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EAN : 9782081216532
336 pages
Éditeur : Flammarion (19/01/2009)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 11 notes)
Résumé :
" Avez-vous bien des ennemis " Voilà ce qui préoccupe Balzac, dans la lettre qu'il écrit à son confrère Eugène Sue le 18 novembre 1832. Sue répond sur le même ton : " Les ennemis ; Oh ! très bien, parfaits et en quantité. " La course aux honneurs et à la gloire est indissociable de la condition d'écrivain, particulièrement au XIXe siècle, quand la presse devient toute-puissante et que les tirages des livres augmentent toujours plus. Autant de motifs d'envie et de re... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Arakasi
  22 janvier 2018
« le succès des autres me gêne, mais beaucoup moins que s'il était mérité » déclare sournoisement Jules Renard. Les autres ? Quels autres ? Chateaubriant ? « Un matamore de tragédie » ! Musset ? « Un foetus conservé dans l'alcool » ! Zola ? « Un ressemeleur en littérature » ! Hugo ? Dumas ? Lamartine ? Sand ? Pouah, n'en parlons pas !
Qui a dit que les grands écrivains étaient des gens courtois et mesurés ? Les écrivains sont de sales bêtes vindicatives et orgueilleuses, pétris de méchanceté et de jalousie. Personne ne hait avec autant d'enthousiasme et de constance qu'un écrivain et, si une partie de leur vindicte tombe sur les critiques littéraires, les éditeurs et les directeurs de théâtre, c'est principalement leurs pairs qui sont les cibles de leurs ires. Quand on lui demande s'il a des ennemis, Eugène Sue répond avec ravissement : « Oh ! Très biens, parfaits et en quantité. » Car s'il est bon d'avoir des alliés dans la petite guerre de tranchées que se livrent les auteurs du XIXe siècle, il est encore meilleur d'avoir des ennemis. Un bon ennemi, ça vous pose un homme, ça vous donne de la prestance, de la profondeur, surtout quand celui-ci est prestigieux. Qui n'a pas rêvé de se déclarer l'ennemi personnel de Victor Hugo ? La némésis d'Emile Zola ?
Mais les écrivains ne sont pas seulement des querelleurs chroniques, ce sont aussi des hommes d'esprit. Bienvenu au festival de la vacherie ingénieuse organisé par Etienne Kern et Anne Boquel ! Amateurs de traits d'esprit féroces, de mauvaise foi crasse et de verve satirique, vous allez vous régaler avec cet excellent petit essai, « Un histoire des haines d'écrivains ». Mensonges, ruses, calomnies, ragots… Nos grands hommes ne reculent devant rien pour esquinter leurs adversaires et faire reluire un peu plus leurs propres piédestaux et ceci pour le plus vif plaisir des heureux lecteurs que nous sommes. Oh, on le sait bien, se moquer de ses petits camarades, c'est mal, mais c'est tellement marrant aussi ! Et de toute façon, les autres vous le rendent bien et à coups de truelle en plus.
Eh oui, des sales bêtes, ces écrivains, mais personnes ne leur a pas demandé d'être des saints, juste des génies. Et un poil de mesquinerie, doublé d'un soupçon d'orgueil et de fiel, ça vous rend tout de suite un bonhomme plus sympathique, non ?
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ThierryCABOT
  01 mai 2015
Quelle chose horrible ! Trop d'écrivains, et non des moindres, se sont jalousés, méprisés, haïs.
La littérature fourmille d'exemples où, sans aucun état d'âme, des artistes ont cloué leurs pairs au pilori, où tant sur le devant de la scène qu'au recoin d'une alcôve, leur vilenie a su donner sa pleine mesure.
"Etre Châteaubriand ou rien" ; l'irénique citation attribuée à Victor Hugo en hommage à l'auteur de "René", fait trop souvent figure d'exception.
Dès que la notoriété pointe son nez, voire avant que celle-ci trouve un début de matérialisation, des propos peu amènes émaillent les conversations des romanciers devenus tout à coup d'implacables rivaux, des dramaturges changés assez vite en adversaires irréconciliables, des poètes eux-mêmes transformés le cas échéant en ennemis déclarés.
Dans "Une histoire des haines d'écrivains", Anne Boquel et Etienne Kern nous invitent à découvrir avec force détails et une maestria délectable un univers littéraire passablement agité au sein duquel les règlements de comptes s'affichent plus que les mains tendues.
Tous jugent que "leurs confrères sont injustement célèbres. "Le Rouge et le Noir" est écrit en patois, claironne Hugo - là comment ne pas noter d'ailleurs que Stendhal lui fait de l'ombre ? - ; Sainte-Beuve, dit "Sainte-Bave" et Bloy tirent sur tout ce qui bouge ou à peu près ; Jules Renard, lui, confesse : le succès des autres me gêne, mais beaucoup moins que s'il était mérité."(!!!)"
