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EAN : 9782226431783
624 pages
Éditeur : Albin Michel (03/09/2018)
3.76/5   166 notes
Résumé :
« Nous nous réfugions dans des terreurs pour de faux afin d'éviter que les vraies nous terrassent, nous gèlent sur place et nous empêchent de mener notre vie quotidienne. » Stephen King

Depuis Carrie jusqu'à Sleeping beauties, Stephen King, l'écrivain à l'imagination débordante et à l'inégalable talent de conteur, a redéfini le genre de l'épouvante et du fantastique. Qui mieux que lui pouvait disséquer la structure, les origines, les influences de ce ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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sur 166 notes
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Pavlik
  09 juillet 2014
Anatomie de l'horreur (je parle ici du tome 1) a une grande force qui est aussi sa faiblesse : Stephen King. le maître nous y livre ses réflexions sur le genre horrifique, ses influences, son enfance et comment il en est venu à aimer ce genre et à faire de la production d'oeuvres qui s'en réclament son métier. C'est n'est donc pas un essai au sens académique qu'il nous propose. La structure est aléatoire, bien que suivant un fils chronologique. L'intérêt tiens donc essentiellement dans la subjectivité de son auteur. Mais parce que c'est King qui le dit c'est (la plupart du temps) passionnant.
Par exemple son analyse de trois archétypes incontournables, le vampire, le loup-garou et le "monstre sans nom" (type Frankenstein) ; ou encore sa vision du processus menant à la terreur et les différents niveaux qui en découlent ; également ses réflexions sur la fonction éminemment conservatrice de l'auteur d'horreur qui serait là pour nous montrer, à un niveau collectif, ce qu'il en coûte de franchir les limites socialement admises.
Anatomie de l'horreur est donc une forme bâtarde entre essai et autobiographie, dont ce dernier aspect existe essentiellement à travers l'évocation des influences de son auteur. Et là on peut dire que nous sommes servi : écrivains, réalisateurs, émissions de télévision et de radio, il y en a pour tous les goûts. Néanmoins,certaines références se révèlent assez obscures, mais sans doute est-ce, en partie, un problème de génération, ce tome traitant des influences les plus anciennes. D'autres sont, sans doutes, assez confidentielles de ce côté ci de l'atlantique. King n'oublie pas, au-delà du simple égrainage de souvenirs personnels, de les contextualiser et de nous révéler à quelles peurs les oeuvres évoquées renvoient dans la réalité.
En résumé, Anatomie de l'horreur se montre tout-à-fait intéressant pour les amateurs du genre, même si on peut lui reprocher un manque de structuration, et certainement indispensable pour tous fan du King qui se respecte.
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LiliGalipette
  31 décembre 2020
Dans cette réflexion, le King rend hommage à six maîtres du macabre, mais également à tous les films, livres, séries et autres supports qui ont nourri et développé son goût pour l'horreur. Il s'attarde sur trois figures emblématiques de la littérature horrifique : la Chose, le Vampire et le Loup-Garou. Et il explore ce qu'il appelle le Lieu Maléfique. Il serait vain de vouloir résumer la démonstration de Stephen King. Parce qu'il prouve avec son essai qui flirte avec l'autobiographie que l'art s'expérimente avant tout. Donc plutôt que de vous détailler les raisonnements de l'auteur, je vous invite à lire ce qu'il a lu et à voir ce qu'il vu. Et sa consommation est telle que vous avez de quoi de vous occuper pour un bon moment si vous cherchez à comprendre pourquoi l'horreur fait toujours recette !
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Wazlib
  19 août 2016
« Anatomie de l'horreur », c'est une seule oeuvre divisée en deux tomes en français, richement documentée. Je pense que pour commencer, je peux féliciter tout le travail éditorial français derrière King qui a fait un boulot remarquable, où rien n'est laissé en plan. Tout est traité avec passion, cela se sent, et il vous sera toujours possible de trouver les références françaises des oeuvres citées par King grâce aux nombreuses notes de fin de volume.
