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ISBN : 2708701304
Éditeur : Editions Présence Africaine (30/11/-1)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Précédée par "Et les chiens se taisaient" (1946, " arrangé " pour le théâtre en 1956) et suivie de "Une saison au Cong"o (1967), "La tragédie du roi Christophe" constitue la pièce maîtresse de ces " tragédies de la décolonisation " écrites par Aimé Césaire pour témoigner - remarquablement - d'un acte politique majeur de notre temps.
"La tragédie du roi Christophe", est une œuvre barbare (au sens noble du terme) lyrique et nécessaire. Affirmant que la politiqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
PiertyM
  10 octobre 2013
Une saga dramatique sur la révolution haïtienne et de la vie après révolution.
Dans les premiers moments du texte, un hommage est rendu aux grandes figures de la révolution haïtienne Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines. Ensuite Aimé Césaire nous illustre la vie déjà gangrenée de l'après révolution. On découvre que les même acteurs qui ont chassés les tyrans de la colonisation avec toute leur tyrannie n'ont fait qu'hériter de cette nature purement inhumaine. Les révolutionnaires se métamorphosent peu à peu à des tyrans. Des tyrans dont la tyrannie est bien plus exigeante que celle des premiers bourreaux.
Mon premier contact avec ce texte s'est fait par un merveilleux spectacle joué par un mélange de comédiens africains et européens. J'en ai eu la chair de poule. J'ai beaucoup été fascinée par le rôle du roi Christophe tel qu'il a été rendu.
Un texte d'une sévérité où se dégage la profondeur de son auteur Aimé Césaire. N'empêche qu'on y retrouve de l'humour à côté des tensions dramatiques.... Un chef d'oeuvre!!!
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AMR
  20 mai 2019
Parfois, j'aime à me replonger dans d'anciennes notes de lecture ou d'étude et reprendre des livres un peu oubliés sur mes étagères.
Aimé Césaire est un auteur que j'admire profondément… La Tragédie du roi Christophe, pièce commencée en 1959, souvent remanié par la suite, est le volet antillais du triptyque formé avec Une saison au Congo (volet africain) et Une Tempête (volet américain) …
Quel plaisir de retrouver mes annotations et mes post-it au gré des pages !
Cette pièce est le fruit d'une intense collaboration entre Aimé Césaire et le metteur en scène Jean-Marie Serreau. Elle est basée sur un sujet historique, la période du règne du roi Henri Christophe, dit Henri 1er, ancien esclave devenu lieutenant de Toussaint Louverture, puis premier chef d'État noir après l'indépendance d'Haïti. Il s'agit pour Aimé Césaire de créer une oeuvre à la portée du peuple antillais ; Haïti est la première république noire peuplée exclusivement d'anciens esclaves venus d'Afrique.
Le prologue se veut didactique, plante le décor et présente les personnages principaux : le roi Christophe et le président Pétion. En effet, deux hommes vont s'affronter et, avec eux, deux idéologies dans la difficile entreprise de faire naître une véritable nation indépendante et souveraine.
La pièce va prendre ensuite une dimension plus universelle, stigmatiser toutes les divisions qui ont marqué les luttes d'indépendance dans les Caraïbes et partout dans le monde.
Cette tragédie de la décolonisation est un subtil mélange d'influences littéraires dans le texte et de sens du spectacle africain dans les chants, les danses et les costumes, la mise en valeur de la beauté de la culture créole.
Personnellement, je retrouve une intertextualité shakespearienne avec le Roi Lear, Hamlet et Macbeth. Je pense, par exemple, aux relations du roi Christophe avec son bouffon, à la référence implicite au royaume pourri, à la scène des fossoyeurs ou encore à l'apparition du spectre…
Le style est flamboyant, savant mélange d'oralité populaire et de poésie épique et guerrière. Césaire passe volontiers d'un registre élevé à un langage très familier, de descriptions très terre-à-terre à de belles envolées lyriques ; il prend des libertés avec les canons de la poésie classique et se les réapproprie.
Les didascalies savoureuses, les joutes verbales, les métadiscours alambiqués, les métaphores, les parodies du protocole royal et de la monarchie française ou encore du sacre de Napoléon 1er, les moments spectaculaires et carnavalesques, la cérémonie vaudou, les exhortations lyrique au peuple haïtien, le rappel du berceau ancestral africain… tout concourt à l'efficacité de la pièce. Les intermèdes soulignent l'échec politique du roi, les effets pervers de son rêve utopiste et les souffrances infligées au peuple. Les allusions à Duvalier et le dénouement colle à la vérité historique.
Parfois, le jeu plus distancié des acteurs permet au public ou au lecteur d'approfondir la réflexion et de prendre un peu de recul.
Je salue la dimension humaine et l'inspiration personnelle de la pièce…
Le père d'Aimé Césaire était intendant dans une plantation sucrière ; dès l'enfance, il a compris la dure condition des noirs dans les plantations de canne à sucre. L'intermède entre le 2ème et le 3ème acte qui met en scène des paysans au travail est un rappel direct des réalités de la plantation.
Il existe également un parallèle entre les fonctions de maire de Fort de France exercées par Césaire et le personnage de Christophe : tous deux doivent mettre toute une population au travail et relever un énorme défi.
Alors que Césaire encourage la Martinique à construire sa propre autonomie, Christophe est confronté à une tâche impossible à réaliser, tiraillé entre ses aspirations profondes et ses actions complètement décalées, en rupture avec son peuple. Il a une véritable dimension de héros tragique, impuissant à gouverner, ratant même sa fin.
Je suis particulièrement sensible à l'opposition entre Madame Christophe et son mari ; elle est la seule à prendre la mesure de son échec et à l'avertir sous forme de prières et de litanies. Face à elle, il illustre la posture fatale et pathétique du « nègre » qui cherche à s'élever par tous les moyens au niveau de l'homme blanc.
La Tragédie du roi Christophe mêle avec brio le tragique et le grotesque.
Il ne faut pas perdre de vue son but politique, critique et didactique.
J'ai pris un réel plaisir à me replonger dans ce théâtre militant et engagé.
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DenisMarquis
  03 novembre 2016
Intéressant. N'étant ni connaisseur, ni amateur de tragédies, ni même de pièces de théâtre, j'en lis tout de même, une ou deux par année et avec le temps ça me fait une petite connaissance de la chose dans l'ensemble. J'aime bien cette démonstration du colonisé qui passe au statue de Roi et devient lui-même dictateur sous de vertueux principes. La démonstration est réussie, l'auteur fait ici une exposition magistrale de l'évolution ou du passage d'un esclave à un roi-dictateur. Cela est simplement et brillamment démontré. C'est une percée, pour moi, dans la littérature haïtienne, dans la culture qui m'intéresse.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
mathieuplmathieupl   30 novembre 2010
Je demande trop aux hommes! Mais pas assez aux nègres, Madame! S’il y a une chose qui, autant que les propos des esclavagistes, m’irrite, c’est d’entendre nos philanthropes clamer, dans le meilleur esprit sans doute, que tous les hommes sont des hommes et qu’il n’y a ni Blancs ni Noirs. C’est penser à son aise, et hors du monde, Madame. Tous les hommes ont mêmes droits. J’y souscris. Mais du commun lot, il en est qui ont plus de devoirs que d’autres. Là est l’inégalité. Une inégalité de sommations, comprenez-vous ? A qui fera-t-on croire que tous les hommes, je dis tous, sans privilège, sans particulière exonération, ont connu la déportation, la traite, l’esclavage, le collectif ravalement à la bête, le total outrage, la vaste insulte, que tous, ils ont reçu plaqué sur le corps, au visage, l’omni-niant crachat! Nous seuls, Madame, vous m’entendez, nous seuls, les nègres! Alors, au fond de la fosse! C’est bien ainsi que je l’entends. Au plus bas de la fosse. C’est là que nous crions; de là que nous aspirons à l’air, à la lumière, au soleil. Et si nous voulons remonter, voyez comme s’imposent à nous, le pied qui s’arcboute, le muscle qui se tend, les dents qui se serrent, la tête, oh! la tête large et froide! Et voilà pourquoi il faut en demander aux nègres plus qu’aux autres : plus de travail, plus de foi, plus d’enthousiasme, un pas, un autre pas, encore un autre pas et tenir gagné chaque pas! C’est d’une remontée jamais vue que je parle, Messieurs, et malheur à celui dont le pied flanche!
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KanelbulleKanelbulle   08 août 2012
Il est temps de mettre à la raison ces nègres qui croient que la Révolution ça consiste à prendre la place des Blancs et continuer, en lieu et place, je veux dire sur le dos des nègres, à faire le Blanc.
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KanelbulleKanelbulle   08 août 2012
Que disent les Blancs de France ? Que Pétion et Christophe sont deux faibles. Les Français, voyez-vous, n'ont pas de respect pour les républiques. Napoléon l'a bien montré ! Et qu'est-ce Haïti ! Même pas une, mais deux ! Deux républiques, Monsieur.
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lanardlanard   26 juin 2014
Christophe: [...] Il en a de bonnes! Être prudent! Semer, me dit-il, les graines de la civilisation. Oui, Malheureusement, ça pousse lentement, tonnerre! Laissez le temps au temps...
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KanelbulleKanelbulle   08 août 2012
Un, deux, trois, quatre,
Une bouteille de clairin
Pour les échevins
Du chocolat
Pour le Conseil d’État
Pour les paysans du manioc
Pour le roi un maldioque.
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Videos de Aimé Césaire (100) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aimé Césaire
Ce grand entretien a eu lieu le 2 juin 2019 au Mucem dans le cadre de la 3e édition du festival Oh les beaux jours !. http://ohlesbeauxjours.fr
?? Maryse Condé avec ses invités, Richard Philcox et Françoise Semiramoth. Entretien animé par Valérie Marin La Meslée (Le Point). Lecture par Eva Doumbia.
Originaire de Guadeloupe, Maryse Condé est l?auteure d?une ?uvre considérable, traduite en plusieurs langues, étudiée dans le monde entier. On ne compte plus les récompenses qu?elle s?est vu décerner internationalement, jusqu?à celle, récente, qui couronne presque 50 ans d?écriture : le prix de la Nouvelle Académie de littérature (qui a remplacé en 2018 le Nobel de littérature). le jury de ce Prix a salué dans son ?uvre « les ravages du colonialisme et le chaos post-colonial dans une langue à la fois précise et bouleversante. » Journaliste, dramaturge, auteure pour la jeunesse, essayiste et romancière, elle a également été professeure émérite à l?université de Columbia, aux États-Unis, où elle a fondé le Centre d?études françaises et francophones. L??uvre de Maryse Condé embrasse trois continents, l?Amérique, l?Afrique et l?Europe, liés à son parcours et à ses engagements. Née en 1937 à Pointe-à-Pitre, d?un père banquier et d?une mère institutrice, la future romancière confesse avoir grandi dans un milieu protégé, loin des questions qui parcourent sa littérature, et n?avoir pris conscience de la couleur de sa peau qu?en arrivant en France, à l?âge de 16 ans. Sa lecture d?Aimé Césaire la conduit à remonter le fil de l?histoire de l?esclavage et cette quête identitaire la mène en Afrique de l?Ouest. de cette expérience, elle tirera Ségou, roman historique en deux volumes qui la fait entrer dans le paysage littéraire. Vont suivre de nombreux romans où elle met souvent en scène des femmes maltraitées par l?histoire, qui tentent de conquérir leur liberté (Moi, Tituba sorcière noire de Salem ; Victoire, les saveurs et les mots, où elle rend hommage à sa grand-mère ; Desirada?). Elle aborde aussi la question des classes sociales à travers la saga d?une grande famille caribéenne (La Vie scélérate, Prix de l?Académie française en 1988), se raconte elle-même dans une très belle autobiographie (La Vie sans fards), met fin à ce qu?elle nomme « le mythe de la négritude » dans le Fabuleux et Triste Destin d?Ivan et Ivana, son dernier roman inspiré de l?attentat terroriste d?Amedy Coulibaly en 2015.
Au Mucem, nous retracerons avec elle son parcours. Elle partagera la scène avec des complices artistiques qui feront entendre ses textes ; évoquera ses engagements et un projet avec de jeunes Marseillaises de la Busserine autour de son roman pour la jeunesse Chiens fous dans la brousse ; reviendra sur la question de la représentation des noirs, notamment dans les musées? Mais on ne vous dit pas tout, seulement que la présence de la grande Maryse Condé est exceptionnelle !
?? À lire : La Vie sans fards, JC Lattès, 2012 Le Fabuleux et Triste Destin d?Ivan et Ivana, JC Lattès, 2017.
?? En coréalisation avec le Mucem.
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