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ISBN : 2757868837
Éditeur : Points (24/08/2017)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.16/5 (sur 248 notes)
Résumé :
Peut-on encore aujourd'hui aimer Francesca, être troublé par Ugolino, trembler aux tourments des damnés de la Comédie ? L'Enfer de Dante, poétique et médiéval, n'a-t-il pas pâli irréparablement auprès des Enfers tout proches, et actifs, que notre époque n'a pas encore fini, semble-t-il, de susciter ? L'imagination créatrice de Dante est si puissante, et si précise, qu'elle semble décrire par avance, parfois, l'inimaginable horreur moderne.
Le gigantesque ento... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Siladola
15 septembre 2014
Je n'aurai garde de critiquer Dante, pour ne pas finir dans son Enfer. Je me limiterai plus modestement à la présente traduction de J-C Vegliante, parue en Poésie Gallimard et donc aisément accessible ; maniable, de plus, malgré ses 1200 pages : le poème tient en un fort gros volume mais qui reste quand même un vrai livre de poche. On peut ainsi l'emporter partout, et mieux vaut, car sa lecture, pour envoûtante qu'elle soit, reste longue, lente, ardue. Pareille au chef d'oeuvre lui-même, c'est un périple initiatique dont le prix ne s'obtient que dans les longs efforts, par vertu et patience. Mais quel prix inoubliable !
Il faut savoir gré à JC Vegliante d'avoir tiré de l'italien médiéval un double, sans doute inégalable, du poème, pour nous permettre d'en jouir dans notre langue autant qu'il soit possible. Son parti pris de versification l'emmène parfois un peu loin de l'original (qui figure en regard - d'où les 1200 pages - mais quel bonheur de disposer du texte authentique !), parfois rend la traduction un peu alambiquée, mais la fidélité de l'ensemble paraît au-dessus de tout soupçon et l'on subit avec délices, par ce tour de force, le charme fascinant et immortel de la Comédie. Non la "Divine" Comédie : détail qui a son importance ; on apprend du traducteur qu'il s'agit en fait d'un titre générique, destiné à souligner l'audace au début du XIVème siècle florentin d'écrire en langue vulgaire et non en latin - surtout pour traiter de choses sacrées. La Comédie de Dante recevra l'épithète "divine" au cours des âges, s'agissant d'un des ouvrages les plus fréquentés de la tradition littéraire européenne.
Alternant les vers de onze pieds qui déroutent et les décasyllabes qui rassurent, selon un savant rythme 4/2 - sans rimes toutefois mais, un peu à la manière d'un Claudel, jouant pour l'essentiel sur le halètement produit par ses longues strophes - second Virgile, M. Vegliante nous emmène pour la traversée successive de l'Enfer, du Purgatoire et (non, là c'est Béatrice...) du Paradis, avec un souffle épique, mystique, politique, tout à fait étonnant. le choix de ne donner que peu de notes, ramassées au début de chaque chant, et entre les trois cantiques, est à notre avis judicieux : certes, on reste quelquefois perplexe devant les allusions...perdues ("les allusions perdues" pourrait décrire assez bien l'impression générale produite par ce livre chez le lecteur vierge de culture italienne médiévale); mais ce que l'on perd en références, on gagne en légèreté, et, comme dit plus haut, en rythme : le pari du traducteur est ainsi gagné.
Une expérience que cette lecture improbable, entre deux produits du prêt-à-porter littéraire contemporain ! A recommander absolument, elle ne laisse pas indemne.
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olivberne
13 juin 2013
Divine, oui, comédie, pas vraiment! On touche au divin dans ce roman, qui raconte le voyage de Dante aux enfers puis au paradis, où il va côtoyer tous les hommes illustres de son époque, mort de toutes les manières, certains attendant en enfer, d'autres heureux au paradis. On ne rit pas vraiment, on est plutôt effaré de toutes ces morts suspectes et de beau pays qu'est le paradis.
Il faut avoir un bon appareil critique pour comprendre qui sont tous ces Florentins, Génois ou Vénitiens, mais petit à petit, on d'habitue à cette longue énumération, à ces visages et on est impressionné par la construction du récit, toute en rapport avec les cercles concentriques des enfers et du paradis.
Dante n'est pas totalement novateur, il reprend L'Enéide de Virgile mais il ne fait pas que l'imiter, il lui donne une dimension chrétienne et mystique.
Il y a des descriptions merveilleuse et l'amour pour Béatrice semble intemporel.
D'autres s'y sont essayé, on pourrait faire une divine comédie pour chaque siècle de notre ère, mais peu arriveront au génie de Dante, à la qualité et la complexité de ce texte.
C'est long mais c'est un incontournable de la littérature mondiale.
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keria31
06 août 2017
La Divine comédie, une oeuvre majeure du Moyen-âge.
En tant qu'ex-étudiante en lettres, elle n'était même pas au programme alors que ce récit est certainement une mine d'or pour nous éclairer sur la vision et les mentalités des gens de cette époque.
Tout d'abord L'Enfer. Récit composé de 33 chapitres qui nous propose de suivre Dante et Virgile dans leur parcours à travers les 9 cercles dont chacun d'eux correspond à la fois à un profil de damnés assorti des sanctions qui leur sont appliquées. Deux observations selon moi s'imposent :
