AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782020121064
425 pages
Seuil (01/04/1990)
3.66/5   104 notes
Résumé :
Ce volume comprend l'œuvre poétique intégrale de Léopold Sedar Senghor : successivement Chants d'ombre, Hosties noires, Ethiopiques, Nocturnes, Lettres d'hivernage, Elégies majeures, Poèmes perdus (jusqu'alors inédits), ainsi que les Dialogues sur la poésie francophone et un ensemble de poèmes divers.

" J'écris d'abord pour mon peuple. Et celui-ci sait qu'une kôra n'est pas une harpe non plus qu'un balafong un piano. Au reste, c'est en touchant les Af... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
3,66

sur 104 notes
5
3 avis
4
5 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis

candlemas
  10 avril 2019
Arrivé du Sénégal en France en 1928, Léopold Sedar Senghor, va y menr un parcours exemplaire : étudiant brillant, puis agrégé de grammaire et enseignant, il sera successivement prisonnier de guerre, résistant, avant d'entrer en politique. Il sera ainsi en 1960 le premier Président du Sénégal. puis académicien en 1983, avant de s'éteindre auprès de sa femme normande en 2001.
Comment ne pas admirer un tel homme, que la droiture et les valeurs ont porté partout aux plus hautes distinctions ? Et en même temps, comment ne pas être déboussolé face à un parcours de vie aussi riche ? Valéry Giscard d'Estaing lui-même , semble-t-il, confronté au puzzle senghorien, présenta un patchwork lors de son discours d'entrée à l'académie française,
C'est l'admiration qui m'invita à la lecture de son Oeuvre poétique, et ce fut l'étourdissement qui présida à ma lecture. En effet, ce livre de poésie retraçant chronologiquement la somme de ses écrits, il s'ouvre par des poèmes de "l'étudiant noir", autant dire que l'on y trouve mêlés à la fois une poésie scolaire, classique, fortement influencée par le symbolisme de son époque, des élans contestataires anti-esclavagistes, puis anti-colonialistes, et une revendication confiante, presque sage, de ce qu'on a appelé la négritude, que Senghor image avec force par une peau noire, différente, dans laquelle coule un sang rouge et palpitant, commun à tout homme.
Ensuite suivent d'autres textes, ceux de la maturité, où l'incantation, puisant ses racines dans la tradition culturelle africaine, s'en extrait pourtant dans le grand dessein d'une poésie plus universelle. Son projet poétique, contrairement à la première partie, se structure et s'éclaire. Il s'adresse clairement à la fois à "son peuple" et au peuple de France, dans une construction symphonique où la musicalité est construite savamment.
Personnellement, j'ai toutefois été surpris, et en partie décu par cette lecture : d'abord parce les poèmes de Senghor sont très élaborés, dans une langue française précise et exigeante. Ensuite parce que, comme l'ont commenté de nombreux critiques depuis, j'ai eu le sentiment que la poésie de Senghor, bien qu'ancrée dans les traditions africaines -et c'est ce que j'y recherchais-, est avant tout celle d'un grand intellectuel francophone. En résulte un côté désincarné, littéraire, coupé de la fange terrienne et de la chair humaine. Les références sénégalaises, faisant appel à une culture que je n'avais pas, ralentissent la lecture.
Pour autant, cette poésie symboliste est ciselée, remarquable de force et de vision, quoiqu'à mon goût trop peu intuitive.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          535
Pasoa
  25 septembre 2022
Poésie de la parole, de l'écoute et de la transmission, l'écriture de Léopold Sédar Senghor est celle d'une conscience mise au grand jour, celle de la Négritude. Une conscience belle et vivifiante qui bat au coeur de tout, qui agit comme un ferment de la fraternité. Senghor possédait une conscience aiguë des origines, indissociables pour lui du temps présent. Pour autant, son esprit s'imprégnait des influences culturelles et littéraires venues de France, sa terre d'adoption.
Dans toute son écriture, pas d'usage de la métaphore ou de la comparaison, les choses sont nommées, désignées comme telles. C'est sous le signe qu'apparaît le sens et l'image. Chaque chose, chaque être, dans la matière, la forme, la couleur, l'odeur et le geste, le rythme et la danse, tout dans la couleur d'un pagne, les cordes d'une khôra, dans le dessin des paysages, de colliers en or portés,... Tout opère comme un afflux d'images qui mène le poème jusqu'à sa luminescence.
Une incandescence qui porte aussi en elle l'omniprésence des esprits, des morts du village, des ancêtres, de la nature toute proche et des nombreux animaux qui y vivent. Une évocation qui rend plus belle encore l'existence d'un monde quelque peu étrange mais toujours fascinant.
Incantatoire, très marquée par le rythme, la poésie de Leopold Sédar Senghor est aussi musicale. En préambule de beaucoup de ses poèmes sont indiqués les instruments de musique (la kôra, le balafong, le tam-tams,…) qui doivent accompagner la lecture du poème.
Si j'ai vraiment beaucoup aimé lire cette Oeuvre poétique, j'ai trouvé que tous les recueils qui y figurent (Chants d'ombre, Hosties noires, Éthiopiques, Nocturnes, Lettres d'hivernage, Élégies majeures ou Poèmes perdus) ne sont pas tous d'égale valeur, de même intérêt.
Les poèmes dédiés aux Tirailleurs sénégalais morts pour la France (dans Hosties noires) ou de nombreux autres comme dans Lettres d'hivernage sont magnifiques en soi. D'autres textes, moins nombreux, sont eux très marqués par une écriture très académique, très circonstanciée (n'oublions pas que Senghor, avant de siéger à l'Académie française, fut président de la République du Sénégal durant vingt ans.)
Oeuvre foisonnante, généreuse, fascinante, la poésie de Léopold Sédar Senghor est comme un fleuve au long cours qui longe les rives d'une terre somptueuse, celle de l'Afrique, et porte en lui l'histoire et la mémoire des hommes. Poésie accomplie pleine de reflets, de couleurs et de parfums. Poésie unique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          172
Aurel82
  03 juillet 2019
Un receuil magnifique ! Les mots, les sonorités sont une douceur aux oreilles. Vraiment un magicien des mots. Un très grand poète (que j'ai toujours adoré). Pour les amoureux et amateurs de poésie. Et si vous ne l'êtes pas, vous le deviendrez après avoir découvert ce chef d'oeuvre !
Commenter  J’apprécie          300
Arimbo
  03 août 2021

Senghor, qui fut le premier président de la République du Sénégal en 1960, l'ami de Georges Pompidou avec lequel il avait fait ses études supérieures, l'un des chantres de la Négritude, a lui-même rassemblé la plupart de ses poèmes dans ce recueil Oeuvre Poétique.
S'y ajoutent quelques textes qui visent à nous éclairer sur les caractères particuliers de la poésie africaine francophone, et sur sa place dans le flux poétique qui part de Hugo aux surréalistes et à Saint-John-Perse, en passant par Baudelaire et Rimbaud.
Une grande diversité de poèmes sont rassemblés, provenant, je crois, de différents recueils précédents.
Il y a entre autres des recueils contemporains de la seconde guerre mondiale rassemblés dans Chants d'Ombres et Hosties noires, des poèmes lyriques dénommés Élégies Majeures, en hommage à différents personnages contemporains, Martin Luther King, Georges Pompidou, ou mythiques, tels la Reine de Saba. Il y a des poèmes qui ont l'allure de chants destinés à être accompagnés par des instruments de musique africains. On les retrouve notamment dans Nocturnes. Il y a enfin dans Lettres d'Hivernage, des poèmes d'amour magnifiques dédiés à son épouse Colette, mes poèmes préférés.
Plusieurs traits caractérisent à mon sens cette poésie: son rythme, son lyrisme, son recours fréquent à la religion, son lyrisme, et bien entendu, sa référence aux images, aux mots de l'Afrique (explicités dans un lexique), voire enfin aux musiques africaines. Une poésie à lire à haute voix, absolument.
En conclusion, une poésie magnifique, sans doute moins novatrice que celle de Césaire, plus classique, plus construite, mais marquée, comme celle de Césaire, par la magie de cette musicalité si particulière des poèmes du monde de la « négritude ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          161
Chri
  08 septembre 2017
Des paroles pour le coeur, un plaisir à l'oreille, c'est ainsi que le poète signale son intention.
Une liste d'instruments suit le titre de chaque poème pour rappeler l'intention musicale : kôras, balafong, un solo de trompette, du tam-tam, un orchestre de jazz.
Maintenant les mots sont prêts à danser.
L'auteur expliquera plus tard ses affinités notamment avec ce qu'il appelle « la révolution de 1889 » qui correspond au livre de Henri Bergson « Les données immédiates de la conscience ». Mais si on retrouve des tonalités de Saint John Perse dans sa poésie, il faudrait plutôt chercher l'effet d'une proximité commune avec la culture africaine.
Pour Leopold Sedar Senghor, l'Afrique, c'est le sang qui coule dans ses veines. le coeur saigne lorsqu'il pense aux africains à l'état de servitude ou à la guerre comme les tirailleurs sénégalais. Alors les mots, les signes qu'il leur envoie, sont des encouragements dans les tonalités qui rappellent le pays.
De cette flore abondante, éclatent les flamboyants. de cette faune abondante, surgit le lamantin.
Dans cette nature bien ou mal intentionnée apparaissent les esprits, et au-dessus, la figure imposante de Dieu.
Il faut sortir du poto-poto (la boue). C'est l'appel suggéré à tous, blancs et noirs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          163

Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
PasoaPasoa   21 septembre 2022
TU PARLES

[...]
J'aime tes jeunes rides, ces ombres que colore d'un vieux rose
Ton sourire de Septembre, ces fleurs commissures de tes yeux de ta bouche.
Tes yeux et ton sourire, les baumes de tes mains le
velours la fourrure de ton corps
Qu'ils me charment longtemps au jardin de l'Éden
Femme ambiguë, toute fureur toute douceur.

Mais au cœur de la saison froide
Quand les courbes de ton visage plus pures se présenteront
Tes joues plus creuses, ton regard plus distant, ma Dame
Quand de sillons seront striés, comme les champs l'hiver, ta peau ton cou ton corps sous les fatigues Tes mains minces diaphanes, j'atteindrai le trésor de ma quête rythmique

Et le soleil derrière la longue nuit d'angoisse
La cascade et la même mélopée, les murmures des sources de ton âme.
[...]

(extrait de "Lettres d'hivernage") - pp. 255-256
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          211
LaliLali   22 avril 2011
To a dark girl

Tu as laissé glisser sur moi
L’amitié d’un rayon de lune.
Et tu m’as souri doucement,
Plage au matin éclose en galets blancs.
Elle règle sur mon souvenir, ta peau olive
Ou Soleil et Terre se fiancent.
Et ta démarche mélodie
Et tes finesses de bijou sénégalais,
Et ton altière majesté de pyramide,
Princesse!
Dont les yeux chantent la nostalgie
Des splendeurs du Mali sous les sables ensevelies.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          2130
LaliLali   24 avril 2011
Avant la nuit

Avant la nuit, une pensée de toi pour toi, avant que je ne tombe
Dans le filet blanc des angoisses, et la promenade aux frontières
Du rêve du désir avant le crépuscule, parmi les gazelles des sables
Pour ressusciter le poème au royaume d’Enfance.

Elles vous fixent étonnées, comme la jeune fille du Ferlo, tu te souviens
Buste peul flancs, collines plus mélodieuses que les bronzes saïtes
Et tes cheveux tressés, rythmés quand elle danse
Mais ses yeux immenses en allés, qui éclairaient ma nuit.

La lumière est-elle encore si légère en ton pays limpide
Et les femmes si belles, on dirait des images?
Si je la revoyais la jeune fille, la femme, c’est toi au soleil de Septembre
Peau d’or démarche mélodieuse, et ces yeux vastes, forteresses contre la mort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1110
LaliLali   22 avril 2011
Blues

Je suis envahi de brume
Et de solitude
Aujourd’hui,
Et je fuis.

Livre ouvert en moi.
Dans mon cerveau gris
Défilent des mots vides
Et défilent des pages, rues désertes
Sans cabarets.

Chère âme, allonge-toi sur le divan long
Et jette l’ancre,
Et laisse descendre jusqu’au fond.
Oui, jette l’ancre!
Commenter  J’apprécie          1280
coco4649coco4649   13 février 2015
NUIT BLANCHE


Voici la nuit,
Cris et colères,
La nuit
Bourreau des dormeurs éveillés,
Des martyrs brûlant sur leur lit d’idéal.
J’étouffe aux sables des problèmes mouvants,
Je délire aux générosités d’or, mirages
De palais fleuris dans les oasis vertes.
Puis rejeté dans la fournaise des angoisses,
Je sens l’odeur de ma chair qui rôtit comme un quartier de gazelle,
J’entends mes poumons se froisser au souffle desséchant du Vent d’Est.
Heureux si la fée des solutions,
À la lucidité de l’aube,
Me fait boire à sa gourde de fructueuse fatigue
Ayant séché sur mon front la sueur des cauchemars
Et me fait dormir au pied des dakhars
Sous les caresses et la brise marine
De la sérénité matinale.

p.343
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410

Videos de Léopold Sédar Senghor (190) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léopold Sédar Senghor
Extrait du recueil RÉCITATIF AU PAYS DES OMBRES de Rodney Saint-Éloi
Je marche. Je marche. le poème est un cheval fou, se rappeler, la barque est la route. L'horizon est dans le regard du promeneur. Découvrir une chose douce et amère: des îles, il faut se résigner à foutre la mer dehors afin de pouvoir marcher librement pour célébrer la terre, dans le récitatif qui offre aux mots et aux choses le contrepoint du chant: éloge et mystère. Surtout l'élégance. L'élégance sauve le poème comme le soleil l'été.
Poète, écrivain, essayiste, éditeur, né à Cavaillon (Haïti), il est l'auteur d'une quinzaine de livres de poésie, dont «Je suis la fille du baobab brûlé» (2015, finaliste au prix des Libraires, finaliste au Prix du Gouverneur général), «Jacques Roche, je t'écris cette lettre» (2013, finaliste au Prix du Gouverneur général). Il dirige plusieurs anthologies. Il a publié «Haïti Kenbe la!» en 2010 chez Michel Lafon (préface de Yasmina Khadra). Pour la scène, il a réalisé plusieurs spectacles dont «Les Bruits du monde», «les Cabarets Roumain», «Senghor, Césaire», «Frankétienne». Il est l'auteur de l'essai «Passion Haïti» (Septentrion, 2016). Lui a été décerné le prestigieux prix Charles-Biddle en 2012. Il a été reçu en 2015 à l'Académie des lettres du Québec. Il devient Compagnon de l'Ordre des Arts et des Lettres du Québec en mai 2019. Il dirige la maison d'édition Mémoire D encrier qu'il a fondée en 2003 à Montréal. «Les racistes n'ont jamais vu la mer», coécrit par Rodney Saint-Éloi et Yara El-Ghadban, paraîtra en octobre 2021.
+ Lire la suite
autres livres classés : littérature sénégalaiseVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
1045 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre