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ISBN : 207030681X
Éditeur : Gallimard (13/04/2006)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 260 notes)
Résumé :
Florence 1414. Un enfant hirsute, aux pieds couverts de corne, griffonne furieusement une fresque remarquable à même le sol d'une ruelle des bas-fonds de la ville.
Miraculeusement repéré par Cosme de Médicis et placé au couvent des carmes, il va faire souffler un vent de passion sur la peinture de la Renaissance.
Moine et libertin, artiste intransigeant et manipulateur sans scrupules, futur maître de Botticelli, ses sublimes madones bouleversent son é... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
Erveine
  22 octobre 2016
Sous les pas de Cosme de Médicis, que nous savons amoureux des arts, surgit Filippo Lippi. Placé au couvent des Carmes par son bienfaiteur, l'enfant aux pieds couverts de corne est confié à son ami, le peintre moine Guido. Orphelin, Filippo puise son inspiration dans les bas-fonds de Florence puis, au bordel, dans le sein des prostituées qu'il se pressera de rejoindre en s'enfuyant du monastère à la moindre occasion. N'est-il pas vrai d'ailleurs que par un coquin paradoxe, la substance même du religieux est extraite le plus souvent du visage irradiant des filles de joie ? Faisceau lumineux du beau et de la création. Aussi, bien plus tard, lorsque Filippo, fait Fra Filippo Lippi est au sommet de son art et qu'il s'exercera à peindre une authentique vierge, celle-là unique à ses yeux et dont au surplus il est amoureux, il n'y parviendra pas. A moins que… Une fois déflorée il ne l'atteigne en plein, dans la lumière de la perfection et au summum de l'excessive passion. Il s'enfuira avec elle alors et contraindra la rigueur apostolique de trancher… On lui doit en plus de son oeuvre, la reconnaissance d'un statut pour les artisans et finalement de tous producteurs de créations artistiques lesquels travaillaient à l'époque dans un complet dénuement. Une belle immersion dans l'Italie du XVe siècle, dit quattrocento.
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BrunoA
  22 avril 2013
Vie édifiante que celle de Fra Filippo Lippi qui côtoya les filles de joie de Florence lorsqu'il apprenait le dessin, et qui enleva Lucrezia Butti, celle dont on retrouve le visage dans toute son oeuvre.
Pour autant, ce roman, même s'il éclaire le lecteur sur la vie florentine De La Renaissance, comporte de nombreuses inexactitudes et approximations.
Certes, il s'agit d'une histoire romancée, mais celles-ci n'ont que plus de valeur lorsque la rigueur historique est au rendez-vous.
Une intrigue crédible parvient à se glisser naturellement dans les méandres de
L'Histoire. Une intrigue qui tord l'histoire pour se dérouler harmonieusement n'est pas satisfaisante.
Cette plongée dans le quattrocento est néanmoins un bon moment.
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mademoisellechristelle
  05 juillet 2012
Quelle incroyable vie que celle de Fra Filippo Lippi ! Moine mais pas saint pour autant, Lippi apparait comme un personnage attachant par certains côtés, et antipathique par d'autres. Et pourtant, soyons honnête : je me suis un peu ennuyée pendant les 300 premières pages du livre (qui en compte 480).
Cette première partie présente néanmoins l'avantage de nous faire découvrir la société italienne du XVème siècle ainsi que la vie et les moeurs des peintres De La Renaissance. Si l'on passe les anachronismes et les erreurs historiques, on y apprend notamment que la plupart des peintres italiens, contrairement à Lippi, préfèrent les hommes (ce sera le cas de Botticelli). On y apprend aussi que les femmes servant de modèles pour les tableaux et les représentations de Vierges Marie n'étaient autre que des prostituées choisies dans le bordel le plus proche ; tableaux et représentations adorés ensuite par les fidèles venus honorer la Sainte Vierge dans les églises.
Les oeuvres peintes par Lippi sont plutôt bien décrites mais on déplore toutefois l'absence d'illustrations. du coup, je n'ai eu qu'une envie une fois le bouquin fini : chercher toutes les oeuvres de Lippi pour pouvoir retrouver celles décrites par l'auteur !
La midinette fleur bleue que je suis a préféré la seconde partie consacrée à la grande histoire d'amour de Lippi avec Lucrezia, qui lui inspira la plupart de ses toiles. Et là, avouons-le, Sophie Chauveau a une manière de décrire et de raconter l'amour et le désir de l'autre que peu d'auteurs ont. J'étais tout simplement scotchée au livre et je ne m'en détachais qu'à grand peine. Il y a une telle intensité dans son écriture ! Des sentiments si vrais, si profonds que ça ne peut être que du vécu. J'en reste encore toute retournée rien que d'y penser..