Je me suis largement surestimé pour la lecture de cet essai. Énormément. On m'a dit (et tout s'est révélé vrai) que c'était Stephen King qui discutait avec le lecture des oeuvres majeures qui l'ont influencé, de ce qu'était pour lui l'horreur, ce qu'elle implique, comment marche-t-elle, et toujours avec Stephen King, des petites histoires autobiographiques qui feront grand plaisir. Mais j'ai eu énormément de mal à finir tout ça.
Quand Stephen King parle de pure théorie, ça se passe globalement bien. Ses idées sont évidemment très bonnes, et le bonhomme s'y connait, personne ne dira jamais le contraire après avoir lu ces pages. C'est avec un silence respectueux que l'on décortique l'horreur avec le maitre, qui a toujours une avance sur nous (et c'est tant mieux). Quelques soucis à relever sur ces passages théoriques néanmoins. On promet dans l'avant-propos que Stephen King ne sera pas enclavé par un souci didactique, par une volonté de rigueur formelle. Ok, c'est enthousiasmant, mais des fois malheureusement cela manque. On a quand même très souvent l'impression que cela part dans tous les sens, à cause d'innombrables digressions et de liens illogiques entre les différentes voies d'exploration du domaine de l'horreur. Que Stephen King décide de faire une ambiance « coin du feu », où il discute simplement avec nous, se laissant porter par le fil de la conversation est un gros point positif, et je n'essaie pas de l'entacher. Mais je le répète, quand il touche la théorie dure, la trame globale de son explication est invisible et le lecteur est très vite confus. C'est cependant assez mineur. le deuxième point est bien ridicule, et je ne vais que vous le souffler : parler de l'horreur sur autant de pages rend fou. J'ai été lassé et parfois dérangé de disséquer ce sentiment paradoxal un peu sacré, que l'on aime de temps en temps, et qu'on aimerait bien maitriser. Là, ça faisait beaucoup. Vraiment.
Certains passages sont très bons, excellemment bons. Je retiendrai particulièrement dans le premier tome, le chapitre autobiographique tout bonnement fantastique, et celui où King parle des trois romans majeurs fondateurs de l'horreur.
Venons-en aux obstacles qui m'ont vraiment posé problème et ont rendu ma lecture bien laborieuse. Stephen King décide d'aborder l'horreur sous toutes ses manifestations, et ne reste pas coincé dans le domaine de la littérature. Il développe donc particulièrement le cinéma, mais aussi la radio, par exemple. Et quand les références sont des bouquins, globalement j'arrive à suivre. Ayant une culture de la littérature d'horreur basique mais suffisante, je savais de quoi il parlait et suivait avec plaisir les avis de King là-dessus, le tout servant bien souvent un propos plus global (je dis bien souvent, car comme je l'ai noté plus haut, on se sent parfois si perdu qu'on ne sait plus bien pourquoi King nous parle de ceci ou de cela). En revanche, quand en vingt pages, King me parle de dix films d'horreur des années 50, qui me sont complètement inconnus, eh bien je relâche, moi. J'ai apprécié il y a quelques années les films d'horreur « modernes » (et les apprécie encore de temps à autre) et les grands classiques, disons, mais là, King parle peu de ceux-là, s'entêtant à nous montrer la validité d'une théorie avec par exemple « The Brain from Planet Arous »... le deuxième tome est bien plus tourné vers la littérature et aura donc peut-être plus d'attaches sur le lecteur, le captivera plus facilement. Mais on est très vite noyé sous les avalanches de références à chaque page, et vous avouerez que les oeuvres pleines de références c'est cool quand on en partage un certain nombre. Ce n'était pas mon cas.
Je n'ai pas mis une note méchante pour cet essai puisqu'il serait ridicule d'infliger au bouquin de King mes propres erreurs (je me suis surestimé). Mais ce que je me dis, c'est que le lectorat visé ici est plus âgé que moi, et peut-être bien plus porté sur l'horreur, ce qui fait, je crois, de ce lectorat un groupe réduit d'individus. J'ai donc mis une note neutre, le 7, car l'essai est clairement un must pour quiconque veut tenter d'approfondir le domaine, et se lancer dans la « danse macabre », comme dit King. Cela donne également un nouvel angle de vue sur le travail de King. Mais c'était un peu trop, là!
