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EAN : 9782374251981
Éditeur : Rue de l'échiquier (16/01/2020)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Criminel en cavale, Rice Moore trouve refuge dans une réserve des Appalaches, au fin fond de la Virginie. Employé comme garde forestier, il cherche à se faire oublier du puissant cartel de drogues mexicain qu’il a trahi. Mais la découverte de la carcasse d’un ours abattu vient chambouler son quotidien : s’agit-il d’un acte isolé ou d’un braconnage organisé ? L’affaire prend une tout autre tournure quand de nouveaux ours sont retrouvés morts. Alors que la police ouvr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  22 février 2020
Quand on lit beaucoup et encore beaucoup de romans dans la catégorie thriller / policier, on a souvent l'impression de lire la même chose, ultra calibré et stéréotypé pour passer un bon moment dopé aux rebondissements et au final, ne garder qu'un souvenir quelque peu flou de ce moment de lecture. Point de cela avec ce premier roman passionnant et original qui jouent des codes du thriller pour les faire mijoter à sa sauce éco-thriller. Cela peut déstabiliser voire ennuyer, moi cela m'a littéralement captivée.
Forcément, cela passe par un le personnage principal fort et fascinant. Rice Moore est gardien de la réserve privée de Turk Mountain dans les montagnes du Sud-Ouest de la Virginie. Il retrouve des carcasses d'ours dépecées, affreusement mutilées, les pattes coupées, la vésicule biliaire enlevée. Lui, l'étranger venue d'Arizona est déterminé à protéger farouchement son territoire. Lui qui vivait en mode autarcique et misanthrope va être obligé de sortir de sa tanière, forcé à interagir avec des montagnards rugueux et hostiles à tout discours écologiste les privant de ce qu'ils estiment être leur droit ancestral de chasser.
Ce personnage est très intéressant car à la psychologie très complexe, empli de contradictions. On découvre petit à petit ( lors de passages qui changent de police d'écriture, effort de lisibilité très bien joué par la maison d'édition ) son passé tumultueux et violent d'homme en fuite vivant sous pseudo mais ayant une vraie ligne morale qui dirige sa vie pour peut-être atteindre une forme de rédemption. Ce iatus entre passé louche et présent juste incarnant une cause écologique légitime est puissamment utilisé comme un ressort essentiel du récit.
Dans La Gueule de l'ours est en bien plus qu'un thriller même si les cent dernières pages sont haletantes à souhait, le passé et le présent de Rice Moore se confondant au point de le menacer. La conclusion est superbe. Mais ce roman est avant tout un roman atmosphérique aux confins du genre Nature writing que j'apprécie tant. Les chapitres centraux où Rice semble fusionner avec la nature des Appalaches dans une ambiance quasi hallucinatoire sont remarquables. Lorsqu'il revêt son costume de ghillie ( une tenue de camouflage parfaite tissée d'herbes et de branchages, jusqu'à son odeur âpre ) pour traquer les braconniers d'ours, Rice s'ensauvage, semble se détourner de l'humanité pour mieux embrasser la nature, ce qui fait ressortir en lui cette violence venue d'un passé qu'il pensait avoir mis derrière lui. C'est brillant. le titre original " Bearskin" ( " peau d'ours" ) en garde cette force.
Un thriller écologique beau et immersif, riche en caractère avec ce choix de s'emparer d'un angle mort du thriller : le commerce illégal d'animaux sauvages et de leurs organes, qui a quasi décimé l'ours de Chine en une vingtaine d'années pour se reporter sur l'ours américain.
Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020, catégorie polar / thriller
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Annette55
  21 avril 2020
Voici un thriller au démarrage un peu lent qui se démarque positivement , grâce à son angle original: densité, descriptions minutieuses , décor: forêt sauvage des Appalaches, au coeur de la Virginie profonde, et surtout son immersion écologique fouillée , comme hypnotique.
Il s'intègre parfaitement à la catégorie Nature- Writing.
Rice Moore, en cavale, au passé tumultueux, se cache d'un cartel mexicain de la drogue qu'il a indisposé .
Désireux de se faire oublier à tout prix, il devient garde forestier de la réserve privée de Turk. Mountain , dans les montagnes du sud- Ouest de la Virginie.
Doté d'une personnalité complexe, attachante, pétrie de contradictions il se confronte à des gens du coin bien décidés à passer outre les interdictions de chasse sur ce vaste territoire boisé où la population animale est une véritable manne pour les trafiquants : notamment les pattes et la vésicule biliaire des ours, commerce lucratif destiné au marché pharmaceutique asiatique.
Fuite, poursuite, vengeance, intensité dramatique , magnifiques 150 dernières pages, braconnage, pièges , carcasses d'ours mises à jour Rice décide de mener l'enquête afin de bloquer ce commerce illégal peu connu.
Le lecteur assiste à une chasse qui se transforme en un huit clos forestier doté de descriptions riches, nombreuses , minutieuses: atmosphère, climat tendu à l'extrême , environnement de dame Nature en grand.....
