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ISBN : 2072653878
Éditeur : Gallimard (16/02/2017)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Dix ans après avoir été blessée dans un attentat, Iris semble avoir surmonté le traumatisme. Malgré des douleurs persistantes, des problèmes avec ses enfants et un mariage de plus en plus fragile, la directrice d’école ambitieuse et la mère de famille engagée qu’elle est s’efforce de prouver qu’elle contrôle la situation. Tout bascule cependant le jour où elle reconnaît, sous les traits d’un médecin qu'elle consulte, Ethan, son premier amour, qui l’avait brutalement... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
30 avril 2017
Je viens de lire de bons bouquins, mais il me manquait toujours quelque chose pour les trouver vraiment très bons. Je ne comprenais pas pourquoi, allant même jusqu'à me demander si ça ne venait pas de moi - saturation de lecture ( une première, mais sait-on jamais ), mauvais timing, manque de disponibilité…
Puis on m'a prêté Douleur dont le titre me rebutait un peu. Pas envie de souffrance, de pathos, de compassion. Et voilà que, happée par l'histoire de Iris, ce petit supplément d'âme, cette pulsation singulière qui transforme une histoire en oeuvre primordiale, universelle, est apparu.
Découverte donc d'un auteur et d'un roman inhabituel, particulièrement fouillé psychologiquement, à l'intrigue bien ficelée !
Douleur, c'est un condensé de vie, donc de joies et de souffrances aussi, évidemment. Le récit, dense et prenant, déroule les quelques semaines à Jérusalem de la vie d'une quadra rattrapée par des fantômes du passé dont elle parvenait jusque là à garder le contrôle.
Rescapée d'un attentat dix ans auparavant, elle a dompté sa douleur physique ; abandonnée brutalement vingt ans plus tôt par son amoureux, elle a réussi, après une grave dépression, à fonder une famille et est devenue une directrice d'école respectée.
Puis, patatras, un matin la douleur physique insoutenable se réveille, sans raison apparente. L'angoisse tisse son étau autour d'Iris, le contrôle quotidien se lézarde, lancinante et implacable, la question l'obnubile : pourquoi ?
Aussi riche en rebondissements qu'en réflexions intimes, ce récit mêle l'histoire d'une femme à celle d'Israël. Mais ce sont
bien les subtiles interactions entre corps et âme, qu'investigue avec beaucoup de talent et de sensibilité Zeruya Shalev qui, selon moi en font l'intérêt et la force.
La douleur, cela peut aussi être une réaction vitale de défense qui oblige à faire une pause, à réfléchir.
En refermant ce roman marquant, je me suis souvenue d'une citation de Khalil Gibran dans Le prophète qui me semble très appropriée pour conclure :
« En vous refusant le plaisir, vous ne faites souvent qu'entreposer le désir dans les replis de votre être. »
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Bookycooky
04 mars 2017
La "Douleur", personnage principal du livre,
La "Douleur",celle d'une femme de quarante-cinq ans, grièvement blessée lors d'un attentat dix ans auparavant, dont le corps n'a jamais complètement guéri.
La "Douleur" , celle d'une jeune fille de dix-sept ans, abandonnée par son premier grand amour, et dont la rencontre trente ans plus tard en la personne du chef de service de l'hôpital où elle se rend pour se faire soigner, la ravive.
La "Douleur" , celle d'une enfant qui a perdu très jeune son père, à la guerre.
La "Douleur" , celle de voir son enfant pris aux griffes du Mal.
La "Douleur" , celle que la Vie nous inflige d'une façon ou d'une autre et dont notre héroïne Iris y prend généreusement sa part.
Zeruya Shalev dans son dernier livre, continue son introspection de l'intime à travers le monde intérieur d'une femme à la quarantaine, mariée, deux enfants,un mariage consumé, qui retrouve son grand amour d'adolescence, amour non consumé......c'est idyllique, surtout avec sa belle prose si bien rendue par l'excellente traduction.....même " trop parfait" juge sa meilleure amie Dafna ; mais bon c'est de la fiction, non ? pourquoi ne pas fantasmer sur le parfait ?
Et puis l'idylle a aussi son revers; elle a tout à perdre, lui rien, donc à elle de décider.....
