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Françoise Marrou-Flamant (Traducteur)
ISBN : 207031281X
Éditeur : Gallimard (01/01/2004)

Note moyenne : 3.07/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Dans la jeune Union soviétique des années 1920, Korotkov, modeste chef de bureau au Premier Dépôt central de matériel pour allumettes, est renvoyé du jour au lendemain. Révolté par cette injustice, il découvre peu à peu qu'il vit dans un monde peuplé de cauchemars dont seule la folie lui permettra de s'échapper.
Une dénonciation satirique et fantastique d'une bureaucratie tentaculaire et diabolique par l'auteur du Maître et Marguerite.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  31 octobre 2015
Le diable est dans les détails, dit-on.
Chez Boulgakov, le diable est dans la bureaucratie soviétique, embusqué derrière les cloisons des administrations, à l'affût , dans les claviers agiles des secrétaires, sous les casquettes cirées des fonctionnaires.
Le pauvre Korotkov en fait l'expérience à ses dépends..
Il a maille à partir avec son chef de bureau, un certain Caleçoner.. Dès lors tout dérape: on ne lui paye plus son salaire qu'en nature, avec la production elle-même - des allumettes diaboliques qui vous explosent dans les doigts, vous font de terribles coquards et laissent un sillage inquiétant de soufre derrière elles. Il perd ses papiers: il n'est plus personne, même son patronyme est écorné..
Son tortionnaire lui-même se dérobe à toute explication: Caleçoner se dédouble, tantôt chauve et violent, tantôt fourbe et fuyant, doté d'une barbe assyrienne: impossible pour le pauvre rond-de-cuir de trouver un sens à ce dérèglement irrationnel qui se termine dans une apocalypse grotesque digne de Jérôme Bosch...
On comprend bien la vindicte de Boulgakov à l'égard de la bureaucratie stalinienne qui lui fit mille et une misères , mais j'ai largement préféré Coeur de chien, pour la satire et le Maître et marguerite pour les diableries d'un pouvoir machiavélique..
Le récit est haut en couleurs mais le fantastique, un peu vain, ne m'a pas frappée de stupéfaction comme dans le Maître ni fait rire jaune comme dans Coeur de chien..C'est très bien écrit, très bien traduit aussi et illustré mais cela m'a laissée un peu froide..
Diable, diable,il me faut des émotions plus fortes pour m'émouvoir que ces petites diableries de bureau...
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Kirsikka
  03 janvier 2017
On ne peut lire Endiablade de MiKhaïl Boulgakov sans penser immédiatement au Maître et Marguerite. Le diable, qui se transforme en un gros chat noir, l'absurdité, l'obséquiosité et la peur des représailles portés au plus ridicule. Pour autant, il n'y a pas beaucoup de poésie, mais bien plutôt un humour grinçant qui masque mal l'horreur d'une réalité déformée et absurde.
Korotkov est un chef de bureau soulagé de s'être trouvé un emploi planqué et stable, mais c'est compter sans l'intervention du diable. Le récit commence comme une critique de la vie bureaucratique, et se transforme très vite en cauchemar, de ceux dont on se réveille en sursaut et le coeur battant. L'impression créée par Boulgakov est saisissante : l'atmosphère est étouffante, la trame de l'histoire paraît logique mais ce ne sont que successions de tableaux sans queue ni tête, de personnages qui changent d'aspect, de couloirs ou d'escaliers qui ne mènent jamais où on veut aller, Korotkov ne peut se faire entendre ni reconnaître, on le confond avec un autre, et pour finir, il n'a plus de nom.
En toile de fond, on pense bien évidemment à une critique acide du régime soviétique, de la crise économique et monétaire, d'une bureaucratie folle et inepte, du pouvoir obscur de vie et de mort sur chaque individu sans qu'il y ait le moindre sens aux décisions ni aux actes des camarades.
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michfred
  30 octobre 2015
Le diable est dans les détails, dit-on.
Chez Boulgakov, le diable est dans la bureaucratie soviétique, embusqué derrière les cloisons des administrations, à l'affût , dans les claviers agiles des secrétaires, sous les casquettes cirées des fonctionnaires.
Le pauvre Korotkov en fait l'expérience à ses dépends..
Il a maille à partir avec son chef de bureau, un certain Caleçoner.. Dès lors tout dérape: on ne lui paye plus son salaire qu'en nature, avec la production elle-même - des allumettes diaboliques qui vous explosent dans les doigts, vous font de terribles coquards et laissent un sillage inquiétant de soufre derrière elles. Il perd ses papiers: il n'est plus personne, même son patronyme est écorné..
Son tortionnaire lui-même se dérobe à toute explication: Caleçoner se dédouble, tantôt chauve et violent, tantôt fourbe et fuyant, doté d'une barbe assyrienne: impossible pour le pauvre rond-de-cuir de trouver un sens à ce dérèglement irrationnel qui se termine dans une apocalypse grotesque digne de Jérôme Bosch...
On comprend bien la vindicte de Boulgakov à l'égard de la bureaucratie stalinienne qui lui fit mille et une misères , mais j'ai largement préféré Coeur de chien, pour la satire et le Maître et marguerite pour les diableries d'un pouvoir machiavélique..
Le récit est haut en couleurs mais le fantastique, un peu vain, ne m'a pas frappée de stupéfaction comme dans le Maître ni fait rire jaune comme dans Coeur de chien..C'est très bien écrit, très bien traduit aussi et illustré mais cela m'a laissée un peu froide..
Diable, diable,il me faut des émotions plus fortes pour m'émouvoir que ces petites diableries de bureau...
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PinkCatReading
  08 septembre 2016
Première incursion en territoire russe pour moi avec ce petit roman (une nouvelle ?) de Mikhail Bulgakov au titre surprenant et au contenu plus encore !
Russie, années 20. Korotkov est un employé comme un autre dans une administration comme une autre : tentaculaire, tyrannique et illogique. Tout commence à déraper le jour où, faute d'argent, les employés sont payés en allumettes…Notre camarade est ensuite licencié pour avoir confondu le nom de son nouveau supérieur avec le mot « caleçons » (les russes ne rigolent pas avec les patronymes !). A partir de là tout s'accélère et nous accompagnons Korotkov, à qui on vole l'identité, dans une tentative désespérée pour s'expliquer. Mais son chemin, et le nôtre en tant que le lecteur, va être parsemé de jumeaux maléfiques, de petits vieux qui sentent le souffre et évoquent le diable, de femmes identiques, d'autres en forme de théière ou dorées, fatales et mystérieuses, de bureaux sans mobilier et tout un tas d'autres bizarreries surréalistes, absurdes, sans queue ni tête…Normal ! Vous ressentez ici les effets de la bureaucratie russe subie par Mikhail Bulgakov et bien d'autres…
Tel Astérix dans la maison qui rend fou ou Alice au Pays des merveilles…Korotkof a atterri, sur la tête, à Stalineland mais point de chat du Cheshshire ici. Par contre tout le monde a du rencontrer la chenille et partager son narguilé… Jusqu'où la folie emportera-t-elle notre camarade ? Bon voyage ! Et fermez la porte en partant, la théière fuit au deuxième étage.
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Renod
  06 janvier 2015
Endiablade est une nouvelle de Mikhaïl Boulgakov publiée en février 1924 dans le périodique Niedra.
Le camarade Korotkov est un homme ordinaire qui occupe le poste de chef de bureau dans une fabrique d'allumettes. Cette existence stable va être bouleversée le jour où son salaire va lui être réglé non pas en roubles, mais avec les produits de la firme, des allumettes de mauvaise qualité. le soir, il s'acharne à craquer l'ensemble de son revenu, puis s'endort dans une épaisse odeur de souffre et fait un rêve terrible.
Ce qui suivra au réveil le sera d'autant plus. Tout se mêle : le rêve, le fantastique, la folie... Des jumeaux diaboliques apparaissent soudainement, les Kalsoner. L'un d'eux devient le supérieur de Korotkov et le renvoie aussitôt. le malheureux licencié va s'empresser de convaincre son responsable de changer d'avis, mais ne connaissant pas l'existence du frère, reste perplexe devant ces apparitions successives des Kalsoner dans les locaux de l'administration. Il se fait voler ses papiers d'identité au cours du trajet et court au sein de divers bureaux de l'administration pour obtenir une attestation. La situation va devenir inextricable et Korotkov (le lecteur aussi) va entrer dans la plus grande confusion. Il n'a plus d'emploi, plus d'identité, plus d'argent, plus de notion du temps... Tout va progressivement dégénérer.
Comme dans les oeuvres qui vont suivre, ce récit fantastique permet à Boulgakov de dresser une critique acerbe de la société soviétique naissante. Production de mauvaise qualité, administration délirante, goût prononcé de ces administrations pour les acronymes...
La nouvelle s'étire un peu sur la fin, il y a un ou deux chapitres en trop. Néanmoins, elle est d'une grande qualité et laisse présager le futur chef d'oeuvre de Boulgakov, le Maître et Marguerite, dont la rédaction débutera quelques années plus tard.
A noter que le titre a été modifié. le "Diablerie" de l'édition précédente s'est transformé en "Endiablade", néologisme plus proche du sens du texte.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   06 janvier 2015
L’inconnu était si petit qu’il n’arrivait qu’à la ceinture du grand Korotkov. La médiocrité de sa taille était compensée par la largeur extraordinaire de ses épaules. Son tronc carré était posé sur des jambes torses, dont la gauche, de surcroît, était boiteuse. Mais ce qu’il y avait de plus curieux, c’était la tête. Elle avait la forme exacte d’un gigantesque modèle d’œuf, fixé horizontalement sur le cou, le petit bout en avant. Elle était également chauve comme un œuf et avait un tel éclat que des ampoules électriques brûlaient sur le sommet du crâne de l’inconnu sans jamais s’éteindre. Son visage minuscule était rasé de si près qu’il en était tout bleu. De petits yeux verts de la taille d’une tête d’épingle étaient enfoncés dans ses orbites profondes.
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RenodRenod   06 janvier 2015
Poussant un cri perçant, un cri de victoire, il fléchit les genoux et s'envola dans le ciel. Aussitôt, il eut le souffle coupé. Vaguement, très vaguement, il vit une chose grise percée de trous noirs s'envoler vers le haut à côté de lui, comme soufflée par une explosion. Puis il vit très nettement que la chose grise était retombée alors que lui-même était remonté vers la fente étroite de la ruelle qui se trouvait maintenant au-dessus de lui. Puis un soleil couleur de sang éclata dans sa tête, et ce fut tout, il ne vit plus rien.
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gavarneurgavarneur   30 avril 2018
Alexandra Fedorova qui était rentrée de son travail avant l'heure était accroupie, toujours vêtue de son manteau et de son bonnet, devant une rangée de bouteilles bouchées avec du papier journal et remplies d'un liquide rouge sang.
Page 12
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michfredmichfred   31 octobre 2015
- Mon Dieu! cria Korotkov exultant, je suis sauvé! Sauvé!
Éperdu, il serra la main osseuse et griffue du vieillard. L'autre sourit. L'espace d'un instant, la joie de Korotkov fut assombrie: quelque chose de bizarre, de mauvais passa dans les profondes orbites bleues du vieil homme. Étrange aussi parut son sourire qui dévoilait ses gencives violettes.
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michfredmichfred   31 octobre 2015
-Qu'il aille au diable! tonna le blond, qu'il aille au diable. dactylos, zou!
Il fit un large geste de sa main gigantesque, le mur s'ouvrit devant les yeux de Korotkov et les trente machines à écrire firent sonner leurs timbres , puis se mirent à jouer un fox-trot.
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Videos de Mikhaïl Boulgakov (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mikhaïl Boulgakov
"le Maître et Marguerite", de Mikhaïl Boulgakov (Alchimie d'un roman n°59)
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