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Clair-De-Lune
  13 décembre 2019
"…il vaut mieux que je sois franc avec vous dès le départ. Je pense que nous sommes tous des malades mentaux ; ceux d'entre nous qui ne sont pas internés cachent leur folie mieux que les autres, voilà tout – et d'ailleurs ils ne la cachent pas toujours très bien. Nous connaissons tous des gens qui parlent tout seuls ; des gens qui font parfois d'horribles grimaces quand ils croient que personne ne les regarde ; des gens qui éprouvent une phobie pouvant les conduire à l'hystérie – la peur des serpents, du noir, des lieux clos, des hauteurs… sans oublier, bien entendu, ces asticots qui attendent patiemment sous terre le moment où ils participeront au grand festin de la vie : ce qui mange sera un jour mangé."
Voilà un extrait de ce livre pas comme les autres. Il faut bien savoir qu'il a été écrit en 1981, ce qui est un ancien temps, pour nous, humains. Et avec la violence qui touche la Terre entière -ou presque- à notre époque, cette citation est encore plus vraie. Et puis ça donne le ton d'entrée de jeu du bouquin.

Qui de mieux que Stephen King en personne pour parler de Stephen King ?! Ça tombe bien, c'est le sujet du livre. Cette édition est la plus récente. le livre orignal est sorti tout de même, je vous le rappelle, en 1981 et la sortie en France en 1995. Cette nouvelle édition est revue et enrichie de deux préfaces inédites de l'auteur. La première est de 23 pages. Superbement intéressante !
Il y a énormément de références à des livres, aux adaptations de ses histoires et à tous les films du cinéma ancien comme moderne (uniquement sur les avants-propos de la nouvelle édition) sur le thème de l'horreur, du fantastique…Tout y passe : Halloween, Freddy, Rec, Zombies, L'armée des morts, La Dernière Maison sur la gauche, Saw et d'innombrables d'autres références. Il est aussi très critique sur la société, sur les gens de comment ils jugent les films d'horreurs et les personnes qui aiment se faire peur sans forcément être un fou qui veut faire un massacre. Il n'a pas écrit ce livre que pour dire du bien de ses amis du show-business et de ses préférences. Non, il dit vraiment ce qu'il pense, en bien et en mal. Il dit que plus un film d'horreur a un gros budget, plus le film sera raté et fera pas peur. Il prends exemple avec le Projet Blair Witch. le seul film où il a été traumatisé devant. Un budget ridicule pour des recettes folles qui fait encore aujourd'hui partie de la plus grosse réussite du cinéma du genre à faible budget. Et plus les moyens sont faibles, plus le naturel est présent et donc on a plus de chance d'avoir vraiment peur plutôt que d'avoir des effets spéciaux de partout. Je le rejoins sur ça. Finalement je suis proche de lui car moi aussi c'est le seul film que j'ai vu et dont je n'ai pas pu dormir dans le noir. Il m'a fallut être dans ma chambre avec la lumière. Et pourtant des films d'horreurs j'en ai vu des centaines et des centaines et ce depuis tout petit. Et pourtant c'est un film où il ne se passe presque rien. Il n'y a pas de monstre, pas de sang, juste des interprétations qu'on peut se faire sur ce qui se passe dans cette forêt. Pour certains c'est d'un ennui mortel, pour d'autres comme moi nous avons vécu l'expérience que propose ce film.
Il a écrit sa liste de films qu'il préfère durant les 15 dernières années (écrit en 2010) avec en plus des commentaires. Scream, Funny Games, Destination Final, Jeepers Creepers, 28 jours plus tard et plein d'autres. Une fois les nouvelles pages terminées de lire, on passe au contenu original de la première version. Donc bye bye les films d'aujourd'hui, le reste parle d'oeuvres sorties avant l'année 1981.
