AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 9735017806
Éditeur : Editura Humanitas (30/11/-1)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Pendant qu'aux États-Unis on écoute du rock'n'roll, que l'on pleure la mort de J.F.K. tout en rêvant d'une Nouvelle Frontière aux couleurs lunaires, à Bucarest le jeune Mircea crée de toutes pièces un pays imaginaire, bien plus effrayant que celui de Peter Pan. Un monde de merveilles et de cauchemars, peuplé d'extraordinaires chimères, de statues vivantes, de papillons prodigieux.
Un monde en rupture totale avec la Roumanie des années 60 et son communisme tri... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Tandarica
  07 février 2019
Orbitor (qui veut dire aveuglant en roumain) est une trilogie qui a été traduite en français et qui comprend, dans l'ordre : Orbitor (titre original Orbitor. Aripa Stîngă), L'Oeil en feu (titre original Orbitor. Corpul), L'Aile tatouée (titre original Orbitor. Aripa dreaptă). Une somme de plus de 1500 pages dans un style très onirique certes, mais pas que.
Pour le résumé j'appelle Mircea Cartarescu lui-même. Dans FRUMOASELE STRAINE (Les belles étrangères) à la page 199, il écrit (dans ma traduction française) : « Je sortirai une fois une édition de seulement 37 pages, réduite à l'histoire initiale, sans aucune sorte d'élucubrations, en plus richement illustrée. […] Ou, mieux encore, une édition de quelques lignes, dans laquelle on montre comment une ouvrière, Maria, met au monde des jumeaux. L'un d'entre eux, Mircea, vit à Bucarest sous le communisme, tombe sous l'emprise d'un ivrogne, Herman, qui délire de manière inintelligible de temps en temps, manque de peu d'être violé par un collègue et ensuite erre par-ci par-là jusqu'à la révolution [de 1989]. L'autre, Victor est enlevé pendant l'enfance et emmené à Amsterdam où il est élevé dans la promiscuité pour finir dans la Légion étrangère. Les deux se retrouvent à Bucarest pendant la révolution roumaine et... arrive la fin du monde. Comme dit l'autre less is more. »
Pour l'avis je partage celui d'un critique à qui Cartarescu doit beaucoup et que je traduis partiellement ici. Il s'agit de Nicolae Manolescu, Istoria critică a literaturii române (p. 1347). « Orbitor est le résultat superbe [d'un] projet paranoïaque, unique dans toute notre littérature. La construction de la trilogie est plutôt symbolique que rigoureuse. le roman est inégal et désarticulé. le troisième volume est beaucoup en dessous des deux premiers, descendant de manière vertigineuse, jusqu'à un reportage par endroit vulgaire de notre révolution de 1989. [...]
En conclusion, une oeuvre hétéroclite, mais fabuleuse dont il faut avoir lu au moins quelques pages, même au hasard.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          471
Lison67
  23 décembre 2015
Je m'étonne qu'on ne l'ai pas encore nobellisé. Orbitor correspond à ma deuxième rencontre avec Mircea Cărtărescu et j'en reste coite, tétanisée, abasourdie de la multitude de mondes avalés ces quinze derniers jours en quelques centaines de pages.
J'avais adoré le recueil de nouvelles Pourquoi nous aimons les femmes, et j'espérais bien ne pas être déçue par ce premier volet de la fameuse trilogie de l'auteur. Dans un tout autre registre, et dans une langue on ne peut plus élaborée, Mircea Cărtărescu entraîne son lecteur dans les méandres de son enfance, de ses souvenirs, de ceux de sa mère, dans ses rêves, dans la Bucarest bombardée sous le régime nazi. La femme, à nouveau, et malgré le foisonnement de sujets abordés, reste au centre du récit, la mère, la naissance, la jeunesse, l'avant sa naissance. le sexe, l'horreur, la mort, la guerre, la torture sont décrites dans une langue quasi baudelairienne, les images insoutenables tiennent le lecteur en haleine par la seule beauté de l'écriture ; souvent jusqu'à perdre le lecteur impatient qui voudrait s'acharner à comprendre. Pour lire Mircea Cărtărescu, le lâcher prise s'impose. D'emblée, il faut accepter de ne pas tout comprendre, se laisser porter par le seul rythme des phrases pourrait suffire en soi. L'auteur navigue d'un siècle à l'autre, d'un pays à l'autre, pour revenir le plus souvent à Bucarest, parfois pour partir dans des univers totalement fantasques, prétextes pour dérouler les obsessions morbides et vivaces, mortelles et vivifiantes, improbable panaché d'images alliant le pire au meilleur, le sublime à l'abominable. Je ne sais comment vous décrire autrement cet incroyable et ingénieux récit, ce conglomérat d'histoires dont l'auteur seul maîtrise la logique, totalement décousu en apparence et étrangement cohérent.
