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ISBN : 2081211696
Éditeur : Flammarion (03/10/2008)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 367 notes)
Résumé :
Jean et Clara devraient bientôt se séparer :
elle regagnerait Versailles, il retournerait dans la clandestinité.
- Pourquoi êtes-vous allé à l'école ? demanda-t-elle.
- Je voulais apprendre.
- Et qu'avez-vous appris ?
- L'alphabet, l'écriture, l'arithmétique... comme tout écolier, je suppose.
- Vous comptiez en faire quoi ?
Il haussa les épaules.
- Je ne sais pas au juste. Ceux qui gouvernent savent,
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Critiques, Analyses et Avis (120) Voir plus Ajouter une critique
TheWind
  10 janvier 2016
Mon premier Bordage.
Mon premier roman uchronique.
Mon premier roman du challenge SFFF 2016.
Tout porte à croire que les premiers seront suivis d'un second, voire même plus !

C'est quoi un roman uchronique ? Peut-être que la réponse est évidente pour vous mais jusqu'à présent, elle était très obscure pour moi.
Alain Grasset explique en préface ce qu'est l'uchronie.
«  Uchronie est un mot barbare qui effarouche tous ceux qui n'en possèdent pas la définition. »
Et il a bien raison, sans ce challenge, j'aurais fui très très loin rien qu'en entendant ce terme !
«  Comme Utopie, lieu qui est nulle part, l'uchronie est un temps imaginaire, une autre Histoire que celle que nous connaissons. »
Ah la je reconnais des mots qui sonnent doux à mon oreille : « Utopie », « imaginaire » et « Histoire ». Chouette alors !
Continuons.
«  le passé est une somme infinie de faits et de gestes, susceptibles de n'avoir jamais existé. La grande question qui régit la science-fiction prend alors toute son ampleur : ET SI ? Les auteurs uchroniques deviennent les Maîtres du Temps, ceux qui réécrivent L Histoire dans une nouvelle version toute personnelle. »
ET SI … ?
En deux mots, tout est dit...
Bon d'accord, je vais tout de même en dire un peu plus !

Et si... les tumultes politiques et sociaux du XIXème siècle n'avaient finalement pas abouti à l'instauration définitive de la République ?
Et si la Seconde Restauration, avènement des Orléans, s'était durablement installée ?
Et si Gambetta et Jules Ferry avaient été assassinés parce qu'ils voulaient une école pour tous ?
Et si Versailles, berceau de la monarchie absolue, continuait à briller et à imposer ses vieilles lois au peuple de France et à garantir des traditions qui empêchent le progrès ?
C'est cela qu'a imaginé Pierre Bordage dans ce roman de littérature jeunesse :
Nous sommes en 2008 et nous vivons dans un monde à deux vitesses avec d'un côté une noblesse nantie qui seule peut profiter des avancées technologiques et de l'autre côté « les cous noirs », les pauvres obligés de ployer l'échine et auxquels on interdit tout accès au savoir.
D'un côté, Clara, fille de l'Argentier du roi. Elle est noble, riche et doit épouser le fils d'une famille prestigieuse.
De l'autre coté, Jean, un « cou noir », qui doit travailler dur pour gagner sa vie et nourrir sa famille.
A première vue, ils sont si différents..Et pourtant, tous deux rêvent...
Clara rêve de liberté, de voyage, d'explorations nouvelles. Quant à Jean, il suit les cours d'une école clandestine et rêve d'un monde meilleur.
Bien sûr, vous vous doutez bien que ces deux-là, au-delà de tout ce qui les sépare finiront par se rencontrer et noueront un profond attachement. Je n'en dis pas plus...
Ce roman peut séduire bien des jeunes lecteurs car il ménage bien le suspense et se lit vraiment très bien ! L'histoire à multiples rebondissements est captivante et on suit avec beaucoup de plaisir les péripéties et déconvenues des deux héros si attachants.
Mais ce n'est pas seulement un roman distrayant, il amène également une certaine réflexion sur les valeurs transmises par la Révolution et met particulièrement l'accent sur les lois de l'école promulguées par Jules Ferry.
Bien des enfants pourraient crier de joie si on leur apprenait que l'école leur devenait interdite ! Mais imaginent-ils seulement les conséquences réelles d'une telle situation ?
Pierre Bordage s'est essayé à imaginer un tel monde...et cela fait froid dans le dos !!

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lyoko
  29 décembre 2015
Quand la révolution française est étouffée dans l'oeuf et que les choses ne se passent pas comme nous les connaissons.
En 2008, la royauté existe toujours.
Bordage, nous narre une belle uchronie ou seules les classes aisées ont droit à l'enseignement. Jean, jeune homme issu de la classe ouvrière prend part à l'école clandestine, alors que Carla vivant dans une famille extrèmement riche ne voit aucun intérêt à ses études. Sa vie et son éducation sont vouées a ce qu'elle fasse un beau mariage.
Mais l'histoire fera se rencontrer ces deux jeunes ados....