Ici aussi comme dans "Théra", j'ai retrouvé cette fine analyse de l'inconstance de la nature humaine, qui change de perspective constamment, qui n'arrive jamais à cerner exactement ce qu'elle ressent et par conséquence ne sait comment agir, comment se manifester équitablement, quelque soit le domaine. Ce qui est aujourd'hui jugé juste peut s'avérer totalement faux le lendemain. Tiraillée entre sa culpabilité envers sa famille, un mari plus amoureux de son échiquier sur ordinateur que d'elle, des enfants qui quittent le nid familial et qui ne se font pas une miette pour elle, le tout couronné d'un manque de communication ET sa soif d'amour (qui semble) comblée et à porté de main ( pour le moment )....que faire ? Surtout qu'un trés grave probléme concernant sa fille s'annonce .....
À travers l'intime se défilent aussi les conditions de la vie particulière en Israël des juifs : la conscription obligatoire des jeunes (36 mois pour les garçons, 22 pour les filles) et les risques d'attentats et de guerres ( Shalev elle-même fût victime d'attentat) , sources d'anxiété permanentes pour le nucleus familial . Une toute petite touche politique de la pacifiste Shalev éclaire le fond -"un plaisir......d'être sur cette parcelle-là de territoire, enclave qui a quelque chose de totalement utopique, au milieu d'un village arabe, magnifique et amical, sur les hauteurs de Jérusalem, assise à la table d'un couple de restaurateurs qui concrétisent l'aspiration la plus exaltante de la région, celle de la coexistence" -.
Zeruya Shalev est une des écrivaines les plus réalistes que j'ai rencontré.Aucun aspect de la nature humaine ne lui échappe. La fiction elle l'utilise que pour mieux les cerner et nous les servir concrètement sur un plateau d'argent; ce plateau d'argent qui est sa belle prose et source de plaisir pour nous lecteurs.

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FleursDuBien
07 mars 2017
Magnifique portrait de femme, courageuse israëlienne, survivante d'un attentat survenu dix ans auparavant.
J'ai, j'avoue, abusé des citations de ce livre, tant certaines me paraissaient une évidence de les cueillir une à une, pour former, à la fin, un magnifique bouquet.
Douleur, c'est ainsi qu'elle le nomme sur son portable, ce grand amour de sa toute jeune vie, qui l'a quitté brutalement. Elle le revoit lors d'une consultation médicale pour des douleurs liées à l'attentat (encore des douleurs...), il est devenu médecin.
Je m'arrête là pour l'intrigue, je n'aime pas déflorer un livre.
Mais quelle sensibilité, quelle beauté, cette littérature m'a totalement touchée et bouleversée. Les sentiments y sont décris avec une justesse et une précision chirurgicale. Sentiments pour sa fille mal en point, pour son mari, pour son amant.
Un vrai bonheur de lecture. Iris est touchante de vérité.
J'ai juste été déçue par la fin., je m'attendais à autre chose que cet "Happy end" un peu grossier. J'ai eu l'impression qu'il fallait finir le livre dans l'urgence.
Mais je suis trop gâtée et j'aurai adoré que le roman perdure encore une centaine de pages.
Vous l'aurez compris, un grand moment de lecture à ne pas manquer.
PS : Et puis c'est une bonne raison pour découvrir et la littérature israëlienne que je ne connaissais pas, et cette auteure.
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Puszi
10 avril 2017
"Douleur, le nouveau roman de l'écrivaine israélienne Zeruya Shalev, continue d'explorer les liens subtils et complexes entre hommes et femmes. Avec une plume délicate et sensuelle, elle fait de nouveau exploser la cellule familiale en insinuant au sein de son récit la force du passé et la part incontrôlable du destin" : extrait de la critique de Linda Lompech, Librairie Coiffard, Nantes parue dans la revue Page des Libraires.
J'ai découvert Zeruya Shalev avec son roman intitulé Douleur et j'ai tellement aimé son style que j'ai très envie de poursuivre mon chemin de lecture avec elle.
