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Valérie Zenatti (Traducteur)
ISBN : 2020837943
Éditeur : Seuil (07/10/2005)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 107 notes)
Résumé :
Comment un enfant ayant tout perdu peut-il survivre plusieurs années seul dans les sombres forêts ukrainiennes ?
Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu'il s'échappe du camp. Sa longue errance le conduira, quatre ans plus tard, en Palestine.
Plongé dans le silence depuis le début de la guerre, il apprend une nouvelle langue. Il l'utilisera désormais pour tenter de relier les différentes strates de sa vie à leurs racines perdues.
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
filippo
20 juin 2017
Plutôt que d'entreprendre la rédaction d'une autobiographie en bonne et due forme, à l'exemple de ce que font beaucoup d'écrivains, Aharon Appelfeld se contente ici de ne livrer aux lecteurs que des bribes de vie, quelques fragments extirpés d'une existence elle-même fragmentée. L'auteur est né en 1932 à Czernovitz, en Bucovine (un territoire intégré, à cette époque-là, à la Roumanie). A l'âge de huit ans, après l'assassinat de sa mère, il est déporté dans un camp d'où il s'évade quelques mois plus tard avant de se cacher, pendant trois ans, dans les forêts ukrainiennes. En 1946, il réussit à embarquer sur un bateau et à se rendre en Palestine. Sa vie hors norme, il explique lui-même qu'il lui est impossible de la raconter dans son intégralité. Trop de faits inouïs, trop de souffrances, sont enfouis dans son âme sans pouvoir en sortir. Il faut donc ne pas demander davantage que ce qu'il peut rassembler dans ce livre. Tel qu'il est, cet ouvrage n'en est pas moins bouleversant autant par ce qu'il dit expressément que par ce qu'il laisse deviner ou entrevoir. C'est un livre qui met l'humain à nu, tel qu'il est, avec ses innombrables misères, ses lâchetés et ses égoïsmes, mais aussi avec ses grandeurs, ses générosités, son aptitude au sacrifice de soi. En temps d'épreuves, comme le raconte Aharon Appelfeld, on rencontre beaucoup d'êtres médiocres, mais aussi quelques êtres purs, quelques êtres saints. Grâce à eux, on ne peut désespérer de l'humanité.
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Commenter  J’apprécie          311
carre
01 avril 2012
Histoire d'une vie, c'est le parcours d'Aharon Appelfeld, une jeunesse terrifiante et pourtant vraie. A dix 10 ans, il s'évade du camp de concentration ou il est prisonnier. Il va vivre seul dans les forêts ukrainiennes et va survivre grâce aux marginaux, vagabonds qui vont le protéger. 4 années plus tard, son incroyable odyssée le mène en Palestine. Il va apprendre la langue hébraique, et grâce à plusieurs rencontres essentielles devenir l'une des voix les plus fortes à travers une oeuvre érudite et profonde.
Un récit magnifique, Appelfeld se fait le témoin d'une époque ou la folie nazie fit basculer l'Europe dans l'horreur, et raconte comment à force de chance, de courage, de savoir, il deviendra un spécialiste incontournable de la mémoire juive. il a inlassablement construit son oeuvre autour de la Shoah à travers une enfance confisquée parmi tant d'autres. Un grand auteur pour un grand livre.
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JeanPierreV
14 août 2016
Il a connu la vie heureuse en famille, la vie des juifs de l'Europe de l'Est, l'antisémitisme croissant, la déportation, la mort violente de sa mère, les camps dont il s'évadera à 10 ans, une longue errance dans les bois, la libération par l'Armée Rouge, l'arrivée en Italie, puis en Israël, la guerre des Six Jours.... Il est maintenant l'un écrivains israéliens majeurs.
Un livre sur la Shoah ? Non, il se refuse de décrire la Shoah "J'ai essayé plusieurs fois de raconter tout cela sur un ton documentaire, mais chaque tentative se soldait par un échec. Tout simplement parce que ce que j'ai vécu n'est pas... croyable. Vous ne pouvez pas exprimer la peur et l'angoisse d'un enfant sans utiliser des métaphores. Il m'a fallu, pour rendre à mon histoire sa crédibilité, rompre avec le récit logique, passer par la fiction et me détacher de mes souvenirs".