Ainsi contrairement à une idée largement répandue, le monde de l'art peut se révéler d'une cruauté au moins égale à celle dont font preuve notamment les affairistes et les politicards de troisième zone. Femmes et hommes de plume n'ont en rien l'apanage de la gentillesse ou du désintéressement ; ce qui les distingue en fait du commun des mortels, c'est leur aptitude à trouver le mot juste, assassin, c'est l'esprit illuminant, embrasant leurs commentaires, c'est la capacité qu'ils ont de tourner en ridicule, par une formule délicieusement acérée, celle ou celui qui les met en fureur.
Mettre une partie de son talent et même de son génie au service de la haine de l'autre, est-ce en conclusion vraiment bien glorieux ? Non à l'évidence. Mais une phrase qui fait mouche a toujours des admirateurs.
Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-bl..
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Melopee
  08 août 2011
Quand une amie m'a prêté ce livre, je me suis tout d'abord dit "quel intérêt y a-t-il à parler des relations orageuses entre écrivains?". C'est donc dans cet état d'esprit que j'ai commencé cet essai, un peu circonspecte (car peu habituée aux essais) et peu convaincue de le lire jusqu'au bout.
Sauf que les deux auteurs, anciens élèves de l'École normale supérieure, ont un certain talent pour nous emporter dans les turpitudes d'écrivains qui, par leur nom, nous sont devenus familiers. C'est qu'ils ont fait un formidable travail de recherche pour nous pondre cet essai des plus intéressants !
"Avez-vous bien des ennemis" demande Balzac à Eugène Sue et lui de répondre "Oh ! très bien, parfaits et en quantité". Car avoir des ennemis est une préoccupation de taille pour ces écrivains aux egos surdimensionnés (je ne parle pas De Balzac ou Sue en particulier) car qui dit ennemi dit peut-être jalousie et convoitise.
Depuis l'essor de la presse et le tirage de plus en plus élevé des ouvrages, il y a de quoi regarder chez son voisin et pinailler. Zola innove avec son naturalisme et s'octroie les foudres des Anciens. Pour Hugo, le rouge et le noir est écrit en patois. Quant à Sainte-Beuve, il est traité sans ménagement de "Sainte-Bave" par ce même Hugo". Les grands noms alternent et se succèdent dans toutes ces anecdotes issues d'un autre temps qui mettent en lumière des écrivains qui se savent importants et en jouent pour se tirer la couverture à soir.
Rien de tel que d'égratigner, les rivaux de la scène littéraire pour faire jaser dans les salons et s'attirer de la renommée. Certains comme Edmond de Goncourt accusera Zola de puiser dans son oeuvre à chaque nouvelle parution (pour exemple : Germinie Lacerteux serait selon lui à l'origine de L'assommoir) : un plagiat savamment orchestré, en somme, qui aura tôt fait d'énerver l'illustre Zola passant derrière tout ça.
Ce qui est assez drôle dans cet essai c'est qu'on se rend compte que tout est motif à discorde : les amours des uns et des autres, les adultères, les romans trop avant-gardistes, les attitudes en société...
Pour finir, je ne peux que dire que cet ouvrage est excellent. Il fait sourire et donne un nouvel éclairage à ces sommités littéraires qui ont su s'imposer à travers les siècles. C'est de bonne guerre que de chercher querelle auprès de condisciples car ces gens-là de cessent d'innover et de briller de par leurs trouvailles langagières.
Ce livre s'engloutit comme un récit et c'est bien une histoire que les deux auteurs nous content ici. Une histoire construite à partir de solides références mais qui se laisse suivre sans effort aucun.
Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre et qui, décidément, me connait peut-être mieux que moi-même ! Maintenant, je compte bien mettre la main sur Une histoire des parents d'écrivains, des deux mêmes essayistes.
Lien : http://shereads.canalblog.co..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   23 juin 2016
(...)
La haine, quelque forme qu'elle revête, est au fondement de la création littéraire. Il n'est pas de confrère qui ne soit un adversaire potentiel.
(...)
Pour Lamartine, Châteaubriant est "un matamore de tragédie"
Pour Léon Bloy, Zola est un "incomestible pourceau"
Pour Baudelaire, George Sand, "elle est bête, elle est lourde" (...) "comment quelques hommes ont pu s'amouracher de cette latrine"
Pour Flaubert, le romantisme de Musset : "lyrisme poitrinaire" (...) "C'est un esprit eunuque, la couille lui manque, il n'a jamais pissé que de l'eau claire."
(...)
Edmond de Goncourt : "Au fond, Zola n'est qu'un ressemeleur en littérature."
(...)
George Sand : "J'ai eu Mérimée hier soir, ce n'est pas grand chose."
Mérimée : "C'est une femme débauchée à froid, par curiosité plus que par tempérament."
(...)
Jules Renard : "Le succès des autres me gêne, mais beaucoup moins que s'il était mérité."
(...)
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ArakasiArakasi   06 janvier 2018
"Le succès des autres me gêne, mais beaucoup moins que s'il était mérité."
Jules Renard
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