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EAN : 9782080712165
378 pages
Flammarion (01/11/2004)
  Existe en édition audio
4.13/5   372 notes
Résumé :
Offrir un vrai poème dont la marche n’est en rien entravée» : telle est l’ambition de cette nouvelle traduction de L’Enfer. Afin de rendre au plus près le rythme de l’œuvre de Dante, William Cliff a pris le parti de suivre le «chiffre» du décasyllabe original. Sur le fond, il n’a pas hésité à supprimer des noms et des références qu’il jugeait inutiles ou fastidieux. Loin de trahir le poète florentin, le poète belge l’accompagne. La richesse de sa traduction tient à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
4,13

sur 372 notes

Nastasia-B
  20 septembre 2015
" SFFF ", " littératures de l'imaginaire " et beaucoup d'autres appellations contemporaines, qu'on n'utilisait pas il y a quelques minces années de cela encore, qui font donc très modernes et qui se réfèrent à des genres eux aussi très modernes et très en vogue en ce moment ne seraient-ils qu'un N-ième avatar de quelque chose de véritablement ancestral ?
Je me rends compte — mais un peu tard, comme dit la fable — qu’on écrit de la littérature de l'imaginaire, fantastique, SF ou fantasy (comme vous voudrez) depuis des temps immémoriaux. Et même, avant d’en écrire, avant qu'on invente l'écriture, on en disait, et cela s’appelait des récits mythiques.
Si je vous parle de cela, c’est qu’à la lecture de L’Enfer de Dante, j’ai le sentiment d’avoir lu un bouquin de SFFF, et pas forcément le meilleur que l’on puisse rêver. Les récits mythiques sont truffés de fantastique et d'imaginaire et Dante n’a, pour ainsi dire, fait que cela au travers de sa Divine Comédie, même si l’on n’appelait pas encore cela comme ça.
Ce serait plutôt une forme de RF (pas République Française, bien sûr, mais Religion Fiction) car rien ne distingue formellement les images créées par Dante de celles des films dit fantastiques, d’horreurs, d’action, de Space Opera, d’Heroic Fantasy et consort.
Certains gardiens des enfers, tels que décrits ici, semblent parfaitement avoir été illustrés dans les films de George Lucas ou dans des grosses productions américaines plus récentes (et j’allais ajouter " de bas aloi ", mais je m’en abstiens, car ce n’est pas parce qu’un genre me déplait que je dois y porter des jugements négatifs ou sévères).
En somme, ce premier volet de la trilogie (vous voyez, ça fait tout de suite un petit côté Star Wars) de la Divine Comédie de Dante ne m’a pas du tout ravi. La structure en est très répétitive et, de chant en chant, on suit Virgile qui mène Dante de plus en plus profondément dans les entrailles de l’enfer.
Chemin faisant, les descriptions de supplices s’accumulent et les exemples de suppliciés italiens des XIIIème et XIVème siècles sont d’un ennui absolu. C’est chiantissime à lire (rien à voir avec le chianti, qui lui se laisse boire sans déplaisir) et il est quasiment impossible de s’en sortir sans les notes (au passage, je salue la traduction de Jaqueline Risset et la qualité des éclaircissements qu’elle apporte et qui rendent la lecture, tant soit peu digeste).
Petite précision sur ce que j'entends par chiantissime. Dans l'optique de son projet littéraire et de la " mission " qu'il s'attribue, il est tout à fait pertinent, au moment où Dante écrit son œuvre de faire référence à de grandes figures des guéguerres incessantes florentino-bologno-pisanes entre les guelfes blancs et les guelfes noirs, par exemple, et que les gens de l'époque avaient possiblement vus à l'œuvre dans leurs agissements.
De même, n'oublions pas, pour ceux qui ont lu Le Nom De La Rose, par exemple, que Dante écrit en plein dans la période religieusement troublée des papes avignonais et des merveilles de l'inquisition qu'Umberto Eco a si bien su nous faire revivre.
Mais sorti de ce contexte géographico-historique, les noms et les personnalités de ces individus perdent tout leur sens, et en cela, leur évocation également. Dans un écrit vieux de 700 ans, c'est ce qu'il y a d'intemporel qui est intéressant, le reste me semble juste... ennuyeux. Souvenez-vous, dans les années 1990, les querelles Chirac / Balladur, par exemple ; tout le monde en parlait, qui allait gagner, qu'est-ce qui allait en ressortir, etc. Aujourd'hui, tout le monde s'en fout et il a bien raison de s'en foutre, le monde. Il en est de même mon cher Dante de vos gugus d'il y a 700 ans.
