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Valérie Zenatti (Traducteur)
ISBN : 2879296676
Éditeur : Editions de l'Olivier (01/10/2009)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 31 notes)
Résumé :
A cinquante ans, Bruno Brumhart revient sur sa vie. Une enfance confortable, chérie par ses parents, des juifs communistes, un mystérieux accident dont il n'a aucun souvenir et qui l'a privé d'une main, et l'innommable : le ghetto, la déportation, sa fuite du camp et son errance dans la forêt.
Comment retourner dans un monde qui a ordonné, ou laissé faire, la destruction des siens ?
Bruno sait que seule la force d'une profonde fraternité peut apporter... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
nelly76
  04 avril 2019
Au travers la vie de son héros :Bruno Brumhart, Aharon Appelfeld nous livre son histoire.
Nous allons suivre ce jeune garçon, entouré de parents aimants , juifs communistes se dévouant pour les pauvres,de son enfance à sa vie d'homme de 50 ans.
Amputé très jeune de la main il devra faire face à des moqueries qui lui donneront un caractère fort et courageux pour affronter la vie.Parqué avec ses parents dans un ghetto ,au début de la guerre,il est embarqué un matin,dans un camion pour être envoyé dans un camp de concentration afin de construire des baraquements et les fours crėmatoires. Sentant leur mort approcher,ils ont été témoins de trop d'horreurs ,lorsqu'ils comprennent que les fours seront utilisés pour les déportés ,Bruno et trois de ses camarades s'évadent.Jusqu'a la fin de la guerre ,ils se terrrerront dans une forêt où là ils subsisteront grâce aux mûres ,pommes de terre et pommes. de cette cohabitation et promiscuité naîtra une profonde amitié.
A la fin de la guerre ,ses trois amis retourneront "chez eux" ,lui s'enrichira en faisant du commerce,et achètera un château en Italie ,à Naples,ayant à coeur de soigner ses frères déportés, il fera de ce château un havre de paix où chacun viendra s'y ressourcer en écoutant un orchestre jouant du classique et en écoutant la lecture de la bible.En fait dans cette histoire Appelfeld aborde la question de l'après : comment reconstruire ces êtres si durement éprouvés lors de leur internement ? C'est un formidable message d'espoir et de renouveau qu'il nous livre.
Il y a beaucoup de zones d'ombre dans ce roman mais j'ai aimé l'atmosphère qui s'en dégage ,entre réalité et symbolisme ,espoir et tristesse( lorsqu'il se bat avec certains déportés qui sont devenus violents et qu'il ne peut " remettre sur la bonne voie ou que certains le traitent de voleurs par jalousie).Mais au fond de lui ,une voix l'appelle "viens en Israël",hésitant, il vendra ,à regret son château et partira rejoindre ses 3 amis de la forêt à Tel-Aviv. De courts chapitres ,un très bon style en font un beau roman ,à recommander chaleureusement .
* traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti. ⭐⭐⭐⭐
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Henri-l-oiseleur
  29 novembre 2015
Dans son écriture toujours sobre, presque "blanche" et sans passion, ce roman d'Aharon Appelfeld s'attarde moins sur les événements de la guerre que sur leurs séquelles dans la vie du héros-narrateur, dont tous les actes semblent consacrés à réparer le mal qui a été fait, ou du moins à le contenir. L'auteur explore une "branche" inexploitée de la littérature concentrationnaire, celle des récits de survivants. Déjà Lanzmann, dans un commentaire de son fameux film, racontait certains destins de rescapés absolument hors du commun (comme celui du coiffeur d'Auschwitz) : Appelfeld étudie maintenant cette matière romanesque unique, à la suite de Singer et de quelques autres.
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MarianneL
  26 avril 2013
Né en Roumanie en 1932, déporté en 1941, Aharon Appelfeld parvint à s'évader en automne 1942 et à survivre dans la forêt, puis en travaillant pour des paysans ukrainiens. Il diffuse dans chacun de ses livres la substance de son histoire, et aussi sa conviction que la mémoire reste inscrite dans le corps. « Et la fureur ne s'est pas encore tue » est paru en 2008, et en 2009 en français.
Bruno Brumhart, à cinquante ans, revient sur son passé, son enfance auprès de ses parents juifs laïques et communistes, entièrement dévoués à l'amélioration des conditions de vie des pauvres, et à leur fils, le narrateur, qui a perdu une main dans des circonstances qui restent floues.
Cette infirmité, les quolibets des autres enfants qui le surnomment Moignonnet, puis leur violence avec la montée d'un antisémitisme de plus en plus virulent, vont lui donner une force immense. Son moignon est pour lui comme un guide secret, qui lui parle, lui indique la direction à suivre et le relie à son passé.
Déporté à dix-sept ans, il s'évade, erre dans la forêt avec trois autres déportés, et tente après la guerre de changer le monde, de redonner une voie vers leur humanité aux survivants, par les biais de la musique et la spiritualité.
Primo Levi a dit de Aharon Appelfeld : "Parmi nous les survivants, les écrivains, Aharon Appelfeld a su trouver un ton unique, irréversible fait de tendresse et de retenue."
Son écriture est simple et limpide. le roman est construit en chapitres courts, de trois ou quatre pages seulement, durée salutaire qui permet de respirer, de reprendre brièvement contact avec ce qui nous entoure avant de replonger dans le récit douloureux, magnifique et, au-delà du récit de la Shoah, porteur d'un message universel, ce retour éternel vers les empreintes de l'enfance.
« J'ai eu cinquante ans hier. Un pur miracle. Mes parents craignaient que mon existence soit brève mais j'étais déterminé à vivre, et me voici devant vous.
