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EAN : 9782290252567
416 pages
J'ai Lu (20/10/2021)
3.52/5   196 notes
Résumé :
Criminel en cavale, Rice Moore trouve refuge dans une réserve des Appalaches, au fin fond de la Virginie. Employé comme garde forestier, il cherche à se faire oublier du puissant cartel de drogues mexicain qu’il a trahi. Mais la découverte de la carcasse d’un ours abattu vient chambouler son quotidien : s’agit-il d’un acte isolé ou d’un braconnage organisé ? L’affaire prend une tout autre tournure quand de nouveaux ours sont retrouvés morts. Alors que la police ouvr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
3,52

sur 196 notes

Kirzy
  22 février 2020
Quand on lit beaucoup et encore beaucoup de romans dans la catégorie thriller / policier, on a souvent l'impression de lire la même chose, ultra calibré et stéréotypé pour passer un bon moment dopé aux rebondissements et au final, ne garder qu'un souvenir quelque peu flou de ce moment de lecture. Point de cela avec ce premier roman passionnant et original qui jouent des codes du thriller pour les faire mijoter à sa sauce éco-thriller. Cela peut déstabiliser voire ennuyer, moi cela m'a littéralement captivée.
Forcément, cela passe par un le personnage principal fort et fascinant. Rice Moore est gardien de la réserve privée de Turk Mountain dans les montagnes du Sud-Ouest de la Virginie. Il retrouve des carcasses d'ours dépecées, affreusement mutilées, les pattes coupées, la vésicule biliaire enlevée. Lui, l'étranger venue d'Arizona est déterminé à protéger farouchement son territoire. Lui qui vivait en mode autarcique et misanthrope va être obligé de sortir de sa tanière, forcé à interagir avec des montagnards rugueux et hostiles à tout discours écologiste les privant de ce qu'ils estiment être leur droit ancestral de chasser.
Ce personnage est très intéressant car à la psychologie très complexe, empli de contradictions. On découvre petit à petit ( lors de passages qui changent de police d'écriture, effort de lisibilité très bien joué par la maison d'édition ) son passé tumultueux et violent d'homme en fuite vivant sous pseudo mais ayant une vraie ligne morale qui dirige sa vie pour peut-être atteindre une forme de rédemption. Ce iatus entre passé louche et présent juste incarnant une cause écologique légitime est puissamment utilisé comme un ressort essentiel du récit.
Dans La Gueule de l'ours est en bien plus qu'un thriller même si les cent dernières pages sont haletantes à souhait, le passé et le présent de Rice Moore se confondant au point de le menacer. La conclusion est superbe. Mais ce roman est avant tout un roman atmosphérique aux confins du genre Nature writing que j'apprécie tant. Les chapitres centraux où Rice semble fusionner avec la nature des Appalaches dans une ambiance quasi hallucinatoire sont remarquables. Lorsqu'il revêt son costume de ghillie ( une tenue de camouflage parfaite tissée d'herbes et de branchages, jusqu'à son odeur âpre ) pour traquer les braconniers d'ours, Rice s'ensauvage, semble se détourner de l'humanité pour mieux embrasser la nature, ce qui fait ressortir en lui cette violence venue d'un passé qu'il pensait avoir mis derrière lui. C'est brillant. le titre original " Bearskin" ( " peau d'ours" ) en garde cette force.
Un thriller écologique beau et immersif, riche en caractère avec ce choix de s'emparer d'un angle mort du thriller : le commerce illégal d'animaux sauvages et de leurs organes, qui a quasi décimé l'ours de Chine en une vingtaine d'années pour se reporter sur l'ours américain.
Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020, catégorie polar / thriller
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marina53
  30 juin 2022
Après avoir séjourné dans une cellule de 10m², c'est dorénavant au coeur de 7000 arpents de réserve naturelle et privée, au fin fond de la Virginie, que règne Rice Moore. Une réserve dont il est à la fois le gardien et le responsable scientifique. Un mode de vie qui lui convient aujourd'hui très bien d'autant qu'aucun être humain ne vit à plusieurs kilomètres à la ronde. Aussi est-il étonné un jour de voir se pointer un homme près de son chalet. Un ramasseur de champignons qui tient à lui montrer quelque chose, du côté du versant de la montagne. Et c'est le corps d'une ourse décapitée, l'abdomen fendu, les pattes coupées, qu'il découvre, horrifié. Ce n'est que plus tard qu'il apprend qu'un sombre trafic sur les pattes et la vésicule biliaire des ours, destinés au marché asiatique, sévit sur les terres qu'il protège mais aussi que sa prédécesseur, une herpétologue, a été laissée pour morte, après avoir été kidnappée et violée par des hommes masqués...