Lien : http://mademoisellechristell..
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Herve-Lionel
  05 avril 2014

N°535 – Juillet 2011.
LA PASSION LIPPISophie Chauveau – Folio.
Nous sommes le 2 février 1414 et Cosme de Médicis règne sur Florence, la ville des fleurs, cette cité de Toscane au doux nom de femme qui rayonne déjà sur l'Europe entière. Ce prince puissant aime s'habiller simplement mais aime aussi s'entourer d'artistes. En ce jour, sa route va croiser celle d'un enfant qui dans une ruelle de la ville sculpte la poussière. C'est Filippo Lippi , un inconnu, un orphelin qui, il le vérifie tout de suite, excelle dans la peinture, sans jamais l'avoir apprise. Cosme le confie donc à celui qu'on appellera plus tard Fra Angélico, pour un apprentissage qui va durer six ans et pendant lesquels l'enfant sera confié aux bons soins des Carmes. Il n'aura donc plus à mendier ! Dans ce couvent, il se révèle pieux, son maître fait de lui un bon peintre, mais le séminariste se révèle aussi assidu au bordel ! C'est que son ordre n'est pas strict et il est le protégé de Cosme ! Il aime la peinture au point qu'il vole les couleurs... mais c'est pour décorer le lupanar où il a ses habitudes. Il est pauvre et peintre mais ressemble à un ange, c'est sans doute ce qui fait de lui le favori des prostituées chez qui il se réfugie volontiers, mais cela ne l'empêche pas de prononcer ses voeux. Il sera donc Fra Filippo Lippi, mais en apparence seulement.
Pourtant, soumission, abnégation, abstinence, pauvreté et charité sont exactement le contraire de ce qu'il est et de ce qu'il veut devenir demain. Il mentira donc toute sa vie et comme apparemment Dieu a agrée ses voeux, il sera un homme avant d'être un serviteur de Jésus. Il est sensible à la beauté des femmes et professe volontiers que si Dieu a créé le plaisir c'est qu'il a été voulu par Lui et donc qu'il est divin. Il se vautre dans le stupre et fait désormais fructifier son talent un peu dans les chapelles... mais surtout en décorant les lupanars ! C'est certes incompatible avec son état, et cela indispose son protecteur, mais il peint si bien !
Celui qui, en bon élève, avait copié ses maîtres veut maintenant leur voler leur talent et leur style. Ses condisciples Masaccio et Masolino l'ont beaucoup influencé, en peinture seulement. Il aime tellement les prostituées qu'il prête leurs traits et leur beauté à la vierge Marie, un comble !
Le destin de Lippi épouse celui de Cosme son protecteur mais son âpreté au gain fait de lui un habile négociateur de ses oeuvres puisqu'il a fini par découvrir son propre style et qu'il est désormais regardé comme « grand peintre ». Son talent artistique, son parti-pris de faire payer ses clients pour sa prestation intellectuelle, sa promotion dans la hiérarchie ecclésiastique, suscitent pas mal d'inimitiés mais une banale histoire de contrat non rempli lui vaut la prison et le supplice de l'estrapade qui peut compromettre son avenir en lui brisant les mains. Heureusement il s'en sort mais c'est pour mieux retomber dans ses vices ! Florence est, comme Venise, une république qui fonctionne grâce à la délation. Dans la Sérénissime, c'est la « Boca del leone » qui recueille les dénonciations. Ici c'est la « Tambulazione » qui veille et fait de lui un exilé. Lui qui fréquentait volontiers les prostituées vient de tomber éperdument amoureux d'une nonne vierge, Lucrezia Buti, qu'il prend comme modèle de Madone... qu'il va engrosser et dont il veut garder l'enfant. C'est un peu le remake de l'Annonciation. Il n'y aura que le pape, sur intervention de Cosme, son éternel protecteur, pour les relever de leurs voeux, faire d'eux des laïcs à condition qu'ils se marient et élèvent chrétiennement leur enfant. Après quelques périodes de sécheresse, les commandes affluent, ce qui lui permet d'élever dignement sa famille et de l'agrandir, sans oublier cependant de retomber dans ses vieux démons du vice, de la débauche. Il aura pour élève Botticelli.
Il vit de son art, c'est un artiste reconnu et non plus un simple artisan, protégé des Médicis, Cosme et maintenant son fils Pierre. Heureusement pour lui, Filippino, son fils aîné a des dispositions pour la peinture. A la mort de son père, c'est lui qui terminera les fresques de la cathédrale de Spolète.

