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Vincent Madras (Illustrateur)
ISBN : 2841722880
Éditeur : L'Atalante (14/10/2004)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 126 notes)
Résumé :
" Ta qu'as appris à lire, Milo, te pourrais trouver bérède meu qu'un failli travail de commis." Emile ne l'entend pas ainsi, lui qu'on dit l'enfant d'une fée, élevé par un prêtre ouvert aux idées nouvelles, s'engage comme saisonnier dans une ferme de la plaine de Luçon. Nous sommes en 1792. Dans le bocage vendéen ulcéré par la Constitution civile du clergé, agité par une aristocratie crispée sur ses privilèges, la révolte couve... Cornuaud, lui, rentre au pays. Deux... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  30 septembre 2018
Mais pourquoi je lis si peu de Bordage moi ?
Celui-ci j'avais prévu de le lire il y a deux ans pour le challenge Bordage. Je le lis que maintenant, et encore parce que des amis trolls m'y ont incité pour une LC. Navrant !
Première intrusion dans un Bordage fantasy pour moi (faut dire qu'il n'y en a pas beaucoup). Enfin… fantastique en tout cas, et encore assez léger ; on est à la limite du roman historique, un excellent.
Transcendant les genres, l'auteur inclut ses invariants, ses éléments qui sont sa marque de fabrique. On retrouve l'excrément de ce que l'humanité est capable de produire et de ressentir, présenté sans édulcorant et avec ce talent qui pousserait presque à vomir devant la noirceur du tableau tout en applaudissant. Et au milieu de cette mer d'entropie, des phares de bonté, d'amour et d'héroïsme qui éclairent d'autant mieux par contraste (la scène du mariage de village restera dans ma mémoire). Invariants sur la forme aussi : deux points de vue seulement, alternés dans les chapitres, qui sont tellement loin l'un de l'autre qu'on se demande si seulement ils vont se rejoindre (l'Évangile du Serpent est le must dans le genre) ; avec un PdV guest-star de temps en temps, histoire de lorgner des événements que les deux acteurs principaux ne peuvent pas connaître.
Parlons-en des acteurs : des bijoux, du petit peuple brinquebalé de droite et de gauche par l'ouragan de la Révolution et qui essaie de garder la tête hors de l'eau. Un Émile parangon de vertus, à la beauté physique autant que morale, éduqué et plutôt acquis aux idées neuves et qui voit monter la contre-révolte en Vendée. Il tourne autour de lui comme un vent de l'ancien monde, du temps où les fées n'avaient pas à se cacher. Un Cornuaud beaucoup plus rude, élevé à l'école de la violence pour la survie, enjominé et cherchant désespérément à s'en sortir, recherche qui l'amène à fréquenter à Paris les sociétés secrètes qui volètent auteur du Club de Cordeliers ; un homme qu'on plaint et qu'on hait par intermittence.
Pierre Bordage a beau se présenter comme un écrivain jardinier, il a travaillé son contexte historique à la perfection. La Commune révolutionnaire – la Révolution Française en général – n'est pas une période que je connais bien et j'ai énormément appris grâce à ce talent de conteur inimitable. Pas besoin de film quand on imagine l'assaut des Tuileries à partir de ces lignes. L'histoire ne nous est pas racontée comme s'il s'agissait d'un progrès vers des idéaux magnifiques, mais comme on raconte la Révolution Russe : un beau bordel où les passions des foules sont manipulées par quelques talentueux orateurs, où la lie des comportements humains a pignon sur rue, où l'on en viendrait à regretter l'Ancien Régime et ses belles Lumières du siècle finissant. C'est effrayant… et tellement réaliste. Je suis à présent beaucoup moins impressionné par un Danton et surtout un Marat ; avant que le sang ne s'échappe de leur corps ils en auront fait couler des barils entiers. J'ai plus d'une fois pensé à Staline.