Technicien certifié en biologie, Rice décide de se mettre au vert, au coeur des Appalaches, histoire de se faire oublier. Dans cette réserve, où subsistent encore des plantes et des animaux rares, la nature se révèle aussi belle que sauvage. Malheureusement, Rice va découvrir que les hommes aussi sont sauvages. Il se met alors en tête de traquer ces braconniers. Entre nature writing et polar, ce roman, d'une parfaite maîtrise dramatique, fait montre d'une grande originalité : de par les thèmes traités, de par la complexité des personnages dont on apprend au final peu de choses, les éléments du passé étant distillés au compte-goutte, de par l'immersion au coeur de cette nature sauvage, de par cette atmosphère oppressante, de par ces dualités nature/homme et animal/homme...
Un thriller écologique surprenant...
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Annette55
  21 avril 2020
Voici un thriller au démarrage un peu lent qui se démarque positivement , grâce à son angle original: densité, descriptions minutieuses , décor: forêt sauvage des Appalaches, au coeur de la Virginie profonde, et surtout son immersion écologique fouillée , comme hypnotique.
Il s'intègre parfaitement à la catégorie Nature- Writing.
Rice Moore, en cavale, au passé tumultueux, se cache d'un cartel mexicain de la drogue qu'il a indisposé .
Désireux de se faire oublier à tout prix, il devient garde forestier de la réserve privée de Turk. Mountain , dans les montagnes du sud- Ouest de la Virginie.
Doté d'une personnalité complexe, attachante, pétrie de contradictions il se confronte à des gens du coin bien décidés à passer outre les interdictions de chasse sur ce vaste territoire boisé où la population animale est une véritable manne pour les trafiquants : notamment les pattes et la vésicule biliaire des ours, commerce lucratif destiné au marché pharmaceutique asiatique.
Fuite, poursuite, vengeance, intensité dramatique , magnifiques 150 dernières pages, braconnage, pièges , carcasses d'ours mises à jour Rice décide de mener l'enquête afin de bloquer ce commerce illégal peu connu.
Le lecteur assiste à une chasse qui se transforme en un huit clos forestier doté de descriptions riches, nombreuses , minutieuses: atmosphère, climat tendu à l'extrême , environnement de dame Nature en grand.....
On a l'étrange impression que Rice fusionne avec la nature, surtout lorsqu'il revêt son costume de GHILLLIE : tenue de camouflage, sorte de poncho , toile de jute, morceaux de tissu lacérés , touffes d'herbe et branches feuillues collées, le tout exhalant une odeur très âpre ..
Comment la nature et l'homme se transforment -Ils mutuellement ?
L'auteur, rigoureux maitrise son sujet et son art, il questionne la part d'animalité qui subsiste en nous.
Les chapitres alternant entre passé et présent dévoilent le personnage de Rice, son sens écologique et moral très poussé , son besoin absolu de rédemption .
Au final, pour moi qui connais peu ce genre un ouvrage époustouflant, à l'intrigue captivante, bluffant, bien écrit , passionnant , profond , couplé à une réflexion sur la nature et son devenir , le conflit entre les locaux qui chassent dans ces contrées depuis des générations et ceux qui se lancent dans la préservation des milieux naturels .
Grand merci à Kirzy qui m'a fait acheter cet ouvrage . ....
Qui peut ne pas plaire à tout le monde, : cause , l'aspect très descriptif de La Nature .
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BurjBabil
  10 janvier 2022
Critiques positives d'amis babéliotes, envie de ne pas trop réfléchir et de passer un moment de détente.
C'est réussi avec ce beau roman très rythmé et possédant un je-ne-sais-quoi de dépaysant : peut être la complexité des personnages, la sensation de lire du "vrai".
Bon, soyons honnêtes, certaines explications, certains passages m'ont semblé un peu "tirés par les cheveux" mais cela ne nuit pas à l'ensemble.
Le héros est bien construit; son mental, intérêt principal de ce polar/thriller (plutôt thriller) mérite que l'on se ménage un petit moment de lecture en sa compagnie.
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JIEMDE
  04 août 2020
Quoi de mieux qu'un gigantesque parc naturel privé à gardienner dans les Appalaches, quand les tueurs d'un cartel de la drogue sont à tes trousses pour te faire payer l'addition de ton ancienne vie ? C'est là, dans les montagnes de Virginie, que Rice Moore s'est posé, avec pour mission de protéger la faune et la flore de cette réserve tout en y menant un certain nombre de relevés scientifiques.
Loin de l'oubli recherché, le séjour de Rice va rapidement s'annoncer rude entre chasseurs locaux peu désireux de respecter le principe de propriété privée sur des terres de chasse historiquement communes, braconneurs massacreurs d'ours pour alimenter un trafic de vésicules biliaires vers l'Asie, et gangs locaux soupçonnés du viol de sa prédécesseure et manifestement décidés à s'en prendre à lui.
