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EAN : 9782859204761
137 pages
Le Castor Astral (24/03/2002)
4.31/5   24 notes
Résumé :

Encyclopédiste de l'inutile, Hervé le Tellier rassemble onze destins extraordinaires, ceux de doux dingues emportés hors du réel par la magie des mots ou des nombres, croisements contre nature du savant Cosinus et du fou littéraire. Onze histoires aussi fictionnelles qu'érudites, aussi cinglées que drôles, qui multiplient les références discrètes à Queneau, Vian, Calvino et consorts.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Dans cet ouvrage qu'il aurait pu intituler « Des chiffres et des lettres », le Tellier conjugue ses deux passions, la science et la fantaisie. Il combine avec brio mots et mathématique.

Il nous révèle la poésie des petites choses de la vie, celle qui se niche dans le catalogue d'un célèbre fabriquant de meuble suédois, celle qui recouvre les murs de nos cuisines et de nos salles de bain, celle qui se cache dans le concerto à une note pour micheline et aiguillages. Bien sûr on y trouve des allusions à Perec, à Vian et à d'autres encore probablement (que je n'aurai pas reconnus), et un hommage très appuyé à Queneau.

On y croise des héros du quotidien assez barrés, tantôt à la recherche du silence du silence, tantôt appliquant les lois du calcul vectoriel (il est peut-être utile d'avoir quelques notions de mathématique et de physique pour goûter pleinement à l'ingéniosité de le Tellier) aux mots usuels, tantôt inventant la pilule de l'oubli. A noter aussi les excellentes illustrations qui jalonnent le texte, reprises aussi dans l'édition de poche.

Ces textes font rire, rêver, et réfléchir au sens de notre monde. Ou peut-être l'auteur veut-il nous avertir du danger d'essayer d'y trouver un sens ? Bref, ce petit recueil, quoiqu'en dise son titre, est loin d'être inutile.
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Un de mes chouchous de lecture pour mon année 2015. C'est une lecture rapide (je n'en ai pas eu assez, zut) et de très bonne rigolade, enfin quand on est ouvert à ce genre d'humour. A relire plusieurs fois pour repérer plus de références aux auteurs du genre. Je me suis bien pris la tête sur "Le vent de la langue". J'ai eu globalement une préférence pour les premiers textes et en particulier "La platitude des noeuds". Noël prochain je demanderai cette fois la Joconde et le titre "Les amnésiques n'ont rien vécu d'inoubliable" me donne déjà des frissons. En même temps avec une maison d'édition dénommée le Castor Astral, on ne peut pas se tromper, non?
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Chaque nouvelle est un bijou d'humour, d'intelligence et de précision. La narration est tellement structurée que nous plongeons forcément dans l'univers absurde de l'auteur. Il pose toutes les situations avec beaucoup de rigueur et c'est avec fluidité que tout cela se développe. Il y a une rapidité dans l'écriture, dans la langue utilisée, dans l'ingéniosité et le développement des récits. Les nouvelles ne reposent pas essentiellement sur leur chute mais sur tout le parcours de vie, rassemblant très simplement plusieurs aspects de vie étonnante. Hervé le Tellier s'attaque aux conventions, au banal et à l'immobilisme pour installer son regard sur le monde et son humour absurde. Tout est en mouvement. Les mots dans les livres rangés dans une bibliothèque ne sont pas fixés sur les pages. Ils peuvent bouger. Comment ? On ne sait pas. L'auteur installe de la magie partout et en garde tous les secrets. Une émotion naît de l'amour de l'auteur pour la littérature et ses nombreux pouvoirs.
Lien : https://tourneurdepages.word..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Je vais mieux, il parait. À l’hôpital, tout le monde est très gentil avec moi. Je suis sous surveillance constante. On enregistre le moindre de mes propos. Je crois que mon cas est quatorze intéressant. Enfin, c’est ce qu’ils onze tous. Je me suis remis à lire. L’Iliade et l’Ohonzée. J’en suis au moment où les Achédeux ont le siège de Quatre. Du cent un, toujours du cent un. Pourquoi tant de haine plus un ?
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La tension était à son comble, avivée par les positions politiques de chaque faction. Des militants de l’Action française criaient qu’on insultait leur intelligence, chose pourtant techniquement impossible […].
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Les lettres devenaient enfin des objets mathématiques simples, donc manipulables. Podgorski ne s’en priva pas, obéissant à cette expression anglaise qui dit que lorsqu’on possède un marteau, tout autour de soi, finit par ressembler à un clou.
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Willibald prit donc la décision de mettre au point une « pilule de l’oubli ». Il ne doutait guère, s’il y parvenait, que sa fortune fut faite. Tout le monde à quelque chose à oublier : un méfait d’hier dont on a encore honte aujourd’hui, une situation où l’on s’est trouvé tout à fait ridicule, ou tout simplement les reproches éternels (de sa mère, de sa femme, des deux). L’amnésie sélective permettait enfin de gommer le passé, donc de changer le présent.
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Schweiger avait donné un nom à ce qu’il cherchait : le silence du silence, le moment où, au sein d’un silence donné, surgit soudain le silence. Bien sûr il avait déjà discerné derrière un silence un autre silence, comme par exemple, derrière un « silence de voix de femme », un « silence de chien qui aboient ». Mais lui désirait le « silence absolu », l’équivalent sonore du carré blanc sur fond blanc.
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Videos de Hervé Le Tellier (118) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Le Tellier
Chaque mois, un grand nom de la littérature contemporaine est invité par la BnF, le Centre national du livre et France Culture à parler de sa pratique de l'écriture. L'écrivain Serge Joncour est à l'honneur de cette nouvelle séance.
Entretien animé par Nicolas Herbeaux, France Culture.
Serge Joncour, né en 1961, a mené toutes sortes d'activités en parallèle, dont maître-nageur et publicitaire, avant de se lancer dans l'écriture de poèmes, de nouvelles et enfin de romans. En 1998, il publie son premier roman Vu aux éditions du Dilettante. Il a alors 37 ans. Depuis il a publié plus d'une quinzaine de livres, dont U.V. (2003) qui a obtenu le prix France-Télévision, L'Idole (2004) récompensé par le prix de l'Humour noir, L'écrivain national (2014), prix des Deux Magots 2015, Repose-toi sur moi (2016), prix Interallié et élu Meilleur roman français 2016 du Magazine LIRE, Chien-Loup qui a obtenu le prix Landerneau 2018… Tous ont fait l'objet de nombreuses adaptations. Ses récits mettent en scène des personnages en quête d'identité et décrivent les épreuves de la vie contemporaine. En 2020, Nature humaine reçoit le prix Fémina. Il est aussi, avec Jacques Jouet, Hervé le Tellier, Gérard Mordillat et bien d'autres artistes et écrivains, l'un des protagonistes de l'émission de radio « Des Papous dans la tête » de France Culture.
En savoir plus : https://www.bnf.fr/fr/agenda/serge-joncour
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