Je l'ai dit, ce livre frôle la perfection. Et la fin nous laisse pantelant, assoiffé, prêts à tout pour lire la suite. Pourtant, je n'ai pas ressenti ce « coup de coeur » qui claque comme un coup de foudre. Plutôt qu'une explosion d'émotion violente, c'est un contentement continu et confortable qui m'a animé. Je pense que la rémanence de ce ressenti se bonifiera avec le temps, comme un excellent cru.
J'ai fini de causer. J'ai hâte de retrouver le patois vendéen qui a illuminé la noirceur tout le long du roman.
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lyoko
  21 mars 2016
Et bien quand Bordage s'attaque à la fantasy historique ça donne ça !
et c'est rudement bon !!
Je pense que ce livre m'a tout simplement enjominer puisque je l'ai lu d'une seule traite. Impossible de trouver le sommeil (et ce n'est pas faute d'avoir essayé) mon esprit retournait inexorablement vers le livre... jusqu'à ce que j'en arrive a la dernière page. J'ai pesté de ne pas avoir la suite sous le coude (d'un autre côté pour ma santé cela valait mieux !)
On retrouve bien sur les thèmes chers à Bordage (que je ne détaillerais pas), mais traités de façon tout à fait différente que dans ses autres oeuvres. Peut être de façon moins explicite que d'habitude mais cette façon de faire donne un poids important à ces sujets brulants. Peut être aussi le fait que l'histoire se passe pendant la révolution détache un peu le lecteur qui s'immisce du coup plus dans l'histoire.
Mais , et pour ça, je tire mon chapeau à l'auteur, il a un pouvoir de conteur exceptionnel. Il passe d'une description sanglante montrant la cruauté humaineà son apogée à une forme de poésie dans la description d'un paysage ou d'un sentiment de façon magistrale et tellement fluide.
Il n'y a pas si longtemps je ne connaissais cet auteur que de nom.. aujourd'hui je dirais très certainement qu'il est au palmarès de mes auteurs préférés.

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ibon
  16 septembre 2014
Un titre, "1792", qui annonce un roman historique sur la Révolution française. Mais ce roman est aussi teinté de surnaturel. Cet apport du fantastique ne gâte rien.
Les deux personnages principaux symbolisent le bien et le mal. Cela est judicieusement mis en parallèle avec une France désorientée qui lutte aussi contre ses vieux démons.
Le méchant s'appelle Cornuaud, il souffre d'un mal qui le fait subitement trucider n'importe qui quand il est en crise. Coup de chance pour lui, il arrive souvent à s'en sortir et à masquer ses meurtres dans le Paris à feu et à sang.
Et le gentil s'appelle Emile. Il a une mission qui pour l'instant lui échappe. Il vit dans le bocage vendéen en attendant que ce quelque chose arrive. Il se sent en harmonie avec la nature et voit ce que le commun des mortels ne vit pas: des sirènes, des lutins!. Mais la colère gronde en Vendée et sa mission prend forme...
Ces deux lignes narratives principales sont présentées en parallèle dans ce premier volume où, à n'en pas douter, elles finiront par se croiser par la suite.
Ce livre a l'avantage de faire redécouvrir l'histoire de France grâce à une solide documentation. de plus, le talent de conteur de Bordage n'est plus à démontrer, il tient son lecteur en haleine avec un récit passionnant qui fait tout de même trois tomes. En prime, il fait parler quelques personnages dans un patois vendéen. C'est comme si on y était!

Dans cette période troublée de la Révolution, la lecture de ce roman ressemble tout de même à un parcours semé de cadavres donc âmes sensibles...
