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EAN : 9782253166894
192 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (06/02/2013)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 13 notes)
Résumé :
En 1933, à l'âge de soixante-sept ans, Tristan Bernard publie un roman criminel qu'il intitule, le plus simplement du monde, Aux abois. Ceux qui le lisent alors en sont déconcertés : c'est un livre tragique, sombre et même provocant. Mais les lecteurs d'aujourd'hui seront sans doute amenés à faire une autre constatation : si le roman rappelle un peu Crime et châtiment de Dostoïevski, il annonce aussi, et curieusement, l'Etranger de Camus.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Tandarica
  29 mai 2020
Masse critique : livre audio.
Je remercie les Éditions VOolume de Bordeaux pour leur envoi. J'ai adoré cette lecture audio et je tiens à le dire toute de suite.
* Sur l'envoi de l'éditeur :
C'est fort dommage que le site ne signale pas l'existence de la version audio (cela viendra peut-être) car cet éditeur mérite largement d'être connu. Je suis d'ailleurs allée faire un tour sur leur site tout comme je suis allée sur le site de Loïc Richard, le jeune comédien dont la voix est très agréable et aux modulations très pertinentes par rapport au texte.
J'ai donc reçu un CD pressé spécialement pour l'occasion. Il s'agit de 77 chapitres au format mp3 pour une durée totale de 4 h 9 min. Cela peut paraître long, mais je l'ai écouté en deux fois sans interruption, tant le livre est intéressant. J'ai beaucoup apprécié le courrier d'accompagnement qui fait allusion à la série « Crème de crime » (cela donne envie de la découvrir en intégralité !) et qui présente fort bien le livre, en signalant également l'adaptation cinématographique de Philipe Colin (2005).
* Sur le texte :
Il y aurait beaucoup à en dire. J'ignorais tout de l'auteur, mais une chose est sûre, le livre vaut bien la peine d'être sorti de l'oubli. Comme l'écrit l'éditeur VOolume c'est un écrivain « plus connu au début du XXe siècle pour ses bons mots ». En effet, beaucoup de passages ont un ton et une allure aphoristiques.
Je trouve le titre très judicieux : « être aux abois » se dit d'un être dans une situation désespérée, mais peut s'appliquer aussi à toute personne ayant de grosses difficultés financières, or le mobile du crime est bien l'argent. le sous-titre est « Journal d'un meurtrier ». Il s'agit en effet de la confession, par le truchement de son journal, du narrateur principal. le récit débute au moment où Paul Duméry est un meurtrier en cavale depuis une semaine, en mai d'une année non précisée (le 16 mai 9 jours se sont écoulées depuis le meurtre). Ancien assureur ruiné, orphelin âgé de 34 ans, Paul Duméry vient d'assassiner à Paris, de sang-froid et à coups de marteau, un prêteur-usurier véreux, M. Achile Sarrebry pour lui dérober une importante somme d'argent. Rappelons que le roman est écrit en 1933 et qu'à l'époque la peine de mort n'est pas abolie en France. Je ne dévoilerai pas la suite, mais l'issue est en effet tragique. le narrateur considère son histoire avec beaucoup de détachement, même s'il y a beaucoup d'introspection, et dans un style où les descriptions étonnent par leur précision « quasi clinique ».
Je termine par une remarque concernant le thème du sommeil que je trouve très bien développé. Il est le répit, le repos, le refuge d'un être qui se sent « aux abois » et qui n'a de cesse de s'interroger au fond sur le « sommeil éternel ».
Encore merci et bravo aux Éditions VOolume !
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Marti94
  26 janvier 2021
J'avoue que ce faux journal d'un meurtrier est particulièrement bien construit puisque le suspense est permanent alors que nous savons dès le début que le narrateur a tué un homme sans aucun état d'âme pour lui voler son argent.
Je félicite d'ailleurs les éditions VOolume pour cet enregistrement audio de qualité de "Aux abois" de Tristan Bernard (que je découvre) et plus particulièrement Loïc Richard pour le ton et la fluidité de sa lecture.
