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ISBN : 2100766074
Éditeur : Dunod (07/03/2018)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Une révolution philosophique et éthique est en cours: la frontière entre l'humain et l'animal disparaît. Darwin avait déjà révolutionné l'idée que nous nous faisions de notre place dans la nature. La science découvre aujourd'hui que les animaux pensent, peuvent apprendre, transmettre et qu'ils sont des êtres sensibles. Dans cet ouvrage, Louis Schweitzer, président de la fondation "Droit animal, éthique et science" et Aurélien Barrau, philosophe et astrophysicien,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Kittiwake
  26 mai 2018
Voilà un débat intelligent, et dépassionné sur le statut de l'animal.
Les deux auteurs échangent sur le sujet en adoptant un point de vue complémentaire et nourrissent leurs réflexions des apports de leur interlocuteur : une dialectique platonicienne, à ce ci près que l'illustre philosophe menait le débat avec suffisamment d'adresse pour que l'élève ne se sente pas manipulé. Ici chacun trace sa propre voie. L'opposition peut se manifester, mais dans le respect de la parole de l'autre et toujours en argumentant.
Tout l'intérêt vient du fait qu'Aurélien Barrau, et Louis Schweitzer sont tous les deux convaincus de la nécessité de faire changer les comportements (qui pourrait défendre ou justifier le fait de faire souffrir les animaux?. Mais les principes éthiques qui les animent n'ont pas les mêmes origines ni les mêmes objectifs.
Qu'est ce qui différencie l'animal de l'homme? La question peut sembler simple, presque naïve et pourtant : 
« La frontière entre elle vivant et le non vivant, comme entre l'homme et l'animal, a été fragilisée par le progrès des sciences »
Pour corser le débat, de quoi parle t-on quand on parle de l'animal. de l'espèce,? ou des individus. qui la composent? C'est très différent de s'inquiéter de la raréfaction d'une communauté animale avec pour enjeu une dégradation de la biodiversité, ou de s'indigner des conditions de vie des animaux destinés à la consommation humaine.
Bien entendu, il est impossible de faire l'impasse sur les mouvements qui excluent la consommation des produits animaux, du végétarisme au véganisme. Mais doit-on être végétarien pour défendre les droits des animaux? Les conditions de vie et de mort ignobles des poules et des veaux, ne pourraient-elle pas être améliorées, dans le respect de la vie , ne pourrait-on pas réduire la consommation de viande sans la faire disparaître? Voeux pieux, qui font abstraction des intérêts financiers (ceci est mon humble avis).
Autre question : quelles espèces protéger : les chiens, les chats, les vaches, les mammifères. Ok. Quid des poissons? Quid des moustiques qu'Albert Schweitzer écrasait enAfrique mais respectait en France? L'absence de sensibilité de l'huitre n'est plus un argument : il suffit de verser quelques gouttes de citron sur le mollusque pour s'en convaincre. Cela dit , on progresse, les mêmes arguments étaient applicables aux prématurés qui subissaient les soins médicaux sans précaution, n'étant pas censés ressentir la douleur.
140 pages, c'est court, mais le dialogue est suffisamment bien mené pour que soit passé au crible les notions essentielles.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  19 mars 2018
Une question plus que légitime.
La question du droit des animaux est plus que d'actualité, tant vis-à-vis des animaux d'élevage ou domestiques que des espèces sauvages.
Dans cet essai à deux voix, Louis Schweitzer prône la voie de la modération et du réformisme progressif. Aurélien Barrau, quant à lui, notamment par le fait d'une implication plus profonde et plus longue est plus partisan d'accélérer la mise en place de textes répressifs et radicaux propres à sauvegarder toutes les espèces, y compris l'homme.
L'essai donne des pistes au travers de sept questions fondamentales, et nous offre la possibilité de réfléchir sur la place et la dignité des espèces vivantes sur notre planète.
Et c'est vraiment indispensable...
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jefdebourges
  27 octobre 2018
Deux points de vue complémentaires sur notre relation avec les animaux (dont nous sommes, ne l'oublions pas !).
Des approches différentes sur des solutions ou pistes de solutions.
Tantôt progressif (la notion de "loi souple" que je ne vous divulgacherai pas), tantôt disruptif ("loi dure").
En tout cas, des échanges éclairants, qui font réfléchir, sans faire culpabiliser outre-mesure (juste ce qu'il faut pour rester audible si vous êtes comme moi un "mangeur de viande" sans être un "carnassier viandard")
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   18 juin 2019
Maintenant que l'on sait que beaucoup d'animaux ressentent la douleur physique et psychique, les hommes doivent se demander s'ils souhaitent continuer à leur infliger des tourments infinis.
C'est une décision à prendre.
Ce n'est pas un problème primitivement scientifique. La science nous dit ce que les animaux ressentent, mais elle ne nous dit pas ce qu'il faut faire de ce savoir.
C'est une question politique, éthique, et éventuellement légale.
J'insiste sur ce point : il n'y a aucune obligation à agir. On peut ne rien faire, et continuer à exploiter le monde animal.
L'unique question est : sachant ce que nous savons, le souhaite-t-on ?
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HarioutzHarioutz   18 juin 2019
Le spécisme est quelque chose de très curieux.
C'est l'idée selon laquelle les espèces ont des valeurs différentes.
Cette thèse me parait assez délirante pour une raison simple : pour qu'il y ait une hiérarchie naturelle, il faudrait un critère neutre, surplombant l'histoire et les cultures.
Or on voit immédiatement qu'un tel critère ne peut que dépendre d'une attente qui, elle-même, relève d'une position particulière.
La revendication antispécisme me semble donc globalement acceptable d'un point de vue éthique et logique.
Ceux qui s'y opposent pensent souvent que l'antispécisme est une négation de l'existence d'espèces. C'est un contre-sens complet.
Il existe bien évidemment des espèces, personne ne le nie. Ce que contestent en revanche les antispécistes, c'est le fait que des droits à l'existence ou à la non-souffrance différents soient en quelque sorte inscrits dans l'Etre même de chaque espèce, dans sa nature.