Par contre, ce qui m’a mieux plu et plus intéressée, ce sont les ponts que Dante a créé entre la littérature païenne pré-chrétienne (essentiellement grecque et latine) et les œuvres plus clairement référencées dans la mouvance du christianisme.
L’auteur a façonné, peut-être sans le savoir et à l’inverse de ce qu’il espérait sans doute faire, un formidable outil de désacralisation de la religion en bâtissant un imagier des supplices qui nous attendent en enfer. Dans ce genre de matière, notre imagination est toujours plus forte que ce qu’on nous peut décrire. On a toujours tors de vouloir trop en dire quand il s’agit de " vérités " religieuses.
J’irai même encore plus loin, si vous me le permettez. En lisant L’Enfer, le lecteur soupçonneux et ami du doute (même pour l’époque) voit dans cet outil de propagande chrétienne, pro-religion et pro-christianisme, finalement rien de bien différent d’un paganisme comme un autre, d’un sectarisme comme un autre, d’un boniment comme un autre.
Ce que nous confirme le projet littéraire de Dante, c’est qu’il vivait dans une époque particulièrement troublée et sanglante. On n’imagine pas d’écrire un tel livre visant à l’édification des foules sur les misères qui les attendent en enfer s’il n’y avait pas matière, quotidiennement, à pratiquer ou à voir pratiquer l’infamie. Et cela, je ne doute pas que Dante ait pu en voir ou en entendre parler beaucoup.
Enfin, un dernier mot sur l’impact fort qu’a eu cet ouvrage sur le scellement de l’identité italienne, au travers de cette langue, écrite et versifiée de cette façon pour la première fois avec autant d'éclat. Avant Dante, il y avait la langue vulgaire, après Dante, il y aura l’italien.
Et l’italien sera reconnu, pour des siècles et des siècles comme la langue de Dante, comme il y aura plus tard, la langue de Cervantés, la langue de Shakespeare, la langue de Molière, la langue de Goethe ou la langue de Pouchkine.
Un dernier mot encore avant que je n'aille rôtir en enfer, infecte athée que je suis, sur l'emploi du terme "comédie " dans ce registre qui peut être amusant, avec un certain recul mais qui n'avait pas nécessairement vocation à l'être, surtout à l'époque. Il est bien évident qu'en écrivant en langue vulgaire, l'auteur prenait le parti de ne pas faire un livre " noble ". En somme, même s'il avait devisé de droit ou, comme c'est le cas ici, de religion, sujets, par essence, pas spécialement drôles, il ne pouvait s'agir que de " comédie ", au sens, " écrit non noble rédigé dans la fangeuse langue de la populace et non le catholique latin des écrits sérieux ".
Bref, un livre important dans l’histoire littéraire, dans l’histoire italienne et l’histoire des religions, peut-être aussi dans l’histoire de la SFFF, mais franchement pas ma tasse d’espresso. Au reste, ceci n’est que mon infernal et vicieux petit avis, c’est-à-dire, très peu de chose en vérité.
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Yanoune
  04 février 2021
L'enfer... Ou le bouquin que franchement pas si simple... et pas pour les raisons qu'on croit. ♫ Laissez-moi chanter♫ enfin zut quoi !
Pitch :
Bon paf !... le vl'a ti pas aux enfers... Enfin il doit surtout les traverser, cheminer, et les passer pour arriver à destination... heureusement il a un guide ! Mazette, y en a un tas... Suivant le péché commis, les pécheurs se retrouvent dans un cercle avec les tortures idoines... c'est pas super super cool pour un lieux de voyage, et de vacances encore moins !
Alors oui, l'enfer de Dante, la Divine Comédie tout court, c'est pas simple.
Et si c'est pas simple, ce n'est pas une question de vocabulaire, ou de style, ou de quoi que ce soit dans ce goût-là, non.
C'est pas simple parce que ce sont des chants. Et pour moi un chant, bin ça se chante, se déclame. En gros ça se lit à voix haute, rien que pour trouver le souffle, le rythme... pour ressentir.
« Je vis plus de mille diables au-dessus des portes
précipités du ciel, qui disaient pleins de rage :
" Qui donc est celui-là qui sans avoir sa mort
s'en va par le royaume des âmes mortes ? " »
Bon bin franchement se mettre à déclamer du Dante dans le bus, bin vous risquez de passer pour un allumé du bulbe et c'est bien dommage. On vous regarde super louche...
Donc le bus on raye...
A la maison, vous vous retrouvez avec un chéri qui vous regarde avec de grands yeux.. Bon il sait bien que vous avez un pète au casque, mais quand même.
