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ISBN : 2081243164
Éditeur : Flammarion (21/09/2011)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 32 notes)
Résumé :
1971. L'ethnologue français François Bizot est arrêté au Cambodge par les Khmers rouges : détenu pendant trois mois et condamné à mort, il est libéré grâce à l'intervention de son geôlier, un jeune révolutionnaire idéaliste du nom de Douch. 1988. En visitant l'ancien centre de torture de S21, Bizot découvre que son "libérateur" est responsable de la mort de milliers de personnes. 2003. Bizot revoit Douch pour la première fois. Un étrange dialogue se poursuit au-delà... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Fadette100
  16 mars 2013
François Bizot, ethnologue spécialisé dans l'étude du bouddhisme et de la civilisation khmère, avait dans un précédent ouvrage, le Portail, raconté comment en octobre 1971, en pleine guerre civile, il avait été arrêté au Cambodge par des miliciens khmers alors qu'il effectuait des recherches sur le bouddhisme. Soupçonné d'être un agent de la CIA, il était condamné à mort et conduit dans un sinistre centre de détention dont le chef est un certain Douch, un jeune homme de 27 ans. Détenu durant 3 mois, il doit sa libération à ce dernier alors que tous ses compagnons de voyage seront exécutés.
En 2009 François Bizot est appelé à témoigner lors du procès de son ancien tortionnaire arrêté en 1990. Dans le Silence du Bourreau, François Bizot aborde avec lucidité cette période et propose une réflexion sur cet homme, un révolutionnaire devenu bourreau. L'hypothèse menée par François Bizot est que derrière chaque tortionnaire existe aussi une part d'humanité. Un bourreau est avant tout un homme et l'auteur cherche ce moment clé qui le fait commettre des actes qualifiés de « monstrueux ».
La réflexion est passionnante mais le style reste difficile. Il m'a fallu relire certains passages plusieurs fois pour retrouver la trame de l'histoire. Néanmoins je suis allée jusqu'au bout.
Ouvrage captivant dont je recommande la lecture.
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gromit33
  27 février 2012
Comment peut' on survivre quand on a échappé au pire ? Comment peut on être un libérateur pour les uns et un bourreau pour les autres, comment peut on tenter de comprendre les faits d'hommes, qui deviennent des bourreaux ? Sont-ils encore des hommes ou y a-t-il des situations et des circonstances qui peuvent expliquer ces actes ?
Après avoir écrit « le portail », François BIZOT revient sur ce qu'il a vécu au Cambodge mais aussi sur ces questionnements personnels par rapport aux comportements des hommes. Il donne d'ailleurs des exemples de ses propres comportements, lors de son enfance et adolescence.
Comment un homme peut il devenir un bourreau pour les uns et une homme « bon » pour d'autres ?
François BIZOT a rencontré Douch au début du pouvoir des khmers rouges. Il fut arrêté par les khmers rouges et incarcéré dans un camp, son gardien était Douch. C'est Douch qui le gardait prisonnier mais c'est lui aussi qui l'a libéré et ainsi sauvé de la mort.
Puis Douch est devenu le directeur bourreau de la sinistre et célèbre prison M21.
L'homme qui l'avait libéré et lui a sauvé la vie est devenu l'un des bourreaux les plus effroyables du 20e siècle.
François BIZOT est appelé à témoigner lors du procès de Douch en 2009.
Il nous décrit alors avec tact et délicatesse ses doutes, ses questionnements.
Sans jamais être donneur de leçons, il décrit et tente de comprendre comment un homme reste tout de même un homme, même quand il a été un bourreau.
Le silence du bourreau est un témoignage poignant.
A ré-écouter l'émission « hors champs »de Laure Adler et de sa rencontre avec François Bizot,
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mimipinson
  10 avril 2012
« Derrière le masque du monstre il faut s'efforcer de voir l'être humain. »
Ayant lu l'été dernier le portail, et l'ayant apprécié, j'avais naturellement envie de m'intéresser d'un peu plus près à ce qu'avait à nous dire François Bizot à ce même sujet.
Si le portail relatait son vécu au Cambodge, ici, nous sommes dans le registre de la réflexion, du questionnement.
Il y a eu quelque chose de dérangeant à lire ce livre, pour l'ambiguïté qui ressort des propos de son auteur.
