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EAN : 9782368902554
358 pages
Le Passeur (29/01/2015)
3.62/5   26 notes
Résumé :
S'initier à la philosophie de Platon en écoutant Serge Gainsbourg ou à celle de Heidegger avec les chansons de Souchon ? Jean-Jacques Goldman, Eminem et Mylène Farmer en maîtres de philosophie ? Est-ce si surprenant ? Les paroles de leurs chansons ne diffusent-elles pas, en nous, une philosophie implicite qui en fait d'excellents médiateurs vers les plus grands textes classiques ?
Tel est le pari de cet essai stimulant : débusquer la philosophie à l'?uvre dan... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Génial, cette idée : Qu'écouteraient Nietzsche, Heidegger, Freud ou Platon, aonsi que d'autres philosophes s ‘ils devaient écouter de la musique contemporaine ?

Défendant la musique de variété, Marianne Chaillan pioche les paroles de certains et les rapproche de la philosophie. Bien sûr, dit elle, Stromae n'est pas Heidegger, et Goldman n'est pas Hegel, mais ils ne prétendent pas l'être, leurs chansons ne sont pas des traités de philosophie. Et pourtant, ils réussissent sans doute mieux que les deux H. Ce livre étant très dense, je vais citer seulement quelques extraits, malheureusement.

Prenons Nietzche . Il écoutait Wagner, il écouterait aujourd'hui Jennifer : « ce qui ne me tue pas me rend forte », célèbre maxime du Crépuscule des idoles. Car pour le philosophe les faibles inondent les forts de leur ressentiment, sachant que ces notions faibles/forts ne recouvrent absolument pas un jugement moral ou religieux, mais la force de vie, le désir vital de célébrer la joie, alors qu'il a payé cher en restant seul et en défendant sa pensée iconoclaste.

Nietzche écouterait donc Stromae, « faire la fête et que l'on vous fasse la fête, » par un renversement des valeurs tout à fait nietzschéen.

Seul l'homme construit accepte son destin » l'amor fati » qui rend possible l'éternel retour. Comme dit Maurane : « peines, peines, je vous prends cent fois, si l'on me comble ce vide-là de joie, des mille et des millions de fois. » On peut avoir connu des deuils et des ruptures, des pertes tragiques, accepterions nous de revivre pareil ? Oui, si nous avons aussi accumulé les joies. C'est ça être fort.

Nietzche écouterait aussi Eddy Mitchell, « Pas de boogie -woogie avant vos prières du soir » : rien n'interdit de danser après les prières. le curé interdit sur un air de danse, c'est drôle, exactement comme Nietzche prônait le renversement positif des valeurs.

Prenons Freud : la chanson « Lemon incest » de Serge Gainsbourg, faisant chanter à sa fille, » je t'aime , je t'aime plus que tout, Papa, papa » a pas mal choqué. Il ne dit pourtant pas autre chose que Freud, avec son complexe d'Oedipe, dans ce cas complexe d'Electre, ayant tué sa mère meurtrière de son père Agamemnon, père qu'elle aimait comme Charlotte aime son père, et comme toutes les petites filles aiment le leur. Ce désir infantile, dit Freud, n'est pas du tout choquant, car plus tard se dresse pour le repousser la barrière de l'inceste. Gainsbourg le dit : « l'amour que nous ne ferons jamais ensemble ». Et Freud le disait : Contre l'inceste ou la pédophilie, la barrière de l'interdit aide le petit à refouler ses désirs partiels, et l'éducateur a de sérieux devoirs en ce sens. C'est l'adulte qui doit s'interdire et permet ainsi à l'enfant de devenir adulte.

Prenons Kant: Jacques Dutronc dans : « fais pas ci, fais pas ça », énonce que la morale est une contrainte venant de l'extérieur. Bergson dit de même : le « tu dois » vient de l'extérieur. S'il n'y avait pas d'interdit, nous ne serions peut être pas si moraux que ça.

