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ISBN : 2253092908
Éditeur : Le Livre de Poche (04/01/2017)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 70 notes)
Résumé :
En 1997, Robert Lubisch vide la villa familiale à la suite du décès de son père, un riche industriel qui a fait fortune dans les années d'après-guerre.

Parmi ses papiers, il trouve une carte d'identité SS au nom d'un inconnu et la photographie d'une très belle femme.

Quel est le rapport avec son père ? Lui, l'homme si parfait, si lisse, avait-il des secrets à cacher ? Il essaie d'en savoir plus et fait la connaissance d'une journalist... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  08 janvier 2017
"Toutes les familles possèdent, dit-on, d'épaisses strates de silence tendu, des souffrances engluées dans des secrets cachés bien au fond de belles armoires à linge. » (Philippe Claudel)
Ce n'est pas dans une armoire mais dans une boîte à cigares que le médecin allemand Robert Lubisch découvre à la mort de son père, l'homme d'affaires Friedhelm Lubisch, une carte d'immatriculation SS au nom d'un inconnu, Wilhem Peters, un laissez-passer, un certificat de libération d'un camp de prisonniers de guerre ainsi que la photo d'une belle inconnue. Pendant quelques mois Robert laisse sa découverte de côté mais ce petit grain de sable a priori insignifiant dans son existence bien réglée ne tarde pas à faire son effet. « L'idée que ce père si droit, si irréprochable, ait pu cacher un secret ne déplaisait pas à Robert. Peut-être allait-il enfin découvrir une faiblesse, une faille à ce modèle si parfait auquel il avait été confronté pendant tant d'années. Robert sourit. Quelle libération ce serait pour lui de pouvoir donner à ce père tout puissant une dimension plus humaine! Il avait envie de savoir. Rien que pour lui-même ».
Trois mois plus tard, Robert décide de se rendre dans la petite ville de Kranenburg où le portrait de l'inconnue a été réalisé, retrouve le nom de la femme et la maison où elle résidait pendant la guerre. En confiant la nature de sa quête à la nouvelle locataire du lieu, une journaliste tenace du nom de Rita Albers, Lubisch ne se doute pas qu'il a ouvert la boite de Pandore et que son secret ne lui appartient plus. La journaliste cherche, interroge et le drame arrive."Secret de deux, secret de Dieu . Secret de trois, secret de tous. » En voulant tuer le Père, c'est tout un village qu'il a réveillé.
Les secrets de famille en temps de guerre sont pain bénit pour les romanciers, et on les adore dans Purge de Sofi Oksanen ou Flétrissure de Nele Neuhaus. Rompre le silence commence d'une manière relativement abrupte et quelque peu déconcertante, mais trouve rapidement son rythme de croisière, de l'enquête journalistique et policière aux incursions dans les années 30 et 40. Mechtild Borrmann dresse le portrait saisissant d'une petite ville allemande où la montée du nazisme puis la guerre exacerbent les sentiments et les passions. Avec elle, point de révélations tonitruantes, de manichéisme facile et de suspens haletant. L'intrigue chemine lentement mais sûrement à l'image de ses protagonistes qui tâtonnent et s'obstinent. Le vrai héros de Rompre le silence est finalement le secret qui comme un virus, passe de métabolisme en métabolisme, grandit, et devient incontrôlable. On le pressent dès le début du roman, Robert Lubisch ne peut faire marche arrière quand le doute est semé. On aurait bien envie de lui dire pour le réconforter cette phrase tirée des Pensées de Blaise Pascal "Console toi. Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé. »
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Annette55
  08 mai 2017
Une enquête relayée par une journaliste, menée à la suite d'un décés ,par hasard ou par simple curiosité ?, une carte d'identité SS trouvée dans une boîte à cigares en bois sombre délicatement veiné, au nom d'un inconnu, et surtout la photo d'une très belle femme !
Quel est le rapport avec le père de Robert Lubisch, décédé en 1997, un industriel qui a fait fortune dans les années d'après guerre ?
Nous voici plongés entre passé et présent, au coeur des années 40 , parmi un groupe d'amis que le nazisme et la guerre vont séparer.
Nous remontons le temps , dans l'angoisse de ces années - là et la découverte d'une vie inconnue à Robert Lubisch.....
Surtout pour lui, l'envie de comprendre et de cerner ce père : "Peut--être allait-il enfin découvrir une faiblesse, une faille à ce modèle si parfait, auquel il avait été confronté pendant tant d'années?"
Ce roman carrefour où se croisent petite et grande histoire : peurs, jalousies, choix d'appartenance ou non au régime totalitaire de cette Allemagne, amours interdites , compromissions, vies sociales altérées , soif de vengeance, trahisons, besoin de fuir, très lourd secret familial,, recherche du pouvoir ,difficulté d'assumer le passé......
Oú est le bien et le mal ?
L'acceptable et l'humain au coeur de l'Allemagne de ce temps -là .......n'en disons pas plus !
Une histoire trouble sans clichés, simple et efficace , sans pathos , ni leçons qui nous renseigne au plus près sur les dégâts , l'influence du national socialisme sur un groupe de jeunes adultes dans la tourmente de l'histoire .
Une enquête sobre et émouvante,
Une quête de vérité et de libération passionnantes à dominante historique , un secret familial, un ouvrage plus documentaire qu'une enquête policière!
Remarquable !
Mais ce n'est que mon avis
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frconstant
  28 avril 2017
Vider la maison familiale après le décès du Père, c'est, pour Robert Lubisch, ressentir la nécessité de remonter le temps et s'enfouir dans l'angoisse, la peur de la découverte d'une vie qui lui était inconnue. L'envie de comprendre, de cerner ce père avec lequel il a quelques contentieux n'est pour lui déplaire. *"Peut-être allait-il enfin découvrir une faiblesse, une faille à ce modèle si parfait auquel il avait été confronté pendant tant d'années." *
Par hasard, il a trouvé, dans les papiers de ce père, riche industriel s'étant bâti une fortune dans l'industrie d'après-guerre, une carte d'identité SS au nom d'un inconnu et la photographie d'une très belle femme qui n'est pas sa mère. Pourquoi? Son père, cet homme parfait, lisse et bienfaiteur honorable avait-il un passé, une part d'ombre à cacher?
Et Mechtild BORREMANN de nous embarquer dans une enquête ouverte par le fils, relayée par une journaliste et finalement menée par le Brigadier-chef de police Karl van den Boom. Ce Karl en est sûr, dans la vie, il faut se hâter lentement. L'efficience réside dans la capacité à placer le temps et les faits en pause pour écouter ce qu'ils ont à dire plutôt que de fournir des réponses précipitées à des questions non encore formulées. Toute une philosophie, un art de vivre!
Sous la belle plume de Mechtild BORREMANN à qui on doit aussi 'Le Violoniste' et sans précipitation, on suit ce récit, plus une quête de vérité et de libération qu'une enquête policière.
Les personnages, Thérèse, Wilhelm, Leonard, Jacob et les autres ont tous la vingtaine au début de la seconde guerre. Ils ont la fougue, la richesse et la faiblesse de ces jeunes croyant l'amitié durable, prêts à se jurer fidélité et n'imaginant pas combien les peurs, la jalousie, l'amour ou la recherche de pouvoir vont les désunir dans ce temps de choix d'appartenance - ou non - au régime totalitaire de cette Allemagne nazie partant en guerre.
Bien de sujets sont ici abordés comme des faits de vie, des existences qui s'enferment ou se libèrent dans le quotidien non banal de l'époque. Ce roman devient un carrefour où se croisent les petites histoires dans la grande Histoire, les vies sociales tricotées et détricotées par les idées politiquement correctes qui évoluent selon les phases du conflit, les amours admises ou non, les adhésions aux insignes du pouvoir et les compromissions qui en découlent, la résistance et le devoir de désobéissance à l'Ordre, les trahisons, la délation, la soif de vengeance, le besoin de fuir et la difficulté d'assumer le passé et de le maintenir sous le boisseau.
Loin du suspense d'un thriller, l'auteure Mechtild BORREMANN nous plonge au coeur d'une humanité rurale en guerre. Où est le bien? le mal? le juste, l'acceptable, l'Humain?
Ce sera au lecteur de s'en faire une idée et, peut-être, comme le brigadier-chef Karl, de trouver en lui la sagesse de 'pauser' le temps et les faits pour en comprendre les dynamiques avant de juger.
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Lucilou
  13 octobre 2018
Roman allemand présenté comme un roman policier (il a d'ailleurs obtenu un prix prestigieux en Allemagne) mais cette étiquette est très réduite. C'est bien plus qu'un roman policier: c'est un roman historique, de celui qui met en scène les acteurs méconnus, les petites gens aux prises avec L Histoire. C'est un incroyable roman d'Amour. C'est un roman sur le temps qui passe aussi, sur la jeunesse, sur la culpabilité. C'est un roman incroyablement humain. Un roman beau qui m'a parfois serré la gorge et noué l'estomac. Un roman que j'ai envie de voler à qui me l'a prêté et que je finirai par m'offrir avec la ferme intention de le faire lire au plus de monde possible.
En 1997, Robert vient de perdre son père, un riche industriel dont il n'était pas très proche. Il vide la maison familiale. Parmi les papiers soigneusement conservés dans le bureau, il trouve une carte d'identité SS au nom d'un inconnu et la photo d'une femme dont la beauté le frappe. le fils s'interroge. Son père, cet homme de fer intimidant, ne cachait rien en apparence. Se pourrait-il que ce document et cette photo soient les signes d'un lourd secret... appartenant au passé, à cette guerre qui a fait tant de mal? Il décide de mener sa propre enquête... En parallèle, l'Allemagne de 1939. Nous sommes dans un petit village et ils sont six amis qui au terme d'une après midi de travail dans des champs inondés de soleil se promettent d'être ami pour toujours. Il y Thérèse, la fille du médecin; Léonard, l'intellectuel épris de poésie et un peu trop maigre; Wilhem, souriant et blond; Hanna la discrète fille d'agriculteurs; la pétillante Alwine et son frère Jacob. Ils se font une promesse mais le nazisme et la guerre sont à leur porte et plus rien ne sera comme avant.
