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Robert Amutio (Traducteur)
ISBN : 2264041145
Éditeur : 10-18 (06/05/2005)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 22 notes)
Résumé :

" San Salvador est horrible, et les gens qui y habitent sont pires encore, c'est une race pourrie. " L'ombre du patio cache mal le visage de Moya étourdi par la hargne de son ami, Vega. Exilé au Canada sous le nom de Thomas Bernhard, Vega est de retour au Salvador pour enterrer sa mère. Le Dégoût est son cri. Un monologue à la violence lénifiante où l'hommage à l'écrivain autrichien, père spirituel de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
  16 novembre 2018
Longue litanie d'un homme exilé, qui de retour temporaire à son pays, le temps de l'enterrement de sa mère et de liquider un héritage, déverse sa haine pour son pays natal, le Salvador, dans un long monologue proche du délire. En faites il est assis dans un bar en fin d'après-midi, et s'adresse à son ami Moyà, l'auteur lui-même. Mais ce dernier se manifestant qu'en avant propos, laisse la scène à Vega, cet illuminé qui en 104 pages va nous lessiver, avec un discours aux mots forts et violents, renforcé par un style à la Thomas Bernhard ( phrases longues à répétitions ), d'où le titre, et pas seulement.....
Il nous déballe les revers d'un pays dévasté, pauvre et corrompu, sous le joug de la dictature et des criminels, ses propres rapports familiaux, non des plus sains, bref toute sa bile pour un système, un pays, des hommes et des relations, que désormais il honnit. Mais il faut accepter que l'énergumène n'est pas dépourvu d'humour, et que son discours a un fond de vérité valable pour tous les dictatures et pays du tiers monde régit par des régimes douteux et même dirais-je certains arguments valent pour nos propres sociétés et régimes occidentaux, supposés démocratiques.
C'est tellement noir, que l'effet est revigorant; mais vaut mieux ne pas échoir dans la langue de ce genre de personnage, c'est de l'acide caustique. Et si vous aviez par hasard, un minimum d'envie de voyager un jour au Salvador, après cette lecture, il ne vous en restera aucune trace 😊!
Pour moi, une inconditionnelle de Bernhard, et bientôt de Moyà, ça ne pouvait que me plaire. Un formidable coup d'oeil au grand écrivain autrichien et une expérience littéraire unique, que je conseille absolument, d'autant plus que c'est court !
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viou1108
  23 juin 2019
En espagnol, on dirait, à propos d'Edgardo Vega, le narrateur : "Qué exagerado, cómo se está pasando el tío"*.
Pourtant, il faut le comprendre, ce pauvre Vega. Voilà 18 ans qu'il a quitté le Salvador, son pays natal, pour émigrer au Canada, dont il a acquis la nationalité sous le nom de Thomas Bernhard. Lui qui pensait ne jamais remettre un orteil dans son pays abhorré, il se trouve aujourd'hui contraint d'y retourner au décès de sa mère, sans quoi il n'obtiendra pas sa part d'héritage.
On le découvre à San Salvador, assis dans un bar en compagnie de son ami Moya, l'auteur. Et on assiste avec ce dernier à un long monologue furieux, litanique et répétitif, où Vega s'en prend impitoyablement à la bêtise et au mauvais goût de ses ex-compatriotes, à leur mesquinerie et leur vanité, au goût infect de la bière locale, aux moustiques et à la chaleur, à la musique débile du bar, au pays lui-même avec toute sa corruption, ses guerres, ses dictatures et sa criminalité, et même à sa propre famille cupide et décadente. Bref, pour lui, tout au Salvador est dégénéré et il n'aspire qu'à monter dans l'avion qui le ramènera pour toujours au Canada, ou ailleurs, mais pas dans ce pays de fous.
