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Le Royaume du Nord (Clavel) tome 5 sur 7
EAN : 9782226032515
268 pages
Albin Michel (28/01/1988)
3.95/5   105 notes
Résumé :
Bien des hivers ont passé sur le Royaume du Nord. Sur les rives glacées de l'Harricana, les cités pionnières ne sont plus que villes fantômes. Labrèche reste seul désormais, gardien obstiné de cette terre. Seul avec son cheval, dernier témoin de sa solitude et de son labeur harassant.
L'irréductible maudit les déserteurs, amis, voisins, enfants, tous enfuis vers ces grandes métropoles de bureaucrates et de mécaniciens. Mais pourquoi s'écharne-t-il ainsi ? P... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Si quelqu'un m'avait dit, lorsque j'étais sur les bancs du collège et que Bernard Clavel figurait au programme des auteurs étudiés en français, qu'un jour j'apprécierais son écriture, je ne l'aurais pas cru. Et pourtant la lecture d' "Amarok" il y a peu, m'a donné envie de poursuivre la série "Le Royaume du Nord" dont "L"angelus du soir" est l'avant-dernier tome.

La crise de 29 les avait poussés à venir s'installer dans ces contrées reculées du nord du Canada. On leur avait promis le paradis, mais la terre et le climat inhospitaliers ont fait de leur exil un enfer. 25 ans après, certains sont repartis, d'autres sont morts. Seul, à Val Cadieu, le vieux Labrèche joue le résistant, d'autant plus qu'après les avoir obligés à défricher, paraît-il que maintenant, il faudrait replanter de la forêt. Avec sa jument Bergère, il s'évertue à entretenir et à cultiver les parcelles abandonnées. Fulminant contre le progrès, il résiste, tout en regrettant la solidarité entre voisins de jadis, voisins dont les fantômes hantent son esprit et avec lesquels ils continuent de dialoguer. Dans son délire, il prépare leur retour proche, persuadé qu'ils regretteront d'être partis.

Grande amoureuse de Victor Hugo, je trouve dans l'écriture de Clavel des accents "hugoliens", surtout lorsqu'il décrit cette nature sauvage qui s'éveille au printemps ou les éléments qui se déchainent l'hiver venu. Dans ce décor, la solitude de ce Labrèche n'en paraît que plus émouvante. L'auteur met une fois de plus en avant la magnifique relation entre un humain et un animal, ici cette superbe jument.

Jamais, je n'aurais pensé que ce roman, constitué en grande partie d'un long monologue, serait pour moi, et pourtant je me suis prise d'empathie pour ce vieil homme. Une ode au temps passé, où l'entraide permettait d'affronter les désillusions, à laquelle j'accorde un 16/20. Nul doute que je vais poursuivre la découverte de la saga.
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Quelle belle plume ce Bernard Clavel et quelle merveilleuse saga ce Royaume du Nord!!!
Moins roman d'aventure (comme d'autre tome de la saga) L'angélus du soir est plus une introspection sur la solitude et la fin d'une époque.
C'est beau, c'est dur, c'est grand comme les décors que nous peint magistralement ce grand écrivain qu'est Bernard Clavel.
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Dans les années 80 , à l'occasion d'un voyage vers le Quebec , en bordure de l'Ontario , dans l'ambiance des soirées au coin du feu , se chantaient des textes de Félix Leclerc et se racontaient des histoires des temps passés tels que Louis Hémon ( Maria Chapdelaine ) ou Bernard Clavel ( le royaume du Nord ) en ont écrites . De retour en France , pour ne pas oublier , je me suis plongé dans les 5 tomes du "Royaume du nord " .
Clavel n'est pas un habitué des effets de manches littéraires , son style est limpide , clair comme eau de source et relatant le grand Nord , d'avant l'industrialisation , il crée des personnages de pionniers , d'êtres solides et vrais que l'on pourrait intégrer à une légende , mais qui ont bien existé . Livres à mettre dans toute les mains , et qui feraient de bons cadeaux de noël qu'il neige ou non .
