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ISBN : 222009197X
Éditeur : Desclée de Brouwer (04/04/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.11/5 (sur 295 notes)
Résumé :
Peut-on encore aujourd'hui aimer Francesca, être troublé par Ugolino, trembler aux tourments des damnés de la Comédie ? L'Enfer de Dante, poétique et médiéval, n'a-t-il pas pâli irréparablement auprès des Enfers tout proches, et actifs, que notre époque n'a pas encore fini, semble-t-il, de susciter ? L'imagination créatrice de Dante est si puissante, et si précise, qu'elle semble décrire par avance, parfois, l'inimaginable horreur moderne.
Le gigantesque ento... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
Siladola
  15 septembre 2014
Je n'aurai garde de critiquer Dante, pour ne pas finir dans son Enfer. Je me limiterai plus modestement à la présente traduction de J-C Vegliante, parue en Poésie Gallimard et donc aisément accessible ; maniable, de plus, malgré ses 1200 pages : le poème tient en un fort gros volume mais qui reste quand même un vrai livre de poche. On peut ainsi l'emporter partout, et mieux vaut, car sa lecture, pour envoûtante qu'elle soit, reste longue, lente, ardue. Pareille au chef d'oeuvre lui-même, c'est un périple initiatique dont le prix ne s'obtient que dans les longs efforts, par vertu et patience. Mais quel prix inoubliable !
Il faut savoir gré à JC Vegliante d'avoir tiré de l'italien médiéval un double, sans doute inégalable, du poème, pour nous permettre d'en jouir dans notre langue autant qu'il soit possible. Son parti pris de versification l'emmène parfois un peu loin de l'original (qui figure en regard - d'où les 1200 pages - mais quel bonheur de disposer du texte authentique !), parfois rend la traduction un peu alambiquée, mais la fidélité de l'ensemble paraît au-dessus de tout soupçon et l'on subit avec délices, par ce tour de force, le charme fascinant et immortel de la Comédie. Non la "Divine" Comédie : détail qui a son importance ; on apprend du traducteur qu'il s'agit en fait d'un titre générique, destiné à souligner l'audace au début du XIVème siècle florentin d'écrire en langue vulgaire et non en latin - surtout pour traiter de choses sacrées. La Comédie de Dante recevra l'épithète "divine" au cours des âges, s'agissant d'un des ouvrages les plus fréquentés de la tradition littéraire européenne.
Alternant les vers de onze pieds qui déroutent et les décasyllabes qui rassurent, selon un savant rythme 4/2 - sans rimes toutefois mais, un peu à la manière d'un Claudel, jouant pour l'essentiel sur le halètement produit par ses longues strophes - second Virgile, M. Vegliante nous emmène pour la traversée successive de l'Enfer, du Purgatoire et (non, là c'est Béatrice...) du Paradis, avec un souffle épique, mystique, politique, tout à fait étonnant. le choix de ne donner que peu de notes, ramassées au début de chaque chant, et entre les trois cantiques, est à notre avis judicieux : certes, on reste quelquefois perplexe devant les allusions...perdues ("les allusions perdues" pourrait décrire assez bien l'impression générale produite par ce livre chez le lecteur vierge de culture italienne médiévale); mais ce que l'on perd en références, on gagne en légèreté, et, comme dit plus haut, en rythme : le pari du traducteur est ainsi gagné.
Une expérience que cette lecture improbable, entre deux produits du prêt-à-porter littéraire contemporain ! A recommander absolument, elle ne laisse pas indemne.
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araucaria
  19 septembre 2018
Ecrire une critique de cette oeuvre monumentale de Dante, est une mission impossible, même je crois pour un chercheur ou un "dantologue", alors lorsqu'il s'agit d'un modeste lecteur, il lui faut rester modeste, respectueux, et le plus qu'il puisse faire est de déposer un petit commentaire.