- la première, c'est que les gens au Moyen-Age n'hésitaient pas à châtier durement les pêcheurs avec des tortures vraiment cruelles ou dures. Quelle différence quand même avec notre époque si cool et si laxiste qui a banni le mot péché de son vocabulaire et n'applique presque pas de sanction à l'encontre des bourreaux ! Tellement que le nombre de victimes dans l'ombre s'accumule surtout chez les animaux.
- la seconde, c'est que Dante situe l'Enfer sur Terre avec la chute de Lucifer dans cette dimension. C'est vrai qu'au vu de nos conditions de vie sociales, des rapports que nous entretenons entre nous, des règles que nous élaborons et que nous observons, des regards si dépréciatifs (toujours prompts à critiquer ou condamner) que nous nous portons, je suis plutôt d'accord : L'Enfer est sur Terre.
J'ajouterais que le Malebolge, 8è cercle infernal où sont précipités les trompeurs, comprend à lui seul 10 autres niveaux, les fosses. Dante ayant compris sans doute que c'est l'erreur, l'illusion , le faux, l'escroquerie qui pèsent plus lourdement parmi les hommes et qui provoquent le plus de maux. Or, je considère que ce constat est toujours autant d'actualité car s'il y a eu des progrès indéniables dans la connaissance en médecine surtout, le faux est encore dominant dans notre société et soutient des pratiques dégradantes et impactantes.
Ensuite, le Purgatoire. A dire vrai, même si les sanctions sont moins dures, les âmes que rencontrent Dante et Virgile sont quand même durement éprouvées. Du coup, j'ai eu un peu de mal à faire la différence avec l'Enfer. Mais je pense avoir compris : ces âmes ont davantage conscience de leurs fautes et s'en affligent elles-mêmes. Elles acceptent aussi de poursuivre l'effort de l'ascension pour gravir la montagne, étant dans la recherche d'un redressement moral, la quête d'une élévation de soi, la croyance en l'existence du divin et sa recherche.
Enfin, le Paradis. C'est le lieu où se trouvent les âmes des bienheureux et celui des élus que Dante voit réunis dans un vaste gradin. C'est le lieu où il y a aussi les anges qui célèbrent Dieu, gravitent autour de lui et reflètent une part de sa lumière. Un jeu de reflet en écho qui chez Dante est symbolisé par le soleil entouré d'étoiles dans une sorte de ballet cosmique. Il y a là aussi Béatrice, figure de la femme aimée, qui montre au poète ses images et lui révèle des vérités en étant devenue son nouveau guide après Virgile. On notera au passage les commentaires sur l'histoire de Rome avec un bref rappel sur la vie des césars ou encore ceux sur l'Italie contemporaine de Dante qui était déchirée par une lutte intestine entre Guelfes et Gibelin. En s'inspirant de la Bible, du thème de l'Eden, Dante replace ces rencontres dans le cadre d'un grand jardin où la nature, la forêt et l'eau occupent une place importante. Quand on sait qu'aujourd'hui, les forêts sont massacrées par les abattages avides ou les incendies, que les sources d'eau se tarissent, les nappes phréatiques se vident , les pluies se font plus rares avec des sècheresses toujours plus étendues quand ailleurs, ce sont les inondations qui frappent...C'est sûr on est encore plus loin selon moi du Paradis que les contemporains de Dante, à des années lumières qui pourraient être intergalactiques car les distances semblent s'être creusées avec le temps : l'on est passé de la Terre au ciel à celui de la Terre à l'univers quand même.
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TREMAOUEZAN
28 novembre 2015
Ce livre fut l'un des préférés de Borges, aussi, laissons-le en parler :
"On n'a pas le droit de se priver du bonheur de lire "La Divine Comédie", de la lire de façon naïve. Ensuite viendront les commentaires, le désir de savoir ce que signifie chaque allusion mythologique, de voir comment Dante a pris un vers célèbre de Virgile et l'a peut-être amélioré en le traduisant.On doit d'abord lire l'oeuvre avec une foi d'enfant, s'abandonner à elle ; après, elle nous accompagnera jusqu'à la fin. Depuis tant d'années que ce livre m'accompagne, je sais que si je l'ouvre demain j'y trouverai encore des choses qui m'avaient échappé. Je sais que ce livre existera au-delà de ma veille, au-delà de nos veilles."
(Jorge Luis Borges, "Conférences")
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isajulia
22 février 2013
Quelle merveilleuse trilogie! Ces livres m'ont touchée au plus profond du coeur. Dante nous emmène dans un cheminement hors du commun,celui de l'âme en quête de compréhension et de perfection divine.J'ai adoré!
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Citations & extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB29 octobre 2010
Au milieu du chemin de notre vie, ayant quitté le chemin droit, je me trouvai dans une forêt obscure. Ah ! qu’il serait dur de dire combien cette forêt était sauvage, épaisse et âpre, la pensée seule en renouvelle la peur, elle était si amère, que guère plus ne l’est la mort ; mais pour parler du bien que j’y trouvai, je dirai les autres choses qui m’y apparurent.

Comment j’y entrai, je ne le saurais dire, tant j’étais plein de sommeil quand j’abandonnai la vraie voie, mais, arrivé au pied d’une colline, là où se terminait cette vallée qui de crainte m’avait serré le cœur, je levai mes regards, et je vis son sommet revêtu déjà des rayons de la planète qui guide fidèlement en tout sentier, alors la peur qui jusqu’au fond du cœur m’avait troublé durant la nuit que je passai avec tant d’angoisse fut un peu apaisée.

Et comme celui qui, sorti de la mer, sur la rive haletant se tourne vers l’eau périlleuse, et regarde ; ainsi se tourna mon âme fugitive pour regarder le passage que jamais ne traverse aucun vivant.
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Nastasia-BNastasia-B13 avril 2013
Nous entrâmes dans un bois
où nul sentier n'était tracé.
Ses feuilles n'étaient pas vertes, elles étaient sombres ;
ses branches n'étaient pas droites, mais nouées et tordues ;
il n'avait pas de fruits, mais des épines empoisonnées.
[...]
J'entendais partout des lamentations
et ne voyais personne qui pût les faire ;
aussi je m'arrêtai tout éperdu.
Je crois qu'il crut que je croyais
que toutes les voix sortaient, entre ces branches,
de gens qui se cachaient à nous.
[...]
Alors je tendis un peu la main devant moi
et cueillis un rameau d'une grande ronce ;
son tronc cria : " Pourquoi me brises-tu ? "
Et quand il fut tout noir de sang,
il se remit à dire : " Pourquoi me déchires-tu ?
N'as-tu en toi nul esprit de pitié ?
Nous fûmes hommes, et nous sommes broussailles :
ta main devrait nous être plus bienveillante,
même si nous étions âmes de serpents. "
[...]
ainsi du bois brisé sortaient à la fois
des mots et du sang ; moi je laissai la branche
tomber, et restai là, saisi de crainte.

