AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072653878
Éditeur : Gallimard (16/02/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Dix ans après avoir été blessée dans un attentat, Iris semble avoir surmonté le traumatisme. Malgré des douleurs persistantes, des problèmes avec ses enfants et un mariage de plus en plus fragile, la directrice d’école ambitieuse et la mère de famille engagée qu’elle est s’efforce de prouver qu’elle contrôle la situation. Tout bascule cependant le jour où elle reconnaît, sous les traits d’un médecin qu'elle consulte, Ethan, son premier amour, qui l’avait brutalement... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
30 avril 2017
Je viens de lire de bons bouquins, mais il me manquait toujours quelque chose pour les trouver vraiment très bons. Je ne comprenais pas pourquoi, allant même jusqu'à me demander si ça ne venait pas de moi - saturation de lecture ( une première, mais sait-on jamais ), mauvais timing, manque de disponibilité…
Puis on m'a prêté Douleur dont le titre me rebutait un peu. Pas envie de souffrance, de pathos, de compassion. Et voilà que, happée par l'histoire de Iris, ce petit supplément d'âme, cette pulsation singulière qui transforme une histoire en oeuvre primordiale, universelle, est apparu.
Découverte donc d'un auteur et d'un roman inhabituel, particulièrement fouillé psychologiquement, à l'intrigue bien ficelée !
Douleur, c'est un condensé de vie, donc de joies et de souffrances aussi, évidemment. Le récit, dense et prenant, déroule les quelques semaines à Jérusalem de la vie d'une quadra rattrapée par des fantômes du passé dont elle parvenait jusque là à garder le contrôle.
Rescapée d'un attentat dix ans auparavant, elle a dompté sa douleur physique ; abandonnée brutalement vingt ans plus tôt par son amoureux, elle a réussi, après une grave dépression, à fonder une famille et est devenue une directrice d'école respectée.
Puis, patatras, un matin la douleur physique insoutenable se réveille, sans raison apparente. L'angoisse tisse son étau autour d'Iris, le contrôle quotidien se lézarde, lancinante et implacable, la question l'obnubile : pourquoi ?
Aussi riche en rebondissements qu'en réflexions intimes, ce récit mêle l'histoire d'une femme à celle d'Israël. Mais ce sont
bien les subtiles interactions entre corps et âme, qu'investigue avec beaucoup de talent et de sensibilité Zeruya Shalev qui, selon moi en font l'intérêt et la force.
La douleur, cela peut aussi être une réaction vitale de défense qui oblige à faire une pause, à réfléchir.
En refermant ce roman marquant, je me suis souvenue d'une citation de Khalil Gibran dans Le prophète qui me semble très appropriée pour conclure :
« En vous refusant le plaisir, vous ne faites souvent qu'entreposer le désir dans les replis de votre être. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          989
Bookycooky
04 mars 2017
La "Douleur", personnage principal du livre,
La "Douleur",celle d'une femme de quarante-cinq ans, grièvement blessée lors d'un attentat dix ans auparavant, dont le corps n'a jamais complètement guéri.
La "Douleur" , celle d'une jeune fille de dix-sept ans, abandonnée par son premier grand amour, et dont la rencontre trente ans plus tard en la personne du chef de service de l'hôpital où elle se rend pour se faire soigner, la ravive.
La "Douleur" , celle d'une enfant qui a perdu très jeune son père, à la guerre.
La "Douleur" , celle de voir son enfant pris aux griffes du Mal.
La "Douleur" , celle que la Vie nous inflige d'une façon ou d'une autre et dont notre héroïne Iris y prend généreusement sa part.