Tout d'abord, après avoir découvert L'Enfer, le Purgatoire, et le Paradis en compagnie de Dante guidé par Virgile, Béatrice puis Saint-Bernard, il faut se garder de crier victoire, en claironnant : J'ai lu La Divine Comédie en totalité... oui certes parcourir ce livre et ses notes, qui représentent plus de huit cents pages, n'est pas une mince affaire. le manuscrit n'est pas facile, truffé de références qui ramènent à l'Antiquité, aux auteurs anciens, au Moyen-Age, à la ville de Florence au 13ème siècle, à la politique, à la religion (aux prélats), à la théologie, à La Bible... Même si on le lisait cent fois, je crois qu'il y aurait toujours à découvrir et à approfondir avec ce livre. Alors le lire une première fois est une leçon d'humilité, et renvoie à d'autres lectures, ne seraient-ce déjà que l'Ancien et le Nouveau Testament, et aussi les Evangiles... et puis Homère, Virgile, Aristote et tant d'autres. Il faut aussi se plonger dans l'Histoire du monde de cette époque moyenâgeuse, et pas se contenter de survoler l'histoire de la ville de Florence. Il faut aussi bien saisir l'ordonnancement moral de L'Enfer, du Purgatoire et du Paradis, ces trois parties étant bien distinctes. Et surtout il faut essayer de décoder le message qu'a voulu laisser Dante à la postérité. Pour un lectrice basique, telle que je peux me définir, la découverte de ce texte, qui a traversé les siècles, s'est avéré ardu, assez pénible aussi du fait des très nombreuses notes qui font suite aux vers du poète. La première partie du Paradis m'a aussi semblé complexe et assez monotone... le traducteur de l'ouvrage, Alexandre Masseron, reprend lui-même, cette note d'Etienne Gilson : "On ne peut pas comprendre le sens ultime de la Divine Comédie sans avoir pris contact avec la personne et la théologie mystique de saint Bernard..." Une oeuvre que je suis heureuse d'avoir "survolée", mais un ouvrage à relire à maintes reprises pour pouvoir en partie l'assimiler.
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Junie
  29 décembre 2017
Etant parvenue à un âge avancé, je commence à me préoccuper de ce qui m'attend dans l'Au-delà. Mes nombreux péchés et mauvaises actions, je les confesse volontiers. Mais il m'a paru utile de me renseigner sur ce qui me fera regretter de ne pas aller au Paradis.
Alors autant consulter un vrai guide du Routard qui a fait ses preuves, bien documenté, infos de première main, et avec les illustrations pour ne pas se perdre en chemin. Au premier abord, il semble curieux que ce texte unanimement apprécié qui décrit en détail les tourments des damnées soit classé dans la catégorie "Comédie". Comme si c'était une bonne blague d'aller rôtir dans les flammes et de se faire piquer le cul par les fourches des suppôts de Satan. Moi je mettrais ça plutôt dans "épouvante" ou "film gore".
Mais bon, le sens de l'humour de M. Alighiéri a dû m'échapper. Car dans ce périple aux Enfers, rien de très réjouissant. Une forte odeur de roussi, de la fumée qui pique les yeux et la gorge, des hurlements de souffrance, des visions épouvantables, et nulle pitié à attendre des bourreaux qui châtient les coupables. Les trafiquants sont jetés dans la poix, les magiciens marchent la tête à l'envers, les usuriers sont assis sous une pluie de feu, les suicidés changés en arbres, les dissipateurs déchirés par des chiennes, les hérétiques jetés au fond d'un cratère, ou dans une tombe brûlante, les gourmands noyés dans une eau glaciale et les luxurieux emporté par un ouragan.
Une question me hante: qu'arrive t-il aux gourmands luxurieux ou aux hérétiques usuriers? Certes, l'Eternité, c'est très long, surtout vers la fin.
On peut donc profiter de plusieurs supplices, surtout si on a beaucoup péché.
Mais vous aurez compris que, malgré le ton humoristique de mes propos, je n'en mène pas large. En attendant, et avant que la Faucheuse ne vienne sonner à ma porte, je me réjouis de compulser ce beau livre qui restitue une bonne partie d'une édition commandée par Lorenzo di Pierfrancesco de Medici au XVè siècle à Botticelli, et qui fut dispersée aux quatre coins de l'Europe. Ici sont réunis le texte intégral du poème de Dante et les illustrations du peintre toscan. Une histoire du manuscrit et une présentation du texte permettent de situer ces oeuvres et de mieux les saisir.
