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EAN : 9782707137760
128 pages
Éditeur : La Découverte (13/06/2002)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Primo : la communication n'est pas une science ; on parle des sciences et non d'une science de la communication. Elle est au carrefour de disciplines classiques : philosophie, histoire, sciences sociales, auxquelles elle emprunte un corpus théorique. Secundo : qui dit avènement de la société de communication dit révolution technologique, Internet et nouvelles problématiques liées à la montée en puissan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sivoj
  27 juillet 2016
L'auteur tente de son mieux de vulgariser par métaphore et parfois par des traits d'humour, mais rien n'y fait, c'est le contenu même de ces "sciences" qui me pose problème ; l'auteur admet lui-même qu'elles « remplissent mal les critères de la scientificité », que « leur sujet se prête difficilement à une élaboration rigoureuse », c'est un travail « sans données empiriques » et l'auteur va même jusqu'à prétendre :
« L'idée d'une méthode est certes rassurante mais illusoire. [...] les mêmes qui insistent le plus sur la méthodologie sont souvent ceux qui apportent le moins à la recherche [...] nos SIC offrent aux chercheurs et pour cette raison même mille occasions d'une randonnée créative, qui passe aussi par le jeu, par l'image et le maniement quelques bonnes métaphores. »
Il a beau dire :
« notre interdiscipline propose aux sciences sociales déjà constituées un croisement de leur problématiques [...] en circulant entre les raisons locales de la sémiologie, de la psychologie sociale, de l'histoire ou de l'informatique »
Ça ne ressemble pas à un croisement de disciplines mais à un immense fouillis.
Des mots qui ont un sens spécifique dans une discipline spécifique sont tous mélangés dans la même soupière ; l'auteur fait sa petite tambouille lexicale ; ainsi il nous propose un lexique en fin d'ouvrage (magnanime de sa part) dans lequel figure à la fois les définitions de "Symbolique" selon le psychanalyste Jacques Lacan, "Signifiant" selon le linguiste Ferdinand de Saussure, "Phatique" selon l'écrivain philosophe Régis Debray, "Analogique" selon le psychologue Watzlawick, et je passe sur Freud ou sur les petites définitions sémiologiques ou philosophiques qu'on rencontre au cours du livre. En résumé, il n'y a pas un système cohérent mais une accumulation de bribes d'informations empruntées à différentes disciplines et entassées sans unité aucune.
Partant de là, nos SIC consistent à élaborer des concepts abstraits en rapports avec la communication, mais qui ne s'appuient sur aucune donnée scientifique, qu'on ne peut pas prouver, et qui ne présentent aucune application pratique ; ça ressemble bien à la psychanalyse Freudienne présente dans cet ouvrage du début à la fin, un tas d'interprétations sans valeur.
Charlatanerie assumée :
« Il faut donc que notre communication demeure cette chose turbulente et vague, de laquelle il n'y a ni science ni technique, mais qui surplombe ou cadre la plupart de celles-ci. On n'abordera pas ce domaine sans être un peu sorcier, ou artiste ; et de fait la « communication » s'accumule, ou est à son comble dans la relation interpersonnelle, dans la psychanalyse, dans l'art ou le marketing publicitaire ou politique, qui ne relèveront jamais, quoi qu'en pense certains, d'une technique adéquate ni d'une routine programmable. »
Je trouve ça navrant ; imaginez si Newton s'était dit "Bon, la gravitation doit rester cette chose vague et turbulente, sans science ni technique, à son comble dans la physique, l'architecture, le sport ou la guerre, il faut être un peu sorcier pour l'aborder et ça ne fera jamais l'objet de technique adéquate", autant dire qu'on serait pas près d'envoyer un satellite dans l'espace...
L'auteur est philosophe, d'ailleurs, pourquoi vient-il s'occuper de ces sujet là ? Je ne suis pas imperméable à la philosophie mais celle-ci devrait s'occuper d'éthique, de morale, de politique ou de quête du bonheur, des choses subjectives quoi, et laisser les sciences aux scientifiques, seuls à même d'apporter des réponses. Quant aux pseudo-sciences vrai-attrape-gogo comme la psychanalyse, elles sont tout à fait nuisibles à tout progrès scientifique ; je trouve donc révoltant d'en faire la base des "sciences" de la communication...
