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ISBN : 2207250644
Éditeur : Denoël (21/01/2000)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Halte au scandale du gaspillage ! Désormais la Société Protectrice des Objets veille... Que diriez-vous d'être couplé à une tasse de façon que la moindre fêlure de la porcelaine se répercute sur votre propre squelette en une superbe fracture ouverte ? Imaginez le cauchemar, imaginez d'autres associations/répercussions, avec des vêtements, des disques, une maison... Attaque en règle de la société de consommation ou fable ambiguë, Les Lutteurs immobiles est une réuss... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Fab72
  05 août 2014
Une fois de plus, Serge Brussolo extrapole les conséquences de nos comportements, ici le gaspillage, pour créer un avenir de cauchemar. Désormais, la Société Protectrice des Objets lutte contre le gâchis… à sa manière. Les objets (y compris les habits) sont munis d'une plaque d'identification avec une date de péremption. Aucun d'entre eux ne doit être détruit, jeté, cassé avant cette date. En cas d'infraction, les contrevenants s'exposent à des corvées pendant quelques week-ends ou pire à un séjour dans un camp de rééducation. Fini l'ère du jetable, de l'éphémère, on est dans le culte de l'objet. Cela n'est pas sans conséquences sur le comportement des citoyens. Ainsi, les mères considèrent leurs progénitures comme des vandales. Elles sont plus inquiètes de l'état des jouets que de leurs enfants. Les voitures ne sont quasiment plus utilisées de peur des accidents. La SPO se radicalise et de nouveaux capteurs apparaissent. Les objets de valeur, jusqu'alors préservés, sont désormais piégés. Ainsi, un homme fortuné est retrouvé sur son balcon, entièrement nu, faisant du feu avec des pierres après avoir déserté son appartement cossu devenu un vrai champ de mines. Il suffit qu'une tasse raffinée soit ébréchée pour que la sanction tombe ; d'autant plus lourde que l'objet est précieux. Les lutteurs immobiles du titre, ce sont les objets.
On suit un artiste doué pour magnifier sur ses toiles les objets les plus banals. Sa vie change le jour où il peint une pomme à côté d'un couteau. La pomme n'est pas un objet manufacturé mais un produit naturel donc subversif. Mais surtout, il approche une tribu d'opposants naturistes pour aider un ami… Devenu un ennemi du système, le département recherche de la SPO l'utilise comme cobaye en expérimentant sur lui un dispositif encore plus répressif que les balises incorporées aux objets. Et là, l'imagination de l'auteur est sans limite.
Dans un village expérimental, notre artiste fait la connaissance d'autres cobayes dont une femme physiquement en symbiose avec une montagne de vêtements. Elle vit un enfer en luttant contre les plis, le repassage à mauvaise température, les moisissures, les mites et les rongeurs dont les effets se calquent sur son propre corps (arthrite, brûlures, mycoses, morsures). À quel objet est couplé notre héros ? Pourquoi des vandales (les pires ennemis de la SPO) s'attaquent-ils aux cobayes ? Là, Brussolo se surpasse et étonne vraiment le lecteur en explorant de nouvelles pistes…

Voilà encore une histoire insolite comme sait si bien les raconter l'auteur. Bien que ce ne soit pas son roman le mieux écrit, il fait partie comme tous les « Brussolo » du top de la défunte collection « Anticipation » aux éditions Fleuve noir.
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valer.daviep
  27 avril 2012
Imaginez que vous soyez tellement relié à vos objets du quotidien que le moindre choc, la moindre éraflure, trace, ou quel que soit l'aléa, commis sur ces derniers aient des répercutions directes sur votre intégrité. Les objets, simples choses inanimées, deviendraient vos alter-ego. On peut comprendre aisément que, dans le but de se préserver, on ait une attitude protectrice envers ceux-ci. Nos rapports avec le monde qui nous entoure serait directement conditionné par la surveillance de chacun sur chacun, et imaginons par un contrat tacite qui inciterait les membres de la société à tout simplement prendre garde à ce qui semble futile. On peut ainsi se dire que le gaspillage, la profanation de la nature, seraient des souvenirs anciens. Si chacun est attentif à autrui, et mathématiquement si chacun est attentif au contexte de vie de l'autre, la condition humaine y gagnerait. Voilà la réflexion que les officiels de la société décrite par Serge Brussolo se sont faits.
David, peintre, vit dans une société pas si lointaine où les objets sont jetables. Aussi s'amoncèlent les détritus dans des décharges qui s'agrandissent. Or, la plupart de ces détritus n'ont rien d'usés. Au contraire, la grande majorité pourrait être réutilisée et remplir pleinement les fonctions qui lui sont attribuées. Aussi les dirigeants se sont dit qu'il fallait inciter les membres de la société à prendre soin de ce qui les entoure. Alors, ils décident de traquer le gaspillage. Chaque objet, même le plus trivial, est ainsi soumis à une période d'utilisation limite qui correspond au laps de temps pendant lequel il peut remplir intégralement ses fonctions. Et attention à ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ne remplissent pas la condition ! Cette surveillance permanente ne manque pas de susciter des ras-le-bol et autres craintes. Comme tout bon roman contre-utopique, un personnage franchit le point de non retour. Après avoir commis l'irréparable, l'artiste est capturé et soumis à une nouvelle manière de contrôler le gaspillage. Dorénavant, dès qu'il commettra une atteinte envers un objet, il subira l'équivalent dans sa chaire.
