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ISBN : 2246755514
Éditeur : Grasset (01/02/2013)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Jeannette Bougrab est une femme insoumise. Athée dans une famille de musulmans, fille d'ouvriers immigrés devenue maître des requêtes au Conseil d'Etat, ministre passionnée dans un gouvernement conformiste, elle a transgressé les règles pour honorer celle à qui elle doit tout : la République Française. Mais que sont devenus nos institutions et nos principes fondamentaux dans une société où règnent les inégalités et les discriminations, où le communautarisme religieu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
vincentheureux
  30 août 2013
Quelle femme politique avons-nous ici ! Fille de harkis, elle se disait elle-même destinée au déterminisme social défini par Bourdieu qui aurait voulu qu'en tant que fille d'immigrés, sa réussite scolaire mais surtout sociale serait entachée. Il n'en est rien. Après des études de droit, un DEA puis un Doctorat, elle deviendra maître des requêtes au Conseil d'État et participera au gouvernement Sarkozy en tant que Secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative. Un parcours scolaire atypique qui représente un femme qui l'est tout autant. S'engageant à droite dans l'UMP d'Alain Juppé, elle défends les principes de la République Laïque. Athée, elle fait l'apologie d'une République où les pratiques religieuses ne doivent pas interférer avec les ses principes.
Elle paraît très attachée au sens du « déterminisme social » en mémoire de son origine sociale, elle critique le système politique français actuel : « Les partis politiques, en particulier l'UMP, ne sont que l'instrument d'un système politique féodal et archaïque. La révolution reste à faire pour que demain l'Assemblée nationale soit plus représentative de la société française et, plus généralement, pour que les élites ne soient pas exclusivement réservées à une minorité dont la légitimité et les compétences sont discutables. » Or, elle souligne les efforts du PS qui ont présenté des femmes dans des circonscriptions populaires. Il convient de rappeler que les femmes actuellement à l'AN ne sont que les filles de, et ce n'est pas parce qu'il y aura plus de femmes à l'Assemblée que celle-ci sera plus représentative. On parle, et elle le fait aussi, de fils et filles d'ouvriers ou de politiques provenant des classes dites « populaires ».
Sa position sur le Front National est néanmoins très tranchée « Une démocratie pluraliste est toujours fragile, les partis politiques, qui en sont les piliers, doivent respecter ses principes. le gouvernement allemand a ainsi interdit à plusieurs reprises des partis extrémistes, tant de droite comme de gauche. Récemment encore Angela Merkel a demandé l'interdiction du NPD, le partie d'extrême droite qui a perpétré des attentats terroristes contre des immigrés. Personne n'oserait dire que l'Allemagne n'est pas une démocratie. Pourquoi donc ne pas s'en inspirer ? Alors que le Front National, un parti qui porte en germe la négation des droits et libertés les plus fondamentaux, fait son retour à l'Assemblée Nationale, introduisons dans notre droit un statut constitutionnel des partis politiques »
Or, elle semble oublier en se comparant avec les Allemands, le passif politique que cette nation a eu avec les partis d'extrême droite. Aussi, une démocratie pluraliste, si fragile soit-elle est nécessaire dans le débat politique. Il est important de se séparer des mouvement gauche/droite qui n'ont plus aucune signification. La suppression du FN entrainerait inévitablement celle du NPA et du FDG, partis d'extrême gauche, tout aussi nécessaire au débat politique français. Et encore, on pourrait peut-être se poser la question sur la nécessité de certains partis, mais cela ne suffirait pas à les rendre antidémocratiques. La démocratie, c'est surtout et avant tout la pluralité !
Concernant sa présidence de la HALDE, elle dresse une présentation éloquente de la Haute Autorité : «Je comprenais trop bien que cette institution était gangrenée par le différentialisme, le communautarisme, et, pire, une forme de condescendance à l'égard des immigrés. Ils acceptaient tout par bêtise, par ignorance, vivant éloignés des banlieues » Une présidence qui lui aura valu de porter une seconde fois l'affaire très médiatique de la crèche Baby-Loup (en trois actes : Acte 1, une salariée voilée licenciée // Acte 2 : la justice confirme le licenciement // Acte 3 : la Cour de cassation annule les précédents jugements) L'association Baby Loup est donc condamner à payer 2 500 euros à Fatima Afif. La France de l'aveuglement fait peur. La république n'est plus ou n'a plus l'air d'être..