Tel un Rambo-écolo du XXIe siècle, Rice va se réfugier dans ce qu'il connaît le mieux, la nature, pour s'y fondre et y combattre. Car cet environnement naturel incroyablement riche est le personnage principal de Dans la gueule de l'ours, de James A. McLaughlin, traduit par Brice Matthieussent. Superbement décrit, c'est là que tout se joue, au coeur d'un vallon, à flanc de ravin, entre ours, abeilles ou chiens… et humains.
Sauf qu'à osciller constamment entre roman noir et nature writing, le roman finit par se perdre un peu entre les deux, générant parfois quelques longueurs dommageables. Mais rien qui ne gâche une belle écriture, une belle atmosphère et quelques réflexions poussées sur la propriété de la terre, le partage des espaces entre nature et humains, ou la part animale qui sommeille en chaque homme.
Mention spéciale enfin au soin apporté à l'édition de ce livre par Rue de l'échiquier : de la couverture au choix des polices en passant par le joli papier et la citation du traducteur en Une, tout est parfait et en fait un éditeur à suivre !
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critiques presse (4)
Actualitte   15 janvier 2021
Ce livre maîtrise parfaitement les codes du roman noir sauvage.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Liberation   13 octobre 2020
Tout juste couronné du Grand Prix de littérature policière 2020, le roman saisissant de James A. McLaughlin nous transporte dans les Appalaches sur les traces de chasseurs d'ours.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaPresse   20 avril 2020
Dans son premier roman, l’Américain James McLaughlin tisse habilement une histoire de fuite, de poursuite et de vengeance. Mais ce qui démarque ce récit des autres thrillers, c’est avant tout son décor : la forêt sauvage des Appalaches, quelque part dans la Virginie profonde.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   03 février 2020
Au profond des Appalaches, un solitaire met au jour un trafic d’ursidés. Un premier roman américain d’une époustouflante maîtrise dramatique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   20 avril 2020
«  Les plaques continentales luttaient et frémissaient .
Très loin, le soleil vaporisait l’eau des océans et la faisait retomber en pluie sur les terres.
La vie jaillissait et se tortillait , inhalait et exhalait , parlait et pleurait , s’épanouissait et mourait .
Quand il se leva , son camouflage «  GHILLLIE » bruissa doucement .
Il se sentit calme et fort. »
Commenter  J’apprécie          160
Annette55Annette55   19 avril 2020
«  La forêt était étrangement animée, une gigantesque bête verte en train de rêver, sa peau parcourue d’ondes frissonnantes .
Pas vraiment menaçante , mais puissante.
Attentive.
Il imagina un instant que la forêt était en colère , déçue, qu’il était personnellement responsable de cette intrusion des braconniers tueurs d’ours » ...
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IsidoreinthedarkIsidoreinthedark   12 juillet 2020
Il tourna le dos au soleil et découvrit dans l’herbe son ombre grotesque, la silhouette d’un homme portant un casque en os. Un monstre à la tête massive surmonté de petites cornes trapues. Un Minotaure. Aie peur de ça, pensa-t-il. Son coeur battait dans poitrine selon son rythme habituel. Aie peur de moi. Un rugissement explosa dans les arbres de la montagne : le vent atteignit le pré quelques instants après, plus dur et froid qu’auparavant, marquant la fin de l’après-midi. Il attendit encore et sentit la lumière du soleil pénétrer lentement dans son corps. Il n’avait rien d’autre que ces vieux os ; il était constitué d’air et de lumière, d’eau et de terre. Il frissonna encore, il frissonna de tout son corps, tel un ours.
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IsidoreinthedarkIsidoreinthedark   03 juillet 2020
L’une des rares leçons que le père de Rice avait réussi à lui inculquer avant de mourir, c’était que tergiverser revenait à choisir d’échouer, car on n’essayait pas de toutes ses forces. Il s’agissait, avait déclaré son père du choix rationnel de gens qui préféraient échouer exprès plutôt que risquer de découvrir qu’ils n’étaient pas assez bons ; quand on faisait ce choix, on devait au moins avoir l’honnêteté de le reconnaître.
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ThecosmicSamThecosmicSam   19 août 2020
Les arbres géants évoquaient des dieux endormis, ils émettaient une vibration qu’il ne parvenait pas à identifier, pas tout à fait celle d’un être sensible, chacun différent des autres chacun racontant sa propre histoire séculaire. Sur le sol de la forêt, des troncs de châtaigniers morts depuis l’épidémie s’étaient transformés en énormes talus putrescents couverts d’une épaisse couche de mousse qui chuchotait paisiblement. Quelque chose l’interpella, il se retourna face à un tulipier noueux et voûté comme un vieillard, excavé par la pourriture, les éclairs, d’anciens incendies. Il eût la chair de poule.
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