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ISBN : 102260080X
Éditeur : Métailié (06/03/2014)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Un garage au milieu de nulle part, province du Chaco, nord de l’Argentine. La chaleur est étouffante, les carcasses de voiture rôtissent au soleil, les chiens tournent en rond. Le Révérend Pearson et sa fille Leni, seize ans, sont tombés en panne ; ils sont bloqués là, le temps que la voiture soit réparée. El Gringo Brauer s’échine sur le moteur tandis que son jeune protégé Tapioca le ravitaille en bières fraîches et maté, et regarde avec curiosité ces gens si diffé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  15 mai 2016
Quelques heures avant l'orage, il y a le Révérend Pearson et sa fille, Leni, 16 ans, qui tombent en panne sur une route isolée de la province du Chaco dans le nord de l'Argentine, autant dire dans un quasi désert. Il y a aussi, non loin de là, une station-service, qui fait office de garage et de casse, vers laquelle la voiture du Révérend est remorquée, puis réparée par El Gringo Brauer et son jeune assistant Tapioca, 16 ans. Il y a, surtout, le paysage vide, la terre desséchée, le temps immobile, le vent, la poussière, quelques arbres rabougris et des carcasses de voitures sous un soleil de plomb et un ciel sans nuages.
Depuis bien des années avant l'orage, le Révérend, pasteur nomade et fanatique, porte la Bonne Nouvelle et sillonne la région dans sa voiture, avec sa fille et des caisses pleines de Bibles, d'hôtels minables en motels pourris. Depuis bien des années, Brauer tient son garage au milieu de nulle part et s'accommode parfaitement de l'absence de religion et de la présence de Tapioca, qu'il a pris sous son aile quand la mère de celui-ci l'a abandonné alors qu'il n'avait que 8 ans.
Ignorant encore qu'un orage va éclater, ces quatre personnages forcés de se côtoyer pendant les heures nécessaires à la réparation de la voiture, s'observent, se jaugent. Si Brauer et Pearson ont en commun d'avoir élevé, seuls, un enfant et d'avoir leur destin derrière eux, ils sont diamétralement opposés, l'un taciturne et athée, ayant le respect de la Nature pour seul credo, l'autre prêcheur théâtral et prosélyte impénitent (si j'ose dire). Quant aux enfants, ils se ressemblent plus qu'il n'y paraît, ayant grandi sans mère, sans véritable présence féminine. Leni est partagée entre son adoration pour son père, et ses doutes quant à la prétendue bonté de Dieu, qui ne lui a jamais offert ni vie de famille, ni foyer sédentaire. Tapioca se pose moins de questions, mais tous deux voient la route (celle sur laquelle elle passe sa vie, celle qu'il voit tous les jours à côté de la station-service) comme une échappatoire vers un avenir différent de leurs présents respectifs.
Peu de mots suffisent à créer une tension, qui devient lentement insupportable, en même temps que l'air se charge d'électricité et que la tempête, réelle et symbolique, approche.
Et puis, après l'orage et ses trombes d'eau, il y a le calme qui revient, la tempête sous les crânes qui s'apaise. Pourtant tout est différent, le cours des vies est bouleversé même si le paysage désertique reste immuable, même si le soleil, indifférent, recommence à brûler de plus belle.
Paradoxal huis clos dans un espace infini, western moderne sans colts à la ceinture mais la Bible à la main, il y a de la graine de film dans ce roman. de façon inattendue, la trame épurée, le style simple, aiguisé, une langue qui sonne très juste, le décor implacable et l'atmosphère oppressante le rendent poétique et entêtant.
« Après l'orage », magnétique...
Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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trust_me
  06 mars 2014
D'un coté, le révérend Pearson, pasteur évangélique, et sa fille Leni, 16 ans. de l'autre, El Gringo Brauer, mécano de son état, et son fils adoptif Tapioca. Les premiers sont tombés en panne au milieu de nulle part, sous un cagnard étouffant. Les seconds occupent le seul garage à des kilomètres à la ronde. Une rencontre intense, quatre personnages aux antipodes, une ambiance qui peu à peu va se charger en électricité. Dans ce coin paumé du nord de l'Argentine frappé par une infernale sécheresse, l'orage va gronder, les éléments se déchaîner et les natures de chacun se révéler dans un final que l'on devine rapidement inévitable...