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Srafina
  15 novembre 2019
Avec l'Enjomineur, Bordage se lance dans de la fantasy historique au temps de la Révolution française. On assiste à la montée en puissance de la Terreur en 1792 aussi bien en Vendée (terre natale de l'auteur) et Paris : lieu de pouvoir. On sent la fracture entre les deux mondes, l'ancien le nouveau, la monarchie la révolution. Les rancunes, les misères des uns qui n'en peuvent plus de la suprématie des autres poussent le peuple à se révolter avec tous les excès que ça suppose dans les deux parties. Car tout n'est ni blanc ni noir. Chacun cherche à tirer profit des situations, soit pour régler ses comptes, soit pour s'enrichir.
Au milieu de tout cela, il y a Émile, jeune homme attachant, élevé par un prêtre progressiste. On le dit fils de fée, mais il est surtout élevé par ce prêtre à réfléchir par lui même, à lire, à écrire, à raisonner. Il ne veut pas prendre vraiment position entre les deux factions les trouvant aussi extrêmes l'une que l'autre. Il est pour l'égalité entre tous et dans l'humanisme. Mais en lui couve une colère qu'il ne contrôle pas toujours.
De l'autre côté il y a Cornuaud dit Belzébuth de son ancien nom de truand. Né dans le Pays de Retz, bandit, négrier, enjominé par une sorcière vaudou lors de ses périples sanglants. Il incarne le mal, mais on se prend à avoir de la compassion pour lui, car il cherche à se débarrasser de ce qui l'envahit mais retombe sans arrêt dans le noir. Ce qui n'empêche qu'il s'en sort toujours à chaque fois de justesse, roman oblige, plus de méchants plus d'histoire.
Et parmi tout ce beau monde pas joli joli, il y a Perette, jeune fille élevée par Bequette, la guérisseuse. Perette, c'est la beauté, la bonté et l'amour pour Émile. La petite lumière qui éclaire ce monde en furie.
Vivement la suite...
Merci à Nadou pour notre lecture commune, l'amour de l'histoire et de la fantasy nous a réuni autour de cette trilogie que nous ne tarderons pas à continuer pour notre plus grand plaisir.
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Tatooa
  26 septembre 2018
Encore une chouette lecture commune du forum de Trolls !
J'avais été déçue par mon dernier Bordage (dont, fatigue aidant, je ne me souviens même plus du titre). Celui-ci m'a passionnée.
La période trouble de l'Histoire juste après la révolution offre un terrain merveilleux à l'auteur pour bâtir des personnages formidables.
Autant Emile que Cornuaud, les deux personnages principaux, vivent des aventures, chacun de leur côté, à la fois passionnantes et très légèrement fantastiques, rien d'exubérant de ce côté-là. Ce n'est pourtant qu'une mise en place, c'est clair, et à mon avis, la suite devrait nous offrir encore plus d'intérêt.
Emile dans sa vendée natale (d'où vient aussi Cornuaud si j'ai bien suivi), Cornuaud d'abord à Nantes, puis ensuite au coeur de la bataille, à Paris, se retrouvent embarqué, plutôt malgré eux l'un et l'autre, dans le tourbillon de ces années sombres et glauques.
La description de la révolution du point de vue du peuple, paysans, hors-la-loi, traîne-misères, est tellement bien décrite qu'on s'y plonge sans soucis. C'est ultra-violent, les femmes n'étant pas en reste d'ailleurs, et si c'est quelques fois répétitifs, je pense comme Bordage, hélas, que la sauvagerie de l'être humain trouve dans les guerres civiles un terrain on ne peut plus fertile, plus encore que dans les guerres territoriales. Car de qui est-on le plus jaloux, au final, si ce n'est le voisin direct mieux loti (car on n'a tendance à ne voir que lui), qu'on envie en silence...
Bref, quand je me plongeais dans ce livre, j'avais toutes les peines à en sortir malgré mon boulot éreintant en ce moment. Au contraire, comme ça me changeait complètement les idées, j'avais grand plaisir à rester aux côtés de ces héros quelques peu malmenés. (et anti-héros pour Cornuaud).