Un magnifique cadeau pour soi ou à offrir. Une bonne trouvaille du Père Noël, car en 2017, j'ai été bien sage.
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TREMAOUEZAN
  28 novembre 2015
Ce livre fut l'un des préférés de Borges, aussi, laissons-le en parler :
"On n'a pas le droit de se priver du bonheur de lire "La Divine Comédie", de la lire de façon naïve. Ensuite viendront les commentaires, le désir de savoir ce que signifie chaque allusion mythologique, de voir comment Dante a pris un vers célèbre de Virgile et l'a peut-être amélioré en le traduisant.On doit d'abord lire l'oeuvre avec une foi d'enfant, s'abandonner à elle ; après, elle nous accompagnera jusqu'à la fin. Depuis tant d'années que ce livre m'accompagne, je sais que si je l'ouvre demain j'y trouverai encore des choses qui m'avaient échappé. Je sais que ce livre existera au-delà de ma veille, au-delà de nos veilles."
(Jorge Luis Borges, "Conférences")
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keria31
  06 août 2017
La Divine comédie, une oeuvre majeure du Moyen-âge.
En tant qu'ex-étudiante en lettres, elle n'était même pas au programme alors que ce récit est certainement une mine d'or pour nous éclairer sur la vision et les mentalités des gens de cette époque.
Tout d'abord L'Enfer. Récit composé de 33 chapitres qui nous propose de suivre Dante et Virgile dans leur parcours à travers les 9 cercles dont chacun d'eux correspond à la fois à un profil de damnés assorti des sanctions qui leur sont appliquées. Deux observations selon moi s'imposent :
- la première, c'est que les gens au Moyen-Age n'hésitaient pas à châtier durement les pêcheurs avec des tortures vraiment cruelles ou dures. Quelle différence quand même avec notre époque si cool et si laxiste qui a banni le mot péché de son vocabulaire et n'applique presque pas de sanction à l'encontre des bourreaux ! Tellement que le nombre de victimes dans l'ombre s'accumule surtout chez les animaux.
- la seconde, c'est que Dante situe l'Enfer sur Terre avec la chute de Lucifer dans cette dimension. C'est vrai qu'au vu de nos conditions de vie sociales, des rapports que nous entretenons entre nous, des règles que nous élaborons et que nous observons, des regards si dépréciatifs (toujours prompts à critiquer ou condamner) que nous nous portons, je suis plutôt d'accord : L'Enfer est sur Terre.
J'ajouterais que le Malebolge, 8è cercle infernal où sont précipités les trompeurs, comprend à lui seul 10 autres niveaux, les fosses. Dante ayant compris sans doute que c'est l'erreur, l'illusion , le faux, l'escroquerie qui pèsent plus lourdement parmi les hommes et qui provoquent le plus de maux. Or, je considère que ce constat est toujours autant d'actualité car s'il y a eu des progrès indéniables dans la connaissance en médecine surtout, le faux est encore dominant dans notre société et soutient des pratiques dégradantes et impactantes.
Ensuite, le Purgatoire. A dire vrai, même si les sanctions sont moins dures, les âmes que rencontrent Dante et Virgile sont quand même durement éprouvées. Du coup, j'ai eu un peu de mal à faire la différence avec l'Enfer. Mais je pense avoir compris : ces âmes ont davantage conscience de leurs fautes et s'en affligent elles-mêmes. Elles acceptent aussi de poursuivre l'effort de l'ascension pour gravir la montagne, étant dans la recherche d'un redressement moral, la quête d'une élévation de soi, la croyance en l'existence du divin et sa recherche.