C'est dans la France des années 30 que Paul Duméry va voyager pour échapper à la police après avoir tué à coup de marteau le dénommé Sarrebry, un usurier qui détenait une grosse somme d'argent. le trentenaire en difficulté financière ne pensait pas être capable d'un meurtre et pourtant cela lui a été facile.
Il quittera donc son appartement parisien, conscient des conséquences de son acte si l'enquête le révélait coupable. Comme c'est la première fois qu'il tue quelqu'un, il décide d'avouer si la police procède à son arrestation. À partir de ce moment-là, il se retrouve en cavale, seul, et va commencer à tenir un journal parce qu'il n'a personne à qui parler.
En attendant, il commence par être raisonnable en mettant l'argent à la banque et en payant la pension de son ex-femme. Très rapidement, il va se retrouver dans les salles de jeux où la tentation est grande.
Mais là où Tristan Bernard est malin c'est qu'il ne laisse pas son personnage s'enfoncer dans une addiction. Il reste sur la psychologie de l'homme qui vit au jour le jour en attendant le moment fatidique.
Je n'aurai qu'un seul reproche à faire, c'est la façon dont le meurtrier considère les femmes. Il en a besoin comme d'un oreiller comme il l'écrit. Pour lui, aimer c'est ne pas être seul.
Ce qui est drôle, c'est que par ailleurs on a de l'empathie pour cet homme qui reste insensible au drame et ne regrettera pas son geste.
Lu en janvier 2021
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MissSherlock
  17 juillet 2020
C'est avec beaucoup de retard que je publie mon avis sur le livre audio Aux abois que j'ai reçu lors d'une Masse Critique.
Mille pardons aux Éditions VOolume et à Babelio mais, hélas on ne fait pas toujours ce que l'on veut.
Je ne connaissais pas les Éditions VOolume et j'ai été touchée d'apprendre que le CD que j'ai reçu a été spécialement compressé pour l'opération puisque le site ne propose habituellement que des livres audio numériques.
J'ai beaucoup aimé le texte de Tristan Bernard qui est comparé à juste titre à L'Étranger de Camus. L'histoire est prenante et le dénouement tragique m'a touchée.
J'ai très envie de me procurer le roman dans sa version papier car, même si le travail de comédien de Loïc Richard est remarquable, j'ai parfois décroché pendant l'écoute. Peut-être est-ce dû à mon état de fatigue mais j'ai failli tomber dans les bras de Morphée à plusieurs reprises.
Merci pour cette découverte et encore désolée pour le retard de publication.
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sweetcactus
  17 juin 2020
J'ai reçu le livre audio Aux Abois paru aux Éditions VOolume de Bordeaux.
j'ai eu quelques difficultés à lire le Cd, eh oui, il ne fonctionne pas sur les chaines hifi et lecteurs un peu anciens....et mon pc très récent, n'a pas de lecteur cd .....Ensuite, j'ai eu du mal à lire le cd lui même de manière confortable : soit il fallait cliquer plage par plage , soit tout reprendre depuis le début à chaque écoute ....Certainement dû aux paramètres du vieux coucou sur lequel je l'ai écouté.
Sinon, j'ai trouvé le roman très bien lu par le comédien Loïc Richard, les expressions et variations des intonations vocales donnent vie et corps au personnage principal, Paul Duméry.
Le roman de Tristan Bernard écrit en 1933 est le journal d'un assassin durant sa cavale et son emprisonnement. On s'attache à connaitre la suite surtout après l'emprisonnement : Paul est froid et regarde sa vie avec distance, détaché . J'ai été surprise par le portrait qu'il fait des femmes, cette liberté sexuelle affichée dans le contexte des années 1920/30, je pensais la société de cette époque plus collet-monté.
Paul s'ennuie dans la vie et mourir ne lui fait pas plus peur que ça , c'est un "rescapé" de 1914, peut être est-ce une raison même si jamais, cette guerre n'est évoquée. La scène du jugement est assez drôle, Paul commente les tenues de la Cour , le public, les greffiers et le réquisitoire comme si il était au spectacle, rien ne le touche, tout coule sur lui , même le verdict qu'il entend à peine.
Un livre agréable , y compris par son côté daté et désuet .
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neutrinou
  23 février 2018
"Aux abois", c'est le livre dont Camus s'est fortement inspiré pour écrire l'Étranger. C'est bien simple : "Aux abois", c'est "L'étranger" sans l'Algérie.
Ne serait-ce que pour cette raison, il faut le lire.
Mais il y aurait bien d'autres raisons. Dommage que Tristan Bernard ne soit pas étudié à l'école. Sans doute trop dérangeant. On lui préfère des auteurs convenus et faussement libertaires comme le médiocre Prévert.
Il n'y a que des termes négatifs pour décrire "Aux abois" : pas un mélo, pas un polar, pas un livre de polémiste sur la justice ou la peine de mort. Même pas un livre psychologique.
En effet, même si on peut se faire peur en se disant que n'importe qui pourrait être le héros meurtrier, l'histoire est invraisemblable. C'est l'intérêt du livre : on dirait une étude, une "gedanken-experiment" - une expérience de pensée comme Einstein en produisait : et si toi, mon cher ami, tu tuais quelqu'un dans un moment d'égarement, que ferais-tu, que ressentirais-tu...?"
Tiré de mon blog. Tu peux lire la critique complète à l'adresse ci-dessous - si le coeur t'en dit, bien sûr !
Lien : http://brikbrakbrok.blogspot..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
TandaricaTandarica   29 mai 2020
Suis-je un être abominable ou non ? Ce n’est pas la question. Je constate : je n’ai pas de remords. Si je m’en veux, ce n’est pas d’avoir tué. Ce que j’éprouve, c’est le regret d’avoir empoisonné ma vie avec cette menace d’arrestation.
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rkhettaouirkhettaoui   12 juin 2018
L’argent, qui gonfle ma poche, n’a aucune valeur. Il ne vaut que par son pouvoir d’achat. Or, rien de ce qu’il peut me procurer ne m’intéresse.
 
… Non, je ne veux pas me dire que cet argent ne me sert à rien. C’est une impression qui m’est trop pénible.
 
J’avais fait parfois ce rêve d’être un philanthrope, un petit manteau bleu, d’aller dans les faubourgs, de donner un billet de mille à un pauvre diable qu’on allait saisir. Mais maintenant, le bonheur des autres ne me dit plus rien… 
Peut-être parce que je n’ai plus en moi de bonheur possible, parce que je n’imagine plus de bonheur. 
Il faudrait tout de même gagner beaucoup d’argent, en accumuler, pour le plaisir de voir grossir le tas. Seulement je puis perdre mon petit magot. Et ces billets auxquels je ne tiens pas, il me les faut tout de même. La vie m’est odieuse, mais je ne veux pas la quitter. Je ne me croyais pas capable de tuer quelqu’un. L’événement m’a prouvé le contraire. Mais je suis sûr que, moi, je ne pourrais jamais me tuer.
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patatarte2001patatarte2001   05 février 2018
...je me suis contenté de prendre moi aussi des yeux apitoyés, comme si je donnais raison à cette idiote. Se plaindre est un besoin pour elle. Elle venait me voir pour s'abreuver de tristesse.
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patatarte2001patatarte2001   04 février 2018
Vraiment, pour aimer la vie, il faut avoir été aux prises avec ses difficultés et s'en être tiré, même passagèrement.
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patatarte2001patatarte2001   06 février 2018
Séance au greffe. Nouvel interrogatoire d'identité. Ils finiront par me connaître. On a encore pris une empreinte de mon pouce. C'est effrayant ce que dans ce métier-là il faut se salir les bouts des doigts.
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