L'Histoire des sectateurs de Mithra est intrigante, mais reste "filigranique" dans ce premier tome. Je suppose qu'on aura de plus amples détails dans les tomes suivants, qu'il me tarde de lire, maintenant. Alors les amis, quand est-ce prévu pour ??? :)))
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   27 septembre 2018
- Tu vas jamais à la messe. T'as pas peur de mourir en état de péché ?
Berthe se renversa pour lâcher un rire tonitruant.
- Qui qu'est en l'état de péché ? Ma qui va pas à la messe ou tcho grand zirou de Martineau ? Ma qu'ai rien du tout ou tchos-là qui voulant toutes les terres ? L'Seigneur a-t'y point dit qu'o l'était plus difficile à un riche d'entrer dans l'paradis qu'à un chameau d'passer par l'trou d'un aigueille ?
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BazaRBazaR   20 septembre 2018
En cet automne 1791, Paris était une fourmilière prise de démence, un labyrinthe tortueux où se croisaient les idéalistes, les ambitieux, les affairistes, les opportuns, les exaltés, les brigands et les criminels. On ne comptait plus les provocateurs, les émissaires étrangers, les agents doubles, on voyait fleurir les cultes étranges, délirants, qui décelaient dans la révolution les prémices de l'Apocalypse ou prédisaient l'avènement des temps nouveaux.
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BazaRBazaR   24 septembre 2018
Les sessions de l'Assemblée s'achevaient le plus souvent à trois ou quatre heures du matin dans un indescriptible charivari. Les députés s'étaient mis en tête de régir chaque aspect de la vie quotidienne. Armande était une fois rentrée à l'aube en compagnie de Jacques-André: elle avait eu l'impression d'être cernée par une légion de spectres surgis des enfers, faces blêmes, traits chiffonnés, cheveux entremêlés, yeux hagards, vêtements froissés, allures chancelantes...
Si c'est dans cet état qu'ils prennent les décisions importantes, avait-elle songé, la nation ne sera plus bientôt qu'un champ de ruines.
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Nadou38Nadou38   28 octobre 2019
Pélaget reconnut au passage des députés de la toute nouvelle Législative, issus des Clubs des jacobins et des cordeliers. Ceux-là se piquaient tous les jours d'égalité et de fraternité à la tribune de l'Assemblée, mais, hors des Tuileries, ils se hâtaient de singer les manières et les tenues des ci-devant. Des bourgeois gentilshommes, aussi fats et ridicules que le personnage de la pièce de Molière jouée récemment au théâtre de la Nation. La mort de Mirabeau, la tentative d'évasion du gros Capet et de l'Autrichienne avaient pourtant flétri le prestige de cette aristocratie qui tentait, dans les arrière-boutiques et les tripots, de saper la révolution chancelante.
(chap.1)
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Nadou38Nadou38   05 novembre 2019
Une colère folle se déversait en lui, évinçant sa première réaction de panique.
Colère contre lui-même que la curiosité avait entrainé dans cette forêt de malheur. (...) Colère contre les hommes et les femmes de cette assemblée clandestine. Colère contre les prêtres réfractaires qui poussaient leurs ouailles à la révolte. Colère contre les révolutionnaires dont les décrets antireligieux coupaient en deux une nation prompte à se dévorer elle-même. Il n'avait aucune envie d'être victime d'un conflit qui ne le concernait pas. Il n'avait pas de terre à défendre, ni d'idéal patriotique, ni de principe religieux. Il avait seulement cru que la révolution réparerait les injustices les plus flagrantes, bouleverserait les us archaïques, inaugurerait une ère à la fois plus humaine et plus harmonieuse.
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Videos de Pierre Bordage (55) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Bordage
A l'occasion du salon "Les Utopiales" à Nantes, rencontre avec Pierre Bordage autour de leur ouvrage "Inkarmations" aux éditions Leha.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2341397/pierre-bordage-inkarmations
Notes de musique : Youtube Audio Library
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