Et donc, à cette lecture, on comprend bien le sous-titre "Thomas Bernhard à San Salvador", tant ce texte est un exercice d'imitation de/un hommage à l'Autrichien rageur (que je n'ai jamais lu, honte à moi). Edgardo Vego éructe, hurle, déteste et vomit son pays et ses habitants dans des flots de bile. Ce livre qui ne connaît pas la demi-mesure est écrit à l'acide sulfurique. Critique féroce qui tend à l'universel quand elle décrie les régimes politiques non démocratiques et la surconsommation, il s'en dégage évidemment beaucoup de noirceur, mais aussi une énergie contagieuse, une sorte d'élan vital désespéré à l'idée de rester coincé dans ce pays fangeux. Un tour de force impressionnant, génial et jouissif qui a, paraît-il, valu des menaces de mort à l'auteur. Les Salvadoriens n'auraient-ils pas le sens de l'humour ?
*Il exagère, ce type dépasse les bornes.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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mariecesttout
  25 mars 2014
Pour la petite histoire, ma grand-mère était salvadorienne, et j'ai encore beaucoup de famille dans ce pays, puisqu'une partie y est retournée après la fin de la guerre civile. Ne connaissant aucun écrivain originaire du Salvador, quand j'ai découvert Horacio Castellanos Moya à l'occasion de la sortie française d'un roman intitulé Là où vous ne serez pas, (tout un programme..!), j'ai voulu commencer par le dégoût. Bien m'en a pris, je vais sans doute éviter de le citer dans les prochaines correspondances avec mes cousins éloignés.
Même si cet auteur , dans un entretien, dit:
" L'humour est une composante de la mentalité centrale-américaine. C'est difficile à expliquer, mais nous, les centre-américains, nous aimons rire de tout, et notamment rire des gens. Ce n'est pas toujours politiquement correct, mais c'est inscrit dans notre culture. C'est sans doute un mécanisme de défense. La réalité est trop dure pour être assumée sérieusement ", je ne suis pas persuadé que cet "humour" soit apprécié à sa juste valeur. Et d'ailleurs, pour ce seul roman paru au Salvador, les réactions ont été assez violentes.."
Ne t'inquiète pas, j'apprécie, moi, les gènes?
L'avant-propos :
"Edgardo Vega , le personnage central de ce récit, existe: il vit à Montréal sous un autre nom- un nom d'origine saxonne qui n'est cependant pas celui de Thomas Bernhard. Il m'a fait part de ses opinions de manière assurément plus outrée et plus crue qu'elles n'apparaissent dans ce texte. J'ai voulu atténuer quelques uns de ces jugements qui sinon auraient scandalisé certains lecteurs."
Ah bon!! Qu'est-ce que cela pourrait être, alors, car ce roman est déjà, disons assez heu.. percutant..
Vega, donc, exilé au Canada sous le nom de Thomas Bernhard , d'où le thème, pays je te hais- et le style- est contraint de rentrer au bercail une quinzaine de jours à la mort de sa mère. Pour l'enterrement et pour y toucher sa part d'héritage. Il y est accueilli par son frère et sa famille, et retrouve dans un bar un certain Moya, double de l'auteur, journaliste et écrivain. de 17 heures à 19 heures . Il boit deux verres de whisky, deux seulement à cause de sa colite. Et écoute Tchaïkovski. Et hurle. Son dégoût de tout ce qui concerne ce pays. Sa politique, son absence complète de culture, son frère, sa belle soeur, les enfants de son frère, la télé, la bière locale.. Tout y passe.. et on sort un peu abasourdi de cette lecture, à la fois exercice de style d'écriture, et de pastiche finalement, mais aussi portrait certainement réaliste, je n'en doute pas une minute, de ce qu'est devenu ce pays d'Amérique centrale après une guerre civile qui a fait 100 000 morts.
" Je ne décris que des personnages qui n'ont rien de commun avec moi. Tant que je ne les entends pas, le livre ne vaut rien. J'écris à l'oreille. Je pars d'un ton, non d'une vision. Au livre suivant, je change. D'abord, c'est un pari sur le langage. Ensuite, je déteste me répéter. Enfin, c'est le plaisir de la croissance : plonger dans d'autres passions, d'autres voix. La mienne ne m'intéresse pas "
Horacio Castellanos Moya dans Libération.
