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Dominique Vittoz (Traducteur)
EAN : 9782213634463
144 pages
Fayard (05/11/2008)
3.35/5   48 notes
Résumé :
Au cours d'un séjour qu'il effectue à Syracuse, le narrateur (Andrea Camilleri) est autorisé, par l'intermédiaire d'un mystérieux personnage, M. Carlo, à consulter pendant une après-midi un manuscrit absolument inconnu, arrivé dans la famille de ce dernier par un héritage de sa femme récemment décédée : il s'agit d'un journal rédigé par le Caravage dans sa période entre Malte et sa fuite en Sicile, avant son départ pour Naples. L'épouse décédée ne trouvait de distra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Cette nouvelle de 2007 est un petit apéritif goutu à lire à la tombée du jour.
Au printemps 2004, le narrateur qui se nomme Andrea Camilleri fait un voyage à Syracuse pour assister à une tragédie grecque jouée dans le grand théâtre antique. de retour à l'hôtel, il s'aperçoit que son voisin, un gros personnage malodorant qui l'obligeait à se serrer, a glissé un papier dans sa poche, avec un numéro de téléphone. S'ensuit un long trajet louche dans la campagne sicilienne les yeux bandés à l'arrière d'une voiture jusqu'à une ferme perdue. le narrateur fait alors connaissance autour d'un bon repas du riche et aimable M. Carlo. Sa défunte épouse, grande fan de Camilleri, aurait hérité de curieux objets et d'un manuscrit inconnu. Il s'agirait d'« un journal » que Michelangelo Merisi, dit le Caravage (v.1571-1610) aurait écrit à l'été 1607 à Malte puis en Sicile. le narrateur examine les maigres notes et les transcrit en écartant ce qui lui semble moins intéressant. Il se concentre sur les énigmes que sont son obsession du soleil noir ainsi que sur les circonstances de l' emprisonnement du peintre à Malte puis de celles de son évasion du fort Saint-Ange.
A la fin le mystérieux M.Carlo, lui même malhonnête et poursuivi, réapparaît.

Camilleri a imaginé avec vraisemblance et faconde ce qui s'est déroulé durant dix jours bien mystérieux dans la biographie du maître. le pseudo journal commence précisément avec le peintre qui, en raison d'une condamnation à mort pour meurtre, se réfugie à Malte. Il est poursuivi par les gardes du pape et a l'intention d'entrer dans L'Ordre des Chevaliers locaux afin d'obtenir l'annulation de sa condamnation papale. Sa course désespérée et désespérante tant il cherche les ennuis, se double d'une autre course vers la folie. le motif du soleil noir, qui découle de l'interprétation des oeuvres de l'artiste par des spécialistes est vu du point de vue du Caravage et des autres personnages qui gravitent autour de lui : sorcière, moine, chevalier, Inquisiteur. Est-ce une maladie avec remède pire que le mal ? Une punition divine inévitable ? Une diablerie ? Une malédiction ? Camilleri restitue l'âme torturée du peintre, jouisseur, irascible et provocateur mais aussi tout son environnement mystique et violent avec beaucoup de talent. Et Il imite le langage du XVIIe sans en faire trop. Au milieu du livre des reproductions des toiles du Caravage assortis d'extraits du journal sont diablement intéressants et attestent de la pseudo véracité du propos.

