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ISBN : 2234078199
Éditeur : Stock (22/08/2018)

Note moyenne : 3.05/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Le 24 mars 1941, le Capitaine-Paul-Lemerle quitte le port de Marseille, avec à son bord les réprouvés de la France de Vichy et d’une Europe en feu, les immigrés de l’Est et républicains espagnols en exil, les juifs et apatrides, les écrivains surréalistes et artistes décadents, les savants et affairistes. Temps du roman où l’on croise le long des côtes de la Méditerranée, puis de la haute mer, jusqu’en Martinique, André Breton et Claude Lévi-Strauss dialoguant, Anna... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  13 août 2018
Un livre de la rentrée littéraire 2018 :
S' il existe des livres difficiles à chroniquer, il y en a un qui vient en tête pour ma part, c'est « Capitaine » d'Adrien Bosc (un écrivain né à Avignon).
J'ai pu le lire grâce à ma librairie (encore une fois). Il m'avait attirée car j'en avais entendu du bien et la quatrième de couverture était assez tentante avec cette histoire d'un bateau quittant le port de Marseille, le 24 mars 1941, emmenant comme passagers, des rescapés de l'Europe à feu et à sang, des « réprouvés de Vichy », des personnages importants et célèbres, des écrivains, des peintres, des inconnus...
Le livre est composé ainsi :
* Première partie : Pôvre merle.
* Deuxième partie : Serpents et échelles.
* Troisième partie : Il y a des vaches en Amérique ?
* Épilogue : La leçon de la licorne.
Le voyage commence donc par le hangar n° 7 du port de Marseille, avec une description de Simone Weil :
« Sous une pèlerine noire épaisse, elle s'avançait dans l'obscurité et offrait un visage fatigué, un peu fou. (…) A trente-deux ans, Simone Weil était cette ombre portée sous le soleil du port, son frère avait quitté la ville en janvier par l'un de ces bateaux. Elle vivait seule, partageant son temps entre l'étude de l'occitan et une lecture de l'Iliade au prisme de la guerre. » (p.25).
« Ce 24 mars, Simone Weil ne partait pas. Elle observait depuis neuf heures, à l'extérieur du cap de la Pinède, au niveau du hangar n° 7, des centaines d'hommes et de femmes, sans distinction de classes, le long des grilles face à la proue rouillée d'un cargo. » (p.27).
Continuation vers Majorque à bord de ce Capitaine Paul-Lemerle, surnommé aussi « Pôvre merle » (p.38). On arrive à Oran où l'on rencontre Albert Camus qui s'ennuie. Puis on passe par Gibraltar … et là, je ne vais pas continuer à détailler le périple. le principal étant de savoir que le but final est New York.
Sur ce bateau, se trouvent aussi des immigrés des pays de l'Est, des Juifs, des Espagnols toute une panoplie de personnages plus que décrits, une foule de détails, ainsi que pour les faits historiques avec la narration de faits réels et de dates très précises.
Quelques pages assez « spéciales » des pages 137 à 142 : « Notes sur les rapports de l'oeuvre d'art et du document écrite et remise à André Breton à bord du Capitaine Paul-Lemerle. »
J'aimerais bien désigner quelques uns des personnages célèbres sur ce Capitaine Paul-Lemerle : André Breton, Anna Senghers, Wifredo Lam, Claude Lévi-Strauss... On évoque aussi Picasso,
Pour parler de cette traversée, je peux dire qu'en arrivant aux côtes sahariennes : « Le bateau longeait les rives de l'Atlas. Si l'on devait chercher un monde nouveau, on accosterait ici, persuadé d'avoir posé un pied sur Mars, perdu dans un mirage. » (p.143).
Mais on se retrouve tout de même en pleine mer avec des passagers, chacun imaginant son voyage selon son désir ou plutôt en suivant son imagination : y a-t-il un espion sur ce bateau ? « La façon de naviguer en eaux troubles » est-elle normale ?
On affronte une tempête avec des officiers qui « ricanaient de la panique générale. Après la ligne, prévenait l'un d'eux, arrêtés au Pot au noir, une ceinture de bonaces au calme effrayant (…) un espace clos et non plus au large, on oublierait le temps. » (p.157/158).
Je vais seulement rajouter que la destination finale étant New York, il va falloir réussir à passer le service d'immigration. Réussir pour certains mais pas pour d'autres qui vont se retrouver confinés à Ellis Island.
Ma conclusion, car il y aurait beaucoup trop à dire, est que l'auteur nous inonde de trop nombreuses descriptions, du moins à mon avis. C'est dommage car le sujet est intéressant mais on finit par divaguer.
Alors, je me suis bien accrochée au bastingage pour ne pas me laisser engloutir par ces flots de détails. Heureusement que je n'ai pas eu le mal de mer, juste un peu le « tournis » arrivée à la fin de l'ouvrage.
Je me dis aussi que si ce livre a passé le cap du choix de figurer dans la prochaine rentrée littéraire 2018, j'ai peut-être raté quelque chose mais le principal a été de garder le pied marin et je suis rentrée à bon port. Mon ressenti est donc bien mitigé.
J'ai oublié de noter, au début de ma chronique, qu'en voyant ce livre, j'avais tout de suite pensé au poème de Walt Whitman : « Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! » commençant ainsi :
"Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre effroyable voyage est terminé
Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense recherchée est gagnée
Le port est proche, j'entends les cloches, la foule qui exulte,
Pendant que les yeux suivent la quille franche, le vaisseau lugubre et audacieux... »
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tynn
  12 juillet 2018
Une chance d'avoir découvert ce livre par Netgalley et un regret d'être passée à côté.
Printemps 1941: Adrien Bosc s'approprie en romancier l'étrange croisière transatlantique d'un rafiot épuisé, arche de Noé improbable de candidats à l'émigration devant la vague nazie.
Melting-pot de nationalités, le Capitaine-Paul-Lemerle transporte bon nombre de VIP intellectuels, artistes ou bourgeois nantis, opposés au régime de Vichy, côtoyant au plus serré des émigrés politiques, apatrides, réfugiés espagnols, juifs allemands ...
L'occasion pour l'auteur de faire une radioscopie d'une époque par les parcours individuels, s'appuyant sur du courrier, des notes et journaux personnels. le décor est savoureux, reconstituant une mini société dans un espace restreint, faite de miséreux et de privilégiés en dépit des conditions d'hébergement sommaires, identiques pour tous.
Le fil rouge partant de cette photographie de « une » est insolite mais je me suis vite lassée de l'accumulation de fiches d'identification des personnages réels, façon Wikipédia. L'auteur y met un beau talent de documentaliste mais n'empêche pas le récit de s'encalminer faute de vent.
Quand l'ennui pointe, on s'interroge. J'avais un intérêt curieux pour tous ces destins trimballés au gré du vent de la chance ou des opportunités, persévérants par nécessité vitale. Un certain désir aussi de me projeter en empathie pour des temps difficiles. Mais la narration m'a noyée par un trop plein de références, une écriture trop travaillée, et une mise en page étouffante.
Plouf ! Une lectrice à la mer ! ;-)

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KateMoore
  21 août 2018
En mars 1941, le capitainePaul Lemerle quitte le port de Marseille pour un voyage mouvementé. Il s'achèvera en juin de la même année. Il a à son bord des personnes de tout horizon, fuyant ce qui deviendra la deuxième guerre mondiale.
Des drames se jouent pour pouvoir accéder au bateau et avoir le tampon « VU A L'EMBARQUEMENT ». Certains n'auront pas la chance de monter à bord et de faire le voyage, comme les Espagnols, partant majoritairement pour le Mexique.
« les formalités avaient traîné en longueur, ça s'était agité en tout sens, le ton était vite monté, des cris et puis l'on avait compris : seuls les femmes, les vieux et les enfants seraient autorisés à embarquer, les hommes espagnols valides resteraient à quai. Ordre de la préfecture. Dans un souci de coopération et après la visite de Franco en février 41, un décret passé en catimini interdisait aux ressortissants espagnols adultes de sexe masculin de moins de quarante-huit ans de quitter le territoire, ainsi qu'aux émigrés « dangereux » et « possibles activistes antiallemands. » » (page 52).
Leurs destinations finales sont les Etats-Unis, l'Amérique latine ou le Mexique.
Ils vont être obligés de faire une escale en Martinique où ils apprendront ce que signifient d'être des pestiférés.
Certains auront la chance de rencontrer le couple Suzanne et Aimé Césaire luttant avec leurs armes : l'écriture. Ils rédigent et publient une revue « Tropiques » avec quelques autres.
Extrait de cette revue :
« Où que nous regardions l'ombre gagne. L'un après l'autre, les foyers s'éteignent. le cercle d'ombre se resserre, parmi des cris d'hommes et des hurlements de fauves. Pourtant nous sommes de ceux qui disent non à l'ombre. Nous savons que le salut du monde dépend de nous aussi. Que la terre a besoin de n'importe lesquels d'entre ses fils. Les plus humbles. » (page 242).
Sur ce bateau, se côtoient donc des réprouvés de la France de Vichy, des immigrés de l'Est, des juifs, des apatrides ; des anonymes ou des destins illustres. Des écrivains comme André Breton et Anna Seghers, l'explorateur Claude Levi-Strauss, le communiste Victor Serge, le peintre Cubain Wilfredo Lam, la photographe allemande Germaine Krull
« Nous disons que l'Atlantique est pour notre civilisation ce qu'était la Méditerranée pour le monde antique, une mer intérieure. » (Victor Serge, Carnets - page 23).
« Continuer à avancer de la seule manière valable qui soit : à travers les flammes. » (André Breton, Martinique, charmeuse de serpents - page 193).
Adrien Bosc dans « Capitaine » fait vivre aux lecteurs cette traversée avec moult détails du quotidien. Comment chacun essaie de vivre le mieux possible ce voyage.
« Les voyageurs ont tôt fait de comprendre le surnom du navire : Pôvre merle,….Hormis les cabines des membres de l'équipage, au nombre de quatre, les deux cent cinquante passagers découvraient stupéfiés des dortoirs aménagés au fond des deux cales. Une centaine de lits superposés construits à la va-vite par les ouvriers de la compagnie, …. C'était une cabane de bric et de broc, un enchevêtrement de couchettes de paille tassée, en seconde comme en première, d'ailleurs de classes il n'existait plus. » (pages 38-39).
« Capitaine » est à la fois un reportage et de la littérature, du documentaire et de la fiction.
C'est tout un pan de notre histoire méconnue qu'Adrien Bosc nous fait revivre. Il nous renvoie à notre propre réalité d'aujourd'hui. Les guerres, les génocides… sont toujours d'actualité. Et plus près de nous, géographiquement, le drame des migrants nous rappelle la douleur de partir, d'être considéré comme de la « viande », bonne à monnayer ou à exploiter. Ces migrants risquent, aussi, leur vie en traversant cette fois-ci la mer Méditerranée. L'ailleurs sera toujours mieux que ce que l'on quitte, même au péril de sa vie.
« Articuler historiquement le passé ne signifie pas le connaître « tel qu'il a été effectivement », mais bien plutôt devenir maître d'un souvenir tel qu'il brille à l'instant d'un péril. » (Walter Benjamin, Thèses sur la philosophie de l'histoire - page 11).
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LettresItBe
  20 août 2018
Après avoir scruté les infimes causalités qui créent les grands drames dans son premier roman Constellation paru aux éditions Stock en 2014 et accueilli de façon très positive par la critique et les lecteurs de l'Hexagone (Prix de la Vocation et Grand prix du roman de l'Académie Français la même année), Adrien Bosc revient pour la rentrée littéraire de septembre 2018 avec Capitaine. Une nouvelle histoire de voyage, une nouvelle petite page de la grande Histoire mise en lumière à la suite d'une enquête minutieuse. Embarquez, sans attendre, sur le CapitainePaul-Lemerle
# La bande-annonce
Le 24 mars 1941, le Capitaine-Paul-Lemerle quitte le port de Marseille, avec à son bord les réprouvés de la France de Vichy et d'une Europe en feu, les immigrés de l'Est et républicains espagnols en exil, les juifs et apatrides, les écrivains surréalistes et artistes décadents, les savants et affairistes. Temps du roman où l'on croise le long des côtes de la Méditerranée, puis de la haute mer, jusqu'en Martinique, André Breton et Claude Lévi-Strauss dialoguant, Anna Seghers, son manuscrit et ses enfants, Victor Serge, son fils et ses révolutions, Wifredo Lam, sa peinture, et tant d'inconnus, tant de trajectoires croisées, jetés là par les aléas de l'agonie et du hasard, de l'ombre à la lumière. Ce qu'Adrien Bosc ressuscite c'est un temps d'hier qui ressemble aussi à notre aujourd'hui. Un souvenir tel qu'il brille à l'instant d'un péril.
# L'avis de Lettres it be
Fondateur des Editions du sous-sol aujourd'hui éditeur au Seuil, l'avignonnais Adrien Bosc revient dans les étagères de nos librairies sans rien oublier de ses premières amours. Dans son premier roman Constellation, voilà que notre homme décortiquait les raisons connues et imaginables qui avait pu causer le crash de l'avion Constellation au beau milieu de l'île Santa Maria, dans l'archipel des Açores, le 28 octobre 1949. A son bord, 37 passagers dont un certain Marcel Cerdan… Qu'est-ce qui peut bien séparer un voyage vers là-bas d'un voyage vers l'au-delà, c'est assurément l'une des questions marquantes posées par ce roman remarqué par la critique et salué par plusieurs prix comme dit précédemment.