…Mais il m'a fait découvrir «l'enclos Keffer» …horrible, ….je n'en dirai rien.
Un livre, qui partant de la Shoah qui fut l'un des événements majeurs de sa vie, évoque tous les autres événements, toute la Mémoire d'Aharon Appenfeld, son lent cheminement, cette lente reconstruction, qui l'amenèrent à devenir un écrivain, un penseur Juif.
Une mémoire qui revient par bribes dans tous les chapitres en employant le plus souvent un cheminement historique, mais n'hésitant pas à croiser ou à superposer les époques, sans chronologie : « le coeur a beaucoup oublié, principalement des lieux, des dates, des noms de gens, et pourtant je ressens ces jours-là dans tout mon corps. Chaque fois qu'il pleut, qu'il fait froid ou que souffle un vent violent, je suis de nouveau dans le ghetto, dans le camp, ou dans les forêts qui m'ont abrité longtemps. La mémoire, s'avère t-il, a des racines dans le corps. »
Être Juif aujourd'hui, être un écrivain Juif, c'est certes ne pas oublier, mais c'est aussi affronter d'autres enjeux. Ce fut, se heurter à tous ceux qui considéraient qu'on ne devait pas écrire de roman sur la Shoah, mais seulement des témoignages. Ce fut aussi pour cet adolescent arrivant en Israël, découvrir et apprendre une nouvelle langue, l'Hébreu, devenir Israélien et se battre pour la construction et l'existence de cet État.
Il est arrivé sans connaitre cette nouvelle langue, il en connaissait quatre autres, il a adopté cette nouvelle culture qui se créait. Il écrit aujourd'hui et écrira pour défendre à la fois cette langue, cette culture cette identité juive israélienne qui est la sienne. « Je ne suis pas un écrivain de l'holocauste et je n'écris pas sur cela, j'écris sur les hommes juifs ».
"Histoire d'une vie" est la mémoire des combats de l'écrivain, mais aussi celle de tous ces survivants qui ont du se reconstruire dans un pays qu'ils ne connaissaient pas, en silence, avec ce traumatisme, partie intégrante de leur personnalité, ce traumatisme qu'il les hante, et qui leur donne une philosophie de vie, un humanisme que nul autre ne peut avoir. Aharon Appenfeld m'a permis de découvrir ces autres écrivains ayant du affronter un parcours identique, parmi lesquels Yosef Agnon.
"Histoire d'une vie "donne un éclairage sur l'intégration de ces arrivants et sur ces combats de pensée qui ont divisé Israël dans ses premières années
Ne pas oublier n'est pas ressasser ses souvenirs, mais en tenir compte dans sa vie, dans son comportement d'homme, dans son métier d'écrivain, de penseur, sont les messages que je retiendrai de cette lecture.
Je vais poursuivre la découverte de cet auteur

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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IreneAdler
25 août 2015
Plus qu'une autobiographie au sens commun ou connu du terme, c'est-à-dire une relation plus ou moins vraie de la vie de l'auteur, il s'agit plutôt de fragments de mémoire. de fragments qui lui reviennent parfois comme des coups de fouet, issus plus de sensations du corps que de la mémoire consciente. Et du coup, cela semble plus naturel. D'autant que le début de la vie de Appelfeld est pour le moins chaotique : il a 7 ans lorsque la Seconde Guerre Mondiale éclate. Il a vécu dans le ghetto, un camp puis une évasion de ce même camp où il vécu dans les plaines ukrainiennes, avec toujours la peur de se faire dénoncer et de mourir. Puis ensuite l'errance de camps de transit en camps de transit en Italie, puis l'arrivée en Palestine. Il est seul, orphelin depuis des années, sans aucune famille.
Son « autobiographie » reflète cette solitude, cette difficulté à trouver sa place, à oublier sa langue maternelle (l'allemand) pour l'hébreu. Rien ne fut facile. Les sensations sont encore ce à quoi il peut le plus s'attacher pour raconter : chaque mouvement ou presque lui rappelle un épisode de sa vie, les difficultés à trouver sa place et son écriture.
Histoire d'une vie est une version possible de la vie de l'auteur, celle qu'il a jugé la plus honnête pour ses lecteurs, celle dont les blancs ne sont pas comblés de manière artificielle.
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thedoc
14 janvier 2016
Aharon Appelfeld est l'un des plus grands écrivains juifs de notre temps. Pourtant, il a toujours refusé avec énergie le statut d'« écrivain de la Shoah » dont on a voulu l'affubler. Dans les livres sur la Shoah, « Histoire d'une vie » occupe donc une place particulière... ou aucune.
Né en 1932, à Czernovitz, en Bucovine (alors rattachée à la Roumanie) d'une famille de la petite bourgeoisie juive germanophone, l'écrivain a connu le pire : le durcissement du régime, l'exil dans le ghetto et la déportation avec son père Michaël (sa mère, Bounia, a été assassinée au tout début de la guerre en 1940) vers un camp de concentration ukrainien d'où il parvient à s'échapper quelques mois plus tard. Pendant trois ans, il va survivre dans la forêt où il se cache et trouver refuge durant l'hiver auprès de paysans à qui il dissimule ses véritables origines, gagnant de la nourriture contre un peu de travail.
Mais l'expérience traumatisante du camp, Aharon Appelfeld ne nous la décrit pas dans ce livre, contrairement à nombre d'autres rescapés de la Shoah. Lui se concentre sur l'avant et l'après : son enfance en Bucovine et sa vie d'adulte en Israël. de cette manière, le lecteur suit très clairement le long cheminement de l'écrivain, en sachant ce qu'il a perdu et comment il a dû se reconstruire une vie.
Ce qu'il a perdu tout d'abord, c'est sa famille et sa langue. L'auteur insiste longuement sur les nombreux langages qu'il pratiquait enfant : l'allemand, sa langue maternelle ; le yiddish, parlé par ses grands-parents paysans et pratiquants ; le roumain imposé par le gouvernement ; puis le ruthène suivi de l'ukrainien dans ses années de fuite. D'autres dialectes sont également mentionnés… Ce problème de la langue est un des thèmes majeurs du livre. Quand il arrive en Israël en 1946, il doit s'approprier encore une nouvelle langue, celle qui apparaît comme devant être sa nouvelle « langue maternelle » : l'hébreu. Toutes les autres, il doit les oublier : « Ce que j'avais possédé – les parents, la maison et ma langue maternelle – m'était perdu pour toujours, et cette langue [l'hébreu] qui promettait d'être une langue maternelle n'était rien d'autre qu'une mère adoptive. » En Palestine, où il passe d'un camp de jeunesse à une école agricole avant de faire son service militaire, il tient un journal qui exprime toute la difficulté et la douleur de se familiariser avec une langue « obligatoire » pour qui il ne ressent aucune affinité. Les rescapés de la Shoah doivent avant tout renaître comme Juif et cela passe tout d'abord par l'étude et le maniement de l'hébreu. Appelfeld doit surtout faire le deuil de sa langue maternelle – image même de sa mère - et pour l'écrivain, il s'agit d'un véritable déchirement. « Ma langue maternelle et ma mère ne faisaient qu'un. A présent, avec l'extinction de la langue en moi, je sentais que ma mère mourait une seconde fois." Heureusement, ses années d'étude lui permettront de renouer avec le yiddish, autrefois parlé par ses grands-parents, et de rencontrer des personnalités de la culture judaïque, écrivains et professeurs, qui l'aideront à fabriquer sa propre expression.
L'autre thème majeur de ce livre est bien sûr la mémoire. A travers la volonté de préserver sa langue originelle, on comprend bien qu'Aharon Appelfeld veut conserver la mémoire des siens. Mais au-delà de la langue, ce sont de simples sensations qui le transportent des années en arrière. Une odeur ou un bruit, tout est propice pour le ramener dans le ghetto, le camp ou la forêt. Menus détails ou lambeaux de souvenirs nous font partager son périple où les anecdotes sont nombreuses.
C'est enfin dans un style épuré et posé, dans une écriture simple, que l'écrivain évoque ces années de souffrance et de reconstruction. Entre sa nouvelle vie en Israël et son passé d'enfant juif rescapé des camps, il tente d'établir un lien que la réflexion sur la (ou les) langue(s) peut lui procurer. Allemand, yiddish, hébreu,… l'important pour lui est de trouver son identité et préserver son histoire personnelle. Avec « Histoire d'une vie », nous ne lisons pas un livre sur la Shoah mais un livre tout en retenu sur l'histoire d'un homme, Aharon Appelfeld.
