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EAN : 9782213031385
856 pages
Éditeur : Fayard (01/11/1993)
4.29/5   36 notes
Résumé :
Par une belle matinée de l'automne 1894, le jeune Capitaine Dreyfus se rendit au Ministère de la Guerre : il y était convoqué "en tenue bourgeoise", pour une "inspection" de routine. Un officier le reçut, dont la main droite était gantée de soie noire. "J'ai une lettre à écrire. J'ai mal aux doigts. Pouvez-vous écrire à ma place ?" Le Capitaine Dreyfus se prêta à la dictée. Soudain l'officier lui mit la main sur l'épaule. "Au nom de la loi je vous arrête. Vous êtes ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Zippo
  29 mai 2020
Jean-Denis Bredin, avocat et écrivain, nous présente, avec son livre, une relation des plus complètes, sinon LA relation la plus complète, la plus précise de l'Affaire Dreyfus qui débuta en 1894.
Nous bénéficions, du fait de l'expérience professionnelle de l'auteur, de passionnantes explications sur le fonctionnement du système judiciaires au moment de cet évènement.
Tout est analysé. En préambule, Jean-Denis Bredin insiste avec justesse sur l'état d'esprit de la population française suite à la défaite de la France contre l'Allemagne en 1870-1871.
Il consacre des pages passionnantes à la montée de l'antisémitisme en France à la fin du XIXème siècle, et notamment dans l'armée.
Tous les intervenants, du plus important ou plus modeste, nous sont présentés. Nous passons du ministère de la Guerre à l'Etat-major de l'armée française, Nous allons dans les coulisses des ambassades d'Allemagne et d'Italie.
La bassesse, la lâcheté, la haine des accusateurs font l'objet de pages où, avec une écriture claire et mesurée l'auteur nous fait part de son indignation sans concession.
Par contre, concernant ceux qui entrent courageusement dans la lutte pour faire reconnaître l'innocence d'Alfred Dreyfus, Jean-Denis Bredin ne cache pas son admiration, tout en reconnaissant les différents motifs et opinions politiques de ces intellectuels, hommes politiques...Au-delà de Zola, âme de ce combat pour la justice, impossible de ne pas citer le colonel Picquart, qui au côté de la famille Dreyfus et des autres défenseurs d'Alfred Dreyfus, alla jusqu'au bout de son combat pour la vérité et l'innocence de ce capitaine injustement condamné. Il fut chassé de l'armée, emprisonné...mais rien ne l'arrêta.
Au-delà de sa passionnante narration, l'auteur traite ce sujet avec une profonde sensibilité. Quand il évoque la personnalité de Dreyfus, son martyr pendant sa déportation à l'île du Diable, je dirai même avec tendresse. Il nous présente un homme écrasé par l'injustice pour un motif infâme, mais un homme qui persévère dans sa confiance en la France, en son armée.
Cet évènement a donné lieu, sur une période de plus de dix ans (1894 à 1906) à des violences antisémites à Paris et en province au cours desquelles des Juifs et leurs biens furent attaqués. Dreyfus et ses défenseurs furent copieusement insultés dans la presse nationaliste et devant les tribunaux…
Jean-Denis Bredin nous présente des personnages "lumineux" d'humanité, tel Bernard Lazare.
J'insiste, encore une fois, sur la sensibilité de l'auteur lorsqu'il évoque le destin de la famille Dreyfus et des dreyfusards dans les décennies qui suivirent la fin de cette triste histoire.
Après les moments sordides, il y a des moments bouleversants.
Il y a une grande humanité dans ce grand livre.
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Bigmammy
  30 janvier 2012
J'ai toujours en mémoire le fameux dessin de Caran d'Ache où l'on voit une tablée de famille au stade premier où personne n'a évoqué l'Affaire Dreyfus, puis au stade suivant ou tout le monde s'étrangle allègrement à travers les bris de vaisselle avec pour légende "Ils en ont parlé". Ce livre est LA somme du dossier d'une affaire qui a marqué notre histoire politique et sociale pendant des decennies, et qui est sans doute encore preignante dans certains milieux. L'histoire incroyable d'une machination ourdie par des militaires désemparés par la défaîte de 1870, recherchant des boucs émissaires et trouvant le coupable idéal : un capitaine d'Etat-Major, polytechnicien guindé et froid, peu sympathique, mais surtout, oh ! sacrilège, juif. Et surout l'enferrement d'une caste qui ne supporte pas la perspective d'une erreur, à une époque où l'ennemi est toujours présent : l'Allemagne ....
Jean-Denis Bredin, grand juriste, est aussi un historien méticuleux et impartial. Il démonte toute la mécanique et sa démonstration est éblouissante. Un livre fondateur, passionnant. Yves Boisset en a tiré un téléfilm qui fait référence.
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lehibook
  17 janvier 2021
Nous avons aujourd'hui l'habitude des « affaires » mais il fut un temps où il n'y en avait qu'une : l'Affaire Dreyfus ! Elle réunit en elle beaucoup d'éléments au coeur des préoccupations de l'époque où elle s'est déroulée (la rivalité franco-allemande par exemple) mais aussi de toutes les époques : le mensonge d'état , la persécution d'une minorité, la capacité d'un corps à se protéger lui -même à n‘importe quel prix (c'était l'armée aujourd'hui la police) et bien sûr l'erreur judiciaire . L'auteur mène une étude approfondie (elle lui a pris 8 ans) et remarquable sur ce fait historique et en clarifie les étapes, les enjeux et les conséquences. L'ouvrage se lit avec facilité.
