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EAN : 9791097594596
158 pages
Éditeur : Serge Safran éditeur (20/03/2020)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Arthur creuse des trous au Yémen pour le compte d’un grand groupe. Laurence, sa maîtresse, se trouve à Orléans. Ils s’aiment de loin grâce à Internet et tout un matériel qu’ils finissent par utiliser très bien...Une histoire pimentée, qui nous transporte en 2006 où les amoureux découvraient avec l’ordinateur, un micro et une caméra portatifs, les joies et permissions de l’échange à distance.Un érotique non dépourvu d’humour ni d'encouragements!
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
EvlyneLeraut
  02 avril 2020
Pétillant, voici un charmant roman qui fait la chasse à la morosité. Le lire en confinement prend un sens certain. Alain Bonnand délivre des échanges via la toile entre Arthur (parti au Yémen) creuser des trous (si si). Travaillant pour une grande société, il se déplace aux quatre coins du monde. Néanmoins, dans le centre de ce récit, il est au Yémen et Laurence sa correspondante de coeur est en France. Nous sommes en 2006 dans l'ère naissante des réseaux tel que Meetic. Laurence et Arthur vivent une aventure étant tous les deux en famille. Ils vont résister à la distance en mettant en place une relation virtuelle, osée, piquante et malicieuse. Mais attention ! il faut bien lire les en-têtes des échanges. Il y a un jeu des plus pertinents et l'auteur s'amuse. Parfois il s'agit de Arthur Cauquin et Laurence, ou bien seulement Arthur et Laurence. Et là, la forme change. Nous sommes face à des protagonistes paraboliquement masqués dans un carnaval des grands coeurs. La puissance visuelle est telle que Laurence dont son auteur fétiche est Queneau, ici, reste altière. Nous ne sommes pas sur une patinoire et Laurence est plus subtile, plus nuancée, résistante. Elle est la somme de tous et de toutes. Elle est cette vulgarisation exacerbée d'un nouveau mécanisme de communication. Alain Bonnand fait de la dérision, emblème de tours de manège. Chaque invité sur la toile rejoint le centre d'un relationnel qui cherche une soupape de sécurité, une preuve de se savoir véritablement écouté et le virtuel devient une preuve. Aléatoire, certes, mais concrète pour tenir la cadence d'une séparation. Les hommes sont là. Ils sont l'éphémère, les anti-héros, le glacé d'une contemporanéité superficielle. Alain Bonnand délivre une histoire qui affirme l'existence d'une communication dont on peut déjouer les codes. Marionnettes virtuelles qui ne restent en surface que le temps de cliquer. Trois petits tours et puis s'en vont… Néanmoins, ce récit à lire en plein été ou dans le sombre d'une chambre est le papier calque d'une réalité dont ne peut prétendre qu'elle n'existe pas. Dans cette aube du XXIème siècle, le virtuel est si présent que « Arthur Cauquin au Yémen » dans une deuxième lecture est aussi sociologique. Il sonne comme un avertissement. Certaines personnes briseront la solitude en cliquant sur le clavier de l'ordinateur. S'imagineront vivantes, profondément vivantes. Alain Bonnand dresse un tableau virtuel d'une société dont les tabous tombent comme un château de cartes. Arthur et Laurence se retrouveront t'ils en vérité ? Agréable, frais à l'instar d'un bain dans les plus vives cascades sensuelles, « Arthur Cauquin au Yémen » est une vue sur le monde. Une mise en réalité virtuelle, originale. Publié par les majeures Editions Serge Safran éditeur.
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tilly
  04 mars 2020
[ CONFINEMENT COVID-19 : les librairies sont fermées, le courrier n'est pas distribué, mais Arthur Cauquin au Yémen est disponible sur les meilleures plateformes de vente de livres numériques, au prix de 9 euros 99 (liste sur le site de l'éditeur Serge Safran) ]
De la mi-avril à fin mai 2006, entre Sanaa et Orléans, un printemps arabe heureux ; à une époque révolue où les sites de rencontre et les technologies émergentes offraient aux aventureux des terrains de jeux interactifs plus délicieux et modernes (même si parfois techniquement incertains) que les petites annonces du Nouvel Obs ; où les réseaux sociaux n'avaient pas encore été empoisonnés par leur propre puissance de nuisance ; un temps où l'on ne “partageait” pas tous azimuts et sans discernement, mais où l'on privilégiait encore les relations choisies (ou refusées). Ça n'allait plus durer bien longtemps.
Arthur Cauquin au Yémen est de la veine d' Il faut jouir, Édith, l'autre pochade polissonne d'Alain Bonnand ; en plus remuant et accessoirisé !
Des petits divertissements aguicheurs pour surprendre et attirer des lecteurs qui ne connaissent pas encore la manière d'Alain Bonnand, son inventivité de style, ses détournements du langage, son ton unique, sa fausse légèreté charmeuse.
Dans Apostrophes en 1988 (Bonnand, 29 ans, y était pour Les Mauvaises rencontres et Martine résiste), Bernard Pivot matoisait :
" — Séduire, coucher, c'est quand même la grande affaire dans vos histoires, Alain Bonnand !
à quoi l'écrivain avait répondu :
— Coucher, ce n'est pas un mot que j'emploie !
Et c'est toujours vrai ! Même dans un roman érotique ! "
Sur la forme. Il ne faut pas s'attendre à visualiser le fac-similé des “chats” d'Arthur et Laurence sous la forme de piles de petits rectangles aux coins arrondis, verts pour lui, roses pour elle ! Ce serait moche, sûrement anachronique, et surtout tue-l'imagination !
Pas d'images non plus... À part celle de la couverture (plus SAS ou Brigade Mondaine que SM, mais c'est drôle et plutôt bien venu en contexte !) : rien d'explicite, tout dans la suggestion littéraire.