Zeruya Shalev dans son dernier livre, continue son introspection de l'intime à travers le monde intérieur d'une femme à la quarantaine, mariée, deux enfants,un mariage consumé, qui retrouve son grand amour d'adolescence, amour non consumé......c'est idyllique, surtout avec sa belle prose si bien rendue par l'excellente traduction.....même " trop parfait" juge sa meilleure amie Dafna ; mais bon c'est de la fiction, non ? pourquoi ne pas fantasmer sur le parfait ?
Et puis l'idylle a aussi son revers; elle a tout à perdre, lui rien, donc à elle de décider.....
Ici aussi comme dans "Théra", j'ai retrouvé cette fine analyse de l'inconstance de la nature humaine, qui change de perspective constamment, qui n'arrive jamais à cerner exactement ce qu'elle ressent et par conséquence ne sait comment agir, comment se manifester équitablement, quelque soit le domaine. Ce qui est aujourd'hui jugé juste peut s'avérer totalement faux le lendemain. Tiraillée entre sa culpabilité envers sa famille, un mari plus amoureux de son échiquier sur ordinateur que d'elle, des enfants qui quittent le nid familial et qui ne se font pas une miette pour elle, le tout couronné d'un manque de communication ET sa soif d'amour (qui semble) comblée et à porté de main ( pour le moment )....que faire ? Surtout qu'un trés grave probléme concernant sa fille s'annonce .....
À travers l'intime se défilent aussi les conditions de la vie particulière en Israël des juifs : la conscription obligatoire des jeunes (36 mois pour les garçons, 22 pour les filles) et les risques d'attentats et de guerres ( Shalev elle-même fût victime d'attentat) , sources d'anxiété permanentes pour le nucleus familial . Une toute petite touche politique de la pacifiste Shalev éclaire le fond -"un plaisir......d'être sur cette parcelle-là de territoire, enclave qui a quelque chose de totalement utopique, au milieu d'un village arabe, magnifique et amical, sur les hauteurs de Jérusalem, assise à la table d'un couple de restaurateurs qui concrétisent l'aspiration la plus exaltante de la région, celle de la coexistence" -.
Zeruya Shalev est une des écrivaines les plus réalistes que j'ai rencontré.Aucun aspect de la nature humaine ne lui échappe. La fiction elle l'utilise que pour mieux les cerner et nous les servir concrètement sur un plateau d'argent; ce plateau d'argent qui est sa belle prose et source de plaisir pour nous lecteurs.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          858
Annette55
20 septembre 2017
Comment ne pas être emporté par cette histoire vibrante, à la fois intime et universelle, une matière romanesque pleine et entière, tissée d'une belle et singulière densité? à rebondissements ?
Où l'auteur nous happe à l'aide d'une prose introspective, plaisante et subtile, le récit prenant, impossible à lâcher de la douleur d'Iris, rescapée d'un attentat, dix ans après .
Après une décennie passée à désapprendre moralement et physiquement la souffrance et l'effroi, il suffit d'une simple question de son mari "Tu te souviens de quel jour on est aujourd'hui ?"
Reviennent alors , intacts-le corps qu'on croyait réparé-se crispe et se convulse à nouveau-, l'âme que l'on désirait sereine-se met à vriller-
Douleur raconte quelques semaines de la vie de cette femme de 45 ans, courageuse israélienne, rattrapée par son passé qu'elle pensait avoir laissé derrière elle : une douleur qui se rappelle à elle de maintes façons :
Une douleur physique; la douleur de la réapparition soudaine de son grand amour de jeunesse, une douleur vive et ancienne , lancinante, la perte très jeune de son père à la guerre, en cette terre d'Israel; avec ses particularités, notamment la conscription obligatoire pour les jeunes ! Les veuves et les orphelins de guerre !
Je n'en dirai pas plus !
Une réflexion riche, pleinement aboutie sur les secondes chances, l'obsession du passé.
Peut-on réparer ses erreurs ?
Retrouver ses rêveries?Oublier , repousser ces drames ?
Une oeuvre magnifique, intimiste, un portrait émouvant qui touche au coeur, de ce personnage tiraillé entre sa famille et sa culpabilité , dont l'auteur, avec sa capacité de pénétrer dans l'âme d'Iris ;de se glisser dans sa chair meurtrie, ,avec finesse et précision; nous fait partager les doutes, le manque de communication; les angoisses , la fragilité, la force aussi .
Une parabole sur la communauté israélienne faite de défis collectifs et de contradictions !
Un ouvrage à la psychologie incroyablement fouillée et subtile, dotée d'une belle pulsion de vie !
J'ai adoré ce livre, même si ce verbe est excessif !Une telle somme d'émotions!
C'est mon deuxième de cet auteur et certainement pas le dernier.
Ce n'est que mon humble avis , bien sûr , je dirais : Lisez- le !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          388
alainmartinez
26 mai 2017
Zeruya Shalev , romancière israélienne Prix Femina étranger en 2014 avec « Ce qui reste de nos vies » revient avec « Douleur » un très beau roman sur le passé et la possibilité d'avoir une seconde chance. Une histoire très personnelle d'une femme de 45 ans, Iris, rescapé comme Zeruya Shalev, d'un attentat dix ans auparavant.
Douleur est d'abord la douleur physique, les séquelles d'un attentat qui la fait encore souffrir. Mais c'est aussi la douleur psychique. Celle d'avoir perdu son père durant la guerre de Kippour. Celle d'un coeur brisé pour avoir été abandonnée par son premier et grand amour. Celle de ne pas avoir épousé la bonne personne. Celle de voir sa fille tombée sous l'emprise d'un gourou. Celle du passé qui conditionne le présent.
L'apparition d'Ethan, son premier amour, lui fait croire que tout peut recommencer. Retrouver les rêves de sa vie, oublié les drames. Mais leurs vies ont des cicatrises différentes. Même si leur amour est intact, leurs chemins sont différents. Est-il trop tard ? Peut-on réparer les erreurs du passé ?
L'écriture de Zeruya Shalev a cette capacité de pénétrer dans la profondeur de l'âme de son personnage principal. le style est fluide, d'une grande finesse. Avec beaucoup d'émotions et aussi de fragilités, on partage les angoisses et les douleurs d'Iris.
À travers son roman, l'auteur dresse aussi un portait d'Israël avec ses cicatrices qui conditionnent la vie de ce pays. La douleur des veuves et des orphelins des guerres, la douleur des rescapés des attentats, mais toujours avec cette volonté de se reconstruire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380
isabelleisapure
28 mai 2017
Ezruya Shalev réussit à brosser un profond et magnifique portrait de femme, un émouvant témoignage sur le poids du passé et les douleurs de la vie détaillées dans ce qui existe de plus intime dans une existe
Iris retrouve le grand amour de ses 17 ans et se pose cette question banale et effrayante : suis-je dans la bonne vie ? Question rendue plus aiguë et plus cruelle par la réminiscence soudaine des douleurs provoquées par un attentat qui l'a gravement blessée dix ans auparavant et qui a marqué sa famille, tant son mari que ses enfants qui sont aujourd'hui à l'aube de l'âge adulte.

L'auteure sait parler des sentiments intimes et les analyser avec une infinie douceur et une précision implacable.

Elle place son héroïne à la croisée de sa vie, remplie de doutes et tiraillée par une grande culpabilité envers sa famille qu'elle songe à quitter.

Vivre une nouvelle vie, rattraper le temps perdu, Iris nous est racontée dans ses atermoiements.

Y. Shalev nous raconte la réalité de la vie en Israël pour une famille, entre les risques de guerre et d'attentats, et la douleur d'une mère de voir partir ses enfants et accomplir le service militaire.
Elle nous place au coeur de l'anxiété vécue par Iris.
J'ai aimé l'écriture sobre et belle. Ce roman décrit la douleur, ou plutôt les douleurs celles du corps mais aussi celles de l'âme en évitant de tomber dans le larmoyant.
Une belle lecture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280

Les critiques presse (5)
LeMonde03 mars 2017
Un roman qui pourrait constituer un volet supplémentaire de sa trilogie. Il est, entre mille autres choses, une réflexion étonnante sur les secondes chances et l’obsession du passé.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique21 février 2017
De livre en livre, la romancière israélienne poursuit une œuvre intimiste et universelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique21 février 2017
De livre en livre, la romancière israélienne poursuit une œuvre intimiste et universelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeJournalDuDimanche17 février 2017
Un roman obsédant par sa pulsion de vie, son style de vagues éclatées contre le mur, ses pensées de fantômes errants.
Lire la critique sur le site : LeJournalDuDimanche
Telerama15 février 2017
Zeruya Shalev tisse une matière romanesque d'une belle et singulière densité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette5519 septembre 2017
"Elle a l'impression que la douleur monte des touches dans ses doigts crispés, non, elle n'a pas le droit de lui écrire maintenant de peur d'être affaiblie dans son combat pour sa fille, elle n'a même pas le droit de penser à lui, car soudain, en un instant d'effroyable lucidité, elle comprend : ce n'est que si elle renonce qu'elle pourra demander à sa fille de renoncer."
Commenter  J’apprécie          180
PiatkaPiatka23 avril 2017
La douleur serait donc un processus de défense, lui répète Micky tandis qu’ils roulent sur la voie sinueuse vers le haut de la colline. D’une manière générale, le système nerveux produit une douleur pour prévenir que quelque chose ne va pas dans l’organisme, mais s’il est lésé, il agit comme le détecteur de fumée qui continue à sonner après que le feu a été éteint. Tu as compris, c’est passionnant ! Il a même dit que, parfois, c’est la guérison qui engendre le problème. Le nerf blessé qui guérit se réveille et commence à émettre des signaux de détresse. Ça s’appelle une douleur post-traumatique.
-Je suis contente que ça t’enthousiasme autant, susurre-t-elle, parce que moi, ça me déprime.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
PiatkaPiatka25 avril 2017
Comment accepter qu’il soit plus simple de communiquer avec un étranger qu’avec son mari ? (..)
Tel est sans aucun doute le paradoxe le plus répandu et le plus révoltant de la vie conjugale, à quoi bon se mettre ensemble si c’est pour s’éloigner au fil du quotidien ?
L'intimité engendre tant de frictions et de vexations, de blessures et de cicatrices, que n'importe quel sujet devient rapidement trop sensible et on ne peut plus en parler avec efficacité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
SZRAMOWOSZRAMOWO24 février 2017
Voilà qu’il revient et bien qu’elle l’ait attendu pendant des années, elle est étonnée, il revient, à croire que jamais il ne l’a lâchée, à croire qu’elle n’a pas vécu un seul jour, un seul mois, une seule année sans lui, pourtant dix ans exactement se sont écoulés. C’est Micky qui lui a demandé, « tu te souviens quel jour on est, aujourd’hui ? », comme s’il s’agissait d’une date anniversaire, alors elle a fouillé dans sa mémoire – ils se sont mariés en hiver, se sont rencontrés l’hiver précédent, les enfants sont nés en hiver, rien de remarquable ne s’est passé dans leur vie en été (malgré la longueur de cette saison qui, sous leurs latitudes, est certainement propice à tout un tas d’événements remarquables). Mais lorsqu’il a baissé les yeux vers ses hanches qui se sont pernicieusement épaissies depuis les faits, il est revenu d’un seul coup, ce mal, ce mal terrible et lancinant, et elle s’est rappelé. Ou alors s’ est-elle d’abord rappelé et le mal n’ est-il revenu qu’ensuite ? Car elle n’a jamais oublié, ce n’est donc pas une réminiscence, c’est une plongée au présent, ici et maintenant, dans la seconde même, incandescente, faille de plus en plus béante, tourbillon fantomatique de frayeur, en suspens dans ce silence d’une solennité exceptionnelle : pas un oiseau ne pépie, pas un volatile ne vole, pas une vache ne mugit, les anges interrompent leurs louanges, les vagues cessent leur va-et-vient, les créatures ne parlent pas, c’est le monde dans une immobilité totale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
BookycookyBookycooky04 mars 2017
Si seulement on savait s’aimer autant que se fâcher, embellir autant qu’enlaidir, donner et prendre du plaisir autant que donner et prendre des coups.
Commenter  J’apprécie          462
Videos de Zeruya Shalev (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Zeruya Shalev
Je vous parle de trois romans contemporains lus dernièrement et que j'ai beaucoup (beaucoup) aimé : le Voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy, Douleur de Zeruya Shalev et Les échoués de Pascal Manoukian.
Longing by Joakim Karud https://soundcloud.com/joakimkarud Music provided by Audio Library https://youtu.be/wSL0sGLTgLQ
_________________________________________________________________
? Blog : http://ulostcontrol.com/
On reste en contact ? ? Facebook : https://www.facebook.com/ulostcontrol/ ? Twitter : https://twitter.com/ulostcontrol ? Instagram : https://www.instagram.com/ulostcontrol/
+ Lire la suite
autres livres classés : littérature israélienneVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Barbara chante...

Parmi les textes de Brassens, choisir celui qu'elle a chanté

Le gorille
La chasse aux papillons
Pénélope

17 questions
22 lecteurs ont répondu
Thème : BarbaraCréer un quiz sur ce livre
. .