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EAN : 9782914467377
100 pages
Chèvre-feuille étoilée (01/07/2006)
4.33/5   6 notes
Résumé :
Décidemment nous n’en avons pas fini avec Albert Camus ! Ce magnifique petit recueil, qui ne cesse d’être commandé, a été publié avec un texte puis trois textes puis quatre. Cette fois Maïssa Bey nous offre une sixième réflexion, Camus et Oran, conférence donnée en 2022 à l’Institut français d’Oran qui commence ainsi :En 1937, Albert Camus rédige une demande pour inétgrer l’Education nationale. Il reçoit une affectation comme professeur de grammaire dans un Lycée à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Ce petit recueil consacré à Camus, augmenté à plusieurs reprises depuis un colloque au centre Beaubourg en 2002, est composé de cinq textes dont plusieurs d'entre eux sont des communications de l'autrice dans le cadre de conférences. Une préface de Catherine Camus complète l'ensemble.
Dans un avant-propos Maïssa Bey nous expose les raisons qui l'amènent à revenir inlassablement sur l'oeuvre de Camus, à rechercher en son sein, la dimension humaine, la vérité de l'homme. Elle partage bien sûr avec lui, le fait de demeurer quasiment dans le même quartier à Alger, d'avoir vécu dans le même pays, un pays noyé de soleil, marqué par les tragédies, qui paie d'après elle le prix d'une obscure malédiction, mais ce n'est pas cela qui l'autorise à interroger ses textes et à écrire sur lui. Elle nous dit que quelque chose de bien plus personnel la lie à lui, une connivence. "Il savait trouver les mots pour dire ce que je ressentais".
Elle nous dépeint un Camus complexe, torturé, pétri de doutes et de contradictions, un homme en quête d'authenticité qui lutte pour être lui-même et qui sent en lui un vide affreux.
Une part obscure traverse l'ensemble de son oeuvre.
Serait-elle à rechercher du côté de la relation avec sa mère, une femme seule, triste, coupée du monde et des autres du fait de sa surdité, qui tient un rôle central pour lui et qu'on retrouve dans ses plus grands romans, La peste notamment ? Il se désespère de la comprendre, d'entrer en contact avec elle. Son indifférence, son repli et sa difficulté à exprimer ses sentiments, la font apparaître aux yeux de son fils, cette mère étrange, comme la première étrangère.
Point de simplicité non plus, plus tard, dans les nombreuses relations qu'il entretient en parallèle avec des femmes. Il vit l'attirance féminine comme une servitude mais ne peut se résoudre à refuser la séduction et l'exaltation qu'elle lui procure. Comment concilier le farouche besoin d'indépendance et l'attrait du désir amoureux ? Il n'entretient guère d'illusions concernant le mariage et pourtant s'avoue éprouver des remords devant son épouse.
"La rivière et le fleuve passent, la mer passe et demeure. C'est ainsi qu'il faudrait aimer : fidèle et fugitif. J'épouse la mer"
De très beaux courts textes, traversés par une lumière incandescente, qui éclairent les paradoxes et les facettes d'un auteur partagé entre l'ombre et la morsure du soleil algérien, entre l'introspection et les feux et mirages de la gloire et de la réussite. le titre de l'ouvrage en reflète parfaitement le contenu.
Je tiens à remercier Babelio et les éditions Chèvrefeuille étoilée pour la découverte de ce livre et de cette autrice.

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4ème de couverture "Je regarde la photo de Camus désormais figé dans une éternité noire et blanche et voici ce qu'il semble me dire " "je me présente à vous aussi démuni que dans mon enfance. Je rêve beau et généreux. Humain surtout. Ni voyant ni prophète"

Catherine Camus a rédigé la préface de ce tout petit opuscule.
Elle dit " En écrivant ces lignes je suis, pour une fois uniquement la fille de mon père. J'ai entendu Maïssa Bey lire ce texte au Centre Beaubourg.* J'ai vu des visages bouleversés ; et tout le public applaudir à tout rompre à la fin de son intervention, et j'en ai été profondément touchée.
Car en écoutant Maïssa je retrouvais mon père. Pas un écrivain célèbre, non, mon père, un être humain avec sa solitude, son courage et ses déchirements.
Et c'était une femme algérienne, qui dans sa solitude et ses déchirements avait eu le courage d'une si lumineuse intelligence.
C'est pourquoi je ressens pour Maïssa Bey une fraternelle amitié".

* moi, j'ai écouté Maïssa lire "la femme adultère" et j'en avais les larmes aux yeux.
Un tout petit carnet de 63 pages mais quel hommage enthousiaste !



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J'ai été très étonné par le format, c'est un petit livre minuscule. Un grand hommage à un grand homme, mais qui part un peu dans tous les sens et au final... Après l'avoir lu, on ne comprend pas trop. Ca aurait été pertinent à la fin d'une de ses oeuvres par exemple, mais la lecture reste agréable pour les amateurs de l'écrivain.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Je regarde sur une photo – la même que celle qui est longtemps restée accrochée aux murs de ma chambre d’étudiante – le visage de cet homme, Albert Camus, désormais figé dans une éternité noire et blanche, et voici ce qu’il semble me dire :
- « Je me présente à vous aussi démuni que dans mon enfance.
Je me rêve beau et généreux. Humain surtout.
Je me rêve aimé pour ce que je suis vraiment et non pas pour l’image que l’on a de moi, et dans laquelle j’ai du mal à me reconnaître.
Je me rêve lucide, oui, seulement lucide face à « l’épaisseur du mensonge universel ». Ni voyant ni prophète.
Libre à vous de vous acharner à me voir autre, à vouloir coûte que coûte découvrir si je suis dans ce que je dis, à tenter de me chercher sous les masques, à traquer ma vérité en chacun de mes personnages. N’ai-je pas écrit un jour : « Nul homme n’a jamais osé se peindre tel qu’il est » ? Comment ne voyez-vous pas toutes ces faiblesses, ces hésitations et ces aveux à peine déguisés ?
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Alors faut-il se taire ? Parfois, le silence... Mais il y a toutes sortes de silences : ceux qui vous sont imposés, et ceux que l'on s'impose. Ceux qui dissimulent et ceux qui protègent. Ceux que l'on transgresse délibérément et ceux que l'on respecte, au nom d'une éthique individuelle sans cesse remise en cause. Et bien d'autres encore, dont le plus douloureux est révélateur d'une impuissance à communiquer ou plutôt à se faire entendre. Est-il alors plus facile ou plus moral de se taire ou de mentir ?
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Il dit l’amour. L’amour pour la vie. L’amour pour les hommes. L’amour aussi comme un lancinant regret. Pour la terre qui l’a vu naître. Et les mots se mettent à battre, accordés aux pulsations d’une passion, mienne également.
Il dit la lumière. Et sous mes yeux, la lumière se met à vibrer. Celle des aurores déjà pailletées d’or ou encore celle des longs soirs d’été dorés et bleus que je – nous – connais(sons) si bien et qui, dit-il délient tant de choses en moi.
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Je ne pourrai jamais vivre en dehors d'Alger {...} Je voyagerai car je veux connaître le monde mais j'en ai la conviction, ailleurs, je serai toujours en exil.
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