François Bizot, qui fut retenu au Cambodge, quelques moins en 1979, et libéré sous "l'influence favorable" de celui qui fut jugé, il y a peu pour actes de torture et de barbarie, et considéré comme responsable de milliers de mort. Douch a été le bourreau, mais aussi celui qui l'a libéré. Si l'auteur peut faire preuve d'empathie, il ‘y a aucun dédouanement de sa part.
Comment faire la part des choses ? Comment devient-on une figure du mal absolu alors qu'on a été un homme lettré, éduqué ?
Il est difficile à entendre qu'un homme puisse être ni tout à fait bon, ni tout à fait mauvais. Il est difficile à concevoir qu'en chaque bourreau, persiste une part d'humanité.
C'est à cela que François Bizot s'attèle dans cet ouvrage, fort bien écrit et documenté. Sa réflexion s'articule autour de 5 chapitres repentant chacun une période historique déterminante. La lecture n'en est pas aisée ; j'ose dire que ce n'est pas un ouvrage grand public, et qu'il est préférable d'en avoir lu auparavant le Portail pour bien s'imprégner de ce dont il est question.


Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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PommeBleu
  05 janvier 2016
François Bizot, ethnologue français en mission au Cambodge, a été fait prisonnier par les Khmers rouges en 1971.
Son geôlier s'appelle Douch. Il parle français car il a étudié en France. Les 2 hommes ont presque le même âge (28 et 30 ans). Finalement F Bizot sera relâché au bout de 3 mois, mais pas ses 2 collègues cambodgiens.
Pour suivre la chronologie de ce livre qui va de 1963 à 2011, il convient de se remémorer quelques dates et événements :
De 1971 à 1975, le régime des Khmers Rouge mis en place par Pol Pot sévit au Cambodge. Douch est le directeur du centre de détention et torture de Tuol Sleng (S.21) à Phnom Penh et est responsable de plus de 12 000 morts. Au total 1,7 millions de cambodgiens meurent en 4 ans (Déportation, massacre, torture, famine, maladie ...) soit un quart de la population.
1988 - François Bizot visite le centre de Torture S.21, et reconnait Douch, sur une photo.
1999 - Douch est retrouvé et inculpé de génocide.
2001 - François Bizot écrit ses souvenirs de détention au camp M.13 dans « le Portail », 30 ans après les faits.
2003 - L'auteur rencontre Douch en prison.
2010 - F Bizot témoigne au procès. Il écrit ce livre « le silence du bourreau ».
Douch sera condamné à 30 ans de prison (alors que 40 ans étaient demandés).
2011 - En appel, les avocats de Douch demandent son acquittement.
En parallèle de l'histoire officielle, F Bizot a fait parvenir son livre ‘Le Portail' à Douch et a été autorisé à le rencontrer. Il existe entre les deux hommes une relation complexe et contradictoire (Douch n'ayant pas fait exécuter son prisonnier). Syndrome de Stockholm ?
Cependant F Bizot reste lucide face à tant de monstruosité. Il s'interroge sur le Mal et essaie de voir l'humain derrière le bourreau, car si l'on considère que les tortionnaires sont des êtres humains ordinaires (et non pas des monstres) il devient possible de les juger.
Poursuivant sa réflexion et son analyse, l'auteur examine ses propres mauvaises actions qu'il n'arrive pas à oublier (en 1963, étant donné qu'il ne pouvait pas l'emmener en voyage, il tue lui-même sa petite fennec Sarah, qu'il avait apprivoisée et qu'il aimait tant …).
Tout homme, à un moment donné pourrait-il devenir un meurtrier ?
---
Le Cambodge est de nouveau d'actualité, car Douch est le dernier khmer rouge vivant à être jugé, et il vient de faire appel (jugement en février 2012).
En librairie et sur les écrans :
« L'élimination» Roman de Rithy Panh et Christophe Bataille – éditions Grasset 2011.
« Duch, le maître des forges de l'enfer » film documentaire du cinéaste Rithy Panh.
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PostTenebrasLire
  27 février 2013
Résumé personnel
François Bizot a été incarcéré par les Khmers rouges et relâché peu de temps après par le responsable du camp : Douch.