Bordage signe ici un roman jeunesse (mais pas que ;) ) qui porte une fois de plus à la réflexion. Ses thèmes de prédilections y sont nombreux comme la liberté, la résistance, l'espoir sans oublier l'éducation (et bien d'autres)
Cette éducation qui a elle seule pourrait donner un grand pouvoir au peuple. Mais il est bien facile aux dirigeants de mener un troupeau de moutons analphabètes.
J'aime beaucoup ce style de roman qui porte à réfléchir et qui décrit un passé ou un avenir plausible.
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latina
  29 août 2015
Attention à vous si vous êtes un « cou noir », les « asticots » ne demandent qu'à vous exterminer !
Mais qu'est-ce que je raconte... Cela ne risque pas de vous arriver, car vous êtes instruit, vous surfez sur Internet sans crainte, vous mangez à votre faim, vous êtes considéré par vos dirigeants, vous pouvez vous marier avec qui vous voulez.
Jean, lui, vit en 2008. En France. Près de Paris. Mais il est obligé d'apprendre à lire dans une école clandestine. Son père tente de faire vivre sa famille tant bien que mal en se louant comme journalier. Sa mère et ses soeurs entretiennent leur pauvre maison.
Clara, elle, est sa contemporaine. Elle habite Versailles. Sa famille est riche, très riche. Mais Clara est prisonnière de sa condition. Elle va devoir se marier avec un noble. Obligée, oui, sauf s'il arrive un événement inattendu. Nous sommes en 2008.
.....
Voilà ce qui arriverait si la Révolution Française avait été étouffée dans l'oeuf.
Les « cous noirs », càd les paysans, les ouvriers, les sans-instruction, maintenus de force dans cet état abrutissant, courberaient encore le dos, à l'ère de l'électricité, des avions, d'Internet. Ils seraient surveillés, jetés dans des prisons ignobles, torturés, tués par les « asticots », ces fameux gendarmes en blanc à la solde du Roi et des riches. Riches eux-mêmes prisonniers de la sacro-sainte Tradition, englués dans leur esprit conservateur, où les femmes n'ont aucun droit, finalement, si ce n'est de faire des enfants et de permettre des alliances entre grandes familles. Où l'Internet est contrôlé, censuré. Où l'esprit est cadenassé.
Ce roman, cette uchronie bourrée de rebondissements et aux nombreux clins d'oeil historiques, à l'écriture plaisante mais aux raccourcis un peu trop « gros », nous permet de réfléchir à l'asservissement des masses par la richesse et l'instruction.
Science-fiction, oui...mais finalement, pas si éloignée que ça de notre réalité, ou du moins de la réalité de certains pays que nous connaissons bien. Grâce à notre instruction et à Internet.
Bon petit roman qui pourrait inciter la jeunesse à étudier...
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Foxfire
  29 mars 2016
"Debout, les damnés de la terre !
Debout, les forçats de la faim !"
La Révolution de 1789 a échoué. L'esprit des Lumières n'a pas pénétré le Royaume de France. Liberté, Egalité, Fraternité sont restés de vains mots et la France reste en 2008 une société de classes où l'instruction est réservée à une élite. Dans cette France où la naissance détermine toute une vie, les destins de Jean, le "cou noir" et Clara, l'aristocrate rebelle, vont se croiser dans une lutte pour un même idéal de justice et de liberté.
"Ceux qui sauront" est le 1er tome d'une trilogie mais le roman est suffisamment abouti pour se suffire à lui même.
Plutôt destiné à un public adolescent, le roman pourra séduire un large lectorat. le récit n'est pas exempt d'une certaine naïveté dans le propos et de quelques facilités. On n'échappe pas à un certain manichéisme. Les personnages principaux sont un peu attendus.
Cependant, cet hymne à l'esprit de résistance est très plaisant. Bordage a un indéniable talent de conteur. Ses personnages, malgré leur manque d'originalité, sont très attachants. le récit est enlevé, les péripéties s'enchaînent à un rythme effréné. L'auteur sait insuffler à son récit un souffle qui emporte le lecteur dans un torrent d'émotions jusqu'à un dénouement intense et intelligent.
Déclaration d'amour à l'école, hymne à l'esprit révolutionnaire, "ceux qui sauront" est une jolie uchronie à l'univers parfaitement dépeint. Un roman qui touche le coeur, une lecture euphorisante qui donne envie de se lever, de se révolter, d'espérer, de chanter.
"Foule esclave, debout ! Debout !
Le monde va changer de base.
Nous ne sommes rien, soyons tout !"
Challenge Multi-Défis 2016 - 20 (un livre dont le titre ne comporte pas d'article)
Challenge Pierre Bordage - 1
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domisylzen
  28 juin 2018
C'est drôle comme un mot dont vous n'avez jamais entendu parlé pendant près de soixante ans, d'un seul coup se présente à vous à tout bout de champ. Ici c'est le mot uchronie. J'en faisait la remarque à un membre par lequel je ne savais pas ce que cela voulait dire il y a quelques semaines et paf je prends un bouquin à la médiathèque et pil poil j'ai la définition sur la première page. Trop fort camarade.
Uchronie, que l'on pourrait traduire en gros par : et si.
Et si l'histoire avait été différente.
Et si la royauté avait repris les rênes (reines ?) de la France.
Et si Versailles en était la capitale.
Et si les gens d'en haut gardaient le savoir rien que pour eux.
Et si les donzelles faisaient toujours des mariages arrangés par les parents dans le but de garder et d'accroître leur pouvoir.
Et si les gens d'en-bas en étaient réduits qu'à n'être que des esclaves.
Merde je ne pourrai pas écrire cette critique puisque je n'aurai pas eu accès à l'éducation.
En fait je n'aurai même pas pu lire ce livre.
En vrai je ne saurai même pas ce qu'est qu'un livre.
Je passerai peut-être mon temps à lutiner des demoiselles dans des meules de foin ?
Chacun en tirera les conclusions qui s'imposent.
Pierre Bordage se livre ici à une autre histoire de France. Une histoire ou s'entremêlent les destins de Clara et Jean.
C'est l'écriture, le rythme qui fait toute la différence, qui donne de l'attrait à ce livre. Comme d'habitude je me suis laissé embarquer sans réfléchir m'appuyant sur le phrasé mélodieux de cet écrivain.
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
lyokolyoko   28 décembre 2015
"Nous ne sommes pas libres, nous ne sommes pas égaux, nous ne sommes pas fraternels. Nous avons transporté dans notre siècle les maux qui caractérisaient l'ancien régime, l'ordre social, l'injustice, la peur, la misère, l'ignorance, la famine. Depuis plus d'un siècle, depuis l'assassinat de Gambetta et l'exécution publique de Jules Ferry, la grande majorité de la population n'a pas accès au progrès dont bénéficient la noblesse et la grande bourgeoisie..."
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SiabelleSiabelle   18 août 2016
Clara ne répondit pas. Les larmes coulèrent silencieusement sur ses joues. Elle était perdue. Elle ne reverrait jamais Jean.
- Nous n'ignorons rien de ce qui se passe dans le royaume, reprit le cafard - il méritait bien son surnom celui-là, avec sa tête tout en arêtes et en creux, avec ses cheveux bruns et clairsemés, avec ses yeux renforcés sous ses arcades saillantes; l'autre, en comparaison, était nettement plus agréable à regarder, cheveux blonds, yeux bleu marine, tête encore enfouie dans les rondeurs de l'enfance. Vous croyiez peut-être que nous n'avons pas accès au réseau clandestin ? Nous avons des yeux et des oreilles partout. Nous avions aussi nos yeux et nos oreilles chez le dénommé Portarius. Au fait, savez-vous qu'il était le rejeton d'une noble famille, et qu'il a été chassé de chez lui à cause de ses idées subversives ? Il a cherché à se venger des siens, il a adopté les thèses terroristes avant de s'intéresser à ce réseau pirate qui promeut une fraternité factice.
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SiabelleSiabelle   14 août 2016
- Pourquoi vous intéressez-vous subitement au réseau de communication ? Vous n'en aurez guère besoin quand vous serez mariée.
- Je ne suis pas pressée de me marier. Et puis, comme je n'ai plus accès à vos cours, il me semble que c'est une autre façon d'apprendre, de découvrir...
Le précepteur réfléchit, la tête penchée, les yeux rivés sur le bureau.
- Certaines connaissances peuvent être dangereuses, ma-
demoiselle, dit-il à voix basse.
- Je suis prête à prendre des risques.
Il hocha la tête. Une flamme nouvelle brillait dans son re-gard, comme lorsqu'il parlait des Indes et des autres empires lointains.
- Je ne suis pas un grand spécialiste, mais je connais quelqu'un qui pourrait vous guider dans les arcanes du réseau.
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basileusabasileusa   14 mars 2013
Le cours du progrès s'était arrêté en 1882,ou plutôt,à partir de cette date,les classes gouvernantes l'avaient annexé à leur seul profit. Elles avaient interdit l'école aux enfants du peuple,maintenu les inventions et l'énergie à un prix tellement élevé qu'elles étaient réservées aux seuls gens fortunés.Pourquoi avaient-elles ainsi refermé les classes laborieuses dans l'ignorance ? Quel était leur intérêt de bloquer le progrès ?
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MarcBibliothecaMarcBibliotheca   15 juin 2010
Jean et Clara devraient bientôt se séparer : elle regagnerait Versailles, il retournerait dans la clandestinité. Pourquoi êtes-vous allé à l'école ? demanda-t-elle.
- Je voulais apprendre.
- Et qu'avez-vous appris ?
- L'alphabet, l'écriture, l'arithmétique... comme tout écolier, je suppose.
- Vous comptiez en faire quoi ?
Il haussa les épaules.
- Je ne sais pas au juste. Ceux qui gouvernent savent, alors je pensais que c'était bien de savoir. Que ça améliorerait ma vie. Et si le passé avait été différent, quel serait notre présent ? Un monde scindé en deux. Les riches détenant le savoir, les pauvres condamnés à l'ignorance. Il y a ceux qui acceptent, s'oublient dans le silence. Mais il y a ceux qui se battent pour qu'une société plus juste émerge enfin.
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