AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2708704206
Éditeur : Editions Présence Africaine (11/07/2000)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 264 notes)
Résumé :
" Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalyptique. Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences, car il n'est point vrai que l'oeuvre de l'homme est finie que nous n'avons rien à faire ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  15 mai 2012
Un texte sur l'amour du pays, sur l'amour des peuples mais aussi, et surtout, sur la bêtise humaine. Un texte critique envers l'Europe et ses stéréotypes stupides sur les noirs mais aussi un texte sur l'égalité des races humaines.
Dans ce pamphlet, Aimé Cesaire n'est pas rempli de rancoeur envers le peuple européen, il critique seulement ses erreurs passées et apprend, avec beaucoup d'humour, à se moquer de sa propre race.
Un livre plein d'humour et de dérision qu'il ne faut surtout pas lire au premier degré. Bien qu'un peu difficile d'accès et de compréhension parfois (on perd facilement le fil), la beauté du texte et du sens de ce dernier permet largement au lecteur de se ressaisir et l'invite, suite à cette lecture, à une longue méditation sur ce qui a été dit et écrit. A découvrir !
Commenter  J’apprécie          470
Myriam3
  13 décembre 2014
"Au bout du petit matin"... une île se dévoile, rues en terre battue, cases éparpillées et coqs chantant, avant qu'on ne leur torde le cou. Une île où l'on mange, où l'on travaille, une île odorante, bruyante, vivante, animée par la nature, soufflée par les tornades, brûlée par le soleil.
"Au bout du petit matin"... Aimé Césaire, étudiant à la Sorbonne dans les années 30, loin de son île, prend du recul et écrit sur la Martinique un long poème de révolte, d'espoir et de désarroi, et se fera ainsi le chantre de l'écriture "noire" francophone.
Césaire nous dresse ici un portrait vivant de cette île encore sous le joug de la France, des Blancs. Ce portrait est souvent violent, critique; la population est majoritairement illettrée et pauvre et parfois passive face aux traitements qu'elle subit.
Césaire n'est pas seulement Martiniquais, il est tous les Noirs, tous les peuples opprimés, dominés, soumis à l'esclavage, maltraités, fouettés, humiliés mais aussi ceux qui se sont battus, révoltés, tel Toussaint Louverture.
Ce recueil se voulait manifeste pour la cause des Noirs, contre le colonialisme et toute forme d'oppression. le texte est merveilleusement beau et riche, autant dans les propos que dans l'écriture.
Il faisait partie de la sélection des tous premiers textes imposés en cours de Lettres, en Terminale, au Bac littéraire. Une riche idée, qui ouvre le regard sur la poésie contemporaine mais aussi sur un passé encore tout frais.
(Re)Lu dans le cadre du Challenge Poésie 2014-2015
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          430
paroles
  12 mai 2017
Lire Cahier d'un retour au pays natal, c'est d'abord lire un poème engagé. Césaire crie sa révolte contre l'état français et la colonisation imposée. C'est la prise de conscience de l'impossible vie des Martiniquais et l'inégalité de la condition des Noirs.
Mais c'est aussi la reconnaissance de la passivité d'un peuple ( "cette foule qui ne sait pas faire foule, cette foule, on s'en rend compte, si parfaitement seule sous ce soleil») et le souhait de le voir se lever et lutter contre toute oppression, même culturelle.
Césaire se bat pour démonter les images-clichés de la Martinique, son ciel bleu et ses plages romantiques. Non, ici tout est malade, jusqu'au "soleil vénérien".
Et puis bien sûr, lire Cahier d'un retour au pays natal c'est prendre conscience de l'impossible assimilation française ou européenne. Les ancêtres des Antillais (et des Africains) ne seront jamais les Gaulois. Et c'est ainsi que Césaire emploie le terme de négritude pour revendiquer son appartenance à la civilisation et à la culture noires.
"Et mon originale géographie aussi ; la carte du monde faite à mon usage, non pas teinte aux couleurs des savants, mais à la géométrie de mon sang répandu, j'accepte."
Enfin, Césaire encourage ses compatriotes à croire en eux, à oublier le passé et à se tenir debout pour retrouver tout ce qui fait leur appartenance.
"Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi. Les cheveux dans le vent, ma main petite dans son poing énorme..." C'est l'espoir qui renaît, tout n'est pas perdu. L'époque du "bon nègre" est révolue.
Il ne s'agit pas non plus de faire l'apologie de la haine, Césaire est tiraillé entre sa culture et celle acquise en France. Il prône la tolérance et l'ouverture à l'autre.

