qu'il y ait une analyse plus poussée de la guerre d'Espagne ou, du moins, sans vouloir aller jusque là, une évocation en profondeur. Là, elle reste vraiment en second plan, mis à part pour quelques passages, trop rares à mon goûts. Ceci dit, le but de Tony Cartano n'était pas, je pense, de faire un roman historique non plus. Néanmoins, cet événement reste lié à sa famille et je regrette un peu qu'il ne soit resté qu'en arrière-plan.
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Curieux ouvrage. La quatrième de couverture annonce une réécriture de l'histoire vécue ou fantasmée dans un récit aussi ambitieux que personnel, dont acte. Je suis déçu. Que Tony Cartano, Directeur littéraire aux Presses de la Renaissance (Des livres pour construire l'Homme) nous ouvre une porte et nous permette de voir la guerre civile espagnole de l'oeil d'un fils de commissaire politique révolutionnaire m'a passionné. Mais, pour moi, cela n'est possible que par une mise en perspective, si le récit est rééquilibré par les connaissances des faits historiques réels même controversés, que les méchants ne soient pas toujours les mêmes et que l'écriture soit aussi légère que le contexte est difficile.

Malheureusement le texte ne s'élève pas au-dessus de la dogmatique. J'aime chez A, cette promptitude à la colère, à l'indignation, au dégoût et aussi le goût d'une certaine qualité d'héroïsme, ce que Stendhal eût appelé son espagnolisme. Mais les choses sont ainsi faites que si le lecteur est de gauche, il retrouve le discours habituel sur la guerre d'Espagne, si il est de droite, il lâche le livre au bout de 20 pages en se disant que A est un terroriste et que Franco avait bien raison et si, comme moi, il recherche une réalité composite, il sera coincé dans une réécriture partiale de l'histoire alimentée par des jugements hâtifs sur la politique contemporaine comme “L'identité nationale n'avait probablement pas les relents nauséabonds d'aujourd'hui. ”

En bref, déçu et désappointé, j'ai fermé le livre en son milieu, près de 120 pages tout de même, lassé à la fois d'une écriture lourde contrastant avec le talent habituel de Tony Cartano et de ce choix de mélange des genres qui désarme le lecteur perdant sa faculté de jugement, de critique, ne sachant plus, dans un contexte historique précis, ce qui tient de l'imaginaire et de la fiction et de l'opinion.

“Pour tout dire, à rebours, qu'est-ce qu'un héros ? le débat a eu lieu, à de multiples reprises. Et la question reste ouverte. A-t-elle vraiment un sens ? Aujourd'hui, soixante ans plus tard, je soupçonne que non. Il y a la vérité des faits et l'improbabilité des circonstances. Sans plus.”

Je crains qu'à l'examen, la vérité des faits et l'improbabilité des circonstances ne soient qu'une aporie.

La famille et les amis de Tony Cartano se féliciteront de l'écriture de cet ouvrage mais le grand public n'en est pas le destinataire. le temps étant compté, je considère avec Rivarol que “c'est une oeuvre qui n'est pas proportionnée à la brièveté de la vie, et qui sollicite un abrégé dès la première page.”


Veuillez noter que ce livre a été chroniqué dans le cadre du partenariat Rentrée Littéraire 2010 avec Chroniquesdelarentreelitteraire.com et Ulike
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L'auteur revient sur la vie de son père, Alfonso. Ce dernier a combattu aux côtés des Républicains pendant la guerre d'Espagne (1936-1939) puis a migré en France où il rencontra sa future femme.

De l'histoire de ce père, l'auteur n'a que des bribes. Dans ce livre, il décide de les mettre bout à bout et de réécrire les périodes pour lesquelles son père a toujours gardé le silence.

Le livre est une alternance de chapitres qui relatent les épisodes de guerre vécues par Alfonso entre 1936 et 1939, l'enfance de l'auteur et des digressions de celui-ci sur sa démarche littéraire.

Dans l'ensemble, ce livre m'a plu, tout d'abord car je trouve cette période historique très intéressante. L'arrivée de ces immigrés espagnols fuyant le régime de Franco et la manière dont ceux-ci ont été traités par les autorités françaises sont trop souvent méconnues. J'ai aussi apprécié les souvenirs d'enfance de l'auteur. A travers ses mots, on sent tout l'amour et toute l'admiration qu'il a pour ce père qui semble avoir vécu plusieurs vies.