Les thèmes abordés dans ce roman sont très nombreux et j'aime beaucoup la manière dont ils sont traités. Il y est question de renaissance après avoir été lourdement blessée dans un attentat, de couple, d'amour de jeunesse retrouvé, de famille, de fratrie, d'éducation, de routine, d'endoctrinement, de mort, de vie, de souvenirs, de passion, de jeunesse, de vie quotidienne en Israël...
Dix ans après avoir été grièvement blessée dans un attentat, les douleurs d'Iris se rappellent tellement à son bon souvenir qu'elle consulte des médecins spécialisés dans la douleur, parmi lesquels elle reconnaît Ethan son ancien amour de jeunesse. Ancien vraiment ? Ancien seulement ? Vraisemblablement pas tant que ça puisque sa vie bascule à nouveau l'amenant à hésiter entre son couple de plus en plus fragile et la force des souvenirs de la passion de l'époque qui la pousse à nouveau dans les bras d'Ethan. Mais peut-on retrouver la fougue de ses dix-sept-ans quand on en a une fille de vingt-et-un an qui part à la dérive, un fils qui va bientôt être appelé sous les drapeaux, un mari joueur d'échecs à la limite de l'obsession et que l'on dirige une prestigieuse école ? Zeruya Shalev nous fait vibrer à l'unisson des douleurs et des sentiments d'Iris. J'ai beaucoup aimé la manière dont elle revisite son passé, ses petites voix qui l'incitent tantôt à tout larguer pour suivre sa passion, tantôt à se comporter en mère de famille et épouse raisonnables. C'est sans aucun doute le personnage principal du roman tout en laissant une bonne place au mari, aux enfants et au premier amour d'Iris. J'ai dévoré ce livre puissant.
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igolenerougier
16 mai 2017
« DOULEUR » est un vrai roman, qui raconte une vraie histoire avec un début, un déroulement et une fin. On est à Jérusalem. Iris doit avoir un peu plus de quarante ans. Elle est une directrice d'école dynamique qui cultive l'excellence professionnelle. Elle est aussi une épouse et la mère de deux grands adolescents, avec les bonheurs et les soucis de toute famille. Une situation qui serait banale si Iris, il y a juste dix ans lorsque que commence le livre, n'avait pas été très violemment blessée dans un attentat en ville, accident qui, outre sa gravité, a profondément traumatisé toute la famille, chacun se culpabilisant d'avoir un peu contribué à ce qu'Iris soit au mauvais endroit au mauvais moment.
Iris est guérie, elle mène une vie normale, mais elle est en proie à de violentes douleurs, soudaines, et l'intervention d'un spécialiste s'impose. Et le hasard va faire que le grand médecin spécialiste de la douleur, avec lequel un rendez-vous est pris, se révèle être Omer, son premier petit ami, qui, à l'époque, est simplement parti, perdu dans le silence de la vie.
Au-delà de la seule personne d'Iris, cette rencontre va bouleverser la vie des quatre personnes qui constituent la famille d'Iris. « DOULEUR » raconte ce tsunami qui,, grâce à l'authenticité de chaque personne, va au final faire grandir chacun.
L'écriture est sobre, les dialogues puissants, sans jamais tomber dans le mélo.
Rien n'est ostentatoire, les sentiments sont toujours là, même si en filigrane. Ce n'est pas un livre sur Israël, mais l'on vit à l'heure de Jérusalem tout au long du récit.
C'est un très beau livre poignant. Sans doute en partie parce que Zéruya Shalev a, elle, justement été légèrement victime dans un attentat à Jérusalem.
DOULEUR est traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz
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Les critiques presse (5)
LeMonde03 mars 2017
Un roman qui pourrait constituer un volet supplémentaire de sa trilogie. Il est, entre mille autres choses, une réflexion étonnante sur les secondes chances et l’obsession du passé.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique21 février 2017
De livre en livre, la romancière israélienne poursuit une œuvre intimiste et universelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique21 février 2017
De livre en livre, la romancière israélienne poursuit une œuvre intimiste et universelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeJournalDuDimanche17 février 2017
Un roman obsédant par sa pulsion de vie, son style de vagues éclatées contre le mur, ses pensées de fantômes errants.
Lire la critique sur le site : LeJournalDuDimanche
Telerama15 février 2017
Zeruya Shalev tisse une matière romanesque d'une belle et singulière densité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez18 mai 2017
il se balance au-dessus d’elle comme s’il priait, avec sa barbe et la ferveur de son visage émacié, on dirait un chantre en train de clore l’office de Kippour, un instant avant que ne tombe la sentence, Ouvre pour nous les portes en cette heure où elles se referment car ce jour tend vers sa fin / La journée se termine, le soleil nous quitte et nous voulons entrer en Tes portes. / Nous T’en supplions, notre Dieu, pardonne, efface, prends pitié et sois clément pour que soient annulées toutes nos fautes et nos iniquités, elle se joint à cette prière, de tout son corps qui palpite de plaisir contre lui, bénie est-elle, béni est-il, ta prière a été exaucée, ma prière a été exaucée, notre prière a été exaucée.
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alainmartinezalainmartinez12 mai 2017
........il s’appelle Tsion et continue à hurler, de plus en plus révolté, « un anneau ! Un anneau dans le ventre ! Qui a inventé un truc pareil ? Te voici sanctifiée à moi par cet anneau ! Mourir pour un anneau ? Maigrir, c’est ce qu’elle voulait, eh bien, voilà, tu vas beaucoup maigrir, quand les vers t’auront mangée, tu ne pèseras plus rien ! », il sanglote,.........
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PiatkaPiatka23 avril 2017
La douleur serait donc un processus de défense, lui répète Micky tandis qu’ils roulent sur la voie sinueuse vers le haut de la colline. D’une manière générale, le système nerveux produit une douleur pour prévenir que quelque chose ne va pas dans l’organisme, mais s’il est lésé, il agit comme le détecteur de fumée qui continue à sonner après que le feu a été éteint. Tu as compris, c’est passionnant ! Il a même dit que, parfois, c’est la guérison qui engendre le problème. Le nerf blessé qui guérit se réveille et commence à émettre des signaux de détresse. Ça s’appelle une douleur post-traumatique.
-Je suis contente que ça t’enthousiasme autant, susurre-t-elle, parce que moi, ça me déprime.
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PiatkaPiatka25 avril 2017
Comment accepter qu’il soit plus simple de communiquer avec un étranger qu’avec son mari ? (..)
Tel est sans aucun doute le paradoxe le plus répandu et le plus révoltant de la vie conjugale, à quoi bon se mettre ensemble si c’est pour s’éloigner au fil du quotidien ?
L'intimité engendre tant de frictions et de vexations, de blessures et de cicatrices, que n'importe quel sujet devient rapidement trop sensible et on ne peut plus en parler avec efficacité.
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SZRAMOWOSZRAMOWO24 février 2017
Voilà qu’il revient et bien qu’elle l’ait attendu pendant des années, elle est étonnée, il revient, à croire que jamais il ne l’a lâchée, à croire qu’elle n’a pas vécu un seul jour, un seul mois, une seule année sans lui, pourtant dix ans exactement se sont écoulés. C’est Micky qui lui a demandé, « tu te souviens quel jour on est, aujourd’hui ? », comme s’il s’agissait d’une date anniversaire, alors elle a fouillé dans sa mémoire – ils se sont mariés en hiver, se sont rencontrés l’hiver précédent, les enfants sont nés en hiver, rien de remarquable ne s’est passé dans leur vie en été (malgré la longueur de cette saison qui, sous leurs latitudes, est certainement propice à tout un tas d’événements remarquables). Mais lorsqu’il a baissé les yeux vers ses hanches qui se sont pernicieusement épaissies depuis les faits, il est revenu d’un seul coup, ce mal, ce mal terrible et lancinant, et elle s’est rappelé. Ou alors s’ est-elle d’abord rappelé et le mal n’ est-il revenu qu’ensuite ? Car elle n’a jamais oublié, ce n’est donc pas une réminiscence, c’est une plongée au présent, ici et maintenant, dans la seconde même, incandescente, faille de plus en plus béante, tourbillon fantomatique de frayeur, en suspens dans ce silence d’une solennité exceptionnelle : pas un oiseau ne pépie, pas un volatile ne vole, pas une vache ne mugit, les anges interrompent leurs louanges, les vagues cessent leur va-et-vient, les créatures ne parlent pas, c’est le monde dans une immobilité totale.
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