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ISBN : 2246634318
Éditeur : Grasset (07/09/2005)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 82 notes)
Résumé :
"A" comme "Apollinaire", mais aussi "Age des lectures". "B" comme "Balzac", mais aussi "Bibliothèques de maison de campagne", "Belle du seigneur". "C" comme "Corneille", mais aussi "Commencer (par quoi) ". "D" comme "Du Deffand", mais aussi "Décadence et mort d'un écrivain" ou "Del Dongo"... De François Villon à Françoise Sagan, le Dictionnaire égoïste de la littérature française rassemble des auteurs célèbres et des méconnus, des œuvres lues et d'autres qui pourrai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Junie
  29 août 2014
Pour quelque mystérieuse raison, j'attribuais à Charles Dantzig les traits de Michel Schneider. Ce qui prouve à quel point je suis ignorante des potins littéraires télévisuels ou autre. C'est un tort, car les visages des écrivains leur servent souvent d'affiche publicitaire. Et on les voit sur les jaquettes, dans les vitrines, dans les magazines et à la télé, ajoutant un élément de séduction pour attirer l'attention du lecteur et faire monter les tirages. J'en viens à me demander si Marc Lévy aurait autant de succès avec les traits de Michel Simon ou de Fernandel?
Mais non, Charles Dantzig, dont le nom sonne furieusement polonais, est un fils de notables, né à Tarbes. Son âme le rebelle le pousse à se vautrer dans la littérature plutôt que de faire médecine comme papa.
Puis, toujours par provocation, il balance en 2005 un gros paveton de 962 pages chez Grasset, un dico allant de "Action" à "Zoo" qui lui permet de dresser, façon collage surréaliste, une vaste fresque à la gloire de la littérature française. Une gloire dont s'enorgueillit l'auteur du Dico en question.
A lire dans le désordre, évidemment, en commençant par nos auteurs préférés, puis en zigzagant d'un article à l'autre. On s'amuse bien, on apprend plein de choses, souvent on s'irrite et on s'indigne de tant de mauvaise foi et de témoignages à charge. Anatole France est sa bête noire, Duras est emmerdante, Beauvoir a un style bovin, Chateaubriand est prétentieux et mesquin, Rousseau est fourbe et méchant, Sagan et Colette sont des paresseuses.....
Bref, Dantzig ne se prive pas pour tirer dans le tas, ce qui lui donne l'air de cracher dans la soupe.
Un petit choix de citations:
"Céline a le style même du chauffeur de taxi: il écrit à coups de klaxon."
Marguerite Yourcenar: "Ses romans sont froids comme une maison de campagne un vendredi soir de février." "Elle avait sa beauté, à la fin de sa vie, reçue à l'Académie française avec son air de vieux labrador enroulé dans un torchon."
Marie-Noël: "Si l'ange de la cathédrale de Reims sourit, c'est parce qu'il vient de lire un livre de Marie-Noël."
Charles est plus indulgent avec les poètes: Cendrars, Paul-Jean Toulet, Racine, sauf ceux qui écrivent des poèmes d'amour (et ça fait du monde!)
Dans "A quoi ressemblaient-ils?", il conclut par:
"Dans l'ensemble, les peintres sont plus beaux que les écrivains."
Et Michel Schneider est plus beau que Charles Dantzig.


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doven
  23 avril 2011
Ca a commencé comme une lecture plaisante. « Dictionnaire égoiste » était clair quant à la subjectivité probable de l'ouvrage, c'était aussi partir à la découverte d'un auteur que je ne connaissais nullement.
Je lisais au hasard, ouvrant le bouquin ça et là, sa structure permettant de le lire à la volée, fut-ce en attendant une correspondance prochaine. Au départ c'était plaisant, des formules qui faisaient mouche, un franc-écrire. Oui oui hochais-je en lisant par exemple que la pudeur peut être une forme supérieure de tact, en évoquant le Marius de Pagnol. Encore Oui à la page Utilité « La littérature ne sert à rien. Quant elle sert, elle meurt aussitôt après l'usage. » Suivi de la démosntration par certains livres de Loti dont la victoire a été leur défaite.