Enfin, le Paradis. C'est le lieu où se trouvent les âmes des bienheureux et celui des élus que Dante voit réunis dans un vaste gradin. C'est le lieu où il y a aussi les anges qui célèbrent Dieu, gravitent autour de lui et reflètent une part de sa lumière. Un jeu de reflet en écho qui chez Dante est symbolisé par le soleil entouré d'étoiles dans une sorte de ballet cosmique. Il y a là aussi Béatrice, figure de la femme aimée, qui montre au poète ses images et lui révèle des vérités en étant devenue son nouveau guide après Virgile. On notera au passage les commentaires sur l'histoire de Rome avec un bref rappel sur la vie des césars ou encore ceux sur l'Italie contemporaine de Dante qui était déchirée par une lutte intestine entre Guelfes et Gibelin. En s'inspirant de la Bible, du thème de l'Eden, Dante replace ces rencontres dans le cadre d'un grand jardin où la nature, la forêt et l'eau occupent une place importante. Quand on sait qu'aujourd'hui, les forêts sont massacrées par les abattages avides ou les incendies, que les sources d'eau se tarissent, les nappes phréatiques se vident , les pluies se font plus rares avec des sècheresses toujours plus étendues quand ailleurs, ce sont les inondations qui frappent...C'est sûr on est encore plus loin selon moi du Paradis que les contemporains de Dante, à des années lumières qui pourraient être intergalactiques car les distances semblent s'être creusées avec le temps : l'on est passé de la Terre au ciel à celui de la Terre à l'univers quand même.
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Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   12 septembre 2018
J'ai vu déjà, au lever du jour, le ciel paraître à l'orient tout rose, et par ailleurs teinté d'un bel azur,
et la face du soleil alors naître voilée, de sorte que les yeux pouvaient supporter longtemps son éclat tempéré par les vapeurs;
de même, dans un nuage de fleurs, qui, des mains des anges, montait et retombait sur le char et tout autour, couronnée d'olivier sur un voile blanc, une dame m'apparut en manteau vert, vêtue d'une robe couleur de flamme ardente.
Et mon esprit qui, depuis si longtemps, n'avait été par sa présence accablé de stupeur et de crainte,
sans avoir besoin d'autre secours des yeux, par une vertu secrète qui émanait d'elle, sentit la force irrésistible de son ancien amour.
Aussitôt que m'eut frappé dans mes regards la haute vertu, qui déjà m'avait blessé avant que je ne fusse sorti de l'enfance,
je me tournai à gauche, avec la confiance qui fait le petit enfant courir à sa mère, quand il a peur ou qu'il est affligé,
pour dire à Virgile : "Pas une goutte de mon sang ne m'est restée qui ne tremble : je reconnais les traits de mon ancienne flamme!"
Mais Virgile nous avait abandonnés, Virgile, mon très doux père, Virgile, à qui, pour mon salut, elle m'avait confié;
et tout ce qu'a perdu notre antique mère n'empêcha pas que mes joues, purifiées par la rosée, ne fussent de nouveau ternies par les larmes.
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araucariaaraucaria   03 septembre 2018
Maintenant je commence à entendre les accents douloureux; maintenant je suis arrivé là où me frappent de nombreux gémissements.
Je vins dans un lieu privé de toute lumière, qui mugit comme la mer, par la tempête, lorsque la frappent des vents contraires.
L'ouragan infernal, qui jamais ne se calme, entraîne les esprits dans sa tourmente : il les roule, il les heurte, il les moleste.
Quand ils arrivent devant l'éboulement, ce sont des cris, des pleurs, des lamentations; là ils blasphèment la puissance divine.
Je compris qu'à ce genre de supplice étaient condamnés les pécheurs charnels qui subordonnent la raison au désir.
Et comme les étourneaux sont emportés par leurs ailes, au temps de froidure, en troupe large et serrée, ainsi fait cette rafale des esprits pervers;
de-ça, de-là, en bas, en haut, elle les mène; nul espoir jamais ne les réconforte, non de repos, mais de moindre peine.
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araucariaaraucaria   10 septembre 2018
Quand l'escalier, monté en courant, fut tout entier au-dessous de nous, et que nous nous trouvâmes à la dernière marche, Virgile arrêta ses regards sur moi
et me dit : "Tu as vu, mon fils, le feu qui n'a qu'un temps et le feu éternel, et tu es arrivé en un lieu où, par moi-même, je ne vois pas plus avant.
