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Marianne Gourg (Traducteur)
ISBN : 2020130572
Éditeur : Seuil (30/11/-1)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 134 notes)
Résumé :
"Morphine" de Mikhaïl Boulgakov (1891-1940), l'auteur de "Maître et Marguerite", raconte la progressive intoxication par la morphine d'un médecin qui finit par se suicider. Une narration si réaliste qu'on ne peut s'empêcher de penser que l'auteur n'était pas un simple observateur. Effectivement, ce récit relate très précisément son épisode de morphinomanie en 1917 quand Boulgakov, de retour du front, fut muté comme médecin de campagne près de Smolensk. Journal intim... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  29 octobre 2015
Parfois insérée dans les Carnets d'un jeune médecin, Morphine est une nouvelle quasiment autobiographique de Bougakov- à l'exception de la mort du héros, tragique et inéluctable, qui n'a heureusement pas été celle de l'écrivain.
Comme souvent quand Boulgakov souhaite relater quelque chose de compromettant et de personnel, il se sert du procédé littéraire de l'insertion du journal intime dans le récit. La "mise en abyme" de ce récit dans le récit se fait ici au propre et au figuré, car il s'agit aussi d'une vraie descente en enfer.Dans les abîmes trompeurs et dévorants de la morphine.
Le docteur Bomgard , en pleine guerre et troubles révolutionnaires , est transféré d'un district perdu au milieu des neiges et de sombres forêts nommé Gorielevo à un chef-lieu de canton, puis, enfin, à son grand soulagement, à Moscou!
En 1918, il est remplacé dans son trou perdu par un obscur docteur Poliakov, un ancien collègue de faculté, apparemment gravement malade, et qui sollicite de toute urgence, par lettre, son aide comme un dernier recours.
Tout à l' euphorie égoïste de sa nouvelle nomination, Bomgard diffère sa réponse à la confuse missive de son jeune collègue et est réveillé par l'annonce de son suicide. On lui fait parvenir le journal intime dudit Poliakov et il découvre la maladie de Poliakov: il est morphinomane, et a confié à son journal l'histoire rapide, brutale, terrible de son addiction.
Très vite, le lecteur est lui aussi "addict" à ce récit cru, intime, sans concession, tellement criant de vérité qu'on ne doute pas un seul instant que tous ces paravents, Bomgard, Poliakov, cachent un seul et même médecin: Boulgakov lui-même, qui" tue" en le racontant, le médecin malade qu'il a été avant de devenir l'écrivain génial, ironique, puissant et courageux, auteur de Coeur de Chien, la Garde Blanche et le Maître et Marguerite.
Boulgakov a tenu à publier ce récit difficile, l'a remanié plusieurs fois: cet acte de mort- et de renaissance- sonne avec un tel accent de vérité qu'on en reste abasourdi.

"Bref, l'être humain n'existe plus," note Poliakov dans son journal. "Il est hors circuit. C'est un cadavre qui s'agite, languit, souffre. Qui ne veut rien, ne pense à rien, sauf à la morphine. de la morphine!"
On mesure l'incroyable effort qu'il lui a fallu pour s'arracher aux bras de Sister Morphine, pour mettre à distance ce personnage dévoré, hanté, blessé qui ne pouvait plus rien faire d'autre que penser à sa piqûre. Et pour enfin retrouver l'élan créatif, le désir vital à travers le miracle de l'écriture et la pratique de l'ironie.
Une longue nouvelle poignante et sidérante, qui m'a donné envie de relire tous les autres romans du maître, échappé par la force de sa volonté et celle de sa famille à cette "diablerie" d'un nouveau genre..

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Tatooa
  31 octobre 2018
Une novella quasi-autobiographique, à replacer dans son contexte historique et "local".
Ces médecins de campagne en Russie étaient isolés, à la disposition de tous à toute heure, et devaient pratiquer tous les actes médicaux seuls (avec juste des "assistants").
Impossibilité d'être fatigué, de s'arrêter, d'être malade, même.
Du coup, la douleur ressentie par Poliakov et à l'origine de sa dépendance devient "intolérable". Forcément. Et le soulagement de sa souffrance le prétexte (justifié, en fait) à commencer la prise de morphine.

Le récit, autobio (sauf la fin), donc, est tellement réaliste qu'on est pris dedans. La descente aux enfers du Dr Poliakov, aka Boulgakov lui-même, nous entraîne à ses côtés avec tous les mensonges et les histoires qu'il se raconte pour ne pas regarder les choses en face, comment il en vient à voler, tout en se justifiant toujours et encore.
(Cf la citation que je viens de mettre).
Le morphino-dépendant devient un cadavre ambulant qui ne pense plus qu'à se procurer sa drogue par tous les moyens. Les citations du "journal de Poliakov" sont à n'en pas douter des citations du propre journal de Boulgakov, et la censure étant passée par là, les "pages arrachées" l'ont sans doute été réellement par la censure russe.
Boulgakov s'en sortira, contrairement à son "héros" Poliakov, grâce au soutien énergique de sa femme, après un an de lutte.
C'est magnifiquement écrit, avec une grande sensibilité, un peu trop court à mon goût. Je ne connaissais pas l'auteur mais ça m'a donné envie d'en connaître plus...
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jazz_woman
  21 décembre 2014
Cette nouvelle bouleversante (semi-auto-biographique) raconte comment la solitude d'un médecin généraliste de campagne, en Russie en 1919, l'a poussé à la morphinomanie.
Il faut savoir qu'à l'époque, être médecin généraliste de campagne signifiait plusieurs choses:
1° Etre capable de faire toute la médecine à soi tout seul. Non , il n'était pas inexpérimenté mais c'est la lourdeur des responsabilités qui pesait sur le médecin. Il n'avait personne pour l'aider (a part 2 auxilliaires...) mais aucun autre médecin pour lui donner de l'aide. Il devait faire des opérations, des accouchements... TOUT seul !! et en tant que généraliste.
2° Couvrir une zone très vaste: la campagne. Il avait un traineau pour se déplaçer en cas d'urgence.
3° Il était appelé à n'importe quelle heure de la nuit par n'importe qui.
4° L'isolement total: il était affecté seul à son poste, dans un endroit perdu de la civilisation, la disponibilité 24h/24 dont il devait faire bénéficier les paysans contribuait à son isolement et repli sur lui-même car il n'avait pas de vie! Il était épuisé !
5° Il n'avait pas le droit d'être malade ni épuisé puisqu'il devait être en permanence disponible... et la morphine étant fréquemment utilisée à cette époque, un peu trop facilement, ceci expliquant cela, tout a contribué à sa perte.
Magnifique et terrifiant: c'est du Boulgakov !!!
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Apikrus
  29 avril 2013
En 1917, le Docteur Bomgard vient d'être affecté dans un hôpital d'un chef-lieu de canton pour y soigner les maladies infectieuses. Ayant auparavant travaillé comme médecin généraliste pendant plusieurs mois dans un district isolé, il apprécie ces changements. Il reçoit une lettre inquiétante de Serguéï Poliakov, son successeur qui semble désespéré.
La tragique vie de Poliakov, toxicomane, constitue l'élément central de l'ouvrage. le processus d'addiction à la morphine et ses effets sur le psychisme sont particulièrement bien exposés et intéressants. Toutefois, l' "autocensure" dont l'auteur a dû faire preuve ôte à mon avis une grande partie de l'intérêt au récit.
En postface, la traductrice fait référence au caractère autobiographique de ce texte, et montre que pour des raisons politiques l'auteur l'a probablement expurgé de descriptions du contexte de l'époque. de fait, quelques références aux événements politiques survenus en 1917 parsèment son récit sans y être développées.
'Le Maître et Marguerite' est souvent cité comme l'ouvrage le plus important de cet auteur. Je le lirai certainement si le sujet m'inspire.
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Bastien
  22 août 2012
Ce livre retrace la longue descente aux enfers d'un jeune médecin morphinomane. C'est poignant et ça retrace bien un problème récurrent qu'il y a eu pendant des années. On suit la lente dégradation du personnage, à travers son journal intime, sur un peu plus d'un an.
Il faut se replacer dans le contexte pour saisir pleinement l'écrit : 1917, dans un hôpital de campagne russe où la solitude est omniprésente, la guerre, la pauvreté, le peu d'expérience.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   29 octobre 2015
Mon cœur commence à battre si fort que je le sens dans mes mains, dans mes tempes...et puis il tombe dans un gouffre et il y a des instants où je pense que le docteur Poliakov ne retrouvera plus jamais goût à la vie...
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CathRoyCathRoy   21 avril 2019
Les bons esprits l'ont relevé de longue date, le bonheur est comme la santé : lorsqu'il est là, on ne le remarque pas. Mais que passent les années, il vous revient en mémoire, et de quelle façon !
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PiertyMPiertyM   14 octobre 2014
Le bonheur est comme la santé : lorsqu'il est là, on ne le remarque pas.
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PiertyMPiertyM   18 février 2015
Le morphinomane a un bonheur dont personne ne peut le priver : la capacité de mener sa vie dans une solitude totale.
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michelekastnermichelekastner   29 décembre 2017
Voici l'instant où la cocaïne, par on ne sait quelle loi secrète, que nul traité de pharmacologie ne mentionne, se transforme dans le sang en quelque chose de nouveau. Je sais : c'est le diable qui se mélange à lui. Vlas sur le perron se fane et je le déteste, et le couchant agité, grondant, me tord les boyaux. Et ainsi plusieurs fois de suite tout au long de la soirée jusqu'à ce que je comprenne que je suis empoisonné. Mon coeur commence à battre si fort que je le sens dans mes mains, dans mes tempes... et puis il tombe dans un gouffre et il y a des instants où je pense que le docteur Poliakov ne trouvera plus jamais goût à la vie...
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Videos de Mikhaïl Boulgakov (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mikhaïl Boulgakov
"le Maître et Marguerite", de Mikhaïl Boulgakov (Alchimie d'un roman n°59)
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