Je me dois nécessairement au passage de saluer les prouesses du traducteur Alain Paruit pour avoir oser relever avec brio le défi de traduire ce monument de la littérature roumaine. Tout de même, je me dois de vous avertir, Orbitor n'est pas facile d'accès, j'ai voulu le lire précipitamment en cette fin d'année pour boucler le challenge variétés… Orbitor ne se prête pas à la lecture rapide, il impose le temps long, il nécessite de déguster, et de digérer chaque paragraphe. La richesse du vocabulaire m'a plus d'une fois laissée pantoise. Si je n'ai pas osé m'interrompre pour prendre un dictionnaire, si j'ai préféré laisser libre cours aux sonorités, j'ai dû plus d'une fois m'affranchir du sens des phrases et renoncer purement et simplement à la compréhension formelle du texte. Parfois avec lassitude, le plus souvent avec stupéfaction devant cet engrangement de maitrise littéraire.
Orbitor ne se résume pas pour autant à un exercice de style, la profondeur des propos de l'auteur est bien au rendez-vous, hallucinante de folie, de douleur, de chair et d'humanité.
Lien : https://synchroniciteetseren..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          93
Charybde2
  07 novembre 2014
Un noir chef d'oeuvre, onirique et poétique.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/11/07/note-de-lecture-orbitor-mircea-cartarescu/
Commenter  J’apprécie          42
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   07 novembre 2014
Je savais que j’avais habité ces endroits, j’en gardais encore quelques images, mais aucun sentiment vécu, aucune émotion, rien de vrai. Ces quatre logements évoquaient pour moi les dents mal plantées dans la prothèse de ma mère, non innervées, non irriguées par les fines ramifications des veines et des artères. Du plastique, du plastique quelconque et stupide. Je soupçonnais leurs portes d’être seulement gravées sur les murs, leurs intérieurs d’être pleins, compacts comme les pralines, le tout me semblait donc d’être un grossier faux-semblant forain. Je rôdais pourtant autour avec un entêtement croissant, car ils étaient les seuls points de repère dans ma quête. Afin de reconstituer mon animal cérébral au cours de son étrange ballet à travers le temps, je tâtais les bosses de ses logements successifs, des tests successifs dans lesquels il s’était abrité après les avoir fabriqués de sa bave calcaire. La chair tendre de l’esprit avait patiemment maçonné des chambres et des toits des paysages et des faits. Puis, au fur et à mesure qu’elle grandissait, elle les avait abandonnés, desséchés et vides, pareils à ces détestables crânes jaunis de chiens jonchant les terrains vagues, ou à l’intérieur net, en caoutchouc, des têtes de poupées.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Charybde2Charybde2   07 novembre 2014
On allait donc gratter mon enluminure pour écrire à la place, en caractères égaux et serrés, un texte impératif aussi lourd qu’une tenture. Et aujourd’hui, alors que je suis au milieu de l’arc de ma vie et que j’ai lu tous les livres, y compris ceux qui sont tatoués sur la lune et ceux qui sont écrits à la pointe de l’aiguille au coin de mes yeux, alors que j’en ai assez vu et eu, que j’ai systématiquement déréglé tous mes sens, que j’ai aimé et haï, que j’ai érigé des monuments d’airain impérissables, que j’ai attendu sous l’orme le divin enfant en mettant longtemps à comprendre que je n’étais qu’un sarcopte creusant des sillons dans sa peau de vieille lumière, alors que les anges peuplent mon cerveau tels des spirochètes, que j’ai goûté à toutes les délices du monde et qu’avril, mai et juin s’en sont allés, aujourd’hui, alors que sous l’anneau ma peau se desquame en milliers de feuilles de papier bible, aujourd’hui, en ce vivace et absurde aujourd’hui, j’essaye de mettre du désordre dans mes pensées et de lire les runes des fenêtres et des balcons pleins de linge humide de l’immeuble d’en face qui a coupé ma vie en deux, pareil au nautile qui mure chaque compartiment devenu trop petit pour lui et va se nicher dans un autre, plus grand, sur la spirale de nacre qui résume sa vie. Mais ce texte n’est pas humain et je n’arrive plus à le déchiffrer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