« C'est la gauche qui est responsable de l'installation en France du communautarisme et du différentialisme né d'un sentiment de culpabilité postcoloniale » Il fallait oser le dire et elle l'a fait avec un développement brillant. Elle dénonce par la même occasion les associations anti-racistes, pour ne pas citer SOS Racisme, qui ont développé le sentiment communautariste dans certaines communautés. Elle n'hésite pas non plus à parler de lobbys, pour désigner notamment le « lobby hallal » qui fait pression sur le marché de la viande et dans les pratiques industrielles (sur ce point, force est de constater que le seul parti politique ayant une position sur le sujet est le FN, que Bougrab souhaite interdire)
Elle en profitera pour donner quelques indications à propos des proches de Sarkozy : Rachida Dati « la plus rigolote du groupe » mais qui a évincé Bougrab du gouvernement en faisant courir la rumeur dans les couloirs que celle-ci courtisait Nicolas Sarkozy. Bougrab se sentira trahie, mais comprendra par la même occasion que c'est ainsi que fonctionne la politique. Nicolas Sarkozy personne prendra pour son grade.
Elle dénonce avec fermeté l'obscurantisme religieux tout en y portant des nuances. Elle paraît fermement opposé aux dérives de la pratique de l'islam radical en France. Les mosquées construites sur le dos du contribuable lui paraissent lourdes de sens : il y a mainmise de l'idéologie islamiste dans les institutions républicaines, et c'est intolérable.
« Il convient de débattre mais surtout d'agir pour lutter contre les dérives dangereuse de l'islamisme. N'ayant pas la mémoire courte, Madrid, Londres ou encore Paris ont connu des attentats sanglants au nom de Dieu. La France semble parfois être une démocratie immature, incapable d'aborder des sujets sans tomber dans une hystérie collective. Si on décide même simplement, de les approcher (immigration, laïcité...), l'on est accusé du pire par la gauche. Pourtant c'est elle qui est responsable du communautarisme et du différentialisme né d'un sentiment de culpabilité postcoloniale. La France est une République laïque. Dès l'article 1er de la constitution du 4 octobre 1958 il est affirmé que : " La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale." La France est un état de droit où les libertés sont consacrées et protégées : liberté de pensée, liberté de conscience, liberté cultuelle... Elle ne peut accepter de faire des compromis avec ce qui la définit, quitte à expulser les imams étrangers qui tiennent des propos extrémistes et attentatoires à la dignité et l'intégrité du corps des femmes, ou à refuser l'entrée sur son territoire à ceux qui prônent le djihad »
Jeanette Bougrab est une femme à part, j'oserais dire d'exception. Elle fait clairement partie de ces femmes qui font de la France ce qu'elle doit être, la France de demain se fera avec des personnalités comme celle-ci.
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tiben
  19 décembre 2014
Je ne saurai comment décrire ce livre qui est à la fois une déclaration d'amour à la France, une autobiographie, une playdoyer de la laïcité, de l'ascenseur social par l'éducation, de la femme libre...
Lire une si belle et si sincère déclaration d'amour à la France et à ses valeurs par une française née de parents algériens (franco algérien) est touchant.
Cette femme s'est battue pour arriver ou elle est, a mené des combats "perdus d'avance" lui prédisait on sans jamais renoncer.
Et cette femme mérite le poste qu'elle a et les postes qu'elle a eus.
Toutes les vérités sont elles bonnes à dire? Faut il tout dire?
Un livre qui n'est pas langue de bois et qu'il faut à tout prix lire quelle que soit son étiquette politique. Un vrai témoignage poignant que je partage à 90%.
Bref, je ne peux que recommander cet ouvrage dans une période de doute et de perte de repère où beaucoup confonde islam et islamisme, laicité et communautarisme, etc..
