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Vladimir Volkoff (Traducteur)
ISBN : 2253933147
Éditeur : Le Livre de Poche (01/07/1999)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 246 notes)
Résumé :
Quand Mikhaïl Boulgakov publie "Cœur de chien" en 1925, la Russie soviétique bénéficie d'une relative liberté créatrice avant la nuit noire du stalinisme qui s'annonce.
L'écrivain, bien qu'il tienne à rester en marge des courants littéraires, en profite de façon inespérée. En d'autres temps, le sujet de son roman lui aurait valu quelques années de goulag pour ne pas imaginer pire.
Que l'on en juge ! Un illustre professeur, spécialisé dans le rajeunisse... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  01 mars 2018
Philippe Philippovitch Transfigouratov est un éminent chirurgien moscovite des années 1920. Un professeur admiré, une sommité mondiale dans le domaine du rajeunissement. Il multiplie les interventions réputées infaisables, et, pour l'essentiel, les réussit. Il se fait aider dans sa tâche par un jeune médecin qu'il a pris sous son aile il y a quelques années : le docteur Bormenthal.
En revanche, ce que l'on peut affirmer, c'est que Le Professeur n'est pas un franc partisan de la révolution de 1917 — voilà bien le moins que l'on puisse dire ! Il occupe un appartement très spacieux, situé rue Pretchistenka. Il est jugé trop luxueux par Schwonder, le représentant des bolcheviks dans son immeuble, qui rêverait de lui amputer de moitié pour pouvoir loger d'autres personnes à la place.
Toutefois, le professeur Transfigouratov a suffisamment de relations en haut lieu pour parvenir à faire ravaler sa langue et trépigner Schwonder et ses sbires… pour le moment. J'écris pour le moment parce qu'il se produit un petit événement qui risque fort de venir perturber le quotidien très actif mais toutefois plutôt tranquille du professeur.
Une expérience, figurez-vous. Oui, une simple expérience, comme il en a déjà réalisées des tas, mais qui, cette fois, concerne un patient un peu spécial. le patient en question est un malheureux, un vagabond, rencontré quasi agonisant, à demi mort de froid et de faim, sous une porte cochère un soir d'automne.
Le malheureux a eu à subir, au surplus, une violente brûlure sur tout le flanc gauche qu'un mauvais coucheur a provoqué en lui balançant sciemment une pleine marmite d'eau bouillante.
N'entretenons pas le mystère plus longuement : ce vagabond n'est pas un homme mais un chien, appartenant à la catégorie grand bâtard, vivant de rapine et fortement sujet aux puces. N'ayant pas de propriétaire avéré, et, par conséquent, pas non plus de nom, le professeur le baptise Bouboul.
Pendant quelque temps, il le soigne convenablement et le remet en forme, faisant disparaître son grand état de maigreur et s'assurant que sa brûlure guérit convenablement. Bouboul, ex-chien pouilleux, loqueteux et quémandeur, vivra donc comme un coq en pâte dans le bel immeuble de la rue Pretchistenka, au grand dam de Schwonder qui juge d'un très mauvais oeil cette introduction d'un animal aussi peu reluisant.
Mais il me semble vous avoir parlé d'une opération qui allait tout déclencher… Eh bien la voici. Un soir, le docteur Bormenthal arrive essoufflé et tout content, porteur d'un petit flacon contenant un matériel glandulaire fraîchement prélevé sur un humain fraîchement décédé. Il s'agit des testicules et de l'hypophyse du défunt, au demeurant, notoire alcoolique et volontiers fainéant des environs.
Le professeur Transfigouratov va donc s'employer à réaliser une première médicale qui va boubouleverser sa vie, si vous me pardonnez cette facilité langagière. Considérant, de surcroît, que j'en ai déjà dévoilé beaucoup pour un livre aussi petit, il me semble bienvenu d'arrêter ici ma présentation de l'histoire afin de vous en laisser jouir si le coeur vous en dit — Coeur de chien, cela va sans dire.
Voilà donc une farce à caractère corrosif, mais sans excès, une dénonciation douce tant d'un système naissant, le communisme, que d'une dérive médicale poussant à tenter n'importe quoi sur n'importe qui, tels des docteurs Frankenstein du XXème siècle.
Bien évidemment, l'infortuné Mikhaïl Boulgakov n'imaginait pas encore que, dès la fin de ce même XXème siècle, on serait capable de dessiner plein de moutons à tous les petits princes de la Terre des hommes, en les clonant tout simplement et en les baptisant Dolly n° 1, n° 2, n° 3, etc. Et je ne vous parle même pas des apprentis Frankenstein ou Transfigouratov du XXIème siècle, dont on a cruellement l'impression qu'ils n'ont pas toujours tiré les enseignement des chimères du passé…
Un livre assez drôle, donc, sans être hilarant non plus, qui se lit vite sans appartenir, selon moi, à la catégorie des chefs-d'oeuvre intemporels. Divertissant sans être niais, voilà tout. Bien entendu, ce que j'exprime ici n'est qu'un chien d'avis, c'est-à-dire, pas grand-chose. Waf !
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tynn
  04 février 2015
Bouboul est un chien errant moscovite.
Un soir de galère dans le froid polaire de la jeune URSS, il a tiré le gros lot des canidés: un nouveau maitre en la personne du chirurgien Philippe Philippovitch Transfigouratov, qui prend rang de divinité dans sa cervelle de chien.
Pauvre Bouboul! C'est bien de cervelle qu'il s'agit car il se retrouve chien de laboratoire, greffé de testicules et hypophyse humaines.
Et les résultats dépassent les espérances du chirurgien. le chien devient homme, en corps et esprit: Bouboulov, un individu ingérable et mal dégrossi, allégorie du nouvel Homme russe communiste.
Sur fond de musique de Verdi et de balalaïka, la liberté de ton dans ce petit livre humoristique et décalé est un plaisir. La littérature russe du 20e siècle ne nous a pas habitués à cette écriture caustique et jubilatoire.
En 1925, la chape de plomb stalinienne est en devenir. On trouve quelques beaux restes aristocratiques, la bienséance a encore court, la pratique des langues étrangères également, les prénoms-patronymes restent une marque de respect face à la familiarité du nom de famille. Mais les appartements communautaires et des règles de vie collective se développent, accompagnés de criminalité et perte de valeurs de société.
Boulgakov peut donc encore se permettre cette caricature littéraire, en liberté d'écrivain critique d'un système politique dogmatique. Cette satire, jugée néanmoins contre-révolutionnaire, ne sera éditée qu'à l'étranger et devra attendre 1987 pour sa publication en URSS.
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zazy
  21 février 2012
Un chien errant, S.D.F. ébouillanté par un cuistot de cantine pleure et se lamente, hésitant entre sa douleur et la faim qui le tenaille. En bon chien, il ne peut s'empêche de mater tous les humains qui passent et sa tendresse pour eux est proportionnelle à leur égoïsme. Arrive un homme, le Bienfaiteur qui l'emmène avec lui, lui donne à manger, l'autorise à coucher sur son tapis…. La Béatitude, le Bein-Être….. tout cela grâce à LUI, Philippe Philippovitch !!! un docteur, pardon, un Professeur es-rajeunissement en tout genre. En, quelques semaines, il prend 8 kilos, c'est dire si On s'occupe de lui.
Mais, l'Ennemi rôde en ces périodes révolutionnaires. Quoi, ce professeur habite un appartement de 7 pièces en ses périodes où l'on a droit à 1 pièce chacun !!!! le Comité d'immeuble va changer tout ça !!!! Halte au Capitalisme !!!! Mais bon, notre Professeur a des amis hauts placés (ça sert à toute époque) et les membres du Comité s'en vont la queue basse, bien qu'ils ne soient pas des chiens, mais d'honnêtes prolétaires !
Revenons à Bouboul, puisque tel est le nom de l'ex SDF. Son 6ème sens se met en éveil lorsque Philippe Philippovitch Transfigouratov le conduit dans la salle de soins brillamment éclairée. Arrive le Docteur Ivan Arnoldovitch (alias le Mordu) qui lui pose un tampon d'éther sur le museau. Voici notre Bouboul au pays des rêves et des hallucinations.
Se déroule une opération incroyable, mais je ne vous en dirai pas plus. Au réveil, Bouboul se sent tout chose et, petit à petit, nous assistons à sa transformation en un humain des plus rustres, impolis, ivrogne et voleur…. S'en suit une cascade de quipropos ou des à propos de qui, qui m'ont bien fait rire.
Ce livre amène à plusieurs réflexions :
Qui est le plus humain, bouboul le chien ou bouboulov ? L'on trouve de l'humanité chez Bouboul alors que Bouboulov n'est qu'animalité.
Quant à la transformation du chien, Mikhaïl Boulgakov parle des expériences scientifiques dont le parti est si friand. Pourquoi personne ne semble abasourdi par cette mutation ? La scène des papiers d'identité de Bouboulov est un modèle d'absurdité.
Cette satire dépeint très bien les moeurs politiques des années 20 en URSS. Schwonder donnant un bouquin d'Engels à Bouboulov totalement inculte !!!! Les membres du comité d'immeuble, plein du discours bolchévique, sont bornés et absurdes. La bourgeoisie n'est pour autant pas épargnée. Un vrai festival ! Mais, tout est dit.
Est-ce le cauchemar d'un corniaud recueilli et en pleine digestion ou la réalité ? Mais, il y a ces cicatrices… Si vous voulez en savoir plus, suivez la queue du chien plutôt le coeur du chien. C'est un pur moment de lecture déjantée, mais pas que.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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diablotin0
  09 décembre 2015
Ici, on ne retrouve pas l'atmosphère habituelle de la littérature russe, il s'agit d'une satire de la société soviétique des années 20.
A travers bouboulov, chien errant recueilli puis transformé en citoyen, homme de parti, grâce à une opération, M. Boulgakov dépeint non sans humour le système soviétique et ne se prive pas de critiquer de façon acerbe les rouages de la bureaucratie et le communisme .
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brigittelascombe
  06 mai 2012
Petit chef d'oeuvre d'humour corrosif, Coeur de chien qui conte l'histoire de Bouboul, chien perdu sans collier ("Hou! hou! hou!"), adopté par le professeur Philippe Philippovitch ( "homme du monde", sommité médicale et "ennemi du prolétariat") puis opéré et hominisé; est une satire politique et médicale russes des années 1920.
"Turlut. Turlut! Ici!"
Dur d'obéir quand on a été habitué à la liberté, mais ce "chien de seigneur" connait l'appel du ventre. Bouboul, opéré puis greffé(avec les testicules et l'hypophyse d'un vaurien) par cet angélique apprenti du diable (d'où la critique des expériences scientifiques non maîtrisées et sans éthique, de l'eugénisme) se met à parler argot et à penser en tant que "citoyen Bouboulov" "sympathisant du Parti communiste". D'où l'effet loufoque de cette comédie.
Mickaël Boulgakov, Russe, médecin puis écrivain à part entière persécuté par la suite par le régime de Staline (chef du Parti Bolchévique) quant à ses écrits jugés subversifs, en profite pour dénoncer la dichotomie du système dictatorial qui des deux côtés lobotomise lorsque l'on diffère d'opinion!! A méditer!
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   04 novembre 2017
— Comment avez-vous réussi, Philippe Philippovitch, à séduire un chien aussi nerveux ? […]
— Par la gentillesse : le seul moyen qu'on puisse employer avec des êtres vivants. La terreur ne sert à rien avec un animal, quelque degré d'évolution qu'il ait atteint. Je l'ai affirmé, je l'affirme et je continuerai à l'affirmer. Ils imaginent en vain que la terreur les aidera. Non, non, elle ne les aidera pas, quelle qu'elle soit : blanche, rouge ou même brune ! La terreur paralyse complètement le système nerveux.

Chapitre II.
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wellibus2wellibus2   09 octobre 2014
.....Il ne faut pas se raconter d'histoires, se lamentait le chien en reniflant. J'ai pris des habitudes. Je suis un chien de seigneur, un être intellectuel, j'ai gouté à la douceur de vivre. D'ailleurs qu'Est-ce que la liberté ? rien du tout : fumée, mirage, fiction.. Un délire de ces misérables démocrates..
(p62)
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miladomilado   15 mai 2012
Expliquez-moi s'il vous plaît pour quelle raison il serait nécessaire de fabriquer artificiellement des Spinoza quand il est donné à n'importe quelle bonne femme d'en enfanter à n'importe quel moment ? ... L'humanité se charge de ça toute seule, docteur, et au cours de son évolution, crée régulièrement tous les ans, à côté d'un amoncellement de nullités de toutes sortes, des dizaines d'éminents génies, fleurons du globe terrestre.
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kathelkathel   12 septembre 2010
Ouah-ou-ou-ou-ou-Ouah-ou-Ouah-ou ! Jetez un œil sur moi, je me meurs. Sous le porche, la tempête rugit la prière des agonisants, et je hurle avec elle. Je suis fichu. Un gredin à la toque crasseuse - le cuisiner de la cantine d’alimentation normale des employés du Conseil Central Economique du Peuple - m’a arrosé d’eau bouillante et brûlé le flanc gauche. Une ordure et un prolétaire par-dessus le marché ! Seigneur Dieu, ce que ça peut faire mal ! L’eau bouillante a pénétré jusqu’à l’os. Je hurle maintenant, mais hurler, ça sert à quoi ?
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zazyzazy   21 février 2012
Si vous prenez soin de votre digestion, je vous donne un bon conseil : ne parlez à table ni de bolchévisme ni de médecine. Et que Dieu vous préserve de lire des journaux soviétiques avant le dîner.
- Hum…. Il n’y en a pas d’autres.
- Justement, n’en lisez aucun.
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Vidéo de Mikhaïl Boulgakov
"le Maître et Marguerite", de Mikhaïl Boulgakov (Alchimie d'un roman n°59)
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