J'ai été un peu moins convaincue par les parties "imaginées" même si l'auteur s'attache au contexte historique. Sa démarche ne m'a pas convaincue. Pourquoi ne pas se limiter aux aspects connus de la vie de son père?

Malgré ce petit bémol, voilà un livre qui m'a emmené dans une histoire forte que j'ai apprécié découvrir au fil des pages.
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Ma critique sera brève
En triant mes livres pour réaménagement de ma bibliothèque j ai retrouve ce livre assezcoury qui me permettait de valider 2 challenges
Ce livre nous raconte en parallèle la guerre civile espagnole et des difficultés de réfugiés espagnols en France.
Si vous voulez en savoir plus sur la guerre civile espagnol lisez plutôt Hemingway
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Février 1939. A. commissaire délégué à la 5ème batterie de DCA a faim, froid et peur. Il ne croit plus ou si peu en la victoire de la Frente Popular sur les troupes franquistes. L'espoir s'est transformé en utopie, en désillusion, en épuisement, en marasme, en piège, puis en épouvante. Ancien tourneur chez Hispano Suiza où il gagnait bien sa vie, militant de la CNT, syndicat anarchiste, A. était occasionnellement danseur mondain pour compléter son salaire et améliorer son ordinaire.

Dès le début de la guerre civile, A. avait voulu jouer au héros, au matamore, au bravache, et montrer qu'il ne laisserait pas passer les troupes fascistes. D'abord dans la rue, puis sur les barricades, enfin engagé volontaire sur le front. A cette heure cruciale, où était Andréa, son ex-femme – hystérique et mélancolique – et sa petite fille de deux ans, Carmen, depuis la chute de Barcelone ? Maintenant que la fin approchait, tout le monde fuyait. Une vraie déroute, un désastre humain et matériel, le long des routes de l'exil – guirlande de malheureux sans début ni fin -, la peur aux trousses, le regard vide et hagard, l'épuisement sur les visages et la misère en bandoulière.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Résister jusqu'au bout était le mot d'ordre, mais quand ils lançaient leur « Vive la République ! », cela sonnait un peu creux. Les messieurs du gouvernement qui avaient quitté Madrid pour Figueras savaient-ils vraiment ce qui se passait sur le front ? A. en doutait. Ce qui le révulsait plus encore, c'était que les directives contradictoires faisaient pencher la balance vers la fuite et la dispersion. Dans l'armée républicaine, la rumeur s'était répandue que nombre de leaders politiques avaient déjà pris la direction de la France. A. estimait que là où il se trouvait, la frontière n'était distante que d'une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau. Ralentir la marche forcée. Tenir. Ne laisser aucun espace entre les heures d'angoisse et la mort dans l'âme.
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Finalement page 116, Tony Cartano ouvre la porte non sur l’histoire mais sur son histoire.

“Ma mémoire, même en dans les temps d’interrogation inquiètes, s’est toujours accommodée des trous et des manques. C’est finalement le plus fascinant, cette incertitude, ce creux. Il m’aura fallu des années - et peut-être l’expérience d’une dizaine de livres écrits –pour succomber à la tentation d’écrire celui-ci. A l’origine j’ai eu sans doute, et pour des raisons tout à fait étrangères au sujet, la faiblesse d’imputer mon incapacité à cette absence de documentation ou de socle comme l’on dit dans le jargon du romancier. Rideau de fumée. Faire du père l’objet d’une fiction n’est pas sacrilège, surtout si l’on considère qu’il fut un être d’illusion, entièrement façonné par l’utopie. Du coup le plus difficile, c’est de se sentir tenu soi-même de se remettre en question, en tant qu’homme et en tant qu’écrivain. Il n’est plus qu’un seul recours : l’imagination. Cherchez l’erreur. C’est dans l’abus que j’ai puisé la confiance qui m’avait fait défaut si longtemps. ”

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Le sifflement des balles, la violence des escarmouches, ça ne lui faisait pas peur. Du moment qu'il avait décidé d'affronter le danger. Le plus dur, c'était le reste : tout ce qui rampait, sournois, le sommeil abruti, les poux de la tignasse et du pli des couilles – le désespoir. Depuis trente et un mois, il avait tout donné de sa vie à la guerre. Mieux qu'un entraînement permanent.
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Il me confia encore quelques détails sur son passage en France mais il s'abstenait à ne pas répondre franchement à certaines de mes questions comme s'il voulait me mettre à l'épreuve, me convaincre de sa théorie, à savoir que « chacun se démerde à sa façon » puisque, à la fin, on est toujours tout seul.
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