On a l'étrange impression que Rice fusionne avec la nature, surtout lorsqu'il revêt son costume de GHILLLIE : tenue de camouflage, sorte de poncho , toile de jute, morceaux de tissu lacérés , touffes d'herbe et branches feuillues collées, le tout exhalant une odeur très âpre ..
Comment la nature et l'homme se transforment -Ils mutuellement ?
L'auteur, rigoureux maitrise son sujet et son art, il questionne la part d'animalité qui subsiste en nous.
Les chapitres alternant entre passé et présent dévoilent le personnage de Rice, son sens écologique et moral très poussé , son besoin absolu de rédemption .
Au final, pour moi qui connais peu ce genre un ouvrage époustouflant, à l'intrigue captivante, bluffant, bien écrit , passionnant , profond , couplé à une réflexion sur la nature et son devenir , le conflit entre les locaux qui chassent dans ces contrées depuis des générations et ceux qui se lancent dans la préservation des milieux naturels .
Grand merci à Kirzy qui m'a fait acheter cet ouvrage . ....
Qui peut ne pas plaire à tout le monde, : cause , l'aspect très descriptif de La Nature .
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musemania
  20 janvier 2020
Mentionné sur la quatrième de couverture, l'auteur a reçu le Prix Edgar Allan Poe du Premier Roman. En lisant cela, je me suis dit que j'allais passer un très bon moment de lecture. Mais, je dois vous l'écrire tout de suite, ma lecture a parfois été un peu laborieuse et mitigée. Pourquoi, me demandez-vous? Je vous explique tout ça dans les quelques lignes à venir mais attention, tout n'est pas négatif pour autant comme ces quelques mots pourraient le laisser supposer….
Avant tout, c'était une totale découverte pour la maison d'édition : “Rue de l'Echiquier” . En m'informant un peu sur Internet, j'ai découvert qu'il s'agit d'une maison d'édition indépendante, spécialisée dans l'écologie et dans tous les sujets qui s'y rapportent tels le changement climatique ou l'engagement citoyen. Vu la concurrence féroce qui règne entre les grandes « enseignes », j'ai trouvé que c'était une bonne initiative de la part du magazine Elle et de l'équipe organisateurs du Grand Prix des Lectrices de mettre en lumière ce genre de maison d'édition.
Pourquoi j'ai évoqué en guise d'introduction, une lecture un peu difficile ? C'est que, en plus de compter presque 500 pages, le bouquin est très dense et comporte beaucoup de descriptions de l'atmosphère et de l'environnement. Ce n'est pas que je sois réfractaire à toute forme de descriptions ou de plantage de décors. Mais où le bât blesse, c'est qu'elles sont trop nombreuses à mon goût et qu'elles prennent parfois trop d'espace vis-à-vis de l'intrigue principale. C'est ainsi que je me suis surprise, plusieurs fois, à lire certaines pages en diagonale, tant elles me paraissaient sans fin.
Premier livre de l'auteur, il a été salué par la critique américaine et c'est clairement mérité. La qualité du style d'écriture est indéniable et l'auteur, James A. McLaughlin, maîtrise à la fois son art et son sujet. Après avoir voyagé dans les Appalaches, par ma lecture de « Sugar Run » de Mesha Maren (chez Gallmeister), déjà dans le cadre de la sélection mensuelle pour le jury auquel je fais partie, c'était là en quelque sorte un retour aux sources, même si les deux auteurs me les ont dépeintes de manière diamétralement opposée.
Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle 2020, dans la catégorie « Polar », de la sélection pour le mois
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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tynn
  21 février 2020
Les Appalaches, le braconnage des ours, la forêt primaire et l'observation de la nature...
Ce thriller au démarrage un peu somnolent s'intègre parfaitement dans la catégorie littéraire Nature Writing
Rice, gardien forestier d'une réserve privée de Virginie, se confronte à des autochtones « brut de décoffrage », bien décidés à passer outre les interdictions de chasse sur un territoire immensément boisé où la population plantigrade est une manne pour trafiquants (pattes et vésicule biliaire lucratives sur le marché pharmaceutique asiatique).
Teigneux, passablement fracassé par son propre passé de trafiquant, Rice tient à démasquer des braconniers qui n'ont rien à perdre. Une chasse qui va se transformer en huit clos forestier avec une minutieuse chronologie du suspens.
Très descriptif de la nature, le livre, avec une orientation introspective, ne se distingue pas par sa nervosité narrative, mais accorde néanmoins en crescendo des pointes de tension et violences dans le quotidien d'un individu en osmose avec son environnement.
Guère convaincue par un démarrage poussif, j'ai fini par beaucoup apprécier cette lecture pour cette immersion écologique comme une parenthèse de respiration. Un thriller au ton original qui tient le rythme en questions et suspicions, psychologique et parfois hypnotique.
