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ISBN : 2917817348
Éditeur : Editions La Contre Allée (16/02/2015)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 7 notes)
Résumé :
On avait beau jeu d’ affirmer qu’ elles avaient été achetées, car certains explorateurs ou certains représentants de l’ Etat français (…) avaient sans doute troqué ces œuvres contre peu d’ argent, ou des babioles, ou des menaces. Aucune transaction inattaquable, certainement. Certes il était possible d’ affirmer qu’ en les volant on les avait sauvées mais c’ était tout de même tordu.

La spoliation des biens cu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nilebeh
  21 novembre 2015
Imaginons que des chefs africains se réunissent pour demander justice à la France du préjudice subi par l'exportation illicite d'oeuvres d'art, Ils sont Bamileke, une ethnie camerounaise connue pour son ardeur au travail et aux affaires qu'on trouve dans l'ouest du pays,
Pour avoir rencontré un certain nombre de rois africains (vous savez, ceux que nos vieux manuels d 'histoire pour Gaulois du 20e siècle désignent, avec une moue, de « roitelets »?) je me retrouve bien dans cette rencontre avec le roi de Bangoulap et dans la façon dont se passe l'entrevue,
Ces Bamileke donc, apprenant que le Musée des Arts premiers de Paris expose des oeuvres de leurs artistes, rédigent une lettre au français aussi élégamment désuet que savoureux pour réclamer, non la restitution des oeuvres mais l'entrée gratuite au musée, C'est quand même un minimum ! Sinon...eh bien sinon, ils vont demander et obtenir le retour des trônes, totems et autres objets rituels au pays. Vous imaginez la suite ? Toutes les ethnies pillées du monde se manifesteraient et videraient les musées de Bogota, Lima, Mexico, Londres et tant d'autres !
Les Bamileke sont connus pour être intelligents, voire malins, On leur prête donc l'idée d'aller plus loin : obtenir la gratuité du visa (pour aller au musée, bien sûr), celle des expositions partout au monde qui montrent des objets camerounais. Et, pourquoi pas ? Également celles qui sont purement européennes puisque sans le premier homme (africain, comme on sait), il n'y aurait jamais eu ni peintres italiens, ni sculpteurs français, rien quoi.
N'est-ce pas avoir l'esprit d'escalier, tout cela ?
En fait, l'auteur imagine un monde où l'argent serait moins important que la culture, le partage et la fraternité remplaceraient le négoce et l'avidité,
Monsieur Bertina, votre tout petit mais si savoureux ouvrage, lu en novembre 2015 (130 morts à Paris) fait du bien, Merci à vous et aux éditions la Contre-Allée qui éditent de si jolis morceaux de bonheur,
NB : le titre, outre son allusion au style bien particulier des statues africaines, fait rêver d'un monde où la férocité serait transformée en grâce. Rêvons...
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blamblinou
  14 août 2015
L'intrigue se résume rapidement : le roi des bamilékés (tribu camerounaise) réalise que le musée du quai Branly s'est enrichi entre autres sur le dos de son peuple, puisqu'un grand nombre d'objets volés à sa tribu y sont exposés. Il écrit donc une lettre au musée pour réclamer un accès gratuit aux collections permanentes pour son peuple. Requête très symbolique, qui fait sourire, mais qui va vite prendre une ampleur inquiétante pour les institutions européennes, et soulever beaucoup de questionnements (chez les protagonistes comme dans l'esprit du lecteur).
Car finalement, ce qu'Arno Bertina traite avec beaucoup d'humour, ce n'est ni plus ni moins l'enrichissement des puissances occidentales (et en premier lieu de notre pays), qui s'est fait aux dépens de populations déjà pauvres auparavant, et qui s'en sont retrouvées encore plus appauvries. de quoi faire réfléchir, donc. Et pourtant, tout est fait avec humour, en finesse, et le texte ne se veut en aucun cas moralisateur.
Et le tout, écrit par un auteur qui mérite d'être soutenu, et une maison d'édition qui doit tout autant être défendue !
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topocl
  03 août 2017
C'est une petite pochade sous forme de nouvelle qui démonte astucieusement les vols culturels exercés en leur temps par le colonialisme, et le paternalisme persistant de nos décideurs culturels. C'est la révolte amusée des rois africains, qui réclament la gratuité pour les ressortissants africains qui veulent aller admirer "leurs" oeuvres d'art en France, qui met un grain de sable dans l'engrenage et définit par démonter tout le capitalisme.
Aussi bref que jouissif, plein d'humour impertinent et d'intelligence pétillante, écrit avec une ironie adaptée à la chose, ce cours opuscule donne envie de mieux connaître Arno Bertina.
