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EAN : 9782732470092
416 pages
Editions de la Martinière (08/01/2015)
3.93/5   14 notes
Résumé :
En entrant sur le conseil de son oncle dans l'atelier d'Ingres, le jeune peintre allemand Henri Lehmann (1814-1882) a-t-il vendu son âme au diable ? Quand ce maître génial mais tyrannique prend la direction de l'Académie de France à Rome, Henri, subjugué, décide de l'y rejoindre. C'est là, dans les salons enchantés de la Villa Médicis, qu'une autre rencontre va bouleverser sa vie : celle de Marie d'Agoult et de Franz Liszt. Témoin fasciné de l'agonie de leurs célèbr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Patsales
  10 mars 2015
Que ceux qui ont aimé frissonner devant la rivalité de Salieri et de Mozart se rassurent: il est d'autres tâcherons qui contemplent avec désespoir la supériorité injuste des génies: les premiers de leur siècle.
Encore que.
Christophe Bigot a choisi un angle mort des plus pertinents: Henri Lehmann, second couteau de la peinture française, a intimement connu Ingres, Chasseriau, Liszt, Mme d'Agoult et, dans une moindre mesure, Chopin et Delacroix; il a adulé leur talent si supérieur au sien et pâti de leurs mesquineries, lui, doux et médiocre, eux, génies égoïstes.
Le livre est agréable à lire et guide aimablement son lecteur entre "Voici" pour les amours tumultueuses et souvent sordides et "Connaissance des arts" pour la rivalité de la ligne et de la couleur.
Mais le postulat initial sent son procédé. Christophe Bigot veut à tout prix faire de Lehmann un raté, au prix de contorsions peu acceptables. Son peintre est admiré, on lui passe mainte commandes, mais le chapitre XXXV s'ouvre sur cette parole comminatoire: "J'avais échoué dans l'art". Il connaît des deuils mais son ménage semble paisible et heureux, il vit confortablement, entouré de ses petits-enfants. Et page 398, il se plaint d'avoir "payé un si lourd tribut" à la Providence. Lehmann nous affirme que sa vie et son art sont un échec mais rien de tangible ne vient étayer cet aveu.
Trop souvent, donc, le narrateur veut qu'on le croie sur parole. Marie d'Agoult fait tourner toutes les têtes, nous dit-il, ce que d'ailleurs nous ont appris les livres d'histoire. le problème, c'est que rien, dans ce qu'il nous dit d'elle ne permet de comprendre l'ascendant qu'elle pouvait bien exercer. Elle avait un esprit étourdissant, répète-t-il. Mais les discours qu'il lui fait tenir ne nous montrent guère mieux qu'une pécore de sous-préfecture fielleuse et geignarde.
Cette opposition constante entre ce que dit le texte (je suis un raté, Marie d'Agoult me subjugue, l'influence d'Ingres a empêché mon épanouissement artistique, etc.) et ce que montre ce même texte ( Lehmann a plutôt réussi sa vie et Marie d'Agoult peut difficilement être rangée parmi les grandes figures du siècle) n'a cessé de contrarier ma lecture .
Mais j'ai au moins plongé dans Wikipédia avec plaisir et je suis tombée en admiration devant le portrait de Clémentine Karr. Vingt Dieux la belle ouvrage! Même s'il ne suffit pas à réhabiliter à mes yeux le roman de Bigot.
Encore que.
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Bulsara
  11 mars 2015
Je remercie Babelio et les Editions de la Martinière pour l'envoi de cet ouvrage, dans le cadre de Masse Critique.
Amatrice d'Histoire et d'Histoire de l'Art en particulier, j'ai savouré la lecture de ce roman qui s'attache à nous faire découvrir et estimer Henri Lehmann, une figure peu connue de la peinture française du XIXème siècle. Sous forme de mémoires, le roman nous plonge dans l'intimité de cet élève d'Ingres qui passa son existence à vénérer et soutenir les nombreux génies gravitant autour de lui. La vie de Lehmann sera réglée sur celles des autres, mais toujours dans l'ombre, toujours en retrait. Chacun exercera sa petite tyrannie personnelle sur le candide Henri. D'abord Ingres, son maître aux fluctuations d'humeur et de popularité, et puis surtout Franz Liszt et sa célèbre maîtresse Marie d'Agoult. Ce couple là, amoureux de lui-même et du scandale qu'il égraine à travers toute l'Europe, va emprisonner Lehmann dans une amitié destructrice tant pour l'homme que pour l'artiste...
Plus le récit avance, plus les confessions se font acides, le ton amer, comme si le vieillard tenant la plume s'offrait une pâle revanche, à coup de sarcasme et d''autodérision. le vernis se craquelle enfin, et laisse apparaître le vide d'une existence en creux et d'une oeuvre qui passera de justesse à la postérité.
Un très beau roman, sur un destin touchant et révoltant.
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CruelleIronie
  18 février 2015
Ce livre a été une surprise ! le résumé ne dévoilant pas grand chose, outre l'époque et quelques personnages, je n'avais absolument aucune idée de quoi attendre!