Mes parents sont morts jeunes. Les traits de leurs visages ont changé au fil des ans, mais la qualité de leur présence est restée la même. Leur amour pour moi n'a jamais connu de limites, en particulier après ma blessure. C'était un amour puissant, qui continue de m'envelopper. »
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Chouchane
  03 novembre 2011
Comme dans Histoire d'une Vie, Aharon Appelfeld revisite le parcours d'un jeune juif polonais arraché à sa maison pour être parquer dans le ghetto et ensuite être envoyé dans un camps de concentration duquel il parviendra à s'évader. La vie dans la forêt hante ce livre. On y sent le poids du silence, le bonheur de trouver des pommes et des pommes de terre, la nécessaire solidarité de ceux qui s'y croisent. On y rencontre des êtres dévastés qui ne savent plus très bien qui ils sont, qui prient sans cesse, sont toujours bleus de froid, la faim en guise de compagne. Et puis la guerre s'achève et Bruno comme des millions d'êtres va errer mais à la différence des autres il va s'accrocher à un projet faute de pouvoir à nouveau aimer. La seule vraie compagne de Bruno c'est la solitude. le récit est livré avec beaucoup de zones d'ombre, on a l'impression de devoir deviner. C'est le livre silencieux d'une âme errante à laquelle on a arraché l'essentiel.
Commenter  J’apprécie          60
Moob
  28 février 2018
C'est un récit poignant sur fonds de ghettos, déportation, camps,... dans le silence, où la faim, le froid, la soif, la proximité de la mort... tenaillent ces hommes dévastés.
À peine sortis de l'enfer, s'évadent quelques survivants qui se réfugient dans la forêt. Commence l'errance en mode de survie au sein de cette forêt-refuge, parenthèse entre deux mondes, où ils construisent les bases fragiles d'une fraternité, en quête d'amitié.
Bruno, qui a subi une destinée tragique dès sa petite enfance, en manchot aguerri, va insuffler une fraternité pour braver ses propres peurs... sa mission s'entre-aider en développant tout un réseau de commerce.
Devenu riche et influant, son obsession sera de réparer ses semblables en perte d'identité, ces déportés, ses "princes" tous reconnaissables entre eux, car marqués à vie...
Il crée le Château à Naples où il accueille les déportés, convaincu que la musique les répare, qu'elle soigne ses "princes", apaise leur âme... et la sienne, face à la mer.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
nelly76nelly76   05 avril 2019
Les jours au ghetto et au camp ont été des jours d'obscurité déversée par flots.J'y ai vu des centaines de visages ,des centaines de mains qui ne se sont pas inscrits dans ma mémoire. Le flot m'a submergé et ce n'est que dans le calme de la forêt que je me suis fait des amis: Siegfried, Hersh, Yossef-Haïm. Sans eux ,qu'aurais -je fait ici-bas?Dans la forêt ,Siegfried a combattu les restes de christianisme qui étaient en lui et Yossef-Haïm l'a aidé à s'en défaire. Hersh n'a pas cherché à développer son mutisme et sa surdité : ils ont grandi avec son corps.
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AifelleAifelle   02 mars 2011
"Je m'attablai à un café. A quelques mètres de moi un vieil homme était assis. Le regard doux, il observait les passants d'un oeil pétillant. Je n'avais pas vu un vieillard aussi vif depuis longtemps. Je crus distinguer une ressemblance avec mon grand-père et ne l'en aimai que plus. Je n'ai jamais vu mon grand-père. C'était un Juif pieux que mon père m'interdisait de voir, de crainte qu'il m'enseigne ses préceptes. Nous avions toutefois projeté de lui rendre visite à quelques reprises. Juste avant la guerre nous avions entamé ce voyage, mais les routes étaient déjà bloquées. Parfois je me souviens de lui, ou j'imagine que je le vois dans un café, dans une rue".

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nelly76nelly76   04 avril 2019
Maintenant ,donc,mon travail consiste à écrire et dessiner.Parfois ma vie m'apparaît comme des morceaux épars et parfois comme un enchaînement de faits.l'écriture fait surgir miraculeusement les gens et les lieux que je n'ai pas vus depuis des années.Parfois je suis chez mes parents et parfois plus loin encore,chez mes grands-parents dans les carpates. Imperceptiblement j'entrelace les fils du passė lointain et proche .Et il arrive que des lieux où je n'ai jamais été soient plus lumineux pour moi que le lieux où je vis aujourd'hui.
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nelly76nelly76   02 avril 2019
Je m'appelle Bruno Brumhart. Enfant ,j'ai été amputé de la main droite et je suis depuis 《 l'homme sans main》,ou affublé de toutes sortes de sobriquets.
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GrouchoGroucho   06 novembre 2014
La nuit, je rêvais que tous mes hommes étaient revenus achever leur mission. Éparpillés sur l'ensemble des continents, ils fondaient d'autres agences, traquaient les antisémites et empoisonnaient les assassins notoires. La pensée que les assassins ne dormaient pas la nuit, terrifiés par la vengeance, arrivait à me sortir parfois de ma mélancolie.
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Videos de Aharon Appelfeld (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aharon Appelfeld
La grande librairie accueille la lauréate du prix Essai France Télévisions 2019, présidé par François Busnel. Valérie Zenatti raconte « Dans le faisceau des vivants » (Editions de L'Olivier) comment elle a appris, après le décès de son ami le romancier et poète israélien Aharon Appelfeld, à vivre sans lui.  Dans son livre, la traductrice cherche à retourner sur les traces de ce complice décédé.
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