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Jocelyne Gourand (Traducteur)
ISBN : 2742704728
Éditeur : Actes Sud (01/01/1999)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 9 notes)
Résumé :
La régénération est un roman primé par Pat Barker, d'abord publié en 1991. Le roman a été finaliste du Booker Prize et a été décrit par le New York Review Times Book comme l'un des quatre meilleurs romans de l'année dans son année de publication.] Il est le premier des trois romans de la trilogie de romans de régénération sur la Première guerre mondiale, les deux autres étant l'oeil dans la porte et le Ghost Road qui a remporté le Booker Prize en 1995. Le roman est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
AllTimeReadings
  08 avril 2017
(Lu en VO)
En pleine guerre mondiale, un officier anglais du nom de Siegfried Sassoon publie dans un journal national un réquisitoire contre le conflit en Europe. Il n'est pas pacifiste, mais il considère que la guerre a assez duré et qu'elle n'est motivée que par des politiciens sans raison particulière. Il aurait du passer en court martiale, il aurait pu être exécute. Fort heureusement, enfin si on peut dire cela comme ça, son ami Robert Graves intervient. Devant le conseil médical, il leur avoue que Sassoon a des problèmes de bégaiement, qu'il fait des cauchemars et a des hallucinations depuis son retour du front. le conseil décide donc de l'envoyer à Craiglockhart, un hôpital psychiatrique dédié aux officiers en stress post-traumatique. C'est là qu'exerce le capitaine Rivers, un médecin très réputé qui obtient de bons résultats. Une fois à Craiglockhart, Sassoon se retrouve au coeur de l'enfer. Pour lui, c'est pire que la guerre en France. Cependant, il pourra tout de même compter sur l'appui de Rivers, qui a bien compris qu'il n'était pas fou. Il va également faire des rencontres surprenantes, dont celle de Wilfred Owen. En parallèle, nous suivons également la guérison de Billy Prior, un officier modeste qui souffre de mutisme. Au fil des cauchemars, des séances d'hypnose et des parties de golf, les protagonistes vont se redécouvrir et vont comprendre que le chemin de la guérison sera semé d'embûche.
Que ce soit dans le film ou dans le livre, une chose m'a étonnée. L'histoire se déroule en 1917, durant la première guerre mondiale. Les protagonistes sont des soldats. Pourtant, nous ne sommes pas sur un champ de bataille, nous en sommes même très éloignés. J'étais un peu déroutée au début mais en fait, la guerre est évoquée constamment. C'est même le coeur du livre. Si les soldats sont là, c'est bien parce qu'ils ont vécu une expérience traumatisante sur le front. le sujet restait donc très intéressant, mais le rythme n'était pas là. En effet, si cela s'était déroulé sur un champ de bataille, l'histoire aurait été palpitante. Or dans ce livre, c'était beaucoup plus calme. Cela ne m'a pas dérangé sauf à certains moments où j'ai trouvé quelques longueurs inutiles. Cependant, dans l'ensemble, j'ai passé un moment de lecture agréable.
Cette histoire est inspirée de faits réels, c'est ce qui la rend particulièrement intéressante. Si les personnages de Billy Prior et David Burns sont sortis tout droit de l'imaginaire de Pat Barker, Siegfried Sassoon, Robert Graves, Wilfred Owen, Dr Rivers, Dr Brock ou encore Dr Yealland ont réellement existés. Cela rend l'histoire plus vivante, plus concrète mais aussi plus émouvante. Par exemple, dans le livre ou dans le film, je ne me suis pas vraiment attachée au personnage de Wilfred Owen. Pourtant, il n'y a rien de désagréable dans son attitude. Seulement, je savais que le vrai Wilfred Owen était mort juste avant la fin de la guerre. Donc le fait de savoir que ces événements se déroulaient quelques mois seulement avant son décès … c'est très touchant, voire même éprouvant émotionnellement parlant. Je pense donc que c'est pour cela que je ne me suis pas attachée à lui, c'était un genre de mécanisme de protection j'imagine.
Le gros point fort de ce roman c'est évidemment les personnages. En regardant le film, j'avais beaucoup aimé Billy Prior. Mon opinion sur lui s'est confirmée lors de ma lecture. J'ai apprécié le fait qu'il n'était pas un officier comme les autres, il ne vient pas d'une riche famille, il n'a pas été dans une école prestigieuse. Je l'ai trouvé attachant dans le sens où il n'est pas traité comme les autres. Certes, le docteur Rivers est un homme d'honneur mais il fait tout de même des distinctions entre ses patients. Billy Prior souffre de mutisme après avoir vécu une expérience plus que traumatisante, or Rivers lui dit « Officers don't suffer from mutism ». Pourtant, Prior ne simule pas et souffre vraiment de cette situation (surtout qu'il communique par bouts de papier et qu'il fait des fautes d'orthographe… pas très glorifiant). Prior a donc été mon personnage préféré, c'est celui pour lequel j'ai eu le plus d'affection. Bon et le fait que dans le film il soit interprété par Johnny Lee Miller (quand il était jeune) à peut-être aidé je l'avoue!
J'ai également adoré le personnage de Siegfried Sassoon. C'est avec sa déclaration que débute l'histoire et pour être honnête, je suis tout à fait d'accord avec ses idées! Il n'est pas pacifiste, mais pour lui, cette guerre dure pour de mauvaises raisons. Surtout, il hait les civils qui encouragent leur soldats à combattre et à revenir victorieux sans imaginer un seul instant l'horreur qu'ils vivent au front. le fait que Sassoon trouve qu'il n'y a rien de glorieux à tuer un homme le rend tout aussi humain qu'attachant. Je dois également vous avouer que j'ai aimé Siegfried Sassoon avant même de commencer le livre. En parallèle de cette lecture, nous devions choisir un poème dans un petit recueil pour l'analyser: Poems of the Great War. C'est en cherchant le poème que j'allais étudier que j'ai découvert la plume de Sassoon. Et quelle découverte! Je ne suis pourtant pas une grande fan de poésie, mais j'ai pris une grande claque en lisant celle de cet officier! Donc j'avais un a priori très positif sur ce personnage. J'ai aussi beaucoup aimé sa nonchalance face à Rivers.
Enfin, en ce qui concerne le style de l'auteure, je l'ai trouvé fluide dans l'ensemble. J'ai particulièrement aimé les nombreux dialogues. Quand on lit en VO, les longues descriptions de paysage ou les interminables passages de narration peuvent être un peu ennuyants et même gênants dans le sens où on a plus de chance de rencontrer du vocabulaire précis que l'on ne connait pas forcément. Les dialogues remettaient donc un peu de rythme dans ce livre et permettaient de mettre mon cerveau en pause pendant quelques instants! Mais en général, le vocabulaire était tout de même largement compréhensible, tout comme le style d'écriture. de plus comme le livre a été écrit das les années 90, cela reste très moderne et donc plus simple qu'un livre de Dickens par exemple!
En résumé, je suis ravie que mon professeur de littérature britannique nous ait demandé de lire cette oeuvre. Etant passionnée d'Histoire, j'étais certaine d'adhérer à ce roman et ce fut le cas. J'ai aimé la plume fluide de l'auteure ainsi que les personnages que j'ai trouvé particulièrement attachants, surtout lorsqu'ils évoquaient leurs traumatismes de guerre. J'ai préféré le livre au film. Il y a quelques différences notables qui changent, selon moi, une grande partie de l'histoire. Par exemple, dans le livre, on s'attarde plus sur l'homosexualité de Sassoon et sur sa relation ambiguë avec Wilfred Owen. Cela apporte un petit plus au roman. Bref, j'ai l'impression que cette chronique est déjà bien assez longue, je ne vais pas m'étaler sur ce sujet! Pour faire court : je vous conseille ce livre, bien différents des autres romans traitants de la première guerre mondiale!
Lien : https://alltimereadings.word..
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adtraviata
  27 février 2016
J'ai lu ce roman, partagée entre intérêt, passion et émotion.
Passion parce que, bien sûr, le cadre, c'est la guerre 14-18 et plus particulièrement l'année 1917, celle où les armées commencent à se révolter contre des généraux et des hommes au pouvoir qui pourraient faire cesser la guerre mais n'ont ni le courage ni la volonté d'entamer des négociations de paix. le livre commence sur l'appel pacifiste du poète Siegfried Sassoon, qu'un ami officier a fait hospitaliser à Craiglockart, où il pourrait être déclaré inapte au service par le docteur Rivers, en raison d'une santé mentale chancelante, et éviter ainsi la cour martiale. Car on le sait, dans l'armée à l'époque, être contre la guerre, c'était passer en cour martiale. Et être vraisemblablement condamné à mort pour l'exemple.
Intérêt aussi parce que le roman met largement en scène ces soldats aux blessures mentales, psychiques, qui les handicapent lourdement et les couvrent de honte : paralysies, tics, tremblements, cauchemars, bégaiement, aphasie… autant de signes de ces névroses de guerre que les psychiatres tentent de traiter, le but premier étant de renvoyer ces soldats et ces officiers au front. Eh oui, la chair à canon ne peut faire défaut.
Et c'est vraiment intéressant de suivre la relation thérapeutique qui se noue entre le docteur Rivers et ses patients, l'approche humaniste qu'il a envers ses malades. Des hommes qui ne comprennent pas toujours le traumatisme qui les a rendus si fragiles, qui tentent désespérément de le refouler et dont le corps parle de façon criante. Quand, à la fin du livre, on assiste à une séance de « soins » du docteur Yealland, on est révulsé devant sa conception du travail psychiatrique.
Face à Siegried Sassoon (que sa mère a prénommé ainsi par amour pour Wagner !), Rivers, lui-même au bord du burn out, se trouve un peu démuni : le poète refuse de jouer le jeu de la folie mais se rebelle un peu face au médecin. Les deux hommes vont évoluer l'un grâce à l'autre, la relation ne sera pas exempte d'ambiguïté, d'ambivalence et ce face à face donne vraiment de l'épaisseur à ce roman.
L'émotion est venue de ce qu'un des personnages du roman, lui aussi envoyé pour trois mois de repos et de soins à Craiglockart n'est autre que Wilfred Owen, grand admirateur de Sassoon qui va l'aider, lors de ce séjour, à trouver sa voix de poète. Les deux écrivains vont voir leur écriture évoluer, s'améliorer durant ces quelques semaines, et tous deux retourneront en France. (On sait que Siegried Sassoon survivra à la guerre, tandis que Wilfred Owen sera tué une semaine avant l'armistice.)
Vous l'aurez compris, le grand intérêt de ce roman est son côté très bien documenté : les médecins Rivers et Yealland ont vraiment existé et ont publié sur leurs observations et leurs soins des névroses post-traumatiques, et les deux poètes sont bien sûr tout à fait authentiques, de même que l'évolution de leur plume. Quant aux personnages secondaires, comme les soldats Burns et Prior ou la jeune Sarah qui a choisi de travailler à la fabrication des munitions de guerre, ils sont traités avec beaucoup de soin et de respect par Pat Barker, qui brosse ainsi un tableau instructif de ce qui se passait « à l'arrière », en Grande-Bretagne (Craiglockart est en Ecosse). Elle n'oublie pas une petite pointe bienvenue d'humour anglais parfois et j'espère vraiment que ses deux autres romans (car il s'agit, paraît-il, d'une trilogie) seront un jour traduits en français.
Lien : http://desmotsetdesnotes.wor..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
adtraviataadtraviata   27 février 2016
J’ai encore trouvé une perle sur (ou plutôt contre) les Belges :

« Une voix de mégère s’éleva du fond de la maison.

– Ma logeuse, dit Sarah en réapparaissant. Une Belge, elle a épousé un Ecossais, le pauvre crétin. J’pense pas qu’il savait quel lot il avait décroché. Enfin, elle me fait payer un shilling pour la lessive et, quand on sait que les draps sortent du lit jaune vif, faut pas se plaindre. » (p. 171)

« Cependant un rétablissement n’était pas impossible. Rivers savait trop bien que les premiers stades de la guérison avaient souvent l’allure d’une détérioration. Ouvrez une chrysalide et vous apercevrez une chenille en train de pourrir. Mais jamais vous ne trouverez cette créature mythique, mi-chenille, mi-papillon, digne emblème de l’âme humaine, pour ceux dont la tournure d’esprit les pousse à chercher de tels emblèmes. Non, le processus de transformation est par essence presque exclusivement un processus de décomposition. Après tout, Burns était jeune. Si aujourd’hui marquait un véritable changement, une volonté de se confronter à ce qu’il avait vécu en France, alors son état s’améliorerait peut-être. On pouvait même imaginer qu’il reprenne ses études dans quelques années, pourquoi pas en cultivant cet intérêt inattendu pour la théologie. Cependant, on le voyait mal à l’université, au milieu d’étudiants de première année. Il avait raté l’occasion d’être ordinaire. » (p. 244)
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LutopieLutopie   03 janvier 2019
Cependant un rétablissement n’était pas impossible. Rivers savait trop bien que les premiers stades de la guérison avaient souvent l’allure d’une détérioration. Ouvrez une chrysalide et vous apercevrez une chenille en train de pourrir. Mais jamais vous ne trouverez cette créature mythique, mi-chenille, mi-papillon, digne emblème de l’âme humaine, pour ceux dont la tournure d’esprit les pousse à chercher de tels emblèmes. Non, le processus de transformation est par essence presque exclusivement un processus de décomposition. Après tout, Burns était jeune. Si aujourd’hui marquait un véritable changement, une volonté de se confronter à ce qu’il avait vécu en France, alors son état s’améliorerait peut-être. On pouvait même imaginer qu’il reprenne ses études dans quelques années, pourquoi pas en cultivant cet intérêt inattendu pour la théologie. Cependant, on le voyait mal à l’université, au milieu d’étudiants de première année. Il avait raté l’occasion d’être ordinaire.
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AllTimeReadingsAllTimeReadings   08 avril 2017
For a while I used to go out on patrol every night, looking for Germans to kill. Or rather I told myself that’s what I was doing. In the end I didn’t know whether I was trying to kill them, or just giving them plenty of opportunities to kill me.
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AllTimeReadingsAllTimeReadings   08 avril 2017
« They won’t court-martial you. »
In spite of himself, Sassoon began to feel afraid.
« What then ? »
« Shut you up in a lunatic asylum for the rest of the war. »
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AllTimeReadingsAllTimeReadings   08 avril 2017
The haunted faces, the stammers, the stumbling walks, that undefinable look of being « mental ». Craiglockhat frightened him more than the front had ever done.
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