Je t'ai conduit jusqu'ici par ma science et mon art; prends désormais ton plaisir pour guide; tu es sorti des chemins ardus et étroits.
Vois là-bas le soleil qui luit sut ton front; vois l'herbe tendre, les fleurs et les arbustes qu'ici la terre produit d'elle-même.
Jusqu'à ce que viennent, pleins de joie, ces beaux yeux qui en pleurant m'ont fait venir à toi, tu peux t'asseoir, tu peux errer parmi ces plantes.
N'attends plus de moi ni paroles ni gestes : ton jugement est libre, droit et sain, et ce serait une faute de ne pas agir à son gré;
c'est pourquoi je te donne sur toi-même la couronne et la mitre."
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araucariaaraucaria   03 septembre 2018
Il me répondit, en homme informé de mes pensées : "Ici, il faut bannir toute crainte; il faut qu'ici soit morte toute lâcheté.
Nous sommes arrivés au lieu où je t'ai dit que tu verrais la race douloureuse de ceux qui ont perdu le bien de l'intelligence."
Et après qu'il m'eût pris la main dans la sienne, d'un air joyeux qui me réconforta, il me fit pénétrer dans le monde du mystère.
Là des soupirs, des plaintes et de profonds gémissements résonnaient dans l'air sans étoiles, ce qui d'abord me fit pleurer.
Langages étranges, horribles blasphèmes, paroles de douleur, accents de colère, voix hautes et sourdes, qu'accompagnaient des battements de mains,
faisaient un tumulte qui tournoie toujours dans cet air éternellement sombre, comme le sable quand soufflent des tourbillons de vent.
Et moi qui avais la tête ceinte d'horreur, je dis : "Maître, qu'est-ce-que j'entends? et qui sont ces gens qui paraissent si accablés de douleur?"
Il me répondit : "Cet état misérable est celui des âmes douloureuses de ceux qui vécurent sans infamie et sans louange.
Elles sont mêlées à ce choeur abject des anges qui ne furent ni rebelles ni fidèles à Dieu, mais qui ne pensèrent qu'à eux-mêmes.
Les cieux les chassent pour ne point perdre leur beauté et le profond enfer ne les reçoit pas, car les damnés en tireraient quelque gloire."
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LydiaBLydiaB   29 octobre 2010
Au milieu du chemin de notre vie, ayant quitté le chemin droit, je me trouvai dans une forêt obscure. Ah ! qu’il serait dur de dire combien cette forêt était sauvage, épaisse et âpre, la pensée seule en renouvelle la peur, elle était si amère, que guère plus ne l’est la mort ; mais pour parler du bien que j’y trouvai, je dirai les autres choses qui m’y apparurent.

Comment j’y entrai, je ne le saurais dire, tant j’étais plein de sommeil quand j’abandonnai la vraie voie, mais, arrivé au pied d’une colline, là où se terminait cette vallée qui de crainte m’avait serré le cœur, je levai mes regards, et je vis son sommet revêtu déjà des rayons de la planète qui guide fidèlement en tout sentier, alors la peur qui jusqu’au fond du cœur m’avait troublé durant la nuit que je passai avec tant d’angoisse fut un peu apaisée.

Et comme celui qui, sorti de la mer, sur la rive haletant se tourne vers l’eau périlleuse, et regarde ; ainsi se tourna mon âme fugitive pour regarder le passage que jamais ne traverse aucun vivant.
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Videos de Dante Alighieri (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dante Alighieri
Dans ce deuxième volet de la Divine Comédie, Dante instaure un climat bien di?érent de celui de l?Enfer. À la descente dans les profondeurs de la terre au milieu de cris, gémis sements, violentes invectives, à l?image de corps soumis aux pires tortures s?oppose dans le Purgatoire une montée sans heurts vers le paradis terrestre, au cours de laquelle les âmes rencontrées par le poète a?chent une grande sérénité,
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