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ISBN : 2253064572
Éditeur : Le Livre de Poche (01/11/1993)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Ce dernier volume reprend, cette fois dans sa chronologie du XVe au XVIIIe siècle, l'histoire économique du monde. Non pas de l'univers tout entier, mais de ces seules zones très minoritaires qui vivent selon « le temps du monde », le regard tourné vers les échanges internationaux - toutes zones de civilisations denses, à la richesse ancienne.

En gros deux blocs : l'Europe d'un côté, de l'autre l'Extrême-Orient qui lie Inde, Chine, Islam en un puissa... >Voir plus
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Vidéo de Fernand Braudel
Leçon inaugurale de Fernand Braudel Les hommes font-ils l’histoire ? "Non" répond Fernand Braudel dans sa leçon inaugurale, "l’histoire fait aussi les hommes et façonne leur destin – l’histoire anonyme profonde et souvent silencieuse, dont il faut maintenant aborder l’incertain mais immense domaine"...
A côté du "temps rapide des événements, du temps allongé des épisodes", Fernand Braudel marque son intérêt pour le "temps ralenti, paresseux des civilisations".
Depuis le collège de France, dans sa leçon inaugurale, il explique ainsi :
« Certes, les civilisations sont mortelles, dans leurs floraisons les plus précieuses ; certes, elles brillent, puis elles s'éteignent, pour refleurirent sous d'autres formes. Mais ces rupture sont plus rares, plus espacées qu'on ne le pense. Et surtout, elles ne détruisent pas tout également. Je veux dire que, dans telle ou telle aire de civilisation, le contenu social peut se renouveler deux ou trois fois presque entièrement sans atteindre certains traits profonds de structure qui continueront à la distinguer fortement des civilisations voisines. Il y a, si l'on veut, plus lente encore que l'histoire des civilisations, presque immobile, une histoire des hommes dans leurs rapports serrés avec la terre qui les porte et les nourrit ; c'est un dialogue qui ne cesse de se répéter, qui se répète pour durer, qui peut changer et change en surface, mais se poursuit, tenace, comme s'il était hors de l'atteinte et de la morsure du temps. Si je ne me trompe, les historiens commencent à prendre conscience, aujourd'hui, d'une histoire nouvelle, une histoire lourde dont le temps ne s'accorde plus à nos anciennes mesures. »
Historien, novateur, du " temps quasi immobile", de "l’histoire qui bouge lentement", selon sa propre formule, "et de l’aventure capitaliste" (entretien avec Pierre Desgraupes), il peut souligner, dans sa leçon inaugurale, le 1er décembre 1950, l’apport immense des "sciences de l’homme" de cette "révolution intellectuelle et scientifique prodigieuse" dont l’histoire bénéficie à la croisée de la géographie, de l’économie et de la climatologie, pour ne citer que les disciplines emblématiques liées à son œuvre. Gérard Courtois proposant en 2008 pour le journal Le monde une rétro-lecture de la célèbre thèse de Fernand Braudel, publiée en 1949, « La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philipe II », loue cet "Ulysse moderne, qui a fondé un empire en quelques années".
Quand il interroge son héritage, l’historien Jacques Le Goff, met en avant les recherches de Fernand Braudel autour de la notion de « temps monde », forgée sur un concept allemand, la notion d’économie monde.
A la disparition du grand historien, le médiéviste, Georges Duby lui rend hommage depuis le Collège de France. Il rappelle que Fernand Braudel a été aussi "un lutteur, redoutable" et "un constructeur". Il "consolida les institutions qu'il reprit des mains de Lucien Febvre" et "il en fonda de nouvelles".
Ainsi "En 1949, il fut appelé à prendre au Collège de France la succession de Lucien Febvre". "En 1956, Braudel prit la direction de la VIe Section de l'École des Hautes Études que Lucien Febvre avait fondée une dizaine d'années auparavant, un outil qu'il s'appliqua à rendre toujours plus efficace et plus prestigieux". "Il créa, dans le même esprit, la Maison des sciences de l'homme en 1963".
C’est Clémence Azincourt qui prête aujourd’hui sa voix à Fernand Braudel, titulaire de la chaire de la civilisation moderne, le 1er décembre 1950.
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