Tel est donc le fabuleux parcours de Lippi, tout à la fois voyou, ivrogne, libertin, jouisseur et peintre génial (1406-1469) que l'auteur, en quatre saisons, évoque magistralement pour son lecteur. Elle le plonge dans l'ambiance de ce siècle d'exception, dit de « la première renaissance » où cohabitent la ferveur religieuse et la débauche, la beauté et la trahison. C'est passionnant !

©Hervé GAUTIER – Juillet 2011.http://hervegautier.e-monsite.com



















































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CDemassieux
  04 octobre 2014
Avec sa trilogie – qui commence par cette Passion Lippi, se poursuit avec le Rêve Botticelli et s'achève par L'Obsession Vinci –, Sophie Chauveau ne parle pas d'art au sens strict : elle parle de ceux qui le font en racontant leur histoire.
Son style mesuré évoque ici un peintre florentin du Quattrocento, Filippo Lippi, dont la vie, pour l'époque, est quelque peu dissolue, mais n'en est pas moins un peintre d'excellence, qu'il transmettra plus tard à son élève Botticelli, chez qui l'on retrouvera ces mêmes figures féminines au regard vague et mélancolique.
On suit donc cet artiste rebelle à sa condition de religieux, dans une Florence en pleine effervescence artistique.
Et comme il ne s'agit pas là d'un cours magistral, une proximité s'installe au fil de la lecture avec un homme dont les tableaux ornent désormais les plus grands musées du monde. Proximité rassurante qui sonne le glas du savoir austère. L'auteure devient ainsi une passeuse, maintenant, comme tant d'autres, le lien entre les siècles. Car on ne saurait, à moins de se condamner à la stérilité créatrice, faire table rase du passé en matière d'art…
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Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
tamara29tamara29   28 septembre 2013
Si le bon Dieu a inventé le plaisir, n'est-ce pas que le plaisir est une chose divine ! Moi, le beau, je le fais avec mes mains. Mes mains ont besoin d'inspiration. Il me faut toucher le modèle. Le palper, l'éprouver longuement. ça me rend heureux, ça m'aide à peindre plus juste. Je ne veux pas d'une vie au pain sec avec la pluie tous les jours... Je ne peux pas. Je ne pourrai jamais...
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AlcaponeAlcapone   22 novembre 2010
Peintre, voleur, faussaire, débauché, un moine qui a subi l’estrapade , qui, par deux fois, fut jeté en prison ! Forcément coupable ! Ignoble et traître. L’association de son nom avec la prison est restée, sa réputation en a conservé une marque d’infamie ! Ce protégé des Médicis, ce blasphémateur est devenu plus criminel encore : violeur de nonnes ! Là, c’est être excessif. p.333
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NanneNanne   19 mai 2008
Tous les artistes de Toscane, de Rome, de Sienne lui doivent une éternelle reconnaissance. Tout ce qui, un jour, s'honore ou s'honorera du nom d'artiste le lui doit ou le lui devra.
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SophiePatchouliSophiePatchouli   24 janvier 2016
Austère amateur d'hommes mûrs, à la sexualité sourde, aveugle, muette et passive, il veut des filles ! Masaccio soustrait peu de son précieux temps, et pas davantage de son énergie, plus rare encore, pour autre chose que la peinture. Il se sait fragile et pressé. Il vit toute ses heures dans une extrême urgence. L'urgence qui le fait galoper de la sorte du pinceau sur les murs, ne souffre aucun retardement. Peindre vite, fort, toujours, tout le temps, tel est son unique credo.
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Laura94Laura94   29 avril 2015
Lippi réfléchit à la prétendue valeur des œuvres. A quoi l'étalonner? A la taille de la commande? Indéniablement: une miniature en face d'un mur d'église ne prend pas le même temps, ni ne coûte le même prix en pigments, en assistants, ou même en enduit! On sent l'écart et la différence. Au prix de l'once de pigment? Aussi. Oui. Pour la matière et la technique, le matériau et le temps d'exécution, tout le monde en convient. Mais...
_... Je ne suis pas cordonnier pour refaire toujours le même ouvrage! J'invente moi! J'invente et je dois me renouveler chaque fois. Je crée quelque chose que personne ne peut quantifier mais qu'il va falloir payer. Ils vont me payer l'incalculable.
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Sophie Chauveau fait la lecture d'un extrait de son anthologie. En savoir plus sur "(D)'Écrire la beauté" : http://bit.ly/2dbVVXS
« La beauté ne se contente pas de nous réjouir, d'éclairer certaines heures de nos existences, de magnifier le monde, d'enchanter la vie, la beauté sait aussi déranger. » Inspirée par la littérature, la philosophie, la sociologie, l'histoire... et des représentations de la beauté (photos, peintures et sculptures de toutes époques), Sophie Chauveau nous propose une anthologie très personnelle et originale.
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