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EAN : 9782757884539
192 pages
Éditeur : Points (01/10/2020)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
" Sur un arc de cercle


dans les mouvements publics des rivages la flamme


est seule et splendide dans son jugement intègre "


Ce volume est constitué de la version définitive de Soleil cou coupé et de Corps perdu, réunis sous le titre général de Cadastre, auquel s'ajoute le dernier recueil d'Aimé Césaire, Moi, Laminaire...


" Par la découverte et l'approfondissement de l'identit... >Voir plus
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
PartempsPartemps   25 octobre 2020
Qu'une tempête ne décline que le roc ne titube pour celui poitrail qui fut sûr dont le clairon de feu dans l'ombre et le hasard rustique ne décrut

O peuple guetté du plus haut mirador et défiant du bâton des aveugles

le nom natal de l'injustice énorme

Je t'ai inscrit une fois

au centre du paysage sur un fond de cannaie

debout au milieu de la glèbe de nos yeux

agrandis et d une sorte semblable

à la face d'or noire et haïtienne

d un dieu

Vois dans la forêt sans sommeil

les amis ont poussé patients

tu plissais les paupières tu les plisses aujourd'hui

tu ne parlais guère tu ne parles guère moins maintenant

tu te contentais de sourire de même tu souris encore

très doux

d'un sourire né fort des confuses javelles de la terre et de la mer parentes

de quels salaires viens-tu encore de discuter sur ton sein noir et calme viens-tu encore de réchauffer suprêmes comme un nœud sacré de couleuvres engourdies les colères
d'hivernage et le coutelas des grèves

et dans quelle fraîcheur osas-tu retremper

ton sourire de rosée

comment dans la grande débâcle as-tu mis à l'abri

rusé

ta grande force secrète

ton dur front paysan

les eaux calmes prisonnières du mi-rire de tes yeux

un doute est mien qui tremble d'entendre dans la jungle des fleurs un rêve se frayer
Maître marronneur des clartés aurons-nous la force de hisser ce printemps jusqu'au sein où attendent dormants les climats

féconds nos membres purs

nos ciels impatients

alizés ou autans

réveillez-vous nos races mortes

un instant charmeur d'astres

un vent mauvais souffle des bagasses pourries

ton peuple a faim a soif trébuche ton peuple

est un cabrouet qui s'arrache de la boue toujours

plein de jurons et cinglé au fil sourd de la nuit noire des

cannes

d'un sentiment de sabres

toi le refus de la sombre défaite

chef dur soutien des cases

dieu des dégras arbre à pain des coursières

en fougère imputrescible je t'ai taillé

à révérer sylvestre

quand mai dore en chabin la grosse tête crépue

de ses manguiers les plus rares

le songe s'est levé tu marches toi l'ardeur d'un nom

sous la tenace science d'un pays de silence

tous te flairent aucun chien n'ose te barrer la route

tes murs se sont effondrés les chemins sont boueux

de grands cœurs se suicident rouges aux balisiers

tu marches pèlerin tu marches et tu souris

aux merles du dernier rayon qui picorent les tiques sur le

dos des zébus

Montreur

tout le ciel depuis longtemps s'est éteint

la mer au bas dans l'anse incline et ramène à des oiseaux

perdus

le balancement d'un toit et la lumière la lumière tu la redistribues toute aux écueils orphelins aux feuilles en la filtrant aux pierres du volcan mal refroidies qui renaissent
précieuses

aux yeux des camarades vernissée vaguement sanguinolente
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PartempsPartemps   25 octobre 2020
A L'AFRIQUE



Aimé Césaire
à
Wifredo
Lam

Paysan frappe le sol de ta daba

dans le sol il y a une hâte que la syllabe de l'événement ne

dénoue pas

je me souviens de la fameuse peste

il n'y avait pas eu d'étoile annoncière

mais seulement la terre en un flot sans galet pétrissant

d'espace

un pain d'herbe et de réclusion

frappe paysan frappe

le premier jour les oiseaux moururent

le second jour les poissons échouèrent

le troisième jour les animaux sortirent des bois

et faisaient aux villes une grande ceinture chaude très

forte

frappe le sol de ta daba

il y a dans le sol la carte des transmutations et des ruses

de la mort

le quatrième jour la végétation se fana

et tout tourna à l'aigre de l'agave à l'acacia

en aigrettes en orgues végétales

où le vent épineux jouait des flûtes et des odeurs tranchantes

Frappe paysan frappe

il naît au ciel des fenêtres qui sont mes yeux gicles et dont la herse dans ma poitrine fait le rempart d'une ville qui refuse de donner la passe aux muletiers de la
désespérance
Famine et de toi-même houle ramas où se risque d'un salut la colère du futur frappe
Colère

il y a au pied de nos châteaux-de-fées pour la rencontre du sang et du paysage la salle de bal où des nains braquant leurs miroirs écoutent dans les plis de la pierre ou du
sel croître le sexe du regard

