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ISBN : 2072653878
Éditeur : Gallimard (16/02/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Dix ans après avoir été blessée dans un attentat, Iris semble avoir surmonté le traumatisme. Malgré des douleurs persistantes, des problèmes avec ses enfants et un mariage de plus en plus fragile, la directrice d’école ambitieuse et la mère de famille engagée qu’elle est s’efforce de prouver qu’elle contrôle la situation. Tout bascule cependant le jour où elle reconnaît, sous les traits d’un médecin qu'elle consulte, Ethan, son premier amour, qui l’avait brutalement... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
30 avril 2017
Je viens de lire de bons bouquins, mais il me manquait toujours quelque chose pour les trouver vraiment très bons. Je ne comprenais pas pourquoi, allant même jusqu'à me demander si ça ne venait pas de moi - saturation de lecture ( une première, mais sait-on jamais ), mauvais timing, manque de disponibilité…
Puis on m'a prêté Douleur dont le titre me rebutait un peu. Pas envie de souffrance, de pathos, de compassion. Et voilà que, happée par l'histoire de Iris, ce petit supplément d'âme, cette pulsation singulière qui transforme une histoire en oeuvre primordiale, universelle, est apparu.
Découverte donc d'un auteur et d'un roman inhabituel, particulièrement fouillé psychologiquement, à l'intrigue bien ficelée !
Douleur, c'est un condensé de vie, donc de joies et de souffrances aussi, évidemment. Le récit, dense et prenant, déroule les quelques semaines à Jérusalem de la vie d'une quadra rattrapée par des fantômes du passé dont elle parvenait jusque là à garder le contrôle.
Rescapée d'un attentat dix ans auparavant, elle a dompté sa douleur physique ; abandonnée brutalement vingt ans plus tôt par son amoureux, elle a réussi, après une grave dépression, à fonder une famille et est devenue une directrice d'école respectée.
Puis, patatras, un matin la douleur physique insoutenable se réveille, sans raison apparente. L'angoisse tisse son étau autour d'Iris, le contrôle quotidien se lézarde, lancinante et implacable, la question l'obnubile : pourquoi ?
Aussi riche en rebondissements qu'en réflexions intimes, ce récit mêle l'histoire d'une femme à celle d'Israël. Mais ce sont
bien les subtiles interactions entre corps et âme, qu'investigue avec beaucoup de talent et de sensibilité Zeruya Shalev qui, selon moi en font l'intérêt et la force.
La douleur, cela peut aussi être une réaction vitale de défense qui oblige à faire une pause, à réfléchir.
En refermant ce roman marquant, je me suis souvenue d'une citation de Khalil Gibran dans Le prophète qui me semble très appropriée pour conclure :
« En vous refusant le plaisir, vous ne faites souvent qu'entreposer le désir dans les replis de votre être. »
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Bookycooky
04 mars 2017
La "Douleur", personnage principal du livre,
La "Douleur",celle d'une femme de quarante-cinq ans, grièvement blessée lors d'un attentat dix ans auparavant, dont le corps n'a jamais complètement guéri.
La "Douleur" , celle d'une jeune fille de dix-sept ans, abandonnée par son premier grand amour, et dont la rencontre trente ans plus tard en la personne du chef de service de l'hôpital où elle se rend pour se faire soigner, la ravive.
La "Douleur" , celle d'une enfant qui a perdu très jeune son père, à la guerre.
La "Douleur" , celle de voir son enfant pris aux griffes du Mal.
La "Douleur" , celle que la Vie nous inflige d'une façon ou d'une autre et dont notre héroïne Iris y prend généreusement sa part.
Zeruya Shalev dans son dernier livre, continue son introspection de l'intime à travers le monde intérieur d'une femme à la quarantaine, mariée, deux enfants,un mariage consumé, qui retrouve son grand amour d'adolescence, amour non consumé......c'est idyllique, surtout avec sa belle prose si bien rendue par l'excellente traduction.....même " trop parfait" juge sa meilleure amie Dafna ; mais bon c'est de la fiction, non ? pourquoi ne pas fantasmer sur le parfait ?
Et puis l'idylle a aussi son revers; elle a tout à perdre, lui rien, donc à elle de décider.....
Ici aussi comme dans "Théra", j'ai retrouvé cette fine analyse de l'inconstance de la nature humaine, qui change de perspective constamment, qui n'arrive jamais à cerner exactement ce qu'elle ressent et par conséquence ne sait comment agir, comment se manifester équitablement, quelque soit le domaine. Ce qui est aujourd'hui jugé juste peut s'avérer totalement faux le lendemain. Tiraillée entre sa culpabilité envers sa famille, un mari plus amoureux de son échiquier sur ordinateur que d'elle, des enfants qui quittent le nid familial et qui ne se font pas une miette pour elle, le tout couronné d'un manque de communication ET sa soif d'amour (qui semble) comblée et à porté de main ( pour le moment )....que faire ? Surtout qu'un trés grave probléme concernant sa fille s'annonce .....
À travers l'intime se défilent aussi les conditions de la vie particulière en Israël des juifs : la conscription obligatoire des jeunes (36 mois pour les garçons, 22 pour les filles) et les risques d'attentats et de guerres ( Shalev elle-même fût victime d'attentat) , sources d'anxiété permanentes pour le nucleus familial . Une toute petite touche politique de la pacifiste Shalev éclaire le fond -"un plaisir......d'être sur cette parcelle-là de territoire, enclave qui a quelque chose de totalement utopique, au milieu d'un village arabe, magnifique et amical, sur les hauteurs de Jérusalem, assise à la table d'un couple de restaurateurs qui concrétisent l'aspiration la plus exaltante de la région, celle de la coexistence" -.
Zeruya Shalev est une des écrivaines les plus réalistes que j'ai rencontré.Aucun aspect de la nature humaine ne lui échappe. La fiction elle l'utilise que pour mieux les cerner et nous les servir concrètement sur un plateau d'argent; ce plateau d'argent qui est sa belle prose et source de plaisir pour nous lecteurs.

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alainmartinez
26 mai 2017
Zeruya Shalev , romancière israélienne Prix Femina étranger en 2014 avec « Ce qui reste de nos vies » revient avec « Douleur » un très beau roman sur le passé et la possibilité d'avoir une seconde chance. Une histoire très personnelle d'une femme de 45 ans, Iris, rescapé comme Zeruya Shalev, d'un attentat dix ans auparavant.
Douleur est d'abord la douleur physique, les séquelles d'un attentat qui la fait encore souffrir. Mais c'est aussi la douleur psychique. Celle d'avoir perdu son père durant la guerre de Kippour. Celle d'un coeur brisé pour avoir été abandonnée par son premier et grand amour. Celle de ne pas avoir épousé la bonne personne. Celle de voir sa fille tombée sous l'emprise d'un gourou. Celle du passé qui conditionne le présent.
L'apparition d'Ethan, son premier amour, lui fait croire que tout peut recommencer. Retrouver les rêves de sa vie, oublié les drames. Mais leurs vies ont des cicatrises différentes. Même si leur amour est intact, leurs chemins sont différents. Est-il trop tard ? Peut-on réparer les erreurs du passé ?
L'écriture de Zeruya Shalev a cette capacité de pénétrer dans la profondeur de l'âme de son personnage principal. le style est fluide, d'une grande finesse. Avec beaucoup d'émotions et aussi de fragilités, on partage les angoisses et les douleurs d'Iris.
À travers son roman, l'auteur dresse aussi un portait d'Israël avec ses cicatrices qui conditionnent la vie de ce pays. La douleur des veuves et des orphelins des guerres, la douleur des rescapés des attentats, mais toujours avec cette volonté de se reconstruire.
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isabelleisapure
28 mai 2017
Ezruya Shalev réussit à brosser un profond et magnifique portrait de femme, un émouvant témoignage sur le poids du passé et les douleurs de la vie détaillées dans ce qui existe de plus intime dans une existe
Iris retrouve le grand amour de ses 17 ans et se pose cette question banale et effrayante : suis-je dans la bonne vie ? Question rendue plus aiguë et plus cruelle par la réminiscence soudaine des douleurs provoquées par un attentat qui l'a gravement blessée dix ans auparavant et qui a marqué sa famille, tant son mari que ses enfants qui sont aujourd'hui à l'aube de l'âge adulte.

L'auteure sait parler des sentiments intimes et les analyser avec une infinie douceur et une précision implacable.

Elle place son héroïne à la croisée de sa vie, remplie de doutes et tiraillée par une grande culpabilité envers sa famille qu'elle songe à quitter.

Vivre une nouvelle vie, rattraper le temps perdu, Iris nous est racontée dans ses atermoiements.

Y. Shalev nous raconte la réalité de la vie en Israël pour une famille, entre les risques de guerre et d'attentats, et la douleur d'une mère de voir partir ses enfants et accomplir le service militaire.
Elle nous place au coeur de l'anxiété vécue par Iris.
J'ai aimé l'écriture sobre et belle. Ce roman décrit la douleur, ou plutôt les douleurs celles du corps mais aussi celles de l'âme en évitant de tomber dans le larmoyant.
Une belle lecture.
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FleursDuBien
07 mars 2017
Magnifique portrait de femme, courageuse israëlienne, survivante d'un attentat survenu dix ans auparavant.
J'ai, j'avoue, abusé des citations de ce livre, tant certaines me paraissaient une évidence de les cueillir une à une, pour former, à la fin, un magnifique bouquet.
Douleur, c'est ainsi qu'elle le nomme sur son portable, ce grand amour de sa toute jeune vie, qui l'a quitté brutalement. Elle le revoit lors d'une consultation médicale pour des douleurs liées à l'attentat (encore des douleurs...), il est devenu médecin.
Je m'arrête là pour l'intrigue, je n'aime pas déflorer un livre.
Mais quelle sensibilité, quelle beauté, cette littérature m'a totalement touchée et bouleversée. Les sentiments y sont décris avec une justesse et une précision chirurgicale. Sentiments pour sa fille mal en point, pour son mari, pour son amant.
Un vrai bonheur de lecture. Iris est touchante de vérité.
J'ai juste été déçue par la fin., je m'attendais à autre chose que cet "Happy end" un peu grossier. J'ai eu l'impression qu'il fallait finir le livre dans l'urgence.
Mais je suis trop gâtée et j'aurai adoré que le roman perdure encore une centaine de pages.
Vous l'aurez compris, un grand moment de lecture à ne pas manquer.
PS : Et puis c'est une bonne raison pour découvrir et la littérature israëlienne que je ne connaissais pas, et cette auteure.
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Les critiques presse (5)
LeMonde03 mars 2017
Un roman qui pourrait constituer un volet supplémentaire de sa trilogie. Il est, entre mille autres choses, une réflexion étonnante sur les secondes chances et l’obsession du passé.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique21 février 2017
De livre en livre, la romancière israélienne poursuit une œuvre intimiste et universelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique21 février 2017
De livre en livre, la romancière israélienne poursuit une œuvre intimiste et universelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeJournalDuDimanche17 février 2017
Un roman obsédant par sa pulsion de vie, son style de vagues éclatées contre le mur, ses pensées de fantômes errants.
Lire la critique sur le site : LeJournalDuDimanche
Telerama15 février 2017
Zeruya Shalev tisse une matière romanesque d'une belle et singulière densité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
ulostcontrol_ulostcontrol_13 août 2017
Elle roulera lentement, comme on suit un cortège funèbre, malgré les conducteurs qui klaxonnent autour d'elle, la doublent ou lui font des signes énervés, elle roulera, le cœur aussi lourd que le prix qu'elle va payer et qu'elle ne pourrait peut-être jamais justifier, parce quelle sait que, toutes les deux ensemble ou chacune séparément, elles allaient devoir apprendre à trouver de la splendeur dans la réalité sans fard. (p.354)
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ulostcontrol_ulostcontrol_13 août 2017
C'est pour congeler le temps qu'il l'a guidée jusqu'à cette pièce, pour les ramener tous les deux à ces années-là, car ils ne peuvent pas s'aimer de nouveau, le monde a changé, de nouvelles histoires ont été contées, de nouvelles expressions créées, de nouvelles personnes nées, comme Omer et Alma, comme sa fille Myriam, des personnes qui se dressent à présent entre eux, oui, même au moment il il l'enlaçait, elle a senti des présences étrangères, son Micky et la femme d'Ethan, leurs adresses respectives, leurs crédits bancaires et leurs amis, tout ce qu'ils ont accumulé depuis tant d'années, mais c'est en vain qu'elle essaie d'imaginer l'endroit où il habite, sans doute une villa spacieuse et bien entretenue non loin d'ici, elle ne peut le voir que chez sa mère, dans le petit rez-de-chaussée de banlieue, là où il s'était planté devant elle à la fin des sept jours de deuil et lui avait annoncé sa décision sans appel. (p.129)
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ulostcontrol_ulostcontrol_13 août 2017
Pas de fenêtre dans cette pièce, personne ne pourra les surprendre, personne ne pourra voir qu'il se jette à son cou, la serre dans ses bras, "Irissou, chuchote-t-il, Irissou", des mains, il lui caresse les cheveux, lui palpe le visage en aveugle, contact à la fois étranger et familier, elle aussi ferme les yeux, se plaque contre lui, c'est bien Ethan et ses mains s'en souviennent, c'est bien elle et son corps le sait, ce sont bien eux et leur amour amputé qui, hors de l'espace et du temps, est resté éternel, palpitant depuis presque toujours. (p.122)
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ulostcontrol_ulostcontrol_13 août 2017
Est-ce vraiment un adultère alors que pour elle il s'agit, sans l'ombre d'un doute, d'un miracle ? Est-ce une infidélité alors qu'elle sait que jamais elle n'a été aussi fidèle à elle-même ? Se retrouvent-ils vraiment, elle et Micky, de part et d'autre d'un mur, opposés au point qu'elle le trompe en étant honnête avec elle-même ? Et si tel est le cas, est-ce que ça ne signifie pas que dès le début leur union était une erreur ? Qu'il est laid ce mot d'adultère, comment peut-on ainsi qualifier une rencontre si belle, si heureuse ? (p.163)
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ulostcontrol_ulostcontrol_13 août 2017
Il y a des vies qui se construisent pas à pas, brique par brique, atteignent leur point culminant, se stabilisent, puis lorsque vient le déclin, il est annoncé et naturel, mais il y a d'autres vies qui ont commencé à décliner presque dès le début pour cause d'apogée précoce (...) (p.117)
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Videos de Zeruya Shalev (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Zeruya Shalev
Je vous parle de trois romans contemporains lus dernièrement et que j'ai beaucoup (beaucoup) aimé : le Voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy, Douleur de Zeruya Shalev et Les échoués de Pascal Manoukian.
Longing by Joakim Karud https://soundcloud.com/joakimkarud Music provided by Audio Library https://youtu.be/wSL0sGLTgLQ
_________________________________________________________________
? Blog : http://ulostcontrol.com/
On reste en contact ? ? Facebook : https://www.facebook.com/ulostcontrol/ ? Twitter : https://twitter.com/ulostcontrol ? Instagram : https://www.instagram.com/ulostcontrol/
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