« Et cette difforme image de la fraude atterrit de la tête et du buste, mais sur la rive elle ne tira point la queue.
Sa face était celle d'un homme juste, si bénigne en était l'apparence, et le corps en bas était d'un serpent.
Elle avait, au-dessous des aisselles, des pattes velues ; sur le dos, la poitrine et les deux côtés, des lacs peints et des boucliers. »
Alors vous expliquez, que vous lisez du Dante, que c'est très chouette, que c'est une référence en littérature, une référence pour plein de trucs, que c'est votre kiff les diables, les mythologies et toussah, mais que c'est des chants donc ça se déclame..
Votre chéri vous regarde louche... bon...
Alors vous prenez votre bouquin, pour aller dans un jardin pas loin, histoire de... et c'est reparti, vous déclamez bien fort cette poésie magistrale, vous êtes bien dedans..
« Descendu au pied de ces malignes pentes grises, ce triste ruisseau y engendre un marais nommé Styx.
Et moi qui regardais, attentif, je vis dans ce bourbier des gens tout nus, couverts de fange, le visage courroucé.
Non pas seulement avec la main, mais avec la tête, avec, la poitrine et les pieds ils se frappaient, et en lambeaux se déchiraient avec les dents. »
Et là paf, y a une maman qui vient vers vous, vous dire que vous faites peur aux mômes qui jouent plus loin.. Vous aviez pas vu, mais derrière un gros bouquet d'arbres bin y a une aire de jeux pour les petits poulets.
Vous vous expliquez, Dante, chant, poésie... rien n'y fait vous faites peur aux mômes, on vous regarde louche...
Bon... vous êtes têtu (enfin moi)... vous rentrez chez vous, direction la terrasse, et c'est reparti mon kiki comme en quarante...
« Nous faisions route avec les dix démons.
Ah féroce compagnie ! mais à l'église
avec les saints, et à la taverne avec les gloutons. »
Là y a une fenêtre des voisins qui s'ouvre et un bon gros « ta gueule ! » qui fuse...
Diantre !
Le monde se liguerait-il contre moi ? Ne pourrais-je dont point terminer ma lecture, faire entendre la chanson ?
Ne vais-je pouvoir ressentir le cheminement, le souffle, le rythme de cette grande poésie.. le monde serait-il fermé aux poètes ? Aux envolées, au magique, au terrible... zut alors c'est ty pas dommage... et triste aussi.
Pourtant on rencontre du beau monde dans ces enfers. Pourtant c'est une sacrée aventure. Pourtant c'est beau. Les images sont fortes !
Bon même si je dois dire qu'il faut une certaine culture quant aux noms énumérés, et que c'est un règlement de compte de l'époque (dont je me fous royalement), mais ça n'entrave pas tant que ça la lecture. J'ai fait fi.
Mais d'un autre côté ça m'étonne pas trop, j'avais déjà testé avec l'Iliade, et j'avais déjà eu le même retour... Nan on est vraiment des tristes... si peur de tout... ce sont juste des mots, ou est-ce autre chose ?...
Envie pour instant de devenir comme Diogène, et d'envoyer péter tous ces braves gens...
P.S: j'ai la jolie édition du Chêne, sorte de petit précis, petit précieux avec plein d'illustrations ^^, et sur L'enfer de Dante, c'est pas ce qui manque ! ça aussi ça aide...
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Stelphique
  27 août 2016
Ce que j'ai ressenti:…Une envie de poésie…
« Vous qui entrez, laissez toute espérance. » Chant III
De Florence à la forêt obscure
De décadence à la terre impure
L'Enfer est un lieu sans lumière,
Où la souffrance et les âmes errent…
« Et je viens en un lieu où la lumière n'est plus » Chant IV
De cette tourmente douloureuse,
Naît les vents impétueux,
Des tremblements de terre autant que
Des tempêtes de limbes fangeuses.
« Laissez nous aller, car on veut dans les cieux que je montre à quelqu'un ce chemin sauvage. » Chant XXI
Les blessures et autres bêtes immondes,
Font ressurgir dans ces cercles, les ondes,
Les pires fureurs de ces pauvres pêcheurs,
et les condamnent à leurs plus infectes horreurs.
"Ce fut en vain: les ailes ne peuvent aller plus vite que la peur." Chant XXII
Les hérétiques, les coupables lâchent leurs cris,
Joignent leurs voix aux harpies,
Pleurent aux pieds des démons,
Tombent sous le coup de leurs lamentations.
« Que votre souvenir ne s'envole jamais dans le premier monde des esprits humains mais qu'il y vive sous de nombreux soleils. » Chant XXIX
Une lecture toute en poésie
Qui a su à travers le temps,
Laisser sa marque, son feu.
Aller toujours plus bas avec les impies
N'est pas anodin, et le sang bouillant,
Vous connaîtrez les vices dangereux,
Grâce à ce poète de Génie:
Dante Alighieri.

Stelphique.

Lien : https://fairystelphique.word..
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Blandine2
  01 avril 2022
L'Enfer est le premier tome de la Divine Comédie. Suivront le Purgatoire et le Paradis.
Jamais je n'avais tenté cette lecture, celle-ci me paraissant totalement hors de ma portée intellectuelle, tant les commentaires font en général montre d'une culture phénoménale...
On sait le rôle majeur qu'a joué cet ouvrage dans l'histoire de la langue italienne, et sa notoriété mondiale qui en fait l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature médiévale.
Ce livre me semblait réservé à une élite d'universitaires et de sachants dont je ne fais pas partie.
Et pourtant j'ai décidé de me faire ma propre opinion, et de passer outre ces freins.
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et de curiosité.
Bien sur, je n'ai pas compris toutes les allusions très érudites à une foultitude de personnages, dont Dante alimente son poème, mais cela ne m'a finalement pas tant gênée que cela.
Le message est assez universel , le chemin vers le mal aussi.
Et que l'homme se nomme Guido de Sienne ou Perlimpim ne change pas fondamentalement la teneur du message que Dante nous fait passer.
C'est mon avis d'inculte.
Ce 1er tome est une description des cercles de l'enfer.
La lecture est incroyable, on dirait volontiers aujourd'hui que l'auteur avait sans doute un peu abusé de substances hallucinogènes...
On retrouve dans ces descriptions toute l'iconographie que l'on voit dans les églises, même encore aujourd'hui , et tout l'imaginaire qui a inspiré les peintres et qui continu à le faire plusieurs centaines d'années plus tard .
C'est ce qui m'a le plus impressionnée.
C'est tellement imagé !
Le texte est beau.
C'est moins long et moins pénible à lire que ce que je ne craignais.
A la fin de cette lecture on comprends bien comment l'Eglise a pu se servir de cet imaginaire pour effrayer les gens .