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belaval
  19 septembre 2016
Le sujet des spoliations des richesses culturelles africains par les colons est traité avec humour mais donne à réfléchir
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Charybde2
  05 juillet 2016
Chefs coutumiers africains, droit international et restitutions : une belle fable politique actuelle.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2016/07/05/note-de-lecture-des-lions-comme-des-danseuses-arno-bertina/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   05 juillet 2016
Nous descendons, Bob et moi. Et personne ne vient. Nous entrons dans une première pièce qui pourrait faire office de péristyle en étant ouverte à tous les vents. Des scènes de chasse, au mur, mais brouillonnes, ou inachevées – le programme n’est qu’ébauché, les arrières-plans n’existent pas. Un galop d’essai en quelque sorte, avant la salle principale dans laquelle nous débouchons après un couloir très biscornu. Là, sur cent mètres de murs, toute une frise représentant les Namtchema, des notables, des guerriers et des chasseurs. Au sol, ou adossés aux pilastres soutenant le toit de tôle, des totems, des peaux, des panneaux en bois sculpté. Je me saoule de photographies, je prends ce que je veux et sous tous les angles car Bob ne me freine pas et le long de la route, ou dans Bangangté, on me fait les gros yeux quand on ne m’agresse pas dès que je sors mon appareil photo.
Bob va tout m’expliquer, la portée symbolique de chaque objet, et Sa Majesté finira par arriver, et je vais faire cette bourde dont j’ai parlé plus haut. S’il n’avait pas été aussi affable, il m’aurait taclé : « Et vous allez aussi m’expliquer le fonctionnement de la guillotine ?! » Pour me rattraper, au risque de la flagornerie cette fois, je me lance dans l’éloge d’un Cameroun qui aura su faire cohabiter le pouvoir traditionnel et les structures administratives modernes sinon occidentales (députés, sénateurs, maires, etc.) Le chef de Bangoulap est, par exemple, officier d’état-civil, et quand la diaspora du canton – qu’elle soit canadienne, française ou britannique – a un problème, elle l’invite, organisant son voyage par le biais d’une souscription. Et non pas le maire, ou le député. De sorte que le fo voyage assez souvent de par le monde. Il connaît Paris, me cite les stations de la ligne 4 (spéciale dédicace pour « Château Rouge » et « Château d’Eau »), le dix-huitième arrondissement et le musée du quai Branly.
J’ai honte de ne pas le connaître encore quand lui l’a visité deux fois déjà. Il s’insurge poliment contre le montant de l’entrée – peut-être douze euros, peut-être quinze. Il est d’autant plus choqué que l’on y admire une sculpture du pays bamiléké. Payer pour voir les œuvres de ses ancêtres ?! Il enchaîne en reconnaissant que les termites, ici, auraient condamné tous ces chefs-d’œuvre. À brève échéance parfois. Mais je vais revenir à la remarque précédente : le ministère de la Culture aurait réussi un coup fumant s’il avait eu l’idée de ne faire payer l’entrée du musée du quai Branly qu’aux seuls Français, rendant gratuit l’accès aux collections pour toutes les autres nationalités, ou au moins aux Africains et aux Amérindiens, ainsi qu’aux pays d’Asie qui furent colonisés. L’idée plaît au fo, nous sourions tous les trois et nous passons à autre chose (la clé 3G qu’il a achetée au revendeur chinois ne fonctionne pas, il a besoin des lumières de Bob ((Yves-Pascal, vous vous souvenez ?) pour l’installer).
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Charybde2Charybde2   05 juillet 2016
Vœu pieux durant de longues années, agitée seulement à des fins nationalistes (la Grèce réclamant à Londres les frises du Parthénon, par exemple), la question des restitutions était devenue, dans les années 90, un dossier de plus en plus brûlant ; les différentes instances internationales ayant pris de plus en plus de poids, ayant accru leurs prérogatives, l’Occident se trouvait acculé par ces instances transnationales qu’il avait lui-même créées, qu’il avait donc pu mépriser, longtemps, jusqu’à ce que, possédant suffisamment d’États membres pour ne plus faire de complexe d’infériorité vis-à-vis d’aucun d’eux, ces instances transnationales en viennent à se porter caution, ou à soutenir réellement plusieurs de ces dossiers. De sorte que l’on en vit aboutir, à la stupeur des parties concernées (depuis les grands antiquaires et commissaires-priseurs du monde entier jusqu’aux petits États pillés ou aux grands musées qui se mirent à passer en revue les dossiers des œuvres les plus connues de leurs collections). Les amateurs juifs spoliés par les nazis, ou certains États ayant collaboré avec l’occupant allemand, quand ils n’avaient pas carrément profité de lui, les collectionneurs juifs, donc, eux aussi commencèrent à croire qu’ils allaient pouvoir récupérer une partie des tableaux qui leur avaient appartenu et sur lesquels Göring – la plupart du temps – avait fait main basse, puis certains musées allemands, ou certains coffres de banques suisses.
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