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Ce livre sonne comme la conclusion de la saga. Que reste-t-il pour le sixième tome alors, me direz-vous ? Eh bien, l'ouverture tout simplement !
Ce qui me fait dire qu'on assiste à la conclusion, c'est que le livre reprend encore une fois les personnages des premiers tomes, mais nous montre la fin de leurs aventures. C'est à nouveau Cyrille Labreche qui occupe la place centrale de cet ouvrage, mais d'une façon bien différente cette fois-ci. La vieillesse est arrivée. L'âge a usé le personnage, et il n'est pas le seul. Nous retrouvons également la famille du premier tome, tout en constatant les évolutions. le premier tome nous laissait sur notre imagination, avec sans doute la meilleure vie qu'ils pouvaient avoir. Mais la réalité nous rattrape, elle est bien plus dure qu'on le pense.
Ce qui frappe, dans ce roman particulièrement, c'est que ce n'est plus trop la démonstration de l'homme face à une nature hostile qu'il devra apprivoiser, soumettre, ou comprendre. C'est, cette fois-ci, la vision d'un homme seul face aux hommes, dans un lieu qu'il a appris à connaître et à aimer. Un homme qui se bat pour sa dignité, pour la seule chose qu'il lui reste. Car le temps a pris tout …
Ce roman m'a presque fait venir les larmes aux yeux, quand on voit ce pauvre bonhomme se démener sur ses parcelles vides, dans un village fantôme, seul avec ses bêtes qu'il chérit tant. C'est la démence d'un homme privé des autres, mais privé par sa propre volonté. Et, là-dedans, se glisse toute la beauté que Clavel arrive à nous transmettre. C'est l'opéra du Nord froid et sauvage, une musique belle et puissante, mais implacable et dure. Jamais cruelle. Jamais bienveillante.
L'histoire aura sa fin, implacable, mais vraie. Et l'on refermera l'ouvrage avec dans le coin des yeux une larme sur ces pauvres personnages, si humain, si proche de nous même, des vrais hommes, qu'on pourrait croire réel. J'ai rarement eu cette sensation d'être si proche des personnages, d'avoir l'impression de vivre avec eux. le côté rustique, ancien, ne gêne pas. On n'en est que plus proche, sans tous les artifices dont pourrait se parer l'homme moderne pour se croire loin de la nature, loin de la vie, loin de la mort. Ici, tout est dans envoyé directement, c'est au contact que tout se joue. Et tout devient beau et terrible.

Un roman qui conclue en beauté la saga, nous laissant dans l'expectative pour le dernier tome, à la fois désireux de connaître la fin de cette saga, mais aussi triste de voir la réalité en face. Ce n'est pas une saga qui connaîtra un Happy End, et nous, pauvres lecteurs, nous ne pouvons que le constater. C'est une saga d'une grande force, une série qui m'a prise au coeur et m'a laissé rêveur, désireux de connaître ce grand nord, ce pays du grand froid, mais aussi ces terres magnifiques et désertes, là où la nature est belle et terrible, où l'humain apprend à vivre. Je ne peux pas vous la déconseiller. Ca me ferait trop mal que de vous encourager à passer votre chemin. Non, lisez-le, venez découvrir le Royaume du Nord.
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Eh bien dites donc !! ce livre le tome 5 de la sage Royaume du Nord est époustouflant .
Il m'a laissé ,une émotion intense je ne l'ai pas lâché, et conforte mon admiration pour mon ami Bernard Clavel . ,hélas disparut depuis ! et oui l(âge passe et écrase tout!)
C'est un tour de force que ce livre qui en fait est un monologue de Cyrille ( vous le connaissez dans les tomes précédent)) avec sa jument Bergère .
Cyrille est âgé ,il vit dans le hameau de Valcadieu, près de St George d'Harricana; il n'a plus toute sa tête , les 5 maisons qui sont dans ce hameau , sont vides ,. Les habitants ont fuit vers les villes . Cyrille restant seul le gardien de Valcadieu ,refusant toute modernité a décidé de s'occuper de toutes les parcelles de terre restantes .
Il adore son cheval Bergère et hait les tracteurs et ceux qui les utilisent, avec tout le modernisme (autos, électricité etc..)
Il est fatigué et il parle seul les propos qu'il tient à haute voix sont durs ,très dur même et il continue de travailler à défricher les terres et planter ,les cultures car il est persuadé que ses amis du hameau vont revenir un jour !Quand ? de temps en temps il va au comptoir de la famille Robillard à St George et discute avec Catherine qui a vieillie elle aussi et qui vit dans ses souvenirs ; tous ces chapitres m'ont laissé un gout amer ,un voile de tristesse , une chappe de plomb m'a plongé dans une mélancolie infinie
Moi même qui vit dans une campagne de 65 habitants et vu mon âge j'ai ressenti ce que lui Cyrille endurait
L 'Angelus du soir la cloche de l'église retentira un jour il en est certains.
Une belle oeuvre qui parachève une saga merveilleuse dont je relis avec amour
C'est beau d'est triste , c'est dur c'est grandiose et réaliste
Merci Mr Bernard Clavel ,je vous aime
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Un matin, on entend dans un ancien brûlis ou la végétation commence à repousser le cri dur ,plein d'autorité du merle Robin. il se montre bientôt, perché sur une barrière, appelant sa suite à venir le rejoindre pour reconnaître le pays .Il se rengorge , fier de son plastron couleur de brique pilée, de son dos presque noir et de son bec jaune qui soutient ses grosses lunettes blanches .Il crie qu'il va nicher et que ce sera l'été.
et Cyrille qui l'a entendu de sa chambre .....sort ; et il le voit s'envoler dans la lumière .
Tu es là toi aussi ,mon tout beau.
Il renter et va chercher du pain qu'il court émietter sur le chemin .Mais le merle est loin, il lance son appel depuis le toit de la dernière maison du rang.
Je sais bien que tu m'as vu. Tu viendras; Dans quelque temps ;tu va m'amener tes petits .Tu verras, y va revenir plein de monde à Val Cadieu.
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Il craque une allumette, tire une bouffée puis approche la flamme de la mèche. Il tourne un peu la molette, la lumière se hausse, hésite, baisse légèrement avant de se stabiliser derrière le verre qu'il remet entre les griffes de métal.
- Y diront ce qu'ils voudront : ça fatigue moins la vue que leur saloperie d'ampoules. Et je parle pas du néon. Ça, ça fera des générations d'aveugles dans peu de temps.
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- Parce que le gouvernement et deux ou trois évêques s'étaient mis dans le crâne de nous faire abattre la forêt, on a abattu la forêt. On a ouvert des paroisses. On a bâti des églises. On a ouvert des chemins. Fallait faire un royaume, on l'a fait de peine et de misère. A cette heure, c'est ceux de la même engeance qui voudraient remettre la terre en forêt ! J'aimerais mieux crever... Mais pas avant d'en avoir vu crever quelques-uns avec du plomb dans le ventre !
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— Écoutez-moi une minute. Ce que vous avez fait à la gare, mieux vaudrait ne pas recommencer. Vous allez rentrer chez vous, mais à une condition : vous me promettez de prendre les médicaments que je vais vous donner, et de revenir me voir dans dix jours.
Il se tait. Tout le monde se tait. Derrière la fenêtre, très loin, les nuages continuent de s’effilocher. Quelques instants passent. Le médecin secoue la main de Cyrille qu’il n’a pas libérée.
— Alors, monsieur Labrèche, on marche comme ça ?
— D’accord.
— J’ai votre parole ?
— Je le jure sur… sur…
Il hésite, puis, soudain soulevé d’un élan de joie, il lance : — Je le jure sur ma jument.
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Bergère qui s'est avancée lentement derrière lui vient le bourrer du nez au milieu du dos. Cyrille respire profondément. Il se retourne et prend dans l'arrondi de son bras la grosse gueule grise.
-Toi, si je t'avais pas...si je t'avais pas.
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