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fklevesque
  21 novembre 2016
Quelques passages magnifiques notamment lorsque Mme Bougrab parle de son père ou de personnages marquant comme le commandant Hélie Denoix de Saint Marc. Mais d'autres sont parfois très partisans notamment lorsqu'il s'agit de laïcité poussée à l'extrême. L'auteur a une personnalité attachante et fait preuve d'un grand réalisme lorsqu'elle décrit les travers du monde politique. de toute évidence, Jeannette Bougrab s'affirme comme une femme libre grâce à des parents qui ont toujours aimé la France ce qui est plaisant mais ses raisonnements sont parfois insuffisamment fouillés et débouche donc sur des positions parfois contestables, empreints d'un "modernisme" d'actualité. Mais il est vrai que les politiques ne sont pas des philosophes. Intéressant mais sans plus.
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anemonerosa
  14 décembre 2014
Un livre avec de grands combats, cette femme dessine un avenir et essaie de conserver ses valeurs coûte que coûte. le livre aborde plusieurs sujets on peut être en accord ou pas avec, cela n'a pas d'importance au moins elle nous pousse à en parler et fait face aux problèmes de fonds de notre république. Un sacré personnage, qui donne l'espoir de voir des gens s'élever et se battre pour leurs idées et leurs valeurs.
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Florel
  18 février 2013
J'ai voulu lire ce livre car le sujet de la République décadente m'intéresse énormément. Alors malgré quelques désaccords avec l'auteur, je dois dire que je ne regrette pas cette lecture et je tiens à saluer le combat de cette femme. Tenant moi-même beaucoup à la laïcité et à la liberté de la femme mais aussi de l'homme, je ne peux qu'approuver ses prises de positions qui n'ont pas toujours été simple et sans danger, comme l'épisode de la crèche Baby-Lou le montre. J'ai d'ailleurs apprécié le portrait qu'elle a fait de la Halde à ce passage : "... Je comprenais trop bien que cette institution était gangrenée par le différentialisme, le communautarisme, et, pire, une forme de condescendance à l'égard des immigrés. Ils acceptaient tout par bêtise, par ignorance, vivant éloignés des banlieues."
Cela étant y'a quelques points qui m'ont soient fait rire, ou soient laissés mi-figue mi-raisin. Par exemple je ne peux pas ressentir cette "pitié" qu'elle a pour tous ces jeunes qui sortent du système scolaire avec un CAP, un BEP ou même rien. Certes le système scolaire en France a des grosses lacunes, (suite blog)
Lien : http://voyagelivresque.canal..
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Les critiques presse (1)
Lexpress   01 mars 2013
Un préambule - vendeur mais trop long - distribuant bons et surtout mauvais points cache une réflexion salutaire ancrée dans une expérience personnelle sur les dangers d'une laïcité au rabais qui s'accommode d'un "islamisme modéré", d'une "charia light".
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (2) Ajouter une citation
FlorelFlorel   18 février 2013
"Il convient de débattre mais surtout d'agir pour lutter contre les dérives dangereuse de l'islamisme. N'ayant pas la mémoire courte, Madrid, Londres ou encore Paris ont connu des attentats sanglants au nom de Dieu. La France semble parfois être une démocratie immature, incapable d'aborder des sujets sans tomber dans une hystérie collective. Si on décide même simplement, de les approcher (immigration, laïcité...), l'on est accusé du pire par la gauche. Pourtant c'est elle qui est responsable du communautarisme et du différentialisme né d'un sentiment de culpabilité postcoloniale. La France est une République laïque. Dès l’article 1er de la constitution du 4 octobre 1958 il est affirmé que : " La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale." La France est un état de droit où les libertés sont consacrées et protégées : liberté de pensée, liberté de conscience, liberté cultuelle... Elle ne peut accepter de faire des compromis avec ce qui la définit, quitte à expulser les imams étrangers qui tiennent des propos extrémistes et attentatoires à la dignité et l'intégrité du corps des femmes, ou à refuser l'entrée sur son territoire à ceux qui prônent le djihad."
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FlorelFlorel   18 février 2013
"Tout en adhérant officiellement aux valeurs de notre République, des associations locales établies dans les quartiers réussissent à mettre en œuvre et à diffuser un projet sournois. C'est l'implantation d'un islam radical dont la finalité est clairement politique..."
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Videos de Jeannette Bougrab (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jeannette Bougrab
Jeannette Bougrab - On n'est pas couché 16/05/ 2015
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