TandaricaTandarica   03 avril 2015
Trecutul meu era cheia, semne tulburi îl arătau ca lizibil, trebuia să-ncep o dată marea lectură, dar nici o stelă nu se arăta ca să-mi lumineze deodată înţelegerea. Nu ştiam dacă şirurile vieţii mele (voci şi atingeri, nori şi oraşe, râsete şi pământ plin de râme) se citesc vertical sau orizontal, de la stânga sau de la dreapta, sau dacă nu cumva trebuie să merg înainte şi înapoi în boustrophedon-ul copilăriei mele, dacă e o scriere pictografică sau fonetică, dacă este o scriere... În filigranul oricărei file vedeai o ţesătură de firişoare albastre şi roşii, zvâcnind la un singur puls, irigând paragrafele... Pergamentul era viu ca pielea abia smulsă a unui martir şi mustea de cerneală şi sânge. Ce scria însă pe pielea mea, sau ce era tatuat acolo, între sfârcurile pieptului meu, era deocamdată complet obscur pentru mine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
SachenkaSachenka   05 juillet 2016
Que peut-on récupérer en nous? L'âme? Le corps stellaire? La conscience? Une simple tumeur les annule, un noyau épileptique trouble la mémoire, l'image des fesses d'une femme bloque ta pensée, une injustice te projette dans un pur délice paranoïaque, un cauchemar te glace le sang de la nuque au front... Et tout se passe sur un grain de sable d'une plage aux dimensions de l'univers. Où reste-t-il de la place pour la rédemption? Pourquoi serait-ce toi, fange atomique, toi et nul autre, qui recevrais le don de la vie éternelle?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Charybde2Charybde2   07 novembre 2014
Après de telles soirées, qui devenaient l’oxygène de ma vie solitaire et frustrée, après mes promenades de taupe dans le continuum réalité-hallucination-rêve comme à travers un triple royaume inextricable, je me mettais au lit et je passais presque toute la nuit à lire au hasard l’un ou l’autre des livres empilés par terre, contre le coffre. Ils arrivaient à point nommé, mystérieusement, on eût dit les pièces d’une image-puzzle, claire et pourtant incompréhensible, incomplète, une sorte de superbouquin apparu à la frontière entre les livres et mon esprit. Ma lecture était profonde comme la nuit, le silence sifflait toujours plus fort, parfois un insecte tournoyait en bourdonnant sous l’abat-jour et finissait brûlé par l’ampoule surchauffée. Je clignais des yeux de plus en plus souvent, très vite du droit, assez lourdement du gauche. Je me souvenais des soirs où je devais me fermer une paupière avec les doigts pour réussir à m’endormir. Des jours où je ne riais qu’avec une moitié de visage, alors que l’autre restait maussade, sinistre. Désormais, quand je clignais des yeux rapidement, les muscles orbiculaires de ma bouche tressaillaient désagréablement et, quand j’étais fatigué, une sueur froide suintait des pores de ma joue gauche. Je jouais à regarder l’image de ma chambre d’un seul œil. Du droit, elle paraissait lumineuse, les couleurs brillaient sagement les unes à côté des autres. Mais le gauche voyait une étrange caverne verdâtre, où les volumes mous se distendaient comme la peau des animaux aquatiques. Vers la fin de la nuit, le sens des livres s’évaporait complètement et je n’avais plus sur les bras que leurs pages poreuses, leurs signes cabalistiques et leur parfum de papier poussiéreux, le plus excitant des parfums de la terre. Mes deux hémisphères cérébraux se contractaient de plaisir dans leur scrotum d’os.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
autres livres classés : littérature roumaineVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
2743 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre