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EAN : 9782246634317
968 pages
Grasset (07/09/2005)
3.78/5   103 notes
Résumé :
"A" comme "Apollinaire", mais aussi "Age des lectures". "B" comme "Balzac", mais aussi "Bibliothèques de maison de campagne", "Belle du seigneur". "C" comme "Corneille", mais aussi "Commencer (par quoi) ". "D" comme "Du Deffand", mais aussi "Décadence et mort d'un écrivain" ou "Del Dongo"... De François Villon à Françoise Sagan, le Dictionnaire égoïste de la littérature française rassemble des auteurs célèbres et des méconnus, des œuvres lues et d'autres qui pourrai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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L'égoïste du titre convient finalement bien à ce dictionnaire qui peut se lire comme un essai sur la littérature ou être compulsé à petites doses au gré des découvertes qu'il propose, dont nombres appartenant à la face « cachée » de la littérature française. Autant dire d'illustres inconnus pour moi.
Aussi, je trouve que l'auteur se fait avant tout plaisir à lui-même, en retournant fouiner dans des textes divers et variés, en recopiant des citations qui l'ont marqué. Mais la qualité première en est de faire réfléchir. Je n'ai pas toujours saisi le fond de la pensée de l'auteur, mais j'ai souvent souri ou levé le sourcil. Des réflexions quasi philosophiques, des rapprochements insolites feront les délices de qui aime lire tout court, à l'image de cette page entière consacrée aux « idées », que je compte reprendre en citation.
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Pour quelque mystérieuse raison, j'attribuais à Charles Dantzig les traits de Michel Schneider. Ce qui prouve à quel point je suis ignorante des potins littéraires télévisuels ou autre. C'est un tort, car les visages des écrivains leur servent souvent d'affiche publicitaire. Et on les voit sur les jaquettes, dans les vitrines, dans les magazines et à la télé, ajoutant un élément de séduction pour attirer l'attention du lecteur et faire monter les tirages. J'en viens à me demander si Marc Lévy aurait autant de succès avec les traits de Michel Simon ou de Fernandel?

Mais non, Charles Dantzig, dont le nom sonne furieusement polonais, est un fils de notables, né à Tarbes. Son âme le rebelle le pousse à se vautrer dans la littérature plutôt que de faire médecine comme papa.
Puis, toujours par provocation, il balance en 2005 un gros paveton de 962 pages chez Grasset, un dico allant de "Action" à "Zoo" qui lui permet de dresser, façon collage surréaliste, une vaste fresque à la gloire de la littérature française. Une gloire dont s'enorgueillit l'auteur du Dico en question.

A lire dans le désordre, évidemment, en commençant par nos auteurs préférés, puis en zigzagant d'un article à l'autre. On s'amuse bien, on apprend plein de choses, souvent on s'irrite et on s'indigne de tant de mauvaise foi et de témoignages à charge. Anatole France est sa bête noire, Duras est emmerdante, Beauvoir a un style bovin, Chateaubriand est prétentieux et mesquin, Rousseau est fourbe et méchant, Sagan et Colette sont des paresseuses.....

Bref, Dantzig ne se prive pas pour tirer dans le tas, ce qui lui donne l'air de cracher dans la soupe.

Un petit choix de citations:
"Céline a le style même du chauffeur de taxi: il écrit à coups de klaxon."
Marguerite Yourcenar: "Ses romans sont froids comme une maison de campagne un vendredi soir de février." "Elle avait sa beauté, à la fin de sa vie, reçue à l'Académie française avec son air de vieux labrador enroulé dans un torchon."
Marie-Noël: "Si l'ange de la cathédrale de Reims sourit, c'est parce qu'il vient de lire un livre de Marie-Noël."

Charles est plus indulgent avec les poètes: Cendrars, Paul-Jean Toulet, Racine, sauf ceux qui écrivent des poèmes d'amour (et ça fait du monde!)

Dans "A quoi ressemblaient-ils?", il conclut par:
"Dans l'ensemble, les peintres sont plus beaux que les écrivains."

Et Michel Schneider est plus beau que Charles Dantzig.




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Ca a commencé comme une lecture plaisante. « Dictionnaire égoiste » était clair quant à la subjectivité probable de l'ouvrage, c'était aussi partir à la découverte d'un auteur que je ne connaissais nullement.
Je lisais au hasard, ouvrant le bouquin ça et là, sa structure permettant de le lire à la volée, fut-ce en attendant une correspondance prochaine. Au départ c'était plaisant, des formules qui faisaient mouche, un franc-écrire. Oui oui hochais-je en lisant par exemple que la pudeur peut être une forme supérieure de tact, en évoquant le Marius de Pagnol. Encore Oui à la page Utilité « La littérature ne sert à rien. Quant elle sert, elle meurt aussitôt après l'usage. » Suivi de la démosntration par certains livres de Loti dont la victoire a été leur défaite.
Puis ça s'est, je ne sais comment, dilué, ça tenait du bavardage et ne le lisais plus que quand je ne me sentais pas apte pour des lectures exigeantes. Cela tenait aussi parfois que les sujets traités ne me tenaient pas trop à coeur ou à mémoire. Bref je lisais comme on prend le café.
Et puis, le causeur est devenu imbuvable. Il y avait bien eu ces énormités sur Borgès, les fadaises sur le pseudo de Trotski, son autoconviction de savoir caractériser et enfermer les auteurs en une seule formule, ou leurs personnages « les personnages De Balzac sont des tics (sic) » et le voilà parti pour tout un paragraphe ceux de «Marivaux des papillons, Tchekhov des vapeur de thé Nabokov des vices Cocteau des ombres chinoises Beauvoir des poupées de ventriloque ( !??) »
Passe encore, mais on finit par tomber sur son déblatérage sur Rimbaud, et là on est passé dans un autre dictionnaire, celui de la bêtise, de l'infatigable Carrière et son acolyte. Par quoi commencer ? « Un enfant n'a pas d'humour » On en reste muet. « Tout le monde a plus ou moins de génie à quinze ans. L'important est d'en avoir à cinquante ans » Tout le monde… cinquante…important… on chercherait en vain la justification de ces termes péremptoires. Il « cesse de l'être par ses fugues » quoi donc, et bien figurez-vous que notre adolescent est qualifié de « bourgeois de province idéaliste », si si, j'ai du le relire 10 fois et en me pinçant derechef. Et si vous ne saviez comment qualifier « L'amour est à réinventer » il vous propose « rigolo et inepte ».
Et lui qui condamne à juste titre l'emploi abusif et fainéant de « donc » qui lie assertion et conclusion sans justification autre que grammaticale, nous dit tranquillement que si Rimbaud est « un poète officiel de l'Education Nationale » c'est qu'il a gagné des concours académiques. Lui n'écrit pas « donc » Il écrit « d'où » on notera. On notera aussi que pour le coup il sort le frein à main et finit la phrase par « peut-être »
Peut-être vais-je m'obstiner à ne plus aller de l'avant, ou plutôt de l'arrière, dans ce dictionnaire à tout le moins personnel.
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Il y a des livres à lire et d'autres à picorer. C'est le cas de ce dictionnaire de la littérature égoïste. Egoïste est d'ailleurs le mot qui convient car Dantzig aime autant parler de lui que des auteurs qu'il dévoile et quand il les descend au pas de charge, il se met en scène dans le rôle du critique érudit. Cependant, ce dictionnaire est une mine de culture et d'érudition et il y a des idées qui font mouche. Une fois mis de côté tout ce que je n'aime pas chez Dantzig j'y ai trouvé de quoi contenter ma curiosité sur la littérature.
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Dictionnaire égoïste, en effet : presque 1000 pages de réflexions sur ce qui fait pour Charles Dantzig la littérature. Pas de grand discours mais des notes qui mélangent sérieux et bouffon, humour et critique (parfois acerbe)... accessibles - pourquoi pas - par mots- clés et rangées par ordre alphabétique. Et hop ! En plus des entrées à la plupart des grands noms de la littérature française et étrangère et à leurs oeuvres (on trouvera ainsi une notice à Prout mais aussi à "A la recherche du temps perdu") Charles Dantzig s'amuse à épiloguer sur des notions littéraires aussi improbables que "Amers et grincheux, "Écrit - bien écrit, mal écrit, pas écrit, écrit) ou encore "Je ne sais pas quoi lire".. Dans ce grand buffet, on peut picorer au gré de ses envies. Car les textes sont le plus souvent amusants, excessifs. Ils peuvent aussi être vains ou au contraire essentiels. Tout cela fait avec, évidemment, beaucoup d'esprit. A garder donc sous le coude pour un usage purement égoïste.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Nous ferions bien d’avoir un peu moins d’idées, et un peu plus de pensée.
L’idée n’est pas du domaine de la réflexion, mais de l’illumination. Celle-ci va plus vite, c’est un éclair contre un labour, mais ses séductions peuvent rendre bête : ayant subitement aperçu quelque chose de nouveau, on est charmé. Par sa propre clairvoyance. Et on s’arrête là. On a abandonné le raisonnement.
L’illuminé n’est jamais loin de l’imbécile. Illuminé, il est ébloui. Ébloui, il est aveuglé. Aveuglé, il adore son aveuglement.
Je connais peu d’hommes plus exaspérants que les hommes à idées. Rien n’arrête leur bavardise. Ils sont à leurs idées, ils ont leur idée, ils sont possédés par elle, bientôt rendus fous par la certitude d’avoir raison. Quand on tient une idée, elle nous tient.
La courte portée de l’idée se remarque à l’expression « se faire une idée ». On l’emploie au passé et sur le mode de la déception : « Je m’en faisais une autre idée. »
La puissance de l’idée est un spectacle effrayant. Avec une idée, on transforme un peuple plus ou moins civilisé en une meute.
Les idées sont des coutumes. C’est pour cela qu’elles sont dangereuses : quand on contredit une coutume, elle tente de vous tuer.
Si vous vous opposez à une idée, attaquez, non pas l’argument le plus faible, mais l’argument le plus fort. Vous triompherez avec plus de gloire, du moins aux yeux du petit nombre des raisonneurs. Quantité des erreurs commises par les gens qui écrivent proviennent de la croyance que la littérature a un rapport avec les idées. Un écrivain comme Camus s’égare littérairement par l’importance exagérée qu’il leur accorde. Il en oublie d’écrire. Cela n’arrive pas son véritable opposant qui, sous ce rapport, est Mauriac : dans ses articles de journaux, il n’oublie pas de nous faire de l’œil en se déhanchant derrière ses voiles.
Il y a de l’idée à la pensée la différence de la magie au bricolage. L’idée est de la magie se prenant pour la vérité, la pensée est un bricolage et c’est son honnêteté.
La plupart des hommes n’ont des pensées que sur leur tombe.

(p. 387)
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Critères du bon écrivain ou du bon livre : Le bon écrivain impose ce qu’il montre. Nous ne l’avions pas regardé jusque-là. Nous le voyons. Cela nous paraît évident. C’est un des critères qui permettent de reconnaître le bon écrivain. Qui avait regardé les célibataires avant Montherlant ?
On reconnaît le bon écrivain à ce qu’il nous intéresse à ce qui ne nous intéresse pas. Les plaines, les Flandres, les ciels bas me rebutent, mais j’aime Verhaeren.
Un autre critère du bon écrivain et qu’il donne envie d’écrire. Pas sur lui, autre chose. Il y a une contamination de la création.

(p. 226)
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« On publie trop » : Les critiques disent qu’on publie trop. Ils ont raison. On publie trop leurs livres.
Voilà 250 ans que je l’entends dire. Voltaire s’en plaint dans sa correspondance : si on continue à publier autant, j’arrête d’écrire ! Vous imaginez ça, Voltaire arrêter d’écrire. Nous publions plus que de son temps, mais la population française a doublé et appris à lire. Et à écrire ! Si on publie, c’est que les gens écrivent. Un jour de bonté, Paul Léautaud a dit : « On ne trouve plus de femmes de ménage. Elles écrivent toutes » (Journal littéraire). Elles écrivent parce qu’elles aiment les livres. Ne trouveriez-vous pas sinistre de vivre dans un pays où il ne se publierait que trente livres par an ?

(p. 630)
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Peu de choses dans ma vie m'auront mis hors de moi comme les rites. Enfant, la messe m'indignait : non pour ce qu'elle disait, mais parce qu'il fallait reproduire des gestes sans qu'ils eussent été justifiés. Et, dans le couvre-livre en cuir qu'on m'avait offert pour ma première communiion et supposé contenir un missel, je dissimulais Le Rouge et le Noir. J'utilisais sans le savoir la littérature pour ce qu'elle est : la libération des rites.
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On ne peut pas dire qu'elle manque totalement de coeur : comme la plupart des misanthropes, elle aime les animaux. Ils ne contredisent pas. Et puis ils se laissent caresser : les misanthropes sont souvent des sentimentaux qui voudraient aimer les humains mais ne savent comment faire.
(page 953 mais je ne vous dis pas à propos de qui.)
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