Là, ça sonnait quand même très personnel, pourtant.. Et une des forces du texte, c'est que ce n'est pas vraiment un personnage sympathique, ce Vega! Car après tout, la mort de sa mère, il s'en fout, seul lui importe l'héritage, il n'est là que pour 15 jours et s'il ne se plait pas chez son frère et ses neveux brailleurs, si les télés dans toutes les chambres l'horripilent tant , il n'était pas obligé d'y aller, si la bière locale lui donne la diarrhée, il n'est pas obligé non plus d'en boire etc.. Il réussit , par sa verve énervée qui mélange un peu tout tant il hait ce pays, ses états d'âme et ses problèmes digestifs variés, à nous donner envie de lui dire de prendre un Lexomil et de reprendre l'avion le plus vite possible. Et à la fin, il perd son passeport, c'est l'horreur absolue.. et c'est très drôle..
J'aime beaucoup les écrivains qui arrivent à rire d'eux-mêmes. Car c'est en grande partie comme cela que j'ai lu ce roman.
Un petit extrait:
"Et les pires, ce sont les misérables politiciens de gauche, Moya, ceux qui naguère se faisaient appeler commandant, ce sont ceux qui m'écoeurent le plus, je n'aurais jamais cru qu'il y avait des types aussi vils, des types répugnants de la tête aux pieds, après avoir envoyé à la mort tant de gens, après avoir envoyé tant de naïfs au sacrifice, après s'être fatigués de répéter ces stupidités qu'ils appelaient leurs idéaux, les voilà maintenant qui se comportent comme les plus voraces des rats, des rats qui ont troqué leurs uniformes militaires de guérilleros contre le complet veston-cravate, des rats qui ont troqué leurs harangues de justice pour la moindre miette tombée de la table des riches, des rats dont l'unique désir a toujours été de s'emparer de l'Etat pour se goinfrer, des rats vraiment écoeurants, Moya, ça me fait de la peine de penser à tous ces imbéciles qui sont morts à cause de ces rats, ça me fait une peine terrible de penser à ces milliards d'imbéciles qui se sont fait tuer parce qu'ils obéissaient aux ordres de ces rats, à ces dizaines de milliers d'imbéciles qui sont allés à la mort dans l'enthousiasme parce qu'il obéissaient aux ordres de ces rats qui maintenant ne pensent qu'à amasser la plus grande quantité de fric possible pour ressembler aux riches qu'ils combattaient avant…."
...Et ça ne leur a pas plu, au Salvador?


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Dirlandaise
  05 octobre 2012
Edgardo Vega alias Thomas Bernhard est contraint de retourner au Salvador afin d'assister aux obsèques de sa mère. Il doit faire acte de présence car c'est la seule condition dictée par sa mère s'il veut toucher sa part d'héritage qui consiste en la maison de son enfance. Edgardo est professeur d'histoire de l'art à l'université McGill de Montréal et n'est pas retourné à San Salvador depuis dix-huit ans. Il exècre son pays natal qui ne lui inspire que du dégoût par son absence de culture et l'ignorance crasse de ses habitants. Au cours de son séjour, Edgardo réside chez son unique frère, un commerçant borné et stupide dont la seule activité culturelle est d'écouter la télévision et regarder les matchs de foot. Sa famille est du même acabit. Notre pauvre Edgardo est au supplice et finit par se louer une chambre à l'hôtel afin d'échapper à cette famille qu'il juge ignoble et monstrueuse. Tout le récit consiste en une rencontre d'Edgardo avec un ancien compagnon de lycée du nom de Moya… dans un bar salvadorien, rencontre qui dure de cinq à sept et au cours de laquelle Edgardo exprime à son ami tout son dégoût et sa haine du Salvador et de ses immondes habitants.
