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Sylvie Cohen (Traducteur)
ISBN : 2070127214
Éditeur : Gallimard (14/01/2010)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Nous voici à Tel-Ilan, un village centenaire fondé par les pionniers bien avant la création de l'État d'Israël. Une petite communauté y vit entourée de vignes et de vergers, et la vie semble s'écouler paisiblement.
Depuis quelque temps pourtant, les gens de la ville envahissent les rues du bourg au moment du shabbat et, avec eux, la spéculation immobilière et la vulgarité.
Mais Pessah Kedem, ancien membre de la Knesset, est un vieillard inquiet pour d'... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  25 décembre 2016
Tel-llan, en Israël. « C'était un village somnolent, vieux d'un siècle au moins. » (p. 50) Les habitants n'y sont pas très nombreux et tous se connaissent. Arieh Zelnik profite de sa retraite et s'occupe de sa vieille mère. Gili Steiner, le médecin, attend son neveu Gideon. « Qui n'est pas là le soir, viendra le lendemain matin, ou alors à midi. Tout le monde finit par arriver un jour ou l'autre. » (p. 28) Pessah Kedem, ancien député, est convaincu que quelqu'un creuse la nuit sous sa maison. Sa fille, Rachel Franco, regarde s'écouler les années entre le lycée où elle enseigne et son père dont elle s'occupe. Yossi Sassan, l'agent immobilier, visite l'étrange maison de l'écrivain Eldad Rubin. Béni Anni, le maire, cherche sa femme. le jeune Kobi Ezra ne sait pas comment avouer son amour brûlant pour Ada Devash, la bibliothécaire. Dahlia et Abraham Levine réunissent la chorale tous les mois.
Ces tableaux isolés composent une histoire commune qui pourrait être celle de n'importe quel village dans n'importe quel pays. Sauf que plane le funeste fantôme de la Shoah dans toutes les mémoires, et l'actualité, bien qu'éloignée, ne peut être ignorée. « Si l'on prend un peu de recul, il est évident que nous méritons la haine et le mépris. Peut-être même la compassion. Sauf que les Arabes ne peuvent pas avoir pitié de nous, vu qu'ils excitent celle du monde entier. » (p. 68) le village est comme suspendu, presque arrêté en plein temps. À la fois immuable et pétrifié. Témoin figé du temps qui passe et stèle posée sur l'histoire. « Tel-Ilan était un village séculaire environné de champs et de vergers. » (p. 124) Mais cette immobilité n'est pas le calme ou la sérénité. Il va se passer quelque chose. Certains désirs contrariés et autres légers malaises prendront tout leur sens au terme du recueil. Des gens arrivent que l'on n'attendait pas et ceux qu'on espérait manquent à l'appel. Des incidents qui semblent mineurs sont en réalité de tristes augures qui annoncent l'avenir apocalyptique du village. « J'aurais juré sentir une présence rampant dans les ténèbres opaques, derrière mon dos. D'où venait-elle, où se dirigeait-elle ? Mystère. » (p. 191)
Pour une première lecture de cet auteur, je suis époustouflée. Je suis très difficile avec les nouvelles et celles d'Amos Oz sont riches des qualités que j'affectionne. Courtes et concises, éloquentes mais non bavardes, avec des chutes qui n'auraient pas pu être différentes. Je pressentais qu'Amos Oz était un auteur que je pouvais apprécier. C'est bien le cas et j'en suis ravie. Il ne me reste qu'à découvrir le reste de son oeuvre.
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Cioran
  05 juin 2014
Huit nouvelles majoritairement légères, parfois étonnantes et irrégulières... Irrégularité dans le contenu qui parfois, laisse plutôt insensible. Très enthousiaste au départ, je me suis lassée, petit à petit... Une préférence pour Les proches, puis pour Les étrangers. La dernière nouvelle, Ailleurs, dans un autre temps, bouscule radicalement le lecteur... Noire, terrible, déstabilisante... Très loin de l'atmosphère des sept autres, ce point final désappointe et apparaît non comme la fin du livre mais comme un commencement. le début d'une autre histoire, radicalement sombre et mystérieuse.
" - A quoi riment ces palabres ? bougonna le vieux fossoyeur. le soleil est déjà haut dans le ciel, l'homme blanc que nous avons vu, ou cru voir, a disparu derrière les marais. Parler ne sert à rien. Il va faire encore très chaud aujourd'hui. Il faut aller travailler. Que ceux qui le peuvent peinent en silence. Ceux qui n'en sont plus capables n'ont plus qu'à mourir. C'est fini."
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brigittelascombe
  17 septembre 2012
Dans chaque communauté, arrivent des intrus, se faufilent des inconnus, disparaissent des connus. En chaque homme ou femme, perdure une partie d'ombre, sournoise, perfide,cupide,honteuse ou violente, prête à surgir de la boite de Pandore à tout instant.
Amos Oz (romancier et journaliste Israélien récompensé par le prix Fémina étranger pour La boite noire, "partisan d'une solution d'un double état au conflit israélo-palestinien") campe le décor de ses nouvelles aigre-douces: Scènes de la vie villageoise dans le village "séculaire" et paisible (vu de l'extérieur) de Tel-Ilan.
Avec un sens exacerbé du détail descriptif (ex: Wolf Maftzir, l'inconnu sans gêne de la première nouvelle a de "rares cheveux filasses", une peau fripée"..comme un "jabot de dindon", de "longs bras de chimpanzé"... ce qui nous le rend antipathique dés le prime abord), Amos Oz, prend quelques figures de proue du village: la doctoresse, une enseignante et son père "ancien membre de la Knesset",un étudiant arabe,le maire,la fille d'un écrivain,un agent immobilier,la bibliothécaire,un adolescent perturbé,un couple dont le fils s'est suicidé,les membres d'une chorale...pour les mettre dans une situation déstabilisante.
C'est à qui rêve de liberté retrouvée en trouvant un moyen commode de se débarrasser d'un parent par trop encombrant,c'est à qui attend en vain, c'est à qui entend des bruits suspects,c'est à qui éjacule précocément par trop d'émotivité,c'est à qui veut s'approprier un bien pour le détruire et faire une affaire juteuse, c'est à qui voit un jeune nu et "bien membré" danser comme un fou sur la colline....c'est à qui voit les conséquences que de simples pensées entrainent et font émerger.
Bizarres, et glauques, ces nouvelles,pouvant être lues comme un roman laissent une impression de malaise sous-jacent. Chacun porte-til en lui "une présence rampant dans les ténèbres" semble interroger l'auteur si justement?
De quel côté se trouve le bien ou le mal? Juif ou arabe? Chacun a sans doute un peu des deux en lui sans distinction de race ni de religion.Celui qui pense à mal n'entend-il pas les bombardements siffler au-dessus de sa tête?
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Charybde7
  20 juillet 2013
«Scènes de vie villageoise» paru en 2009 (en 2010 pour la traduction française) fait vivre en sept nouvelles la communauté des habitants du village imaginaire de Tel-Ilan en Israël.
Malgré la nature accueillante qui l'entoure, avec ses vignes et ses grand cyprès, le village est le reflet de l'inquiétude, de la nostalgie et de l'incertitude qui assaillit les personnages du lieu. Sous l'effet de la spéculation immobilière, le village se transforme, il devient un lieu de villégiature bourgeois et une destination touristique avec ses caves à vin, ses galeries d'art, ses magasins d'artisanat et de produits agricoles haut de gamme. Les fermes désaffectées restant en déshérence sont les marques du temps qui passe et d'un monde finissant.
La chaleur écrasante, les jappements des chacals, les tirs sporadiques lointains, les aboiements nocturnes accroissent l'inquiétude, d'habitants désarmés face à des événements qui les déconcertent ou qui révèlent leurs failles, dont le cours de la vie devient tout à coup incertain, incompris.
Ainsi Gili Steiner, médecin du dispensaire, vieille fille compétente mais froide, attend à l'arrêt de bus son neveu Gideon. Celui-ci n'arrive pas, et son esprit vogue sur les souvenirs tendres ou les accrochages avec ce neveu qu'elle aime plus que tout au monde, tout en développant les angoisses de le savoir perdu.
On est aussi saisi par la duplicité et la sourde inquiétude de Yossi Sasson, agent immobilier du village, qui rêve de faire main basse sur l'immense demeure de la veuve d'un auteur reconnu d'ouvrages sur la Shoah, alors que Yardena, la fille de l'écrivain, l'entraîne, séductrice, à sa suite dans les recoins intimes de la vieille demeure.
Amos Oz mêle les émotions dans des courtes nouvelles comme un tisserand ; le désir, l'angoisse sans objet, l'étonnement douloureux et la mélancolie. La dernière nouvelle du recueil, « Ailleurs, dans un autre temps », nous emmène dans un village beaucoup plus sinistre, un cloaque, dans une atmosphère qui rappelle les Saisons de Maurice Pons, et nous laisse nous aussi dans l'incertitude.
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cathe
  01 septembre 2015
Kobi, jeune homme timide, cherche à avouer son amour à la bibliothécaire du village. Gili, médecin, attend son neveu qui doit arriver par le car, il n'est pas là mais n'est-ce pas son manteau à l'intérieur. Beni, le maire, ne comprend pas pourquoi sa femme est partie en laissant un mot :" Ne t'inquiète pas pour moi". Pessah, ancien membre de la Knesset, vieillard un peu acariâtre, vit avec sa fille Rachel et héberge à contre-coeur un jeune étudiant arabe. Yossi, agent immobilier, cherche à acquérir une des plus vieilles maisons du village mais la ravissante fille de la propropriétaire la lui fait gentiment visiter.
Tous les protagonistes de ces histoires habitent un village d'Israël et se croisent, se rencontrent, se côtoient tout au long de ces huit nouvelles. L'ensemble ressemble presque à un roman et me réconcilie avec le genre de la nouvelle que, je l'avoue, je n'aime pas trop... (oui je sais il y a d'excellentes nouvelles et parfois même j'en lis...). Depuis Une histoire d'amour et de ténèbres je suis une admiratrice transie d'Amos Oz donc une lectrice pas très objective, mais il faut reconnaître qu'il a un admirable talent de conteur. Quelques lignes suffisent à nous faire entrer dans le quotidien de ce village et nous en ressortons en ayant l'impression de quitter des voisins. La vie israélienne y est particulière car sont encore présentes les blessures du passé, notamment chez Pessah, mais elle est aussi universelle car la solitude, la tendresse, le désir et le douleur sont le quotidien de chacun...
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
CioranCioran   02 juin 2014
Et quand elle enfouit sa tête dans le creux de mon épaule, sa chaleur irradia jusque dans ma chair, m'emplissant d'une joie indicible plus forte que le désir, refrénant mes pulsions. Elle-même d'ailleurs ne m'étreignait pas avec passion, mais comme pour m'éviter de trébucher, en quelque sorte.
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CioranCioran   31 mai 2014
"(...) - Un jour, avant, il y a longtemps, on s'aimait un peu. Pas tout le monde. Pas beaucoup. Pas toujours. Par-ci par-là. Mais maintenant ? A notre époque ? Les cœurs sont morts. C'est fini.
- Tu pourrais fermer la porte à cause des moustiques, papa ?
- Pourquoi les cœurs sont-ils morts ? Tu le sais, toi ? Non ?"
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SachenkaSachenka   11 juin 2017
(Un sèche-linge électrique? éructait le vieillard. À quoi ça sert? Le soleil est-il à la retraite? Les cordes à linge se seraient-elles converties à l'islam?)
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CioranCioran   04 juin 2014
- Vous êtes quelqu'un de gai. Le désespoir ne vous atteint pas.
- Non, ce n'est pas ça. Disons qu'il ne m'attire pas vraiment.
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CioranCioran   05 juin 2014
En chaque adulte, sommeille l'enfant qu'il était jadis méditai-je. Chez certains, il est toujours vivant, chez d'autres, définitivement mort.
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Videos de Amos Oz (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Amos Oz
Amos Oz 1/10 : Ailleurs peut-être (France Culture - Adaptation radiophonique)
Amos Oz 1/10 : Ailleurs peut-être (France Culture - Adaptation radiophonique). Diffusion sur France Culture du 20 juin au 1er juillet 2016. Photographie : Arad. Amos Oz. 2004 © MICHA BAR AM / MAGNUM PHOTOS. La vie de tous les jours dans un kibboutz imaginaire des années 60, décrite par un des plus grands écrivains israéliens contemporains. Roman traduit de l’hébreu par Judith Kauffmann. Adaptation : Victoria Kaario. Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd. Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière. Ce feuilleton en dix épisodes est l’adaptation du premier roman d’Amos Oz, « Ailleurs peut-être », publié aux Éditions Gallimard. Amos Oz y dépeint la vie des membres d’un kibboutz imaginaire, celui de Metsoudat-Ram, dans les années soixante. Sur le fil d’une année, Ezra, Reouven, Bronka, Noga et les autres, s’aiment, se trompent, se quittent, font des enfants, légitimes ou pas. Et ces drames intimes qui jalonnent le récit n’entravent en rien la marche de la vie collective, rythmée tant par les célébrations communistes que par les rumeurs qui empoisonnent la vie des villageois.
1er épisode : Un village idyllique, Messieurs-dames 2ème épisode : Le charme de la banalité quotidienne 3ème épisode : Le Premier Mai 4ème épisode : Puissance du mal 5ème épisode : Deux femmes 6ème épisode : Soirées poétiques 7ème épisode : Un personnage diabolique 8ème épisode : Tu es à nous 9ème épisode : Idylle familiale 10ème épisode : Tableau final
Avec : Violaine Schwartz, Quentin Baillot, Jean-Gabriel Nordmann, Evelyne Guimmara, Mohamed Rouabhi, Christine Culerier, Rebecca Stella, Nicolas Lê Quang et bien d’autres
Bruitage : Sophie Bissantz Equipe de réalisation : Bernard Lagnel et Anil Bhosle Assistante de réalisation : Julie Gainet
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