Il est ainsi envoyé dans une cité pavillonnaire où chaque résident est relié à un objet totem. le protéger, c'est se protéger soi même. Aussi, dès lors que l'objet subit une agression, c'est la personne qui en souffre autant. Il s'agit presque d'une démarche écologique, voire humaniste. Elle est en tout cas très efficace pour que les individus soient plus attentifs aux autres. Plus attentifs, ou plus paranoïaques. Quoi qu'il en soit David doit faire avec. Sous les conseils d'une jeune femme reliée aux vêtements, il part à la recherche de ce qui sera son totem. Et autant dire que la nature de celui ci est assez étrange. En effet, contrairement aux autres membres du quartier, il est pour ainsi dire à l'abri d'une quelconque agression. Pour autant, est-il à l'abri, lui même ? Bien sûr, Serge Brussolo a une idée derrière la tête...
Les lutteurs immobiles, sobriquet qualifiant ces objets que les membres de cette communauté ont littéralement dans la peau, est un roman court et dense. Au rythme élevé, on suit le périple du personnage principal mais aussi, voire surtout, de la guerre qu'il mène contre cette organisation dont on situe pas toujours très bien le poids, contre les autres membres de la communauté mais aussi contre lui même. le style littéraire se rapproche par bien des côté d'un Ray Bradbury à mes yeux. Faussement simple, il fourmille de détails. Comme si tout était normal, Serge Brussolo nous expose des situations périlleuses et complexes, des événements sombres décrits de manière lumineuse. Les lutteurs immobiles est peut être justement trop bref et ne vas pas assez en profondeur de certains thèmes. Même si la fin surprend, et cela est bien, elle est aussi quelque part artificielle. On a l'impression que, une fois la messe dite, l'auteur ne savait pas trop comment clore son roman. Heureusement, il donne envie d'en écrire une soi même. Bref, comme d'habitude avec les Présence du futur (ou en tout cas, les romans que je choisi dans cette collection), la lecture est agréable, récréative et nourrissante.
Note : III
Les Murmures.

Lien : http://les-murmures.blogspot..
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Jahyra
  06 octobre 2018
Dans un futur pas si lointain, tous les objets ont une durée d'utilisation minimum, qui vous fait jeter en prison lorsque vous ne la respectez pas...
Des individus en mal de notre société de consommation actuelle se réunissent en secret afin d'utiliser tout bêtement ces objets comme on a maintenant l'habitude de faire, et tout en étant taxés d'extrémistes sont envoyés dans une sorte de camp où chacun va se retrouver couplé à un objet.
Le truc, c'est qu'ils ne connaissent pas l'objet en question, et que leur vie tient à l'état dudit objet. Imaginez être couplé à une tasse en porcelaine, ou encore à une bibliothèque infestée de rats comme l'un des protagonistes...
Un récit court, haletant et très bien ficelé comme sait les faire Brussolo, un régal de tous les instants, avec un dénouement inattendu !
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bgn
  11 janvier 2013
Encore un excellent livre de Serge Brussolo. Quelle imagination débordante!
Attaque en règle de la société de consommation ou fable ambiguë, les Lutteurs immobiles est une réussite de plus à porter au crédit de Serge Brussolo.
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Lalivrophile
  19 mai 2010
J'ai beaucoup aimé ce livre. On y retrouve un Brussolo imaginatif, comme je l'aime. L'idée de départ est très intéressante, et elle est très bien exploitée. Brussolo nous renvoie à notre propre égoïsme: les objets, on les casse sans remords, mais quand cela peut se répercuter sur notre petite personne, on prend grand soin de ces mêmes objets. Bien sûr, c'est exagéré, ici, car les gens ne gaspillent pas les objets comme dans ce roman. Mais j'en connais certains qui gaspillent la nourriture comme certains personnages du récit gaspillent les objets.
[...]
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Lien : http://www.lalivrophile.net/..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
bgnbgn   18 janvier 2013
Tous ces objets... Toutes ces... choses. Elles me surveillent jour et nuit. Elles me traquent, elle attendent une erreur de ma part, un faux pas, un geste maladroit... Elles tissent comme un piège ! Cet appartement est une jungle pleine de fauves à l'affût... David, il est impossible que vous ne sentiez pas cela, vous, un artiste ! LES CAPTEURS, les relais, ils sont partout. On ne peut pas vivre toute sa vie au centre d'une toile d'araignée. Personne ne le peut...
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Fab72Fab72   05 août 2014
Devenir le frère siamois d’une tasse à thé vous tente-il ? Pas vraiment, surtout si la moindre fêlure de la porcelaine se décalque aussitôt sur votre propre squelette en une superbe fracture ouverte.
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bgnbgn   18 janvier 2013
Là est la seule issue ! Il faut fuir, retourner à la forêt, à la sauvagerie, se construire des huttes de tourbe et de fagots, se vêtir avec la peau des animaux que nous aurons tués de nos propres mains. Il ne faut plus rien acheter qui sorte des usines.
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bgnbgn   18 janvier 2013
Nu et écartelé sur un lit aux draps rêches dans une cellule bétonnée sans ouverture sur l'extérieur. L'odeur de désinfectant se mêlait à celle de la moisissure, associant en un curieux cocktail hôpital et prison.
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Videos de Serge Brussolo (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Serge Brussolo
Chronique animée par Fabien Delorme, consacrée aux grands noms de la littérature policière, dans le cadre de l'émission La Vie des Livres (Radio Plus - Douvrin).
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