Les deux histoires vont se croiser, nouer des fils et en rompre d'autres, le présent cherchant à réunir les pièces éparses du passé et cela ne se fera pas sans drame... Jusqu'à la chute finale.
C'est simple: je n'ai pas pu lâcher le livre une fois commencé. C'est grâce à cette astuce d'auteur résolument maline (et mauvaise pour le sommeil des lecteurs du soir): les chapitres sont très courts, on peut toujours en ajouter un puis un puis encore un autre. Mais c'est aussi et surtout grâce à l'histoire. Elle tient en haleine. Nous sommes comme Robert, on a l'envie de savoir et de comprendre chevillée au corps et au coeur. On passe d'une époque à l'autre avec impatience. Presque avec rage. On en sort harassés, bouleversés, tristes. Il y a tellement de noirceur dans ce livre mais tellement d'amours (la pluriel est volontaire) et de lumière aussi. Des secrets douloureux dont on ne peut être certains que leur révélation fasse du bien aux personnages... Et ces personnages, parlons en. D'une humanité à pleurer et on voudrait s'attacher aux pas de certains pour très longtemps.
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isalef95
  17 février 2015
Beau moment de lecture faite d'aller retours bien imbriqués entre la narration contemporaine (où l'on pose l'enquête d'ordre journalistique puis d'ordre policière), et les souvenirs de l'époque (où tout s'est noué).
En fait, l'intérêt du livre n'est pas dans l'intrigue policière comme tout polar qui se respecte... même si la fin réserve un vrai rebondissement dans la résolution de l'enquête.
Ce livre restera surtout pour moi une chronique douce-amère d'un groupe de jeunes gens à l'approche du conflit mondial le plus terrible de l'histoire contemporaine, qui va évoluer vers un climat délétère, hostile voire haineux dans lequel l'amitié ou l'amour seront des barrières bien dérisoires.
(lecture dans le cadre du jury euro-polar 2014 de la Médiathèque Desnos)
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
isalef95isalef95   17 février 2015
Beau moment de lecture faite d'aller retours bien imbriqués entre la narration contemporaine (où l'on pose l'enquête d'ordre journalistique puis d'ordre policière), et les souvenirs de l'époque (où tout s'est noué).
En fait, l'intérêt du livre n'est pas dans l'intrigue policière comme tout polar qui se respecte... même si la fin réserve un vrai rebondissement dans la résolution de l'enquête.
Ce livre restera surtout pour moi une chronique douce-amère d'un groupe de jeunes gens à l'approche du conflit mondial le plus terrible de l'histoire contemporaine, qui va évoluer vers un climat délétère, hostile voire haineux dans lequel l'amitié ou l'amour seront des barrières bien dérisoires.
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Annette55Annette55   08 mai 2017
"L'histoire, facile à penser, difficile à voir pour tous ceux qui la subissent dans leur chair .."
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rkhettaouirkhettaoui   22 août 2014
D’abord, elle refusa de les voir et ferma les yeux pour tenter de leur échapper. Mais sous ses paupières, les souvenirs continuaient de se bousculer dans le désordre, incontrôlables. Un élancement, fin comme de la soie mais terriblement tranchant, lui traversa le corps. Elle savait ce que cela signifiait. Le cœur battant, elle avait déjà ressenti une douleur identique après son entretien téléphonique avec Hanna. Le temps qui l’avait oubliée la rattrapait brutalement et l’étouffait d’anciennes images. Sur les eaux tranquilles de la mer, la lumière orange d’un porte-conteneurs se déplaçait lentement, signe que le temps ne s’était pas arrêté. Ce calme. Cette indifférence.
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isalef95isalef95   07 janvier 2015
Thérèse cherchait à se remémorer le ciel de ce jour d'été. Avait-il vraiment été aussi infini qu'elle se l'imaginait à présent ? Assez vaste pour abriter la confiance naïve de six jeunes gens ? Quelques semaines plus tard, elle le savait avec certitude, ce ciel avait été tout autre. Quand elle s'était rendue à la gare, tôt le matin, pour faire ses adieux à Jacob et à Léonard, alors que le mot "guerre" s'élevait de toutes les tables et se mettait en marche, le ciel était bas et évoquait l'intérieur d'une coquille d'huître : un peu de vieux rose et de violet transparaissait encore sous les nuages couleur argent et gris acier.
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frconstantfrconstant   28 avril 2017
Le fait de savoir que d'autres ont souffert bien plus que vous ne vous ôte pas votre souffrance.
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