De même, l'antisexisme ne nie pas l'existence de deux sexes, mais conteste leur hiérarchisation, et la domination du féminin par le masculin.

En ce sens, l'antispécisme pose une question intéressante : pourquoi, et surtout suivant quelle norme éthique, l'homme attribue-t-il des valeurs différentes aux différentes espèces animales ?
Mais on ne sera pas surpris qu'évidemment il se soit attribué la place la plus haute (comme, d'ailleurs, chaque culture l'a fait - et continue de le faire avec des conséquences désastreuses - vis-à-vis des autres cultures humaines).
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HarioutzHarioutz   18 juin 2019
Le cœur de notre rapport actuel au vivant tient dans un sous-entendu : l'écart par rapport à Homo sapiens serait le critère correct d'évaluation de la valeur.
Plus on en est proche, plus la valeur est élevée et inversement. C'est très problématique.
Je crois que l'un des défis majeurs qui s'imposent à nous aujourd'hui consiste à penser enfin la diversité pour ce qu'elle est.

La diversité est la grande oubliée de la pensée occidentale.
Toute notre tradition métaphysique, de Leibniz à Kant, s'est organisée autour d'un fantasme de l'unité, d'une réduction à l'unité.
Le point fondamental, nodal, à déconstruire, est le lien sous-entendu entre la proximité et la valeur. Tout est là.
Que faire alors ?

Nous aimons nos enfants plus que les enfants des autres, et cela ne pose aucune difficulté morale.
Pourquoi ? Parce que, précisément, nous savons que c'est une circonstance qui ne relève pas du droit général, mais d'un ressenti particulier.
Personne ne souhaiterait raisonnablement que la supériorité de ses propres enfants soit inscrite dans la loi et chacun a conscience de ce qu'il ne s'agit pas d'une "vérité" mais d'un affect local.

Or, tout le jeu consiste à articuler ce ressenti hautement subjectif, et légitime en tant que tel, avec une dimension normative globale qui a précisément pour rôle de compenser le jugement individuel.
C'est là que le légal intervient : s'il est acceptable que nos proches nous soient plus chers, et que nos actions soient conditionnées par cet état de fait, nous convenons aisément que la loi, quant à elle, doit veiller à ce que la valeur intrinsèque ne soit pas fondée sur ces considérations arbitraires.

Pour ce qui concerne notre rapport au monde animal, la question est un peu analogue, mais nous n'avons pas encore compris qu'elle l'était !
Il faudra en passer par une discussion sur les valeurs attribuées aux espèces, valeurs entendues non pas au sens de "bonnes ou mauvaises", mais en termes de droit à l'existence.
Il faudra se demander si l'on peut continuer à ne penser notre rapport à chacune des espèces du monde animal qu'en termes de position relative à la nôtre.

A mon avis, c'est là un contresens éthique catastrophique.
Et il me semble qu'on le sait au fond de nous car cette problématique existe déjà au sein de l'humanité.
Comme je l'ai dit, il est tout à fait naturel de préférer ses amis à d'autres humains, mais cela n'implique pas qu'ils aient des droits particuliers à l'existence.
Aucun d'entre nous ne souhaite que des humains plus éloignés de nous ou moins "performants" soient privés du droit à exister. D'autant que l'échelle de performance est elle-même évidemment arbitraire.
(Aurélien Barrau)
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HarioutzHarioutz   18 juin 2019
Montaigne, ami des animaux.

Qu'on ne se moque pas de la sympathie que j'ai pour les bêtes : la théologie elle-même nous ordonne d'avoir de la mansuétude à leur égard.
Elle considère même que c'est un même maître qui nous a logés dans ce palais pour être à son service, et donc que les bêtes sont, comme nous, de sa famille; elle a donc raison de nous enjoindre d'avoir envers elles du respect et de l'affection.
Si on peut discuter de tout cela, il n'en reste pas moins que nous devons un certain respect et un devoir général d'humanité, non seulement envers les animaux, qui sont vivants et ont une sensibilité, mais envers les arbres et même les plantes.
Nous devons la justice aux hommes et la bienveillance et la douceur aux autres créatures qui peuvent les ressentir.
Il y a une sorte de relation entre nous, et des obligations mutuelles.
Je ne crains pas d'avouer la tendresse due à ma nature si puérile qui fait que je peux guère refuser la fête que mon chien me fait, ou qu'il me réclame, même quand ce n'est pas le moment.

Les Essais (1590 pour l'édition posthume), chapitre 11 : "De la cruauté".
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HarioutzHarioutz   18 juin 2019
Nos actes ont des conséquences, une influence massive sur les autres êtres vivants.
Il est important d'en mesurer l'impact, et d'en assumer la responsabilité.
Il faut nous demander dans quelle mesure nous acceptons en conscience de torturer et de martyriser des animaux par milliards.
Je veux souligner l'ampleur de cette industrie de la mort. Comme disent les Américains, size matters.
On ne peut pas ignorer l'effet de taille quand il s'agit de faire face à une question qui ne concerne plus seulement l'éthique, mais aussi potentiellement le légal.

En ce qui me concerne, je ne pense pas qu'il y ait de droits naturels, ou je ne sais quelle disposition transcendante que nous serions en train de violer.
Je crois que les droits que notre société accorde aux animaux ne relèvent que de notre décision immanente.
Il n'en est pas moins pertinent dans la situation actuelle où le niveau d'horreur dépasse ce que les mots peuvent traduire - chacun pouvant aisément accéder à ces informations littéralement insoutenables.

La question n'est pas de savoir s'il "existe" un droit des animaux, elle est de savoir si nous désirons en construire un pour influer sur la réalité actuelle.
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Entretien avec Aurélien Barrau sur la "fin du monde" annoncée. Brut - 15.05.19
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