Pour Kant, au contraire, la morale est intérieure à chaque être humain ; il n'écouterait sans doute pas les chansons de Dutronc, ni ne suivrait les conseils que Goldman donne à une femme adultère : « Ne lui dis pas ». le mensonge, même par omission ne peut devenir un mot d'ordre, ou une valeur, pour tous, de façon universelle. Car si tout le monde ment à son conjoint, la suspicion remplacerait l'amour.

Alors, après avoir cité quelques exemples de ce livre écrit en 2015, j'ajoute : celui ou celle qui considèrent que, s'ils sortent en temps de confinement, le monde ne va pas s'écrouler, méconnaissent totalement ce que dirait Kant sur le sujet : l'impératif moral est universel, et si chacun se donnait le droit individuel de l'enfreindre, tout le monde pourrait le faire. Et à la fois, pourquoi pas ?

Restons confinés. Et lisons, tiens, la philosophie et Marianne Chaillan qui nous la rend musicale et compréhensible.

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Alors que la variété française est considérée comme une sous culture, l'auteur nous propose de nous initier à la philosophie en utilisant les paroles de chansons à succès.

Goldman, Stromae ou encore Saez seront convoqués afin de déterminer des failles et des lignes qui dessineront progressivement de véritables philosophies.

Afin de nous initier à la richesse des musiques populaires, l'auteur propose plusieurs entrées.

Tout d'abord, il nous propose de comprendre les grands philosophes à partir d'une playlist : Nietzsche, Freud ou encore Levinas seront analysés à partir de chansons françaises. Et cela fonctionne ! Paroles à l'appui, la logique de chaque penseur prend vie.

A l'inverse, l'auteur choisit parfois de partir à la rencontre de bibliothèque imaginée et donc de la pensée d'un chanteur comme c'est le cas pour Goldman ou Stromae.

Marianne Chaillan, afin de varier l'exercice, intercale des chapitres où elle propose de faire le tour d'une thématique comme le bonheur ou la morale à partir d'une liste de chansons.

Enfin, elle propose avec la playlist mystère de découvrir le philosophe qui se cache derrière une playlist.

Il y a beaucoup de plaisir pour le lecteur de retrouver des chansons connues et de se voir expliquer leur doctrine souterraine. L'exercice était périlleux et l'ouvrage se révèle une mine pour les lecteurs de tout âge. Un manuel instructif et à la portée de tous pour mieux vivre !

A lire !


Lien : http://www.nouveautes-jeunes..
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Alors que la variété française est considérée comme une sous culture, l'auteur nous propose de nous initier à la philosophie en utilisant les paroles de chansons à succès.

Goldman, Stromae ou encore Saez seront convoqués afin de déterminer des failles et des lignes qui dessineront progressivement de véritables philosophies.

Afin de nous initier à la richesse des musiques populaires, l'auteur propose plusieurs entrées.

Tout d'abord, il nous propose de comprendre les grands philosophes à partir d'une playlist : Nietzsche, Freud ou encore Levinas seront analysés à partir de chansons françaises. Et cela fonctionne ! Paroles à l'appui, la logique de chaque penseur prend vie.

A l'inverse, l'auteur choisit parfois de partir à la rencontre de bibliothèque imaginée et donc de la pensée d'un chanteur comme c'est le cas pour Goldman ou Stromae.

Marianne Chaillan, afin de varier l'exercice, intercale des chapitres où elle propose de faire le tour d'une thématique comme le bonheur ou la morale à partir d'une liste de chansons.

Enfin, elle propose avec la playlist mystère de découvrir le philosophe qui se cache derrière une playlist.

Il y a beaucoup de plaisir pour le lecteur de retrouver des chansons connues et de se voir expliquer leur doctrine souterraine. L'exercice était périlleux et l'ouvrage se révèle une mine pour les lecteurs de tout âge. Un manuel instructif et à la portée de tous pour mieux vivre !

A lire !