La quatrième de couverture parle d'un huis clos à ciel ouvert et c'est exactement ça. le face à face entre le révérend et le garagiste est d'une grande force. le premier est un orateur hors pair, un homme qui sait se montrer convaincant. le second est un taiseux, profondément athée : « Les affaires du ciel ne l'intéressaient pas. La religion était faite pour les femmes et les hommes faibles. le bien et le mal, c'était une autre histoire : ça, c'était une question quotidienne, concrète, que l'on pouvait affronter avec son corps. La religion, d'après lui, était une façon d'éluder ses responsabilités. S'abriter derrière Dieu, attendre d'être sauvé, ou rendre le diable responsable du mal qu'on était capable de faire. » Entre eux, l'affrontement ne pouvait que couler de source.
Un excellent premier roman. Chapitres courts, écriture sèche et très visuelle, aller-retour entre le présent du récit et le passé des personnages, Selva Almada possède à l'évidence un vrai sens de la narration. Il y a quelque chose d'hypnotique dans ce texte. Chacun à l'air sûr de soi, maître de ses paroles et de ses actes. Et pourtant on sent que l'étincelle qui va mettre le feu au poudre ne demande qu'à jaillir. Tout tient dans l'ambiguïté des attitudes, dans cette atmosphère immobile et irrespirable qui finit par électriser le décor et les protagonistes. le début de ma réconciliation avec la littérature argentine à 15 jours du salon du livre, c'est parfait !
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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wiggybis
  15 février 2014
L'endroit est désertique, la chaleur étouffante, c'est le milieu de nulle-part. le Révérend Pearson et sa fille Leni sont bloqués chez un garagiste, El Gringo Brauer et son assistant, le jeune Tapioca, à cause de leur voiture tombée en panne. L'arrivée d'un simple événement climatique va changer la vie de ces quatre personnages...
Selva Almada a réussi à écrire une histoire plutôt simple et dont la scène ne dure à peine une journée, mais très marquante et avec une incroyable maîtriste stylistique. En alternant présent et retours en arrière, on apprend des détails essentiels chez les personnages sans pour autant tout savoir, nous laissant le soin de nous questionner et d'utiliser notre imagination.
La religion, la nostalgie et le rôle de la mère sont au coeur de ce roman profondément humain qui met en lumière deux mentalités et deux modes de vie opposés. Pourtant, les personnages ne sont pas si différents que ça, nous prouvant que qui que nous soyons, d'où que nous venions et quoique nous fassions, nous sommes tous pareil, égaux face aux aléas de la vie que nous ne pouvons contrôler.
Loin de nous noyer de descriptions, l'auteure nous donne juste ce qu'il faut pour que ses mots se transforment en images et sensations, nous forçant à l'exil par la pensée.
Ce livre est pour moi plus qu'un coup de coeur, plus qu'une claque. Quelques jours après l'avoir lu, j'ai toujours du mal à m'exprimer dessus, d'où la brièveté de ce billet, car c'est un livre qui se ressent, intime.
Il ne me reste plus qu'à remercier Babelio et les éditions Métailié un milliard de fois pour cette magnifique découverte qu'est ce roman subtil et poignant, quasi-parfait.
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missmolko1
  07 mars 2015
J'avais repéré ce titre a sa sortie, le résumé était plutôt prometteur, et puis un voyage en Argentine, ça ne se refuse pas. Après lecture, je suis partagée.
J'ai beaucoup aimé l'écriture de Selva Almada, la tension qui s'en dégage, ce huis-clos pesant entre ces quatre personnages. Par contre, j'ai l'impression de ne pas en avoir saisi le message. Ou l'auteure voulait en venir ? Pourquoi cette fin ? Quel est le message ? Je reste avec plein de questions et la frustrante sensation d'être passé a coté de quelque chose.