Il va découvrir ensuite que son "libérateur" à torturé et tué directement et indirectement un très grand nombre de personnes.
Il témoigne à son procès.
Avis
Hélas...
Je n'ai pas lu son précédent livre "Le Portail" qui raconte plus en détail son incarcération. "Le portail" semblerait être plus "récit" que le silence du bourreau.
J'ai ressenti clairement le besoin de lire "le Portail" avant ce roman.
Le silence...
Ce livre n'est pas l'histoire de François Bizot au quotidien, mais le livre d'un écrivain qui prend de la hauteur. Mais attention "hauteur" est sans doute un terme malpropre. Il ne s'éloigne pas des faits, de la réalité.
Au contraire il semble plonger à la fois au plus profond de lui pour trouver parfois des ponts, des points communs entre lui et son bourreau, et en même temps trouver et retrouver chez L'Homme ces mêmes traits.
Parfois des détails, des phrases, des situations transpercent le roman comme s'ils remontaient à la surface.
Mais la plupart du temps, l'auteur brandit à la fois un miroir et à la fois le visage de Douch pour se regarder lui même.
C'est un point très remarquable : comment un homme condamné, qui a vu ses amis disparaître, son pays (d'adoption) ravagé peut t'il ne pas juger son bourreau comme un monstre sans humanité sans excuse.
Très éloigné de la situation vécue il est difficile de juger, de mesurer...mais le silence du bourreau nous explique, nous relate et au final arrive à nous emmener vers son identification, son empathie profonde pour tout être humain.
Il est vrai cependant que devant des cas plus proches et plus contemporains, je ne pense pas arriver à prendre le même chemin et encore moins aux mêmes conclusions que François Bizot.
Réussir à voir l'humanité et la monstruosité en l'Homme n'est pas un chemin facile.
Style
Très bien écrit ! Des phrases que l'on sent écrite par quelqu'un de cultivé et de simple à la fois.
Bémol
Mon seul bémol : ne pas avoir lu "Le Portail" avant (ou vu les reportages) peut être frustrant car parfois certains éléments (dialogues, situations) ne sont qu'évoquées sans élément tangibles (Dans ce livre).
Ressources
Le post scriptum du livre (1/3 du roman) nous donne un accès direct à quelques témoignages comme : La déposition de François Bizot au tribunal (PDF)
Lien : http://travels-notes.blogspo..
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critiques presse (3)
Bibliobs   19 décembre 2011
Sans complaisance ni faux-semblant, l'auteur dénoue le fil de l'innocence perdue et des fraternités impossibles. Jusque dans l'infâme gratitude à quoi il l'oblige, son tortionnaire continue ainsi de le tourmenter. Une confession odieusement magnifique.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   14 novembre 2011
Bouleversante réflexion sur le Mal autant que témoignage historique, Le silence du bourreau est un livre essentiel car il ne craint jamais de déranger. Loin de crier vengeance, François Bizot ne cache pas en effet son empathie pour son ancien geôlier, dont il refuse la prétendue "perversité" - solution trop simple, trop hypocrite. Empathie, mais pas absolution. Car "on ne peut rien pardonner à l'Homme" - pas même lorsqu'il exprime des remords plus ou moins sincères.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   20 octobre 2011
Ce livre d'une puissance rare raconte, par l'exemple, ceci, que nous refusons de voir : l'humanité du monstre. Un témoignage capital, à mettre d'urgence entre toutes les mains.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
mimipinsonmimipinson   10 avril 2012
Derrière le masque du monstre il faut s’efforcer de voir l’être humain.
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http40http40   27 juin 2015
Réaffirmer, au risque d'être taxé d ' hérésie, la vérité devant laquelle nous reculons depuis les origines : l'humanité du monstre.
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   25 février 2013
Un autre homme était toujours mon semblable, jusque dans l'abîme
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Video de François Bizot (1) Voir plusAjouter une vidéo

INVITE PLT FRANCOIS BIZOT
Pour la sortie de son livre "Le Portail", plateau avec François Bizot, ethnologue français et membre de l'Ecole française d'Extrême-Orient, qui a été fait prisonnier en 1971 par les Khmers rouges. Il y raconte ses 3 mois de détention dans un camp de prisonnier à TUOL SLENG.
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