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luocine
  20 janvier 2015
Ce livre d'historien est absolument passionnant et se lit très facilement. Je ne peux qu'en recommander la lecture à tous ceux et toutes celles qui sont intéressés par cette période et à qui le fanatisme et l'intolérance font peur. Jean-Denis Bredin permet de comprendre complètement » le pourquoi » de cette affaire. Elle a réussi à prendre forme pour des raisons bien particulières :
L'armée française vient de subir une défaite en 1870 et se sent trahie par la nation disons qu'elle préfère rendre la trahison responsable de sa défaite plutôt que ses propres incompétences.
L'armée est le refuge de la noblesse qui se sent au dessus du pouvoir civile et croit représenter le « véritable » esprit français.
L'antisémitisme était latent et entretenu par l'église catholique qui voulait prendre sa revanche sur l'athéisme de la révolution française.
L'église et l'armée étaient donc les deux piliers de la cause antidreyfusarde.
le pouvoir civil était très régulièrement secoué par des scandales et avait peu envie de défendre « un juif ».
Tous ces différents facteurs permettent de comprendre pourquoi, quand on a cru avoir trouvé le responsable de l'espionnage et de celui qui livrait aux Allemands les ingénieux systèmes de l'artillerie française, tout le monde était bien content de punir ce traitre et que ce soit un juif arrangeait vraiment tout le monde. le travail de Jean-Denis Bredin permet aussi de mieux connaître les différents protagonistes de l'affaire , en particulier le colonel Picquart qui sera le personnage central du roman de Robert Harris. Mais aussi la famille Dreyfus en particulier Alfred qui est un pur produit de l'armée française et qui ne souhaite qu'une chose qu'on lui rende son honneur.
Lien : http://luocine.fr/?p=3228
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Esorlecram
  12 juillet 2018
J'avais lu avec intérêt le livre de Robert Harris, "D" concernant l'affaire Dreyfus, mais je l'avais trouvé trop romancé. Une lectrice Babelio conseillait de lire cet autre ouvrage sur l' "Affaire" : merci nodib29! Cela vaut vraiment la peine de lire ce pavé de 750 pages, qui n'est plus du tout un roman, mais une étude approfondie, avec des références nombreuses et précises, ne laissant plus aucune place à l'improvisation.
En plus de l'examen fouillé de ce que fut l'"Affaire" sur le plan juridique, Jean-Denis Bredin décrit la France de l'époque, et recadre bien le tout dans son contexte: cet ouvrage est aussi un excellent livre d'histoire.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Nodib29Nodib29   26 septembre 2016
Lettre adressée à Alfred Dreyfus, après la révision, par l’un de ses anciens camarades de l’Etat-Major :
Quand en 1894, le sous-chef d’Etat-Major nous réunit pour nous dire que tu étais coupable et qu’on en avait les preuves certaines, nous en acceptâmes la certitude sans discussion puisqu’elle nous était donnée par un chef. Dès lors, nous oubliâmes toutes tes qualités, les relations d’amitié que nous avions avec toi pour ne plus rechercher dans nos souvenirs que ce qui pouvait corroborer la certitude qu’on venait de nous inculquer. Tout y fut matière.
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luocineluocine   20 janvier 2015
Pour beaucoup de milieux traditionnels, l’Armée est vécue comme un refuge, une sauvegarde contre l’ordre nouveau. Elle semble le dernier lieu où se conservent les valeurs anciennes ; elle préserve la fidélité légitimiste. Elle est l’ « Arche sainte » à laquelle les républicains n’ont pas encore osé toucher, un précieux domaine maintenu intact au milieu de la subversion générale.
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luocineluocine   20 janvier 2015
La presse découvrant sa puissance, a vite prouvé que celle-ci s’exerçait en tous sens. Sans » l’Aurore » et Zola, Dreyfus serait peut-être resté au bagne. Mais,sans Drumont et « La libre parole » y serait-il allé? La presse naissante révèle déjà qu’elle est, qu’elle sera, dans la démocratie, le meilleur et l e pire : rempart de la Vérité , mais aussi véhicule de la calomnie, pédagogie de l’abêtissement, école du fanatisme, en bref , instrument docile à ceux qui la font et à ceux qui la reçoivent.
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luocineluocine   20 janvier 2015
« La vérité finit toujours par se faire jour, envers et malgré tous. Nous ne sommes plus dans un siècle où la lumière pouvaient être étouffée. Il faudra qu’elle se fasse entière et absolue, il faudra que ma voix soit entendue par toute notre chère France, comme l’a été mon accusation. Ce n’ai pas seulement mon honneur que j’ai à défendre, mais encore l’honneur de tout le corps d’officiers dont je fais partie et dont je suis digne . » Alfred Dreyfus au bagne de Cayenne.
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luocineluocine   20 janvier 2015
Dreyfus fut successivement coupable de trois manières.Il fut d’abord coupable parce que désigné pour cet emploi. Coupable, il le fut ensuite parce qu’il l’avait été. L’intérêt de la France l’honneur de l’Armée commandaient qu’il restât condamné. Puis il fut coupable d’ « avoir servi pendant cinq ans à ébranler l’Armée et la Nation » d’avoir été le symbole et l’instrument des forces du mal.
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Jean-Denis- Bredin : "Avec Chateaubriand et Flaubert, je serais volontiers parti en voyage"
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