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Lismonde
  05 février 2014
Mettre une "note" à Dante, et puis quoi encore !
autant "noter" la Joconde, le David ou la Passion selon Saint Matthieu !
La Divine comédie est un monument littéraire qui traverse huit siècles d'histoire pour avoir (notamment ) contribué à la formation de la langue italienne - qui peut prétendre la "noter" ?
Sur les parterres qui sont devant le Collège de France, il y a deux sculptures d'un côté Ronsard et de l'autre Dante lui-même qui a même une grande rue à son nom un peu plus bas vers la Seine !
Après, qu'on choisisse d'entrer ou non dans La Divine Comédie, c'est affaire personnelle !
J'ajoute à cette première réaction d'humeur, très anecdotique, que toute personne s'intéressant de près à la littérature et à ce qu'elle peut inspirer de plus sublime doit avoir lu la Divine Comédie au moins une fois dans sa vie -
(question : faut-il attendre la maturité pour en apprécier pleinement toute la dimension vitale, métaphysique et spirituelle ? je me suis aussi posé la question mais je n'ignore pas "la valeur n'attend pas le nombre des années", non plus que les tourments spirituels ou métaphysiques ! ).
La Divine Comédie emporte le lecteur dans un immense voyage initiatique, avec un tel souffle et une telle ampleur que personne n'en revient indemne :
"Nel mezzo del cammin di vita nostra/
mi ritrovai per una selva oscura /
che la diritta via era smarrita ..... ,

Ce milieu du chemin de la vie où l'on ne sait plus comment se diriger dans la forêt obscure, chacun peut l'éprouver, c'est ce moment où la vie semble basculer comme elle bascula pour Dante lui-même, par suite d'un sérieux revers dans son combat politique - "Guelfe blanc", il luttait pour une plus grande autonomie de la ville de Florence par rapport au pape (Boniface VIII, souvent cité) - alors que ses ennemis politiques les Guelfes noirs prennent le pouvoir, il se retrouve menacé de mort, chassé de Florence et privé de tous ses biens, il doit prendre le chemin d'un exil définitif (1)
Certes, certains passages pourront paraitre obscurs à un lecteur français car truffés de références à des familles ou factions toscanes et autres avec lesquelles Dante continue à règler ses comptes jusqu'au sein du "Paradis" .
Au delà des identités évoquées, cet enracinement dans la vie concrète contribue à rendre plus proche, plus réel encore ce voyage dans l'univers, le temps et l'histoire, où Dante commence par explorer les neuf cercles d'un enfer où Lucifer est pris dans la glace.
Conduit par Virgile lui-même, et au Paradis par Béatrice, archétype de la femme aimée, il explore les confins de vie et de la mort , d'un façon souvent haletante (le rythme impulsé par la "terza rima" en italien) et il rencontre une foule de personnages, par exemple Ulysse l'avisé, avec ses compagnons, qui leur enseigne 'qu'ils ne sont pas faits pour vivre comme des bêtes, mais pour suivre vertu et connaissance" -
"Considerate la vostra semenza
fatti non foste a viver come bruti
ma per seguir virtute e conoscenza"
Si ces questions vous habitent, plongez vous sans attendre dans cette grande quête de cet Amour à dimension mystique qui est pour Dante (vers ultime du Paradis)
'"l'amor che move il sole e l'altre stelle" - "
L'amour qui meut le soleil et les autres étoiles".

P.Lismonde
Aux lecteurs français, je ne saurais trop recommander la magnifique traduction (7 ans de travail) établie par Jacqueline Risset en 3 volumes pour les éditions Flammarion
voir cette critique aussi sur le livre qu'elle a auusi consacré à Dante
http://wodka.over-blog.com/article-12487295.html
(1) Non seulement Dante finalement établi à Ravenne n'est jamais revenu à Florence, mais la ville de Ravenne a toujours refusé de restituer ses cendres à Florence. Une sépulture vide l'attend depuis plusieurs siècles dans l'église de Santa Croce où sont enterrés tous les grands florentins Michel Ange, Galilée ou même Machiavel - Pour se consoler sans doute, les Florentins ont fait ériger une statue de Dante en pied à l'entrée de l'église.


