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Christian Cailleaux (Autre)
EAN : 9782368334959
64 pages
Locus Solus Editions (12/04/2024)
4.33/5   3 notes
Résumé :
Le Matelot Gus est l'histoire d'un marin neurasthénique qui, épris d'aventure et de mobilité, évolue dans plusieurs ports. C'est un amoureux transi qui n'a de cesse de retourner à la mer, de s'embarquer, comme avec une urgence émotionnelle implacable. Dans une nuit brumeuse et humide, il cherche des semblants de vérités le long des quais, perdu entre le bruit des machines et la violence des piliers de troquets.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ce curieux album, petit album pour un grand voyage, est à glisser dans son sac de marin avant l'appareillage.
Il est un hommage à Gus Bofa, un hommage qui durera ce que peut durer le temps d'une escale.
"Le matelot Gus" est une sorte de grand carnet d'illustrations de Christian Cailleaux.
Cet album d'une soixantaine de pages raconte une histoire et dégage une atmosphère.
Il nous présente le matelot Gus, "bouchon gras" attaché à sa machine.
On l'a surpris après six semaines de mer.
Autant dire, rien !
Quelques coups d'hélices, quelques escales et puis le retour sur le continent ...
Gus est marin, un de la "mar-mar" mais son bachi vissé sur la tête, son caban défraîchi et son tricot rayé délavé lui font une silhouette de "bateau gris", gris comme les teintes plus ou moins foncées du crayonné de Christian Cailleaux.
Mais qu'importe le type du bâtiment.
Tout part du quai et revient sur le quai.
Gus est en errance.
Il va d'une page à l'autre, d'un bar au café de la marine, d'un visage parfois juste aperçu à un corps bientôt oublié.
Pourtant il ne faut pas s'y tromper, Gus connaît la peur et la solitude ...
Il est ici question dans la préface, et aussi dans la postface de Mac Orlan.
C'est que Gus Bofa l'a illustré dans nombre de ses romans, lui offrant souvent de splendides couvertures.
Pourtant le matelot Gus donne ici l'impression d'avoir voulu traverser un roman d'Edouard Peisson.
Il crâne.
Il veut se donner des airs d'Hans le marin.
Cet album de Christian Cailleaux est déroutant et très original.
Il a saisi la grisaille du métier, celle qui n'amène que des regrets : celui d'être resté à terre pour y vivre sa vie ou celui d'avoir appareillé en abandonnant tout ce qui fait la vie d'un homme.
Jean-François de Nantes avait autrefois abandonné son bateau sur un "adieu saleté !".
Mais même le coeur de la belle Thérèse Cordemais n'avait su finalement le retenir.
Il était reparti, maugréant comme il était venu, le regret au coeur.
Cet album a été publié par les éditions bretonnes Locus-Solus".
J'ai déjà eu plusieurs fois l'occasion de dire le bien que je pensais de cette belle maison d'édition et de son splendide catalogue.
Quelle chance d'habiter, non pas le triangle des Bermudes, mais le losange contenu par les angles des éditions de l'Atalante à Nantes, du Chasse-Marée à Douarnenez, des Terres de Brume à Dinan et de la maison Locus Solus à Chateaulin.
Que Dieu me savonne et que papa tango charlie me pardonne, c'est moins risqué d'y perdre ses affaires et plus facile d'y trouver un bon livre.
Et comme un plaisir ne vient jamais seul, et qu'une plume en appelle souvent une autre, un oiseau rare s'est joint au beau voyage.
Sur le même modèle que celui du matelot Gus, les éditions Locus Solus ont réédité le roman de Jacques Perret illustré par Gus Bofa ... deux beaux cadeaux pour une bibliothèque qui aurait envie de prendre la mer ...
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Un mot tout d'abord sur " l'objet livre" que j'aime beaucoup ! Son petit format d'environ 25/15, sa texture très agréable au toucher,et,évidemment le dessin de couverture, un avant goût de ce que l'album promet. Album né d'une nouvelle collection , " la plume qui dessine".
Il s'agit de l'hommage d'un illustrateur à un illustrateur !
Je ne connaissais ni Gus Bofa ( Gustave Blanchot,né en 1883 et mort en 1968), ni Christian Cailleux " dessinateur de la mer,baroudeur éclairé,il revendique avec ferveur son admiration pour Bofa."
La préface de Joseph Incardona, puis la postface de Ch.Cailleaux nous instruisent sur l'oeuvre et la singularité de Gus Bofa. le contenu de l'album quant à lui, nous offre simplement et magnifiquement une balade avec Gus. Un petit morceau de vie qui ne renseigne en rien sur ce qu'il fait mais nous permet de nous approcher au plus près de ce qu'il était. En peu de mots et surtout par les dessins à la fois simples et précis, minutieux et très travaillés, avec lesquels les détails ne sont jamais là par hasard, Christian Cailleaux nous livre l'interiorité de cet homme. Nous partageons sa solitude, son attirance timide envers les femmes,son don naturel de l'observation qui le place presque à côté de la vie comme s'il n'appartenait pas vraiment à ce monde,celui du matelot " à terre". On ressent qu'il n'est que de passage et que s'il se dégage de lui une certaine tristesse,c'est parce que l'essentiel est de ne pas se laisser amarrer pour toujours car son refuge c'est le bateau,et sa vie l'océan.
Il y a beaucoup de poésie dans ce joli livre et beaucoup d'émotion également. Merci Christian Cailleaux, merci aux éditions Locus Solus,et merci Babelio de m'avoir permis de partager ce petit bout de chemin avec Gus Bofa. Ce n'est pas toujours simple de présenter quelqu'un qu'on admire et dont on aurait rêvé d'être l'élève !
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Comment dire ? le matelot Gus est une sorte de Petit Prince de la mer. Amoureux fou d'elle comme on peut l'être d'une rose, amoureux de la vie et de ce bateau qui est à l'image de son coeur, solide et voyageur, le matelot Gus porte sur le monde un regard pur, étonné, maladroit, empli de silences et de non-dits, de pensées éphémères et profondes, au rythme de ses pas dans une ville anonyme qui est celle de tous les ports du monde, avec ses bars à matelots, ses filles fatiguées, ses nuits d'errance et ses lumières criardes, sa foule du quotidien, et surtout l'immense ombre de ses solitudes.
Gus, à l'aise sur son bateau est un peu perdu à terre, parmi tous ces hommes et ces femmes inconnus. Lui qui a fait le tour du monde ne se retrouve pas parmi eux. Et pourtant il les aime. Il ne sait pas communiquer mais il aime. Il regarde et il aime.
Comme j'ai aimé moi aussi ce livre dans lequel le peu de mots dit si bien les silences du coeur, de page gauche en page gauche, tandis que les dessins, de page droite en page droite en disent toute la richesse de ce qui est tu....
Ce roman ou plutôt poème graphique est un bel hommage au dessinateur Gus Bofa, introduit par une belle préface de Joseph Incardonna sur Christian Cailleaux, et refermé sur une postface de Cailleaux lui-même qui explique ses rapports à Boffa. Deux petits notes, une sur Cailleaux et une de l'éditeur sur l'aventure de ce livre parachèvent l'ouvrage. On y trouve également les esquisses qui ont précédées l'oeuvre.
Ce qui m'amène à parler des dessins, en noir et blanc, faits de lumières et de contrastes, de formes mouvantes et précises à la fois, de jeux d'ombres et de tourbillons, qui, au fil des déambulations et des rencontres de Gus suggèrent l'infinie solitude de tout être humain jusque dans la foule et peut-être surtout dans la foule. L'arrogance, la dureté voire la méchanceté des êtres, les mensonges des plaisirs faciles ou la violence des architectures, tout est rendu d'un coup de crayon magistral qui evince les mots. Il y a des scènes qui font penser à des plans de films, un peu comme chez Tardi.
Un grand merci à Babelio et aux éditions lotus solus et un grand bravo à Christian Cailleaux pour cette belle réussite, toute en épure.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Le temps d'une escale de son cargo, ce livre suit les pas malhabiles du mécanicien du bord, "bouchon-gras" désemparé entre le monde des terriens et le désordre de ses désirs.
Dans la nuit brumeuse et humide qui évoque les atmosphères de Mac Orlan ou de Marcel Carné, le matelot Gus cherche-t-il des semblants de vérités ?
Hommage éclairé d'un dessinateur-poète à l'un de ses mentors, Christian Cailleaux exprime ici son admiration pour le grand Gus Bofa.
En liberté, toutes amarres rompues ...
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