Un très beau livre qui offre une belle réflexion sur le lien qui unit langue et identité.
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Citations & extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
merveillemerveille16 août 2017
La contemplation possède plusieurs facettes : lorsqu'on est en position d’observateur, on se trouve à l’extérieur, légèrement surélevé et éloigné. La distanciation vous informe qu'untel qui vous crie dessus crie peut-être sur son père ou sa mère. Vous vous êtes trouvé seulement par hasard sur son chemin, et untel, qui ne crie pas, est parfois pire que celui qui crie. Pour fayoter auprès de ses supérieurs, il vous oblige à des marches nocturnes, vous ordonne de creuser des trous carrés, afin de prouver à ses commandants que sa compagnie ne lambine pas. Celui qui est obséquieux dès son jeune âge le demeure toujours, et ceux qui appartenaient à cette catégorie, à mon grand étonnement, en portaient les signes extérieurs : ils étaient lourds, et malgré leur jeunesse déjà rembourrés d'une honnête couche de graisse. La contemplation soulage quelque peu du malheur et de l'apitoiement sur soi ; plus on contemple plus la douleur diminue.
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ChouchaneChouchane05 juillet 2011
J'avais 7 ans lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale. L'ordre temporel s'en trouva bouleversé, il n'y eut plus d'été, ni d'hiver, plus de longs séjours chez les grands-parents à la campagne. Notre vie fut comprimée dans une chambre étroite. Nous restâmes un temps dans le ghetto et à la fin de l'automne nous fûmes déportés. (...) Après la guerre, j'ai passé plusieurs mois sur les côtes italienne et yougoslave. Ces mois furent ceux d'un merveilleux oubli.(...) Sur les plages erraient des êtres que la guerre avait façonnés : musiciens, prestidigitateurs, chanteurs d'opéra, acteurs, sombres prédicateurs, trafiquants et voleurs (...) Lorsque nous arrivâmes en Israël, l'oubli était solidement ancré en nos âmes. (...) Pendant de longues années je fus plongé dans un sommeil amnésique. Ma vie s'écoulait en surface. Je m'étais habitué aux caves enfouies et humides. Cependant, je redoutais toujours l'éruption. Il me semblait, non sans raison, que les forces ténébreuses qui grouillaient en moi s'accroissaient et qu'un jour, lorsque la place leur manquerait, elles jailliraient. (...) Ce livre n'est pas un résumé, mais plutôt une tentative, un effort désespéré pour relier les différentes strates de ma vie à leur racine.Que le lecteur ne cherche pas dans ces pages une autobiographie structurée et précise. Ce sont différents lieux de vie qui se sont enchaînés les uns aux autres dans la mémoire, et convulsent encore.
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carrecarre18 septembre 2012
Dans le ghetto et les camps, j'avais vu des gens dans tout leur égoisme, leur bassesse, mais aussi dans leur générosité....
Ces instants rares ne faisaient pas qu' élever une lumière dans l'obscurité, ils ancraient en vous la foi en l'idée que l'homme n'est pas un insecte.
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carrecarre12 octobre 2012
Une nuit j'entendis l'un des réfugiés dire : "il y a des horreurs dont il est interdit de parler.
Pourquo ?i s'étonna un autre réfugié.
Je ne peux pas t'expliquer.
Nous sommes obligés de tout raconter, afin que tout le monde sache ce que l'on nous a fait subir...
Si nous ne sommes pas témoins, qui témoignera ?
De toute façon, on ne nous croira pas.
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carrecarre05 août 2012
Plus de cinquante ans passé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le coeur a beaucoup oublié, principalement des lieux, des dates, des noms de gens, et pourtant je ressens ces jours-là dans tout mon corps.
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Videos de Aharon Appelfeld (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aharon Appelfeld
Nathalie Brisac - Adam et Thomas d'Aharon Appelfeld .A l'occasion du Salon du Livre de Paris, Nathalie Brisac des éditions l?Ecole des loisirs nous présente "Adam et Thomas "d'Aharon Appelfeld. Pour en savoir plus : http://www.mollat.com/livres/aharon-appelfeld-adam-thomas-9782211217309.html Notes de musique : ® Tres Tristes Tangos/Unknown Album/Planta Baja. Free Music Archive.
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