Lien : http://www.babelio.com/auteu..
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Citations et extraits (104) Voir plus Ajouter une citation
ThomasClairObscurThomasClairObscur   14 mai 2022
CHANT III
« Par moi l’on va dans la cité dolente,
par moi l’on va en éternel malheur,
par moi l’on entre au peuple des perdus.
C’est la justice qui m’a inventée,
c’est la force divine qui m’a faite,
la haute science et le premier amour.
Avant moi n’existèrent nulles choses
sauf éternelles : je suis éternelle.
Vous qui entrez, laissez toute espérance. »
Ces mots avec de la peinture noire
étaient écrits au-dessus d’une porte :
« Maître, dis-je, qu’est-ce que ça veut dire ? »
Il me répondit : « C’est qu’il faut ici
abandonner toute espèce de doute,
qu’ici toute tromperie doit finir.
Nous sommes arrivés où je t’ai dit
que tu verrais les malheureux qui ont
perdu la vertu de l’entendement. »
Après avoir mis sa main sur la mienne
et m’ayant réconforté d’un sourire,
nous pénétrâmes dans le monde sombre.

DANTE – L’Enfer
Traduit de l’italien par William Cliff
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Aquilon62Aquilon62   14 mai 2022
CHANT III

« Par moi on va dans la cité dolente,
par moi on va dans l’éternelle douleur,
par moi on va parmi la gent perdue.
Justice a mû mon sublime artisan,
puissance divine m’a faite,
et la haute sagesse et le premier amour.
Avant moi rien n’a jamais été créé
qui ne soit éternel, et moi je dure éternellement.
Vous qui entrez laissez toute espérance. »
Ces paroles de couleur sombre,
je les vis écrites au-dessus d’une porte ;
aussi je dis : « Maître, leur sens m’est dur. »
Et lui à moi, en homme qui savait mes pensées :
« Ici il convient de laisser tout soupçon ;
toute lâcheté ici doit être morte.
Nous sommes venus au lieu que je t’ai dit,
où tu verras les foules douloureuses
qui ont perdu le bien de l’intellect. »
Et après avoir mis sa main dans la mienne
avec un visage gai, qui me réconforta,
il me découvrit les choses secrètes.

Traduction Jacqueline RISSET
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Nastasia-BNastasia-B   19 avril 2013
Nous rencontrâmes une foule d'ombres
qui s'en venaient près de la rive, et chacune
nous regardait ainsi que font le soir
ceux qui se croisent à la nouvelle lune ;
elles clignent des yeux vers nous
comme le vieux tailleur au chas de son aiguille.
Regardé ainsi par semblable famille,
je fus reconnu par l'un d'eux, qui me prit
par le pan de ma robe et cria : " Merveille ! "
Et moi, quand il tendit le bras,
je fixai mes regards sur sa figure cuite,
si fort que le visage brûlé n'empêcha pas
à mon esprit de le connaître.

Chant XV, (16-28).
+ Lire la suite
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Nastasia-BNastasia-B   07 avril 2013
Et une louve, qui paraissait dans sa maigreur
chargée de toutes les envies,
et qui fit vivre maintes gens dans la misère ;
elle me fit sentir un tel accablement
par la terreur qui sortait de sa vue,
que je perdis l'espoir de la hauteur.
(...)
" Il te convient d'aller par un autre chemin,
(...)
si tu veux échapper à cet endroit sauvage ;
car cette bête, pour qui tu cries,
ne laisse nul homme passer par son chemin,
mais elle l'assaille, et à la fin le tue ;
elle a nature si mauvaise et perverse
que jamais son envie ne s'apaise
et quand elle est repue elle a plus faim qu'avant ".

Chant I, 49-54, 91, 93-99.
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Nastasia-BNastasia-B   26 avril 2013
Jamais tonneau fuyant par sa barre ou sa douve
ne fut troué comme je vis une ombre,
ouverte du menton jusqu'au trou qui pète.
Ses boyaux pendaient entre ses jambes ;
on voyait les poumons, et le sac affreux
qui fabrique la merde avec ce qu'on avale.

Chant XXVIII, (22-27).
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