Les clavardages des amants sont sobrement édités chronologiquement, avec dans l'en-tête : Laurence et Arthur, la date, l'heure.
Des dialogues électroniques pour chacune de leurs sessions interactives détaillées, avec entre elles, les messages en différé qu'ils s'envoient, lorsqu'ils ne sont pas connectés au même moment : Laurence à Arthur, ou Arthur à Laurence, date et heure, (titre du message).
Très vite on distingue le style d'Arthur de celui de Laurence.
Lui plus malicieux, tendre, blagueur, un peu donneur de leçons de “philosophie” (la sienne !) ; plus sophistiqué qu'elle, il ponctue scrupuleusement ses phrases et les commence par une majuscule.
Elle, plus nature, directe, amoureuse, bonne fille, docile, maline quand il faut, assez entêtée ; elle n'utilise pas les majuscules et très peu la ponctuation.
Mais encore... que se font-ils ? que se disent-ils ? que s'écrivent-ils ?
Pendant leur éloignement, ce Cauquin d'Arthur garde la main mise à distance sur les “loisirs” de Laurence... Eric, Vincent, Francis, Gilles et les autres... il veut tout savoir, tout maîtriser, tout voir ! En toute candeur, sans perversité, du voyeurisme épanoui et de l'échangisme à distance !
Car son plaisir à elle c'est... de lui obéir, d'aller au devant de ses désirs.
Ça se complique un peu quand ils font entrer dans leur danse Gilles, le beau Québecois...
Assez vite aussi, Arthur dévoile à Laurence l'idée magnifique qu'il a eue pour la faire patienter jusqu'à la veille de leurs retrouvailles :
" — Nous allons écrire un livre à partir de nos dialogues...
— pas vrai ?
— Si !
Un livre dont tu seras le joli représentant...
Tu irais à la télévision en assurer la promotion avec tes belles jambes... ?
Ce serait de quoi ouvrir un hôtel de charme ou deux en Belgique, tu sais ?
— c'est une très bonne idée, quand est-ce qu'on commence ?
— Nous en avons déjà écrit un bon tiers !
— avec nos tchats ?
— Oui !
— mais on n'a rien conservé
— Moi, si ! "
Un personnage qui devient l'auteur ? Tiens tiens, alors nous voilà piégés de notre plein gré, comme Laurence ! Soumis, et ronronnants d'aise de l'être ?
Ce n'est ni un regret, ni un mensonge : je n'ai jamais pratiqué ça... mais cela ne m'a pas empêchée, et même au contraire, de trouver un délicieux plaisir par procuration dans cette lecture beaucoup moins légère qu‘il y parait car la profondeur se niche dans les détails !

Lien : https://tillybayardrichard.t..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
tillytilly   04 mars 2020
Arthur Cauquin à Laurence, lundi 8 mai, 17 h 45
(Une journée bien commencée)
Oh qu'elles étaient réussies nos matines au it, mon p'tit chat !
A-t-elle été paisible comme tu voulais cette journée ? As-tu essayé un nouveau parfum que tu aimerais ? As-tu commencé de te procurer : "Madame de V. a des idées noires", Loulou Morin ; "Histoire d'O", suivi de "Retour à Roissy (vérifier qu'il y a bien dans le volume le texte "Une fille amoureuse"), aussi en livre de poche ; "Il faut jouir, Edith", Alain Bonnand, collection Perspectives Critiques, PUF ; "La vie sexuelle de Catherine M.", collection Fiction et Cie, Le Seuil ; "Simple", Franz Bartelt, dans une petite collection dont je n'ai plus le nom, très peu cher ; "Qu'est-ce que Thérèse ? c'est les marronniers en fleurs", José Pierre, collection Lectures amoureuses, La Musardine...
As-tu trouvé ces trente mètres de câble utile ?
J'essaie d'être là ce soir vers 22 heures.
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tillytilly   04 mars 2020
— Je t'embrasse, ma chérie... J'espère que tu as retrouvé un peu de philosophie...
Parce que tu m'as fait peur avec tout ce sentiment triste !
— très philosophe ton petit pote !
— C'était bien la peine de t'emmener en Belgique si tu me fais une tristesse pareille ensuite !
— je ne suis plus triste du tout !
— Va... Aime-toi large ! Un coup pour moi, un coup à Eric...
— je vais remplir mon contrat !
— Et achète-toi, j'oubliais, "Lourdes, lentes..." d'André Hardellet.
L'Imaginaire Gallimard, une collection de semi-poche, ça ne te coûtera rien !
(Pour les livres, je veux être ton seul homme !)
— je termine Pierrot mon ami et je suivrai ton conseil pour les livres tu es mon seul homme promis !
— Allez, ma chérie, je te laisse à toi !
— bonne nuit
je t'aime
— Va !
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tillytilly   04 mars 2020
— Repos maintenant ! Tu t'es assez donnée comme ça !
— je ne demande que ça de me reposer dans tes bras !
— Je te remets à la lecture...
"Le tout sur le tout" !
— le tout sur le tout ?
— "Le tout sur le tout", Henri Calet... "Les deux bouts", "Contre l'oubli", "Jeunesse", "L'Italie à la paresseuse"...
— je vais lire Henri Calet !
— J'en suis heureux pour lui !
— tu me le feras rencontrer ?
— Oui : il est mort il y a cinquante ans ! Mais ce n'est pas parce qu'un écrivain est disparu qu'il ne doit plus être fréquenté des jolies filles, au contraire !
Tu quittes à quelle heure jeudi soir ?
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Diffusé en direct le 22 sept. 2016 (RADIO RCJ) L’invité de Paule-Henriette Levy : Alain Bonnand pour son livre « Damas en hiver » paru chez Lemieux éditeur
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