Avant de finir voici un florilège de mépris de l'auteur pour le déterminisme et les démarches scientifiques :
« Comment, sans tomber dans un déterminisme sommaire, décrire les enchevêtrements entre nos outils et nos performances symboliques ? »
« Plusieurs écueils et malentendus menacent nos recherches [...] La question principale tourne autour du déterminisme. [...] les ruses de la causalité techniques ne sauraient être linéaire dans les champs psychologiques, symboliques ou sociaux. [...] On corrigera ce discours exagérément mécaniste. »
« Il importe de désaccoupler nos objets techniques d'une filière ou filiation trop durement scientifique »
« Deux écueils menacent une médiologie [...] : celle-ci doit se garder du réductionnisme ou du déterminisme technique »
Vous l'avez compris, le grand méchant déterminisme, trop scientifique, ne saurait s'appliquer à nos "sciences" de la communication. Mais si vous voulez rire (ou pleurer), sachez que notre Daniel Bougnoux qui ne doute de rien, crée sa propre forme de causalité, loin d'un déterminisme trop vulgaire pour sa grandeur philosophique ; selon lui :
« [la causalité] négative se borne à constater que « si non-A, alors non-B » »
Voilà qui résume bien cet ouvrage ; un enchainement de sophismes. Je ne sais pas si je dois en blâmer l'auteur, le contenu de cette discipline, ou les deux. Quoiqu'il en soit, cette fête aux généralisations péremptoires m'aura appris bien peu, mais aura eu le mérite de me faire réfléchir à tous les sujets sur lesquels je suis en désaccord ; pas sûr cependant que ce soit le but.
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Donofic
  26 mars 2020
Une lecture intéressante pour les profs docs qui n'ont pas suivi de formation universitaire en info-com ; pour les autres, ils n'apprendront sans doute pas grand-chose.
Il s'agit donc d'une introduction à ce que l'auteur décrit comme une "interdiscipline" : les sciences de l'information et de la communication (le titre est plus restrictif, mais l'ouvrage porte bien sur les SIC).
Daniel Bougnoux présente des notions et concepts, par le détour des auteurs. Certains m'étaient familiers, notamment en linguistique, et j'en ai découvert plus encore, le tout bien expliqué et illustré par des exemples concrets. Cela me permet d'y voir un peu plus clair dans cette "interdiscipline" sur laquelle s'appuient les profs docs pour former les élèves à l'info-doc : en tout cas, ça m'ouvre pas mal d'horizons.
Deux bémols toutefois. D'une part, le dernier chapitre (sur la mondialisation) est peut-être le moins passionnant – encore qu'il offre des réflexions intéressantes – puisque le livre, publié en 2001, ignore l'évolution d'internet en ce début de XXIe siècle. D'autre part – et surtout –, les quelques références à la psychanalyse (qu'on retrouve aussi en linguistique, d'ailleurs) me posent problème : difficile d'être convaincue par des idées qui se fondent sur une pratique de charlatans. Heureusement, ce ne sont que quelques passages qui sont concernés.
Mais enfin, on peut faire la part des choses et, l'un dans l'autre, je ne regrette pas du tout ma lecture. Ça m'aide dans ma formation de prof doc, c'est sûr !
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helo1807
  29 décembre 2012
Un ouvrage très bien fait qui permet une première approche aisée et pertinente des Sciences de la communication. L'organisation générale est précise, tout est divisé en petits chapitres; les paragraphes sont courts et bien conduits : arguments et exemples bien choisis aident à suivre la pensée de l'auteur. C'est en fait une introduction aux notions, pensées et auteurs essentiels de ce domaine.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
helo1807helo1807   16 décembre 2013
nation = portion horizontale de la croute terrestre délimitée par des frontières entre lesquelles ses habitants tissent d’incessantes communications ; à la verticale, l’accumulation + la transmission d’une culture, d’une histoire partagée et d’une profondeur de temps pourvoyeuse d’identité
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helo1807helo1807   16 décembre 2013
toute communication présente 2 aspects : le contenu et la relation, tels que le 2nd englobe le 1er et par suite est une métacommunication
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helo1807helo1807   16 décembre 2013
La métaphore est au cœur de la connaissance comme de la relation intersubjective
Percevoir consiste à interpréter et à adapter sa culture (cloture) au monde de l’autre
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helo1807helo1807   16 décembre 2013
Espace public = espace d’identification mutuelle. Entre ces 2 mondes, l’école forme le citoyen
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DubsjpDubsjp   04 août 2020
On appelle information un énoncé ou un message d’intérêt supposé général, et qui émane de l’ordre anonyme du monde, alors que la communication provient d’entreprises ou de groupes identifiables et sert à l’évidence des intérêts particuliers.
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Video de Daniel Bougnoux (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Daniel Bougnoux
?Shakespearemania?, avec Daniel Bougnoux et François Laroque .Échange follement littéraire entre l'anti-stradfordien Daniel Bougnoux, auteur de « Shakespeare. le Choix du spectre » (Les Impressions nouvelles) et l'angliciste François Laroque, auteur du « Dictionnaire amoureux de Shakespeare » (Plon). Débat mené par Antoine Perraud pour Mediapart.
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>Sciences sociales : généralités>Interaction sociale>Communication (170)
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