Stephen King s'amuse et prends plaisir avec ce qu'il raconte et ça se voit. Il dit ce qu'il pense avec son humour et sa vision sur la société américaine. Il n'hésite pas à faire des critiques sur son propre pays, sur la population et également des films. Il n'a pas de retenue et c'est ça qui est bien. Il nous concocte même un quiz avec 20 questions et on gagne 5 points par bonne réponse. Il écrit en quelques lignes un scénario (avec sa plume) et c'est à nous de deviner le titre du film. Bon après il faut être calé aux films des années avant 1980. Dans ce pavé plus de 600 pages on passe à plein de sujets différents. Films, livres, la radio où à l'époque les émissions sur le genre était nombreuses, le comportement des gens avec la peur et évidemment des passages croustillants sur sa vie. D'ailleurs on peut facilement comprendre pourquoi il arrive à écrire des histoires pareilles. À la fois biographie, notes personnels, remise en question de la société, questions-réponses et limite dictionnaire avec les notes à la fin, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde.

En fin d'ouvrage il y a une partie très conséquente avec une liste de films et de livres et surtout des notes de près de 80 pages toutes écrites par Jean-Pierre Croquet. C'est une mine d'informations incroyables pour apprendre et découvrir encore plus de quoi parle Stephen King. C'est comme une sorte de dictionnaire sur l'univers du fantastique, de l'horreur et de la science-fiction. Elles sont tellement nombreuses que j'ai mis un deuxième marque-page pour cette partie car si vous voulez lire toutes ces notes au fur et à mesure de votre lecture, pour une question de confort et de rapidité, on ne perds pas de temps à aller lire la note pour ensuite revenir à notre lecture initiale. Vraiment, c'est un livre très riche !

Pour les fans de l'auteur (ou pas), pour les fans de ces univers littéraires et cinématographiques (et même sur la radio) et pour les personnes qui veulent (re)découvrir d'anciennes oeuvres méconnues ou cultes tout en apprenant plein de choses, il vous le faut. Je souhaite que King en fasse un deuxième volume mais cette fois sur les années 80 à aujourd'hui où à notre époque nous vivons une période où le cinéma et les rayons de librairies sont remplies de films/livres d'horreur, de science-fiction (moins mais quand même) et de la fantasy il y a matière à écrire un autre pavé sur cette nouvelle génération de créateurs et de créatrices.
Lien : https://litteratureenfolie.b..
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greg320i
  08 avril 2012
Un travail sérieux et complet à été apporter à ce livre qui traite de la genèse de l'horreur par Stephen King. Tout au long de ces pages,il traite,analyse,diagnostique et nous fait partager sa véritable passion : La peur sous toutes ses formes . Il est intérréssant et vraiment prenant de découvrir le point de vue d'un véritable maître en la matière qui sais avec la manière comment nous décrypter ce qui à fait le succès et connaitre au grand public les lettres de noblesse de cet art divin qui est le fantastique. Mieux qu'un simple panorama ou résumé de livres ((et autre forme de terreur) qui auré pu s'avérer monotone au final, c'est aussi avec ses expériences personnelles , son habituel humour froid et sa maéstria de conteur qu'il nous propulse là où l'on exulte de joie en découvrant notre domaine favori et fétiche décrié par un professionel. Bref un livre unique, salutairement bon et recommandable .
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critiques presse (1)
LaPresse   12 septembre 2018
Dans Anatomie de l'horreur, cet essai paru en 1981 en anglais et en 1995 en français, Stephen King décortique de façon très personnelle les genres de l'horreur et de l'épouvante, à sa manière unique.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
PavlikPavlik   08 juillet 2014
S'il y a bien une vérité concernant la danse macabre c'est la suivante : les romans, les films, les dramatiques télé et radio, et même les bandes dessinées, qui relèvent de l'horreur fonctionnent toujours sur deux niveaux. Le premier est celui du haut-le-cœur pur et simple (...) Mais il existe un autre niveau, beaucoup plus puissant, où l'horreur peut être comparée à une danse, une quête dynamique et cadencée. Et l'objet de cette quête c'est le lieu où vous-même, lecteur ou spectateur, vivez à votre niveau le plus primitif (...) L'oeuvre d'horreur est-elle une oeuvre d'art ? Lorsqu'elle fonctionne à ce second niveau, elle n'est jamais autre chose ; elle accède au statut d'oeuvre d'art tout simplement parce qu'elle est en quête de quelque chose qui transcende l'art, qui est antérieur à l'art.