Et la surprise n'en aura été que plus plaisante! Car c'est dans le XIXè siècle que nous embarquons dans ce livre, suivant un artiste, Henri Lehmann dans ses rapports avec Les Premiers de Leur Siècles, de Lizst en passant par Chopin, Delacroix, Georges Sand, bref, tout le beau monde.
L'on y découvre ici, plus que les moeurs de l'époque, les rivalités assez présentes dans tous domaines (ce qui est compréhensible...), les potins qui circulaient en permanence dans tous les cercles sociaux, bref, il est dépeind ici une représentation assez réaliste de l'époque.
Ce roman à été très intéressant et enrichissant à mes yeux, en tant qu'artiste.
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Bishkek67
  10 mai 2015
Fresque passionnante des artistes et hauts personnages du temps, avec un angle d'attaque original, démystificateur en un sens, révélant toutes les manipulations et médisances qui les caractérisent aussi. L'intégrité du narrateur Henri Lehmann est touchante – peintre que je ne connaissais pas avant la lecture de ce roman -, les personnages d'Ingres, Chassériau, Liszt et Delacroix, notamment, que l'on découvre, quitte et retrouve tout au long du livre, sont à mes yeux particulièrement efficaces et attachants.
L'ensemble du roman est limpide et remarquablement bien écrit, chaque fin de chapitres et sous-chapitres tenant le lecteur en haleine. Un ouvrage qui donne en outre incontestablement le goût de ressortir ses livres d'histoire de l'art, et de découvrir ou redécouvrir les oeuvres picturales dont il est question.
Un conseil : foncez ! :)
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julieduran75020
  01 mars 2015
Quelle belle surprise ! J'avais déjà lu le premier roman de Christophe Bigot, L'archange et le procureur, sur la révolution française, roman qui m'avait passionnée. Dans Les premiers de leur siècle, l'auteur nous fait découvrir des figures essentielles du 19ème siècle. Son narrateur est un personnage profondément attachant qui pose un regard bienveillant sur tous ceux qui l'entourent. Grâce à ce roman, j'ai eu l'impression de voyager dans l'Europe romantique, le tout dans une langue soignée, digne des plus grands de ce siècle-là.
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critiques presse (1)
LaPresse   18 août 2015
Un roman captivant qui a tout pour plaire aux amateurs de musique, de littérature et d'histoire de l'art, s'ils s'intéressent aussi à l'âme humaine.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
cecilitcecilit   20 juillet 2016
Je n'oublierai jamais ce moment où je quittais la maison familiale. C'était à la fin du mois de juin, par une matinée déjà chaude, riche de toutes les promesses d'une belle journée d'été. Un ciel d'un bleu irréel baignait les toitures. Au balcon les géraniums bavaient d'un rouge cru. Mes frères et mes soeurs étaient tous groupės sur le pas de la porte, dans une attitude solennelle qui eût paru comique si elle n'eūt ėtė si cruelle pour nous tous. A chaque instant, ma mère se jetait dans mes bras en hoquetant. Mes soeurs couraient dans la maison et revenaient me fourrer une médaille dans la main, un morceau d Apfelstrudel dans la bouche, un mouchoir brodé dans la poche. Je tâchais de sourire, mais c'était à travers mes larmes.
J'abandonnais le confort. La certitude d'être aimé. Et surtout la faiblesse si douce à l'artiste qui consiste à ne soumettre jamais ses essais qu'au jugement de ceux qu'il sait sinon pouvoir, du moins vouloir les comprendre.
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PetiteRenardeRuseePetiteRenardeRusee   23 octobre 2016
Comment expliquer que ceux qui tiennent le premier rang parmi les hommes de leur temps se montrent si souvent amis ingrats, amants infidèles ou parents indignes ? Quels liens entretiennent, dans les cuisines enterrées de la création, l'aspiration au beau idéal et les passions les plus tristes, les penchants les plus égoïstes, les appétits les plus vulgaires ? Faut-il croire que les forces nécessaires à la fabrication d'un chef-d'œuvre suffisent à assécher le cœur et à ruiner le bon sens utile à une conduite décente dans les rapports privés ?
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BulsaraBulsara   12 mars 2015
Je compris soudain que je serais toujours le témoin impuissant de ce rapt de moi-même. La vraie vie se déroulerait ailleurs, plus loin et plus haut, dans la vibration de la lumière et l'intensité chromatique, tandis que je me morfondrais de l'autre côté de la vitre, dans une ombre grise et froide.
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PetiteRenardeRuseePetiteRenardeRusee   24 octobre 2016
Je devinais soudain que l'art ne doit pas édulcorer ce que la vie comprend de violent, et que la beauté ne peut éclater qu'avec pour toile de fond les atrocités et les laideurs dont elle a dû triompher.
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PetiteRenardeRuseePetiteRenardeRusee   23 octobre 2016
Il faut toujours compter avec cette épuisante irrégularité de notre vie intérieure. La paresse, pente naturelle de l'homme et le plus terrible de nos vices, la lâcheté, les besoins du corps, les démons de l'imagination et l'intuition récurrente de l'inutilité de si pénibles efforts paraissent se prêter concours pour brouiller nos idées les plus précises et ramollir nos volontés les plus arrêtées.
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