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EAN : 9782213700441
128 pages
Éditeur : Fayard (30/11/2016)
3.18/5   11 notes
Résumé :

Alain Badiou
La vraie vie

« La toute première réception officielle de la philosophie, avec Socrate, prend la forme d’une très grave accusation : le philosophe corrompt la jeunesse. Alors, si j’adopte ce point de vue, je dirai assez simplement : je viens corrompre la jeunesse en parlant de ce que la vie peut offrir, des raisons pour lesquelles il faut absolument changer le monde et qui, pour cela même, imposent de prendre des risques.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Alcapone
  23 janvier 2016
Ainsi que l'indique Alain Badiou en note terminale de l'ouvrage, l'idée de ce livre qui repose sur différentes conférences qu'il a donné, est "d'ouvrir entre la jeunesse contemporaine et la philosophie, une discussion sur ce qu'est la vraie vie, d'abord en général, puis selon qu'on est un garçon ou une fille" (p. 117). Mais qu'appelle t-on la "vraie vie" au sens du philosophe ? Une vie qui laisse derrière l'argent, les plaisirs et le pouvoir. Une vie fondée sur des valeurs déconnectées de la puissance de marché. Et ce qu'entend plus précisément Socrate par la corruption de la jeunesse, revient à montrer aux jeunes que la course à l'argent et au pouvoir comme précepte de vie à des fins de satisfaire des pulsions immédiates, ne vaut pas le désintéressement qui ouvre la voie à cette vraie vie. Conscient que l'obstacle principal à ce désintéressement réside dans la passion (souvent inhérente aux jeunes), Alain Badiou convient que l'absence d'initiation de nos sociétés modernes conduit à la fois au culte d'une jeunesse infinie et à une puérilisation de l'adulte, tous deux étant synonymes de désorientation. Aussi, son appel à la corruption de la jeunesse se veut-il le symbole d'un acte militant ayant pour objectif la réconciliation des jeunes et des vieux autour d'une vision philosophique désintéressée...
Telle une image d'Épinal à laquelle on aimerait s'abandonner, cet appel opportun à la corruption de la jeunesse d'Alain Badiou, laisse songeur : si je soutiens la démarche de l'auteur et que je rejoins son avis notamment sur les principales idées de sa conférence sur ce qu'est "Être jeune aujourd'hui", je reste en revanche sceptique concernant ses exposés sur le devenir contemporain des garçons et particulièrement sur celui des filles... Ne faisant toutefois pas partie des jeunes, ni d'ailleurs des vieux qu'Alain Badiou souhaite rallier à sa cause militante, je serais curieuse d'avoir l'avis des principaux intéressés. C'est donc avec un sincère plaisir que je relaie cet appel à la corruption... A vous lire...
Pour finir, je voudrais encore remercier les Éditions Fayard et NetGalley pour la découverte de ce titre dont je recommande évidemment la lecture aux jeunes mais aussi aux autres...
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LEFRANCOIS
  16 mai 2021
Accusé de corrompre la jeunesse, en réalité Socrate veut leur apprendre la vraie vie, c'est-à-dire à penser librement, en dehors de toute contrainte religieuse ou de leur environnement social. Cette suite de conférences retranscrit un questionnement sur la jeunesse, ce que veut dire être jeune aujourd'hui. Entre vivre le présent immédiat et la construction d'une carrière, d'un avenir, s'ouvre le gouffre béant du capitalisme qui incite à consommer et à désorganiser l'ordre symbolique de la société. D'un côté une consommation égoïste centrée sur l'individu, de l'autre une symbolique égalitaire à construire et qui s'éloigne toujours plus. La deuxième conférence (sur le devenir contemporain des garçons) est plus complexe, du moins dans son explication. Avec la suppression de l'initiation (religion, armée, symbole du père tout puissant), le garçon devient un éternel adolescent. L'impératif : soit plein de désirs mais sans aucune idée... Pour les filles, les explications sont plus convaincantes : symboliquement Domestique, séductrice, amoureuse ou Sainte, la femme est toujours entre deux statuts. C'est une "passante". Avec la modernité la fille devient femme très tôt, sans rupture, et donc elle accède au statut de femme "visible", alors que dans les sociétés traditionnelles la femme est invisible, objet d'échange contre dot, vache ou argent. Son statut ambigu la rejette dans un rôle second, dépendant, quasi esclave de son image symbolique (corruptrice ou divine, sainte ou putain). Dans la vie moderne son individualité reconnue met en cause la notion du mâle symbolique dominant (père, mari, maître, dieu...). Si dans le futur la femme devient la nouvelle forme de l'individualité dominante, alors les hommes deviennent inutiles, voire gênants. Les fils ne sauront comment devenir des hommes, et les filles n'auront plus qu'à dominer la société; la place nouvelle des femmes doit être pensée d'un nouveau point de vue symbolique à construire. Mais (selon moi) peut-être que cet avenir peut aussi se construire plus équitablement à deux, deux égalités, deux volontés, deux respects mutuels... Utopie ?
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frandj
  27 juin 2019
Alain Badiou, né en 1937, est un penseur et écrivain prolifique et à spectre très large. C'est l'un des rares philosophes vivants qui se revendiquent toujours d'une inspiration marxiste. J'avais lu une critique de son dernier ouvrage "On a raison de se révolter" que j'ai eu la velléité de lire, mais que je n'ai pas acheté. Or, à la médiathèque, je suis tombé par hasard sur "La vraie vie", ce qui me permet d'entrevoir la pensée d'Alain Badiou.