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grm-uzikgrm-uzik   09 septembre 2018
- "Vous êtes-vous déjà rendu coupable de ce crime (le lecteur qui regarde les trois dernières pages pour voir comment ça finit.) ? Oui, vous ! C'est à vous que je parle ! Ne cherchez pas à vous défiler ! Avouez ! Vous est-il déjà arrivé de rôder dans une librairie, de vérifier que personne ne vous observait, et de regarder les dernières pages d'un bouquin d'Agatha Christie pour savoir qui était le coupable ? Avez-vous déjà regardé la fin d'un roman d'horreur pour voir si le héros réussissait à échapper aux forces ténébreuses ? Si oui, mon sens du devoir m'impose de vous dire trois mots, et ces trois mots sont : HONTE SUR VOUS ! C'est déjà bien lamentable de corner la page d'un bouquin pour la marquer ; mais REGARDER LES DERNIÈRES PAGES POUR VOIR COMMENT ÇA FINIT, c'est encore plus bas. Si jamais vous avez cette manie, je vous ordonne de vous guérir... et tout de suite !
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grm-uzikgrm-uzik   04 septembre 2018
- "Si les écrivains de fantastique gardent ce visage juvénile, c'est peut-être parce qu'ils aiment bien le gorille. Ils n'ont jamais pris la peine de renforcer sa cage, et en conséquence, ils n'ont jamais eu à subir cette atrophie de l'imagination qui accompagne le passage à l'âge adulte, ce rétrécissement du champ visuel si nécessaire à la réussite de l'adulte. Un des paradoxes du fantastique et de l'horreur, c'est que l'écrivain spécialisé est comparable aux deux petits cochons qui construisent leurs maisons respectives en paille et en bois... sauf qu'au lieu de retenir sa leçon et de se construire une maison en brique comme leur frère aîné et si adulte, l'écrivain se contente de la rebâtir avec de la paille ou du bois. Parce que, si dingue que ça paraisse, il aime voir arriver le loup qui va anéantir sa demeure, tout comme il aime voir le gorille sortir de sa cage.
La plupart des gens ne sont pas des écrivains spécialisés, bien entendu, mais la quasi-totalité d'entre nous a besoin de temps à autre de se nourrir l'imagination avec des mets de ce style. Nous savons confusément que l'imagination a besoin de sa dose de terreur, tout comme le corps peut parfois avoir besoin de vitamines ou de sel iodé. Le fantastique, c'est le sel de l'esprit."
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AdrasteAdraste   24 août 2011
L'incrédulité n'a rien de léger, croyez-moi. Si Arthur Hailey et H.P.Lovecraft n'ont pas les mêmes tirages, c'est sans doute parce que tout le monde croit aux banques et aux automobiles, alors qu'un effort mental bien plus complexe et bien plus intense est nécessaire si l'on veut croire, ne serait-ce que pour quelques pages, à Nyarlathotep, le Chaos rampant. Et chaque fois que je tombe sur un homme ou une femme qui exprime une opinion du genre: "Je ne lis jamais de fantastique et je ne vais jamais voir de films d'horreur; rien de tout cela n'est réel", j'éprouve à son égard une certaine compassion. Le poids du fantastique est trop lourd pour lui. Ses muscles de l'imagination se sont trop atrophiés.
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grm-uzikgrm-uzik   05 septembre 2018
- "Dans une société où l'on accorde une telle importance à la jeunesse, à la santé et à la beauté (la troisième étant souvent, me semble-t-il, définie par les deux premières), il est inévitable que la mort et la décomposition deviennent des sujets tabous. Si vous n'êtes pas du même avis, demandez-vous pourquoi on n'emmène pas les enfants des écoles visiter la morgue de leur quartier, alors qu'ils visitent le commissariat, la caserne des pompiers et le McDonald's le plus proche - il m'arrive d'imaginer (du moins quand je suis d'humeur morbide) que l'on pourrait aisément fusionner la morgue et le McDonald's ; le point culminant de la visite serait alors l'exhibition du McCadavre."
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