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Ogrimoire
  03 avril 2020
Un flop ! Un gros flop ! Pour moi ce livre n'est pas un thriller… Vous commencez à me connaitre, vous savez que pour moi thriller est égal à sang sur les murs et coeur qui palpite…
J'ai eu beaucoup de peine à entrer dans l'histoire. le prologue semblait promettre de l'action : Rice, pendant sa première nuit en prison, se fait attaquer par deux hommes. Mais, dès ce prologue refermé, lorsque l'on attaque le premier chapitre, on est au fin fond de nulle part. Et autant je comprends que Rice essaye de se faire oublier, autant je n'ai pas eu, en ces temps de confinement, d'affinités avec cet homme enfermé dehors, si je peux le dire ainsi… Ensuite, l'intrigue suit peut-être le rythme de la vie dans ces grands espaces… moi, j'ai observé tout cela depuis le bord du chemin !
Dommage car il y avait malgré tout des éléments positifs pour captiver le lecteur. L'idée d'un « éco-roman », ou d'un « éco-thriller », dans l'absolu, c'est une belle idée. Les – longues ! – descriptions de paysages auraient pu être des bouffées d'oxygène, et le fait de s'appuyer sur une intrigue « environnementale » aurait pu donner un livre très actuel, mais je n'ai pas réussi à adhérer.
En revanche, je salue le talent d'écrivain de l'auteur : pour un premier roman, la plume, agréable, est très maîtrisée.
Depuis le début de mes lectures pour le Grand Prix des Lectrices Elle, je dois dire que la catégorie polar/thriller est – selon moi – plutôt décevante… Je n'ai encore eu aucun coup de coeur ! J'espérais que ce serait celui-ci… mais non, il me faudra attendre encore.
Et vous, avez-vous lu ce livre ?
Lien : https://ogrimoire.com/2020/0..
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critiques presse (2)
LaPresse   20 avril 2020
Dans son premier roman, l’Américain James McLaughlin tisse habilement une histoire de fuite, de poursuite et de vengeance. Mais ce qui démarque ce récit des autres thrillers, c’est avant tout son décor : la forêt sauvage des Appalaches, quelque part dans la Virginie profonde.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   03 février 2020
Au profond des Appalaches, un solitaire met au jour un trafic d’ursidés. Un premier roman américain d’une époustouflante maîtrise dramatique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
IsidoreinthedarkIsidoreinthedark   03 juillet 2020
L’une des rares leçons que le père de Rice avait réussi à lui inculquer avant de mourir, c’était que tergiverser revenait à choisir d’échouer, car on n’essayait pas de toutes ses forces. Il s’agissait, avait déclaré son père du choix rationnel de gens qui préféraient échouer exprès plutôt que risquer de découvrir qu’ils n’étaient pas assez bons ; quand on faisait ce choix, on devait au moins avoir l’honnêteté de le reconnaître.
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Annette55Annette55   20 avril 2020
«  Les plaques continentales luttaient et frémissaient .
Très loin, le soleil vaporisait l’eau des océans et la faisait retomber en pluie sur les terres.
La vie jaillissait et se tortillait , inhalait et exhalait , parlait et pleurait , s’épanouissait et mourait .
Quand il se leva , son camouflage «  GHILLLIE » bruissa doucement .
Il se sentit calme et fort. »
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Annette55Annette55   19 avril 2020
«  La forêt était étrangement animée, une gigantesque bête verte en train de rêver, sa peau parcourue d’ondes frissonnantes .
Pas vraiment menaçante , mais puissante.
Attentive.
Il imagina un instant que la forêt était en colère , déçue, qu’il était personnellement responsable de cette intrusion des braconniers tueurs d’ours » ...
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OgrimoireOgrimoire   03 avril 2020
En fait, son contrat de travail stipulait qu’en tant que gardien de la réserve de Turk Mountain, Rice n’avait pas le droit de porter une arme sur la propriété, sans doute parce que les membres de la direction craignaient qu’un gardien armé d’un pistolet tire sur un intrus et qu’eux-mêmes se retrouvent inculpés. Mais les braconniers étaient des intrus par définition armés et Rice avait envisagé d’emporter la carabine de calibre .22 pour les traquer dans la montagne.
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AllilyAllily   23 mars 2020
Elle continua de ramper et de griffonner des notes dans son carnet. Il s’adossa contre un arbre et laissa son esprit dériver à travers la forêt primaire. Maintenant qu’il était dans le canyon, l’effet semblait moins puissant, mais seulement parce qu’il était plus diffus, réparti entre des entités individuelles. Les arbres géants évoquaient des dieux endormis, ils émettaient une vibration qu’il ne parvenait pas à identifier, pas tout à fait celle d’un être sensible, chacun différent des autres, chacun racontant sa propre histoire séculaire. Sur le sol de la forêt, des troncs de châtaigniers morts depuis l’épidémie s’étaient transformés en énormes talus putrescents couverts d’une épaisse couche de mousse qui chuchotait paisiblement. Quelque chose l’interpella, il se retourna face à un tulipier noueux et voûté comme un vieillard, excavé par la pourriture, les éclairs, d’anciens incendies. Il eut la chair de poule.
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Vidéo de James A. McLaughlin
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"Dans la gueule de l'ours" de James A. Mclaughlin (Rue de l'échiquier) "Patates, tome 2" de David Berry (Lapin) "La Soustraction des possibles" de Joseph Incardona (Finitude)
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