Puis ça s'est, je ne sais comment, dilué, ça tenait du bavardage et ne le lisais plus que quand je ne me sentais pas apte pour des lectures exigeantes. Cela tenait aussi parfois que les sujets traités ne me tenaient pas trop à coeur ou à mémoire. Bref je lisais comme on prend le café.
Et puis, le causeur est devenu imbuvable. Il y avait bien eu ces énormités sur Borgès, les fadaises sur le pseudo de Trotski, son autoconviction de savoir caractériser et enfermer les auteurs en une seule formule, ou leurs personnages « les personnages De Balzac sont des tics (sic) » et le voilà parti pour tout un paragraphe ceux de «Marivaux des papillons, Tchekhov des vapeur de thé Nabokov des vices Cocteau des ombres chinoises Beauvoir des poupées de ventriloque ( !??) »
Passe encore, mais on finit par tomber sur son déblatérage sur Rimbaud, et là on est passé dans un autre dictionnaire, celui de la bêtise, de l'infatigable Carrière et son acolyte. Par quoi commencer ? « Un enfant n'a pas d'humour » On en reste muet. « Tout le monde a plus ou moins de génie à quinze ans. L'important est d'en avoir à cinquante ans » Tout le monde… cinquante…important… on chercherait en vain la justification de ces termes péremptoires. Il « cesse de l'être par ses fugues » quoi donc, et bien figurez-vous que notre adolescent est qualifié de « bourgeois de province idéaliste », si si, j'ai du le relire 10 fois et en me pinçant derechef. Et si vous ne saviez comment qualifier « L'amour est à réinventer » il vous propose « rigolo et inepte ».
Et lui qui condamne à juste titre l'emploi abusif et fainéant de « donc » qui lie assertion et conclusion sans justification autre que grammaticale, nous dit tranquillement que si Rimbaud est « un poète officiel de l'Education Nationale » c'est qu'il a gagné des concours académiques. Lui n'écrit pas « donc » Il écrit « d'où » on notera. On notera aussi que pour le coup il sort le frein à main et finit la phrase par « peut-être »
Peut-être vais-je m'obstiner à ne plus aller de l'avant, ou plutôt de l'arrière, dans ce dictionnaire à tout le moins personnel.
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Chouchane
  02 janvier 2012
Il y a des livres à lire et d'autres à picorer. C'est le cas de ce dictionnaire de la littérature égoïste. Egoïste est d'ailleurs le mot qui convient car Dantzig aime autant parler de lui que des auteurs qu'il dévoile et quand il les descend au pas de charge, il se met en scène dans le rôle du critique érudit. Cependant, ce dictionnaire est une mine de culture et d'érudition et il y a des idées qui font mouche. Une fois mis de côté tout ce que je n'aime pas chez Dantzig j'y ai trouvé de quoi contenter ma curiosité sur la littérature.
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brusc
  17 novembre 2011
Dictionnaire égoïste, en effet : presque 1000 pages de réflexions sur ce qui fait pour Charles Dantzig la littérature. Pas de grand discours mais des notes qui mélangent sérieux et bouffon, humour et critique (parfois acerbe)... accessibles - pourquoi pas - par mots- clés et rangées par ordre alphabétique. Et hop ! En plus des entrées à la plupart des grands noms de la littérature française et étrangère et à leurs oeuvres (on trouvera ainsi une notice à Prout mais aussi à "A la recherche du temps perdu") Charles Dantzig s'amuse à épiloguer sur des notions littéraires aussi improbables que "Amers et grincheux, "Écrit - bien écrit, mal écrit, pas écrit, écrit) ou encore "Je ne sais pas quoi lire".. Dans ce grand buffet, on peut picorer au gré de ses envies. Car les textes sont le plus souvent amusants, excessifs. Ils peuvent aussi être vains ou au contraire essentiels. Tout cela fait avec, évidemment, beaucoup d'esprit. A garder donc sous le coude pour un usage purement égoïste.
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MarianneDesroziers
  12 juillet 2010
Attention : ce livre est très subjectif, ce qui est un peu contradictoire avec le terme de «dictionnaire ». J'ai trouvé très revigorant de voir des écrivains réputés intouchables depuis des décennies sévèrement critiqués, voire moqués par Dantzig, même si au final je suis souvent en désacord (je pense en particulier à Céline). Pour le reste, j'ai découvert des auteurs que je ne connaissais pas ou dont je connaissais que le nom mais pas l'oeuvre. Ca m'a donné envie de lire : « Venises » de Paul Morand et Schwob. Dommage que ça se limite à la littérature française, j'aurais bien aimé voir des noms d'écrivains étrangers majeurs (Virginia Woolf ou Faulkner). Un livre à picorer au hasard quand l'appétit vous vient...comme un apéritif avant d'attaquer le vrai repas (c'est-à-dire les oeuvres dont il est question). Un livre-passerelle qui n'a d'autre but que de vous emmener vers d'autre livres.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
ChouchaneChouchane   02 janvier 2012
Peu de choses dans ma vie m'auront mis hors de moi comme les rites. Enfant, la messe m'indignait : non pour ce qu'elle disait, mais parce qu'il fallait reproduire des gestes sans qu'ils eussent été justifiés. Et, dans le couvre-livre en cuir qu'on m'avait offert pour ma première communiion et supposé contenir un missel, je dissimulais Le Rouge et le Noir. J'utilisais sans le savoir la littérature pour ce qu'elle est : la libération des rites.
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juliflyjulifly   02 février 2013
MOTS (AIMER LES -): Un écrivain n'aime pas plus les mots qu'un menuisier les clous. Un mot est un objet dont il se sert pour créer un autre objet nommé phrase, laquelle donnera son utilité au mot; un mot inusité n'a pas d'utilité. Les mots ne sont pas aimables, ils sont à notre service. Ce qui les rend aimables, c'est l'écrivain, par l'usage qu'il en fait. Dix coryphées boutonneux et blafards se retrouvent dans un pas de danse qui les transfigure.
Les mots n'ont pas de valeur en soi. Ils ont un sens, ou plusieurs, et c'est encore une fois l'écrivain qui leur donne une valeur.
Les mots sont faits pour cacher la pensée.
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KickouKickou   07 juin 2017
On ne peut pas dire qu'elle manque totalement de coeur : comme la plupart des misanthropes, elle aime les animaux. Ils ne contredisent pas. Et puis ils se laissent caresser : les misanthropes sont souvent des sentimentaux qui voudraient aimer les humains mais ne savent comment faire.
(page 953 mais je ne vous dis pas à propos de qui.)
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LaplumeLaplume   14 juillet 2012
Mon grand-père maternel disait que les études emprisonnent l'homme à l'âge où il pourrait le mieux se créer du bonheur, puis qu'on cesse de rien lui apprendre à partir de l'âge où il pourrait le mieux comprendre. Que ne m'a-t-on fait passer mes examens à soixante ans!
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KittiwakeKittiwake   30 juillet 2015
Ce qui distingue l'homme de la brute, c'est la lecture. Ce qui rend une brute insupportable, c'est quand elle a de la lecture.
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Videos de Charles Dantzig (46) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Dantzig
Emmanuelle Favier, autrice de "Virginia" (Albin Michel, août 2019), une biographie romancée de l?enfance et de l?adolescence de Virginia Woolf, évoque avec Charles Dantzig, romancier et essayiste, le destin hors-norme de cette écrivaine anglaise désormais iconique.
La Grande table Culture d?Olivia Gesbert ? émission du 10 octobre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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