Ce petit ouvrage de commande est bien trop court et l'on passe trop de temps au XXIe siècle à mon goût. Mais, grâce à l'ami Andrea Camilleri, vous vous (re)plongerez avec appétit dans l'oeuvre du Caravage.
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Bel ouvrage d'Andrea Camilleri qui subtilement allie histoire de l'art, biographie et roman d'aventure. L'art de l'auteur ici réside surtout dans cette très fine utilisation du mélange des styles, tons et parlers ainsi que dans l'écriture parcellaire soulignée par de subtiles mises en abyme et épisodes en miroirs et encore plus par de nouvelles interprétations de tableaux qui ne peuvent qu'enrichir la compréhension que nous avons de l'oeuvre du Caravage. .
Sans vrai début et totalement dépourvu de fin, le récit de la vie du peintre est précédé d'un prologue aux couleurs mafieuses propres à la Sicile et suivi d'un épilogue aux accents de roman policier.
L'ouvrage s'agrémente d'une douzaine de reproductions des tableaux cités dans le roman, ce qui n'est pas pour déplaire au lecteur féru d'art que je suis.
Le mélange des genres ainsi que la critique d'art siéent bien à l'auteur qui s'était déjà essayé à Renoir auparavant.
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La couverture italienne énonce: "Camilleri dépeint l'âme du Caravagio dans un roman "noir" rempli d'ombres et mystère, sur la période passée à Malte puis en Sicile".
La vie du Caravage est en elle_même un roman: homicide, fugues, tromperies ont constellé la vie d'un peintre génial mais d'un homme instable au caractère violent. Un homme que l'on ne connaît pas de l'intérieur puisqu'il n'a pas laissé d'écrits.
C'est là qu'intervient Camilleri: il se fait personnage de son roman, il raconte de quelle façon rocambolesque il a été amené à prendre connaissance d'un journal manuscrit du peintre.
Il en rapporte quelques passages et nous restitue par cet artifice la voix du Caravage.
Il éclaire les agissements de Michelangelo Merisi, dit le Caravage, au cours de l'été 1607 tandis qu'il fuit Naples pour se soustraire au mandat d'arrêt et à la condamnation à mort lancés contre lui après le meurtre de Ranuccio Tommassoni au cours d'une rixe.

Même si la reconstitution historique des événements qui marquent cet été 1607 est lacunaire, ce que raconte Camilleri est vraisemblable , pourrait être réel.

Comme à son habitude Camilleri élabore un langage adapté au personnage. Une forme d'italien de la fin du XVIè siècle loin de la langue littéraire.

Dans le passé, j'avais lu des livres sur la vie du Caravage et j'ai en grand plaisir à le retrouver dans ce court, trop court roman.
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Ce petit livre de commande permet à Camilleri une excursion hors du polar .Mais pas hors de sa chère Sicile. Il y invente un prétendu manuscrit du Caravage (obtenu de manière étrange où passe tout de même l'ombre de la Mafia) qui rend compte (par fragments discontinus ) d'un passage de 1808 à 1809 dans l'île entre son départ de Malte et son retour en Italie où il mourra tragiquement. Dans une langue archaïque ,l'auteur nous introduit dans la tête enfiévrée du peintre génial , ses angoisses métaphysiques , sa peur paranoïaque du châtiment qui se projettent sur ses créations picturales dans la violence du clair-obscur , sous le signe d'un très anachronique « soleil noir » nervalien . C'est assez réussi et agrémenté d'un cahier de reproductions en couleur des oeuvres mentionnées.
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Comme souvent, en Italie, j'ai pris Dominique Fernandez pour guide avec le Piéton de Rome qui avait tracé un itinéraire Caravage de S Luigi dei Francesi à la Galleria Borghèse et au Musée du Capitole et enfin au Palais Corsini le temps nous a manqué pour voir tous les le chef d'oeuvres du maître, au Vatican ou au Palais Barberini. Cependant ma curiosité a été aiguisée. Je voulais en savoir plus sur le Caravage. Je serais bien inspirée de relire la biographie romancée de Fernandez la course à l'abime.

Je viens de terminer la Révolution de la Lune , roman historique relatant un épisode de l'histoire sicilienne, où la veuve du vice-roi règne pendant 28 jours. Roman historique sur le mode burlesque qui m'a fait beaucoup rire. Je suis aussi fan de Montalbano. Camilleri, c'est beaucoup plus que l'auteur de Montalbano. Ce court roman, presque une nouvelle, est une commande à l'occasion d'une exposition Caravage en 2006 à Düsseldorf.

Par des circonstances aussi rocambolesques que mafieuses (on est en Sicile) Camilleri entre en possession de fragments du journal du Caravage et nous livre ceux qui concernent son séjour à Malte, son évasion et son passage en Sicile où il est recueilli par des amateurs de sa peinture qui le protègent pour qu'il peigne à Messine et à Palerme.

Le soleil est noir pour le peintre. Son goût du clair-obscur et les atmosphères sombres dans lesquels évoluent ses personnages ne seraient pas exactement un choix artistique mais plutôt une altération de la vision.

Les scènes violentes qu'il a peint correspondraient aussi à cette vie violente. le Caravage, protégé des puissants comme Scipion Borghèse, qui admirent sa peinture est plutôt mauvais garçon, il a la lame facile et rapide et ses fréquentations sont peu recommandables....cela, je le savais déjà. Plus étonnantes sont ces hallucinations, ces rêves sanglants, ces draperies qu'ils voulaient blanches qui virent au rouge-sang....

Hallucinatoire ou réaliste, ce roman est original. Cependant, je préfère la tragi-comédie de ses autres romans historiques que j'ai lus, à ce roman très noir.





Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Ce matin, en arrivant dans l’église pour continuer les Funérailles, je fus saisi de peur et d'étonnement en voyant que, cette nuit, le surplis du jeune diacre qu’on voit à l’arrière-plan, mais au milieu entre les deux fossoyeurs, debout près du corps de la sainte et que j’avais peint blanc depuis longtemps, est devenu rouge. Je mis peine tout le matin à lui redonner sa couleur blanche, mais j’avais beau étendre la peinture, chaque fois la teinte virait et redevenait rouge. Tous mes efforts ont tourné à néant et à la parfin, j’ai dû harmoniser toutes les autres couleurs avec ce rouge. . .
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J'ai décidé que le tableau des funérailles aura au premier plan les deux fossoyeurs que j'ai vus creuser une fosse hier au cimetière.
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dans les yeux de Marie toute la mélancolie et la pitié pour moi-même qui m'envahissent le soir quand je contemple la mer de ma fenêtre ,semblable et en mêm temps différente de celle par laquelle ,au fort Saint-Ange ,je voyais le soleil s'abîmer dans la mer...
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Quand les pages enfin libérées furent devant moi, j’éprouvais une émotion très forte.
Car leur authenticité absolue était criante, l’odeur du papier et de l’encre séculaire la clamait, ainsi que les plis désormais incrustés dans les pages comme de fines cicatrices…
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Entretandis, frère Raffaele, qui s’attardait fort temps à observer ma Décollation, fit soudain un bond en arrière et, le visage cendreux, me demanda s’il devait en croire ses yeux quand il voyait que j’avais signé mon tableau du sang répandu par saint Jean-Baptiste. Lui seul l’avait remarqué. Je confirmai qu’il avait bien vu.
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Videos de Andrea Camilleri (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrea Camilleri
Certains personnages ont la vie dure, traversant les années comme si auteurs et lecteurs ne pouvaient pas les quitter. Harry bosch, le fameux détective de L.A., est de ceux-là, créé en 1992 par Michael Connelly. Deux ans plus tard, Andrea Camilleri donnait naissance à son fameux commissaire sicilien Montalbano. Que deviennent-ils ? Leurs nouvelles aventures, qui viennent de paraître, valent-elles encore le coup ? Quant à Don Winslow, l'auteur de la fameuse trilogie La griffe du chien, il publie un recueil de six novellas dont deux remettent en scène les héros de ses plus anciens romans. Alors ? On a lu, on vous dit tout.
Incendie nocturne de Michael Connelly, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin, éd. Calmann-Lévy. Le manège des erreurs d'Andrea Camilleri, traduit de l'italien (Sicile) par Serge Quadruppani, éd. Fleuve noir. Le prix de la vengeance de Don Winslow, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Maillet, éd. Harper Collins. Vous avez aimé cette vidéo ? Abonnez-vous à notre chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/¤££¤36Abonnez-vous20¤££¤4fHZHvJdM38HA?sub_confirmation=1
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la vie et les polars d'Andrea Camilleri

Andrea Camilleri est né en Sicile en 1925. Il s'est mis au polar sur le tard, avec un très grand succès. C'était en :

1985
1992
1994
1998

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