Paysan pour que débouche de la tête de la montagne celle que blesse le vent

pour que tiédisse dans sa gorge une gorgée de cloches pour que ma vague se dévore en sa vague et nous ramène sur le sable en noyés en chair de goyaves
déchirés en une main d'épuré en belles algues en graine volante en bulle en souvenance en arbre précatoire

soit ton geste une vague qui hurle et se reprend vers le creux de rocs aimés comme pour parfaire une île rebelle à naître

il y a dans le sol demain en scrupule et la parole à charger aussi bien que le silence

Paysan le vent où glissent des carènes arrête autour de

mon visage la main lointaine d'un songe

ton champ dans son saccage éclate debout de monstres

marins

que je n'ai garde d'écarter
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PartempsPartemps   25 octobre 2020
A LA NUIT



C'est sans doute cette femme dont l'astrologue et la géomancie m'avaient révélé la date et le lieu d'apparition et dont j'aurai mal tenu compte

et qui fait contre-jour de la voix des mares mal prises aux nasses des scirpes

contre-jour des hauts fourneaux du suicide contre-jour des bernicles qui accrochent aux roches un gros bouquet de jonquilles pour dire que le printemps est là

quand le vent a mis une pelure de papier sur un vieux peigne quand le vent le plus vieux des nègres vieux souffle dedans une musique

où les jambes des jolies fables sortent d'une bruyère faite de la laine aimable de loups écumeurs d'une litanie de chiens

ou bien sacrée mer d'Iroise debout et qui attend de moi

une parole qui signifie pas de crainte et qui assurément ne

viendra pas

c'est la
Grâce ou la
Disgrâce

c'est le petit trot du cœur dans la maladie horlogère dite

de
Basedow

c'est la
Grâce c'est la
Disgrâce

la
Disgrâce ou la
Hargne

la
Hargne aux dents de sourd qui dispose son filet de

dents ébréchées semblables à un sous-bois au tournant

du mystère des oreillettes

la
Hargne qui martèle ses mots et rafle toutes les mises

la
Hargne faite à l'image de
Dieu qui crée à petits coups

de couteau qui mijotent dans l'instruction d'une gaine

prise dans la gayac de la rouille

où pas plus

que

tu ne lèves ton visage

le petit filet de sang de première

communion que je ne répands pas

pas plus

que ne se lève mon visage de pétrole à cacher ses liaisons

les plus innocentes

pas plus que l'on n'en peut attendre de la rancune de nos

visages mal fermés et d'où coule plus sûr le site

que le sourire où nous mêlons de veine et d'artère nos

deux sangs à la parole inégale
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PartempsPartemps   25 octobre 2020
Très fort pendant les moustiques montés des volutes chargées à mitraille des maremmes joli cœur de la brutalité à la patte moricaude des bouges de
sangliers

Très fort pendant les grands fleuves qui à la vermine débranchent leurs cuisses très immondes lèvres bleues giclant un rire cru de vagin

Très fort pendant la face molle des pollens s'écrasant dans la conspiration du vent et les cheminées qui fument sous le tunnel des épaules des fauves en escarboucles d'yeux
plus tendres que leur alentour de graminées

Très fort monstre contre monstre

le tien dont le corps est une statue de suc de bois rouge

dont le crachat est un pissat de fofa

le mien dont la sueur est un jet de bile de caïman

que je les sorte enfin comme une nuit pluvieuse de cris d'alouates de ma poitrine si tendre de fausse oronge
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Videos de Aimé Césaire (65) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aimé Césaire
Psychiatre révolutionnaire, écrivain fulgurant, acteur des indépendances africaines, admiré par Césaire, Sartre, cité aujourd'hui par des dizaines de philosophes, historiens, rappeurs... Frantz Fanon a combattu toute forme d'aliénation jusqu'à sa mort à 36 ans, quelques mois avant l'indépendance de l'Algérie à laquelle il avait oeuvré. Voici son portrait en archives, et avec l'éclairage d'un de ses éminents spécialistes : l'historien des idées Jean Khalfa.
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