En tout cas, une chose est sur, Selva Almada est une auteure a suivre.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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zellereb
  06 février 2016
Un livre tout en simplicité où il se passe vraiment peu de choses. Il m'a un peu fait penser au film Bagdad Café. Deux voyageurs, le Révérend Pearson et sa fille Leni, tombent en panne au milieu des espaces secs et inhospitaliers de la route. Ils se trouvent quelque part dans la région du Chaco et viennent de quitter la ville natale du Révérend. Ils s'arrêtent dans le garage d'El Gringo Bauer, qui travaille aussitôt sur la réparation de la voiture, avec son fils adoptif Tapioca. Jusque là, pas de soucis, l'ambiance est mystérieuse, elle laisse place à l'imagination. Ces deux hommes dans la fleur de l'âge vivant seuls accompagnés d'adolescents... Deux histoires qui semblent parallèles au fond. Mais assez vite, le discours se fait religieux, avec le Révérend qui cherche à convertir les âmes intéressées. Mis à part ce point, les personnages qui partagent une intimité forcée dans le garage d'ElGringo, entourés de carcasses de voitures, vivent dans l'angoisse et on sent que pour la plupart d'entre eux, ils n'ont qu'un désir, c'est celui de partir, de voyager, de s'extraire de leur milieu. La solitude ou bien le train train les insupporte. Prenons l'exemple de Leni. Elle n'en peut plus de suivre son père partout. Cette vie nomade lui enlève tout repère, et elle se dit qu' "un jour, elle monterait dans une voiture et partirait très loin, pour toujours. Derrière elle, elle laisserait son père, l'Eglise, les hôtels. Elle ne chercherait peut-être même pas à revoir sa mère. Elle roulerait droit devant elle, suivant le ruban noir de l'asphalte, quittant tout, à tout jamais." On est donc sur la thématique du départ. Et comme on voyage, on quitte ses émotions, son enveloppe passée, et peut-être aussi un peu de son humanité, j'ai l'impression.
Donc, une belle lecture mais où je suis restée réticente sur certains aspects.
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critiques presse (1)
Liberation   17 mars 2014
D’emblée, Après l’orage, ce bref roman divisé en vingt-trois chapitres, a des allures de film. Un endroit perdu sous un soleil de plomb.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
zellerebzellereb   06 février 2016
Quand il l'entendait, cette musique-là, oui, il la trouvait jolie. Quand il l'entendait, son coeur se serrait. Cette musique-là ne donnait pas envie de danser mais de rester immobile, les yeux fixés sur la route.
- Mets ça dans tes oreilles, dit Leni, et elle lui mit un écouteur.
Elle glissa l'autre écouteur dans son oreille à elle.Tapioca la regarda. La jeune fille sourit et appuya sur un bouton. La musique, au début, le fit sursauter : elle n'avait jamais été aussi proche, il avait l'impression qu'elle retentissait à l'intérieur même de sa tête. Elle ferma les yeux et il l'imita. Il s'habitua tout de suite à la mélodie, elle ne semblait plus venir de l'extérieur. C'était comme si la musique jaillissait à l'intérieur même de ses entrailles.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   04 avril 2014
De temps en temps, ils pénétraient dans la forêt pour observer ce qui s'y passait. La forêt était comme une grande entité où la vie bouillonnait. Un homme pouvait apprendre tout ce qu'il lui fallait rien qu'en observant la nature. Là-bas, dans la forêt, tout était sans cesse en train de s'écrire comme dans un livre à la sagesse inépuisable. Le mystère et sa révélation. Tout y était, si l'on apprenait à écouter et à voir ce que la nature avait à dire et à montrer.
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SophieChalandreSophieChalandre   26 novembre 2016
Le paysage était désolé. De temps en temps sur un arbre rabougri au feuillage irrégulier, il y avait un oiseau, tellement immobile qu'il avait l'air d'avoir été empaillé.
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blablablamiablablablamia   04 mai 2014
Demain. Le soir, nous sommes tous optimistes. Nous sommes persuadés que lorsque le soleil d'un jour nouveau apparaîtra au-dessus de nos têtes, nous serons capables de tout changer, de tout reprendre à zéro. Mais le lendemain matin, au réveil, nous sommes accablés, fatigués avant même d'avoir commencé, et, encore une fois, nous remettons tout au lendemain.
Dès lors, demain, ça ne veut pas dire vingt-quatre heures plus tard. Demain, ce sont des années et des années durant lesquelles se perpétue la même misère. Mais moi, je vous dis: demain c'est maintenant.
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josteinjostein   21 mars 2014
Méfiez-vous des mots forts comme des mots jolis. Méfiez-vous de la parole du patron comme de celle de l’homme politique. Méfiez-vous de celui qui dit être votre père ou votre ami. Méfiez-vous de ces hommes qui prétendent parler à votre place et dans votre intérêt.
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Video de Selva Almada (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Selva Almada
Salon du Livre dans le stand des Outre-Mer ? 23/03/2014 .Julien Delmaire revient sur l'actualité littéraire des Outre-Mer. Les invités : Selva Almada & Laura Alcoba. Retrouvez Tropismes tous les dimanches à 11h00 sur @FranceOtv et les chroniques sur Culture Box, 'Nous Laminaires' http://bit.ly/16dDg5M.
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