Lien : http://www.nouveautes-jeunes..
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Voilà un projet assez risqué sur le papier, celui de mélanger philosophie et musique, en 'associant la philosophie des chansons de Goldman, Zaz ou Souchon, avec celle de platon,Heidegger et cie. Dans cet essai philosophique, mais accessible à tout le monde, Platon et Balavoine font cause commune et Stromae au philosophe Schopenhauer?

Le livre parvient ainsi à démontrer que l'on peut philosopher en chantant ou, plutôt, qu'écouter sa radio, c'est déjà philosopher!

Pour transformer ce pari, le livre propose une drôle d'expérience de pensée et imagine que les philosophes ont connu l'ère des MP3 et des iPod. On entre alors dans leur playlist et l'on voyage dans leur philosophie. Alors que la variété française est souvent considérée comme une sous culture (même Gainsbourg disait que c'était un art mineur), Marianne Chaillan revient sur cet a priori, pour mon plus grand plaisir et nous propose de nous initier à la philosophie en utilisant les paroles de chansons à succès. Ainsi Freud et Levinas sont analysés à partir d'une grille de chansons françaises. Et cela fonctionne ! Paroles à l'appui, la logique de chaque penseur prend vie.

A l'inverse, l'auteur choisit parfois de partir à la rencontre de bibliothèque imaginée et donc de la pensée d'un chanteur comme c'est le cas pour Goldman ou Stromae.

Un pari audacieux et incongru, mais largement convaincant au vu du résultat.


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Le pari de cet essai est de réconcilier la population avec la chanson de variété.

Quant à ce pari, il me semble que la part du contrat est remplie.

L'auteure présente son essai en se demandant quelles sont les chansons qui peuvent rejoindre les théories de tel ou tel philosophe.

Ensuite, elle relève le défi en sens inverse et se demande quels sont les philosophes qui pourraient se trouver dans la bibliothèque de tel ou tel artiste.

Enfin, face aux grandes préoccupations de l'humanité telles que la place de la foi ou encore le bonheur ou l'éthique, elle "réunit" l'artiste et le philosophe qui partagent les mêmes idées.

J'ai trouvé l'idée de cet essai séduisante car, en effet, il y a des chansons que je n'écoutais que pour la musique, sans faire attention aux paroles et qui, aujourd'hui, m'interpellent.

De même, je pense que je serai plus attentive sur différentes chansons, même celles qui ne sont pas mentionnées dans le livre, afin de tenter d'en décrypter le message caché.

Le pari de l'auteure n'était pas, en tout cas elle ne le présente pas ainsi, de vulgariser la philosophie et, personnellement, c'est ce que je reproche à cet essai. Pour un lecteur lambda, il me semble que certains aspects de la philosophie ne sont pas suffisamment vulgarisés.

Cela rend la lecture parfois fastidieuse.

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critiques presse (1)
Lexpress
27 mai 2015
Un beau défi.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (3) Ajouter une citation

Qui aurait pensé s'initier à la philosophie de Platon en écoutant Balavoine ou à celle d'Heidegger en chantant Alain Souchon ? Qui aurait associé Christophe Maé à Lucrèce et Stromae au philosophe janséniste Pascal ? Qui aurait pensé que Goldman nous invite à questionner les conditions du travail comme source d'accomplissement de l'homme ?

Tel est pourtant le pari de cet ouvrage : montrer que, de Chérie FM à Skyrock en passant par Nostalgie ou Virgin radio, la musique que nous écoutons nous fait entrer, sans que nous nous en rendions compte, en terre philosophique.

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Je me demande comment certains intellectuels peuvent juger avec autant de mépris des chanteurs qui, quoi qu'on en pense, ont aidé tant de gens à vivre.

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Aimer la chanson de variétés semble bel et bien constituer

un signe extérieur d'affliction culturelle.

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Videos de Marianne Chaillan (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marianne Chaillan
Philosophe et professeur de philosophie à Marseille, Marianne Chaillan est l'autrice de plusieurs ouvrages sur ce que l'on appelle la culture pop, notamment Harry Potter ou Game of Thrones, vus par les grands philosophes. Aujourd'hui, elle publie "Où donc est le bonheur", aux éditions Équateurs.

Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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