L'ENFER, chant XIII.
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Nastasia-BNastasia-B27 avril 2013
Parmi cet amas repoussant et sinistre
couraient des gens nus et pleins d'épouvante,
sans espoir de refuge ou d'héliotrope :
les mains liées derrière le dos par des serpents
qui leur dardaient aux reins leurs queues
et leurs têtes, et se nouaient par-devant.
Soudain sur un damné qui était près de nous
un serpent se jeta, qui le transperça
à l'endroit où le cou se rattache à l'épaule.
En moins de temps qu'on écrit O ou I
il s'alluma, et il brûla,
puis il tomba tout entier en cendres ;
et quand il fut à terre ainsi détruit,
la poussière se rassembla d'elle-même
et recomposa la forme précédente.

L'ENFER, Chant XXIV, (91-105).
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Nastasia-BNastasia-B15 avril 2013
Les rives étaient encroûtées de moisi,
car les relents d'en bas s'y empâtent,
offensant à la fois les yeux et l'odorat.
(...)
Nous vînmes là ; et de là dans la fosse
je vis des gens plongés dans une fiente
qui semblait tirée des latrines humaines.
Et comme des yeux je scrutais le fond,
j'en vis un à la tête si souillées de merde
qu'on ne comprenait pas s'il était laïc ou bien clerc.
Il me cria : " Pourquoi es-tu donc si friand
de me regarder moi, plus que tous ces affreux ? "
Et moi à lui : " Parce que, si je m'en souviens bien,
je t'ai déjà vu avec les cheveux secs :
tu es Alessio Interminei de Lucques ;
c'est pourquoi je te reluque plus que les autres. "
Et lui alors, en se battant la courge :
" Dans ce fond m'ont noyé les flagorneries
dont ma langue n'était jamais lassée. "
Alors mon guide : " Tâche donc, me dit-il,
de porter tes regards un peu plus loin,
pour que tes yeux atteignent bien la face
de cette souillon échevelée
qui se griffe là de ses ongles merdeux,
et tantôt s'accroupit et tantôt se redresse.

L'ENFER, chant XVIII.
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chartelchartel13 septembre 2007
Par moi on va dans la cité dolente,

Par moi on va dans l'éternelle douleur,

Par moi on va chez les âmes perdues,



La justice inspira mon noble créateur:

Je suis l'oeuvre de la puissance divine,

De la sagesse suprême et de l'amour.



Avant moi, rien ne fut créé

Sinon d'éternel, et moi je dure éternellement.

Vous qui entrez, laissez toute espérance.



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Videos de Dante Alighieri (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dante Alighieri
S.J Parris présente "Le Prix de L'Hérésie" .Lincoln College, Oxford, 22 mai 1583. Dans l?aube naissante, un hurlement déchire le silence. le corps mutilé d?un homme est retrouvé gisant dans une mare de sang. Esprit visionnaire poursuivi par l?Inquisition, Giordano Bruno, comprend que son séjour ne sera pas de tout repos. Entre papistes et anglicans, partisans de Marie Stuart et de la Reine Vierge, une guerre se prépare et c?est dans la crainte d?un complot catholique, qu?Élizabeth Ire a chargé le Napolitain en fuite d?être « son oreille ». En quelques jours, la petite ville universitaire devient le théâtre de l?affrontement fratricide des enfants de Dieu. Catholiques et Protestants se livrent une bataille sans merci où les coups portés se comptent au nombre de cadavres? Chaque camp ira jusqu?au bout. Quitte à courtiser ce qu?ils combattent tous les deux : l?hérésie. "Giordano Bruno fait partie de cette rare catégorie de héros, charismatique et subtil qui appelle un "encore" et que nous laissons avec le désir que la talentueuse Parris nous en donne un peu plus." Matthew Pearl, auteur du Cercle de Dante
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