S'il est difficile (en tout cas pour moi ; son vocabulaire est d'une richesse incroyable, et ses tournures de style plutôt surréalistes) d'entrer de plein pied dans la poésie de Césaire, je reconnais que certains passages m'ont pris aux tripes tant son cri de révolte est audible et percutant. J'avais parfois l'impression de l'avoir là en face de moi, complètement enflammé par son discours, et de l'entendre et non de le lire. Comme un récit psalmodié, un chant negro-spiritual
Alors même si certains passages me sont restés hermétiques, je veux saluer ici Aimé Césaire, qui en son nom et pour les siens, agit en écrivant, en dénonçant.

Lien : http://mes-petites-boites.ov..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          372
AMR
  27 juillet 2019
C'est avec plaisir et nostalgie que je retrouve mes notes de lecture et d'études de ce monument sur la négritude qu'est le Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire.
La « Négritude » est un mouvement qui rassemble à Paris, dans les années 1930, plusieurs poètes et intellectuels venus des colonies, avec comme figure principale Aimé Césaire et aussi, même s'il les éclipse un peu, Léon-Gontran Damas et Léopold Sedar Senghor. La négritude francophone a aussi pour origines le mouvement américain Harlem Renaissance porté par les musiciens de jazz autour de Duke Ellington.
Le Cahier d'un retour au pays natal, entre poésie et texte prosaïque, est l'oeuvre la plus célèbre de Césaire ; élaboré dès 1935, le recueil a connu plusieurs versions avant sa publication définitive en 1956. Il s'agit d'un texte vraiment décisif pour la littérature antillaise, qui exprime un cri de révolte et rejette toute la littérature doudouiste. Césaire est en totale rupture avec les clichés paradisiaques sur les Tropiques ; dans ce cahier, il nous parle de la misère matérielle et psychique de la Martinique dans un profond réalisme à la fois métaphorique et flamboyant. Il remet les faits historiques à leur juste place, depuis la traite des esclaves jusqu'à l'Histoire des Antilles françaises, amnésiques, privées de mémoire par des siècles de déni. Il y a dans ce cahier une réelle volonté de rétablir la chronologie historique, de redonner un passé aux anciens esclaves dont l'identité et les origines ont été effacées.
Au niveau de l'écriture et de la forme, je ne peux que citer le poète lui-même, plutôt que d'essayer de la définir : « le Cahier, c'est le premier texte où j'ai commencé à me reconnaître ; je l'ai écrit comme un anti-poème. Il s'agissait pour moi d'attaquer au niveau de la forme la poésie traditionnelle française, d'en bousculer les structures établies ».
Le lecteur est forcément surpris et envouté par le langage châtié, recherché avec des mots qu'il faut chercher dans le dictionnaire et des métaphores alambiquées. On s'est interrogé sur ce choix de la langue française plutôt que du créole ; en fait Césaire voulait aller au-delà de l'oralité et donner à ses mots toute la force de la langue écrite. Ainsi, son long et étrange poème devient-il fondateur car son auteur nous transmet sa profonde confiance dans le potentiel du langage…
Césaire choisit la tonalité de la révolte et de l'invective. Il constate et dénonce, puis met en avant une affirmation identitaire ; je garde toujours en mémoire le passage sur la négritude, véritable définition dynamique, d'abord toute en formulation négative, puis en action et en mouvement : « ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour / ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'oeil mort de la terre / ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale / elle plonge dans la chair rouge du sol / elle plonge dans la chair ardente du ciel / elle troue l'accablement opaque de sa droite patience ».
Je me souviens aussi du lexique de la maladie pour parler de la misère des Martiniquais, de l'alternance entre les passages de révolte et de refus et les envolées lyriques de l'affirmation identitaire, de beaux passages narratifs, de moments contradictoires, d'acceptation des tabous historiques quand il faut bien parler des bateaux négriers et de l'assimilation…
C'est une écriture de la confrontation au traumatisme de l'esclavage et, en ce sens, elle ne peut laisser indemne. le texte propose également une ouverture sur l'avenir, met en avant des postures volontaires et conquérantes : « Vienne le colibri / Vienne l'épervier / Vienne le bris de l'horizon/ Vienne le cynocéphale / Vienne le lotus porteur de monde ».
Il est intéressant de relever le passage progressif du JE au NOUS, du ressenti individuel à la dimension collective et identitaire.
Cette poésie m'a d'abord profondément touchée par ses rythmes et sonorités, ses formules anaphoriques et incantatoires et ses ambiances…
L'étude de sa complexité, de ses mots à double-sens, de ses métaphores et de son caractère épique est venue après. Toutes les pages de mon exemplaire sont annotées, notamment par les définitions des mots rares et inconnus…
Pour celles et ceux que ce texte difficile pourrait rebuter, je recommande la reprise de quelques passages par Arthur H. et Nicolas Repac dans l'album « L'Or Noir ».
Je conclurai mon billet comme je l'ai introduit : ce cahier est un monument…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Charybde2
  16 mars 2013
Sans doute le texte le plus fort de la "négritude". Puissance toujours renouvelée.
Publié en 1939, ce poème de 75 pages est probablement la réalisation littéraire la plus puissante conçue dans le mouvement de la négritude, à partir de 1934.
Sans doute moins académique et ampoulé que Senghor, plus ample que Damas, le texte fondateur de Césaire se lit et se scande à voix haute, alternant des moments calmes d'énergie ramassée, concentrée, rassemblée en un poing fermé prêt à frapper, et des moments d'exorde libérateur, de rage déversée, orientée, tumultueuse, pour clamer la différence revendiquée de l'homme noir, son refus des canons imposés par les canonnières, et son rêve éveillé d'une histoire autre, qui n'a jamais signifié l'absence d'histoire - comme certains dirigeants européens particulièrement réfractaires à l'inteliigence pouvaient encore vouloir le proclamer à Dakar en 2007...
Relu attentivement à plus de vingt ans de distance à l'occasion d'une soirée 'Littératures antillaises" à la librairie Charybde, le texte porte une force toujours renouvelée. À peine sa lecture achevée monte désormais une envie difficilement répressible de s'y plonger à nouveau, de se baigner dans cette langue riche, précise, affûtée où même les affèteries occasionnelles semblent porter un sens caché.
Une très grande oeuvre (dont on peut aussi goûter plusieurs extraits superbement mis en musique et en voix par Arthur H et Nicolas Repac dans l'album de poésie "L'or noir").
"Tiède petit matin de chaleur et de peur ancestrales je tremble maintenant du commun tremblement que notre sang docile chante dans le madrépore.
Et ces têtards en moi éclos de mon ascendance prodigieuse !
Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
mais ils savent en ses moindres recoins le pays de souffrance
ceux qui n'ont connu de voyages que de déracinements
ceux qui se sont assouplis aux agenouillements
ceux qu'on domestiqua et christianisa
ceux qu'on inocula d'abâtardissement
tam-tams de mains vides
tam-tams inanes de plaies sonores
tam-tams burlesques de trahisons tabides
Tiède petit matin de chaleurs et de peurs ancestrales
par-dessus bord mes richesses pérégrines
par-dessus bord mes faussetés authentiques
Mais quel étrange orgueil tout soudain m'illumine ?
vienne le colibri
vienne l'épervier
vienne le bris de l'horizon
vienne le cynocéphale
vienne le lotus porteur du monde
vienne de dauphins une insurrection perlière brisant la coquille de la mer
vienne un plongeon d'îles
vienne la disparition des jours de chair morte dans la chaux vive des rapaces
viennent les ovaires de l'eau où le futur agite ses petites têtes
viennent les loups qui pâturent dans les orifices sauvages du corps à l'heure où à l'auberge écliptique se rencontrent ma lune et ton soleil
il y a sous la réserve de ma luette une bauge de sangliers
il y a tes yeux qui sont sous la pierre grise du jour un conglomérat frémissant de coccinelles
il y a dans le regard du désordre cette hirondelle de menthe et de genêt qui fond pour toujours renaître dans le raz-de-marée de ta lumière
(Calme et berce ô ma parole l'enfant qui ne sait pas que la carte du printemps est toujours à refaire)"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Citations et extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   02 janvier 2017
Ma Négritude

Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre [...]

ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'oeil mort de la terre
ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale

elle plonge dans la chair rouge du sol
elle plonge dans la chair ardente du ciel
elle troue l'accablement opaque de sa droite patience.

Eïa pour le Kaïlcédrat royal !
Eïa pour ceux qui n'ont jamais rien inventé
pour ceux qui n'ont jamais rien exploré
pour ceux qui n'ont jamais rien dompté

mais ils s'abandonnent, saisis, à l'essence de toute chose
ignorants des surfaces mais saisis par le mouvement de toute chose
insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde
véritablement les fils aînés du monde
poreux à tous les souffles du monde
aire fraternelle de tous les souffles du monde
lit sans drain de toutes les eaux du monde
étincelle du feu sacré du monde
chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !
Tiède petit matin de vertus ancestrales

Sang ! Sang ! tout notre sang ému par le coeur mâle du soleil
ceux qui savent la féminité de la lune au corps d'huile
l'exaltation réconciliée de l'antilope et de l'étoile
ceux dont la survie chemine en la germination de l'herbe !
Eïa parfait cercle du monde et close concordance !

Écoutez le monde blanc
horriblement las de son effort immense
ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures
ses raideurs d'acier bleu transperçant la chair mystique
Écoute ses victoires proditoires trompéter ses défaites
écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement
Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          521
OrpheaOrphea   13 mars 2010
Et venant je me dirais à moi-même :
"Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse..."
Commenter  J’apprécie          2060
JennyJameerJennyJameer   26 mars 2012
"Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouches. Ma voix la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir."
Commenter  J’apprécie          4402
OrpheaOrphea   13 mars 2010
Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : "J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies". Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : "Embrassez-moi sans crainte...Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1230
OrpheaOrphea   13 mars 2010
Au bout du petit matin, l'extrême, trompeuse désolée eschare sur la blessure des eaux ; les martyrs qui ne témoignent pas ; les fleurs du sang qui se fanent et s'éparpillent dans le vent inutile comme des cris de perroquets babillards ; une vieille vie menteusement souriante, ses lèvres ouvertes d'angoisses désaffectées ; une vieille misère pourrissant sous le soleil, silencieusement ; un vieux silence crevant de pustules tièdes, l'affreuse inanité de notre raison d'être.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          860
Videos de Aimé Césaire (100) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aimé Césaire
Ce grand entretien a eu lieu le 2 juin 2019 au Mucem dans le cadre de la 3e édition du festival Oh les beaux jours !. http://ohlesbeauxjours.fr
?? Maryse Condé avec ses invités, Richard Philcox et Françoise Semiramoth. Entretien animé par Valérie Marin La Meslée (Le Point). Lecture par Eva Doumbia.
Originaire de Guadeloupe, Maryse Condé est l?auteure d?une ?uvre considérable, traduite en plusieurs langues, étudiée dans le monde entier. On ne compte plus les récompenses qu?elle s?est vu décerner internationalement, jusqu?à celle, récente, qui couronne presque 50 ans d?écriture : le prix de la Nouvelle Académie de littérature (qui a remplacé en 2018 le Nobel de littérature). le jury de ce Prix a salué dans son ?uvre « les ravages du colonialisme et le chaos post-colonial dans une langue à la fois précise et bouleversante. » Journaliste, dramaturge, auteure pour la jeunesse, essayiste et romancière, elle a également été professeure émérite à l?université de Columbia, aux États-Unis, où elle a fondé le Centre d?études françaises et francophones. L??uvre de Maryse Condé embrasse trois continents, l?Amérique, l?Afrique et l?Europe, liés à son parcours et à ses engagements. Née en 1937 à Pointe-à-Pitre, d?un père banquier et d?une mère institutrice, la future romancière confesse avoir grandi dans un milieu protégé, loin des questions qui parcourent sa littérature, et n?avoir pris conscience de la couleur de sa peau qu?en arrivant en France, à l?âge de 16 ans. Sa lecture d?Aimé Césaire la conduit à remonter le fil de l?histoire de l?esclavage et cette quête identitaire la mène en Afrique de l?Ouest. de cette expérience, elle tirera Ségou, roman historique en deux volumes qui la fait entrer dans le paysage littéraire. Vont suivre de nombreux romans où elle met souvent en scène des femmes maltraitées par l?histoire, qui tentent de conquérir leur liberté (Moi, Tituba sorcière noire de Salem ; Victoire, les saveurs et les mots, où elle rend hommage à sa grand-mère ; Desirada?). Elle aborde aussi la question des classes sociales à travers la saga d?une grande famille caribéenne (La Vie scélérate, Prix de l?Académie française en 1988), se raconte elle-même dans une très belle autobiographie (La Vie sans fards), met fin à ce qu?elle nomme « le mythe de la négritude » dans le Fabuleux et Triste Destin d?Ivan et Ivana, son dernier roman inspiré de l?attentat terroriste d?Amedy Coulibaly en 2015.
Au Mucem, nous retracerons avec elle son parcours. Elle partagera la scène avec des complices artistiques qui feront entendre ses textes ; évoquera ses engagements et un projet avec de jeunes Marseillaises de la Busserine autour de son roman pour la jeunesse Chiens fous dans la brousse ; reviendra sur la question de la représentation des noirs, notamment dans les musées? Mais on ne vous dit pas tout, seulement que la présence de la grande Maryse Condé est exceptionnelle !
?? À lire : La Vie sans fards, JC Lattès, 2012 Le Fabuleux et Triste Destin d?Ivan et Ivana, JC Lattès, 2017.
?? En coréalisation avec le Mucem.
+ Lire la suite
autres livres classés : négritudeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
753 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre
.. ..