Ce livre est fabuleux, hallucinant, fantastique ! Cet écrivain me fait vibrer presque autant que Michel Tremblay ce qui n'est pas rien ! Son récit est absolument savoureux et rocambolesque à souhait. le regard que porte Edgardo sur son pays natal est impitoyable et d'une dureté sans bornes. Bref, il hait tout ce qui est salvadorien : la musique, la politique, les militaires, la famille, les loisirs, la ville et ses divertissements malsains. le récit de son voyage en avion est une pure merveille de même que celui de sa sortie avec son frère qui l'emmène « tirer un coup » avec un de ses amis noir dans un lupanar immonde et répugnant. C'est drôle, hallucinant et l'écriture touffue et dense de Moya, sans aucun paragraphe et comportant des phrases interminables emporte le lecteur dans un tourbillon de mots, de sensations pénibles, d'angoisse et aussi de moiteur palpable dont il est impossible de s'extraire avant d'avoir lu le tout dernier mot. Seul Moya est capable de décrire aussi bien des situations épouvantables avec un déluge de mots qui fouette le lecteur et l'entraîne dans le monde absolument infernal que constitue San Salvador pour Edgardo. Un pur régal !
Le personnage d'Edgardo est réel et réside effectivement à Montréal mais sous un autre nom. Moya a atténué quelques-uns des jugements de son héros pour épargner certains lecteurs. Dommage…
Suite à la publication de ce roman, Horacio Castellanos Moya a reçu de nombreuses menaces de mort qui l'ont contraint à s'exiler.
« Moi, ça faisait dix-huit ans que je n'étais pas revenu au pays, dix-huit ans pendant lesquels rien de tout ça ne m'a manqué, parce que je suis parti justement pour fuir ce pays, je trouvais qu'il n'y avait rien de plus cruel et inhumain qu'avec la quantité d'endroits qu'il y a sur la planète ce soit précisément dans ce coin que moi je doive naître, je n'ai jamais pu accepter, alors qu'il existe des centaines de pays, que ce soit dans le pire de tous, dans le plus stupide, le plus criminel des pays, qu'il me soit revenu à moi de naître, ça je n'ai jamais pu l'accepter, Moya, c'est pour ça que je suis parti à Montréal, bien avant que ne commence la guerre, je ne suis pas parti comme exilé, ni à la recherche de meilleures conditions économiques, je suis parti parce que je n'ai jamais accepté la macabre plaisanterie du destin qui m'a fait naître dans ces terres, me dit Vega. »
"Le commerce sexuel est ce qu'il y a de plus dégoûtant, Moya, rien ne provoque en moi autant de répugnance que le commerce de la chair, quelque chose en soi de visqueux et de propice aux malentendus comme l'est le sexe atteint des abysses abominables avec son commerce, une pratique qui ronge tes facultés spirituelles d'une manière foudroyante."
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   15 novembre 2018
C’est incroyable, Moya, c’est vraiment incroyable, la stupidité humaine n’a pas de bornes, et particulièrement dans ce pays, où les gens parviennent à établir des records sans précédent en matière de stupidité humaine, comment expliquer autrement que le politicien le plus populaire du pays au cours des vingt dernières années ait été un psychopathe criminel, comment expliquer autrement qu’un psychopathe criminel qui a fait assassiner des milliers de personnes au cours de sa croisade anticommuniste se soit transformé en l’homme politique le plus populaire du pays, qu’un psychopathe criminel qui a fait assassiner l’archevêque de San Salvador soit devenu l’homme politique le plus charismatique, le plus aimé, non seulement par les riches, mais par la population en général, une chose monstrueusement répugnante, si tu y réfléchis avec attention, Moya, un psychopathe criminel, l’assassin de l’archevêque, transformé en héros national, un psychopathe criminel métamorphosé en une idole à laquelle une bonne part de la population voue un culte,......
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