Son propos se veut subversif: il cherche à « corrompre » la jeunesse d'aujourd'hui (ce fut l'accusation lancée contre Socrate, dans l'Antiquité !), c'est-à-dire l'inciter à quitter ses chemins habituels. Il dénonce les deux tentations les plus courantes dans notre société: vivre au jour le jour sans aucune perspective ou, au contraire, se soumettre à l'ordre établi pour "réussir" c'est-à-dire jouir d'un maximum de richesse et de pouvoir. Il critique l'apologie permanente du capitalisme et de ses « libertés vides », autant que les conceptions qui remettent à l'honneur les anciennes hiérarchies sociales. A. Badiou regrette que les jeunes se détournent d'autres buts plus nobles, et surtout plus justes. Il appelle de ses voeux ce qu'il nomme la « vraie vie », conforme à ses idéaux. Malheureusement cette troisième voie, très floue, fait fi des pesanteurs caractéristiques de l'éternelle médiocrité humaine; c'est du moins mon avis. L'expérience historique a maintes fois démontré que les leaders les plus "purs" sont, aussi, les plus fanatiques et surtout les plus dangereux – de Saint-Just à Pol Pot: « Qui veut faire l'ange fait la bête », hélas...
Sans surprise, je suis resté extrêmement circonspect au sujet du réflexions d'Alain Badiou.
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Blackradis
  25 octobre 2021
Alain s'adresse aux jeunes.
Le monde actuel propose comme options : soit la soumission au marché (Alain qui aime la psychanalyse parle du corps méritant), soit retrouvé un monde hiérarchisé à travers la religion (le corps sacrifié), soit aller de plaisirs en plaisirs (le corps perverti).
Il fait le constat que la fin de la procédure d'initiation chez les garçons (le service militaire) en fait d'éternels ados, avec une vie stagnante, sans Idée, qui arrange bien le marché capitaliste.
Chez les filles, elles deviennent femmes plus tôt...
Là où les garçons stagnent, elles accélèrent, notamment au niveau scolaire.
Mais Alain met en garde pour que les "nouvelles" femmes ne deviennent pas le nouveau bras armé du capitalisme...
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   29 août 2016
Au fond, l’idée est que les femmes, non seulement peuvent faire tout ce que font les hommes, mais que, dans les conditions du capitalisme, elles peuvent le faire mieux que les hommes. Elles seront plus réalistes que les hommes, plus acharnées, plus tenaces. Et pourquoi ? Justement parce que les filles n’ont plus à devenir les femmes qu’elles sont, alors que les fils ne savent pas comment devenir les hommes qu’ils ne sont pas.
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rkhettaouirkhettaoui   29 août 2016
Le jeunisme, c’est la tendance à se cramponner autant que faire se peut à la jeunesse, en commençant par la jeunesse du corps, au lieu d’assumer comme une supériorité la sagesse de la vieillesse. D’où le fait que « rester en forme » est l’impératif de qui vieillit. Jogging, tennis à tout va, fitness, chirurgie esthétique, tout est bon. Il faut être jeune et rester jeune. Les vieillards en tenue de sport courent dans les bois en mesurant leur tension artérielle. Du coup, il y a un grave problème pour qui vieillit, pour qui, si même il a bien couru dans les bois, doit vieillir, et mourir, c’est-à-dire, à la fin, tout le monde.
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rkhettaouirkhettaoui   29 août 2016
La fille, dans le monde occidental contemporain, ne peut pas être définie comme cet être de sexe féminin qui se prépare au devenir-femme-et-mère par la médiation du mariage, et donc par la médiation d’un homme. Au fond, toute la révolte féministe, depuis la fin du XIXe siècle, revient à un seul point : une femme peut et doit exister sans dépendre de l’homme. Une femme peut et doit être un être autonome, et non toujours le résultat d’une médiation masculine. Avec de fortes ambiguïtés sur lesquelles je reviendrai, cette révolte a abouti à des changements importants, qui affectent tout spécialement le statut, et même la définition, de ce que c’est qu’une fille.
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rkhettaouirkhettaoui   29 août 2016
Dans la société traditionnelle, les vieux sont toujours les maîtres, ils sont valorisés en tant que tels, naturellement au détriment des jeunes. La sagesse est du côté de la longue expérience, du grand âge, de la vieillesse. Aujourd’hui cette valorisation a disparu au profit de son contraire : une valorisation de la jeunesse. C’est ce qui a été appelé le « jeunisme ». Le jeunisme c’est comme un renversement du culte ancien des vieillards pleins de sagesse.
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rkhettaouirkhettaoui   29 août 2016
Le symbole de la virginité est fondamental dans les sociétés traditionnelles : il nomme ce qui, dans le corps d’une fille, prouve qu’elle n’a pas encore rencontré la médiation sexuelle d’un homme, et que donc elle n’est pas encore une femme. Une fille est vierge, c’est symboliquement capital. Dans la société contemporaine, ce symbole est supprimé. Pourquoi ? Parce que, même empiriquement vierge, une jeune fille contemporaine est déjà une femme. Elle supporte en elle-même l’action rétroactive de la femme qu’elle ne deviendra que parce qu’elle l’est déjà, sans que l’homme y soit pour grand-chose.
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