Avec Capitaine, Adrien Bosc prolonge sa réflexion sur le voyage, sur tous ces détails qui à bord d'un avion ou d'un bateau nous séparent et nous éloignent d'un avenir possible. Cette fois, nous sommes le 24 mars 1941 et l'auteur embarque ses lecteurs sur le navire CapitainePaul-Lemerle, au côté de tous ces gens qui fuient l'Europe en proie aux flammes. Mais, parce que l'Histoire ne retient que trop les grands noms, cette traversée n'est peut-être pas un voyage quelconque : à bord de ce bateau, des immigrés de l'Est et des rejetés de Vichy certes, mais aussi des écrivains surréalistes, nombre d'intellectuels et d'artistes en tous genres en quête de l'ailleurs. Toute une foule compacte qui traversera une grande partie du globe, semant lettres, souvenirs et traces écrites derrière elle, autant de matière donnée à Adrien Bosc pour permettre de faire vivre un livre.
L'enquête est pointue, le travail de recherche palpable. Comme dans son premier ouvrage, Adrien Bosc propose un travail dense autour de ces grandes femmes et ces grands hommes qui ont fait l'Histoire dans leur domaine respectif, avec, pour certains, comme seul point de convergence cette désormais fameuse traversée. Claude Lévi-Strauss, André Breton, Anna Seghers, Victor Serge… Ils s'animent et dansent au gré d'une plume assurée, dans les méandres d'un monde entier au bord de la falaise. Tous les regrets rencontrés dans Une vie meilleure de Rachel Rhys, un roman similaire paru chez Denoël il y a quelques mois, sont ici oubliés et ce récit de traversée invite autant à vivre l'Histoire que découvrir ces grands destins, assurément, dans un moment clé de leur existence. Un second roman solide, sérieux, plaisant et qui assoit Adrien Bosc parmi les auteurs à garder dans un coin de l'esprit, certainement pour sa grande propension à écrire des moments d'Histoire que seuls des traces incomplètes racontent aujourd'hui…
Retrouvez la chronique en intégralité sur Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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MadameTapioca
  27 août 2018
Je n'ai pas pu aller au bout de ce livre.
J'ai eu la chance de pouvoir lire les épreuves au mois de mai dernier et je me faisais une joie de découvrir la plume d'Adrien Bosc, n'ayant pas lu son précédent roman.
L'histoire avait tout pour me plaire.
L'histoire vraie du cargo CapitainePaul-Lemerle qui en 1941 a accueilli à son bord 300 personnes, des réfugiés européens fuyant la France sous domination allemande. Parmi ces passagers quelques belles figures de l'intelligentsia européenne: André Breton, Claude Lévi-Strauss, Wilfredo Lam, Germaine Krull, Victor Serge, Alfred Kantorowicz.....
Mon problème avec ce livre ne vient donc pas du sujet traité mais clairement du style.
Un mélange de style journalistique avec accumulation de faits et de phrases que je qualifierais de "pompeuses". Résultat une lecture hachée qui a nuit clairement à mon plaisir.
Ce livre trouvera sans doute son public mais en ce qui me concerne, je l'ai juste trouvé prétentieux.
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critiques presse (4)
LeDevoir   24 septembre 2018
Entre l’érudition bien digérée et l’invention nécessaire à tout exercice d’« exofiction », Bosc nourrit son roman d’extraits de lettres, de carnets et de journaux des voyageurs. Un peu long vers le milieu, comme toute traversée au long cours, Capitaine nous entraîne malgré tout dans son sinueux sillage.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Telerama   24 août 2018
Breton, Lévi-Strauss, Anna Seghers… fuient l’Europe en 1941. Avec le récit de cet exode maritime, Adrien Bosc brosse une saisissante comédie humaine.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaCroix   24 août 2018
En haute mer et sur la terre, Adrien Bosc ranime une communauté d’infortunés fuyant la France de Vichy. Cette traversée littéraire et humaine donne lieu à un récit dense, profond.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Lexpress   22 août 2018
De l'exergue de Walter Benjamin - so chic ! - au subtil parallèle avec les migrants d'aujourd'hui, tout, ici, semble calibré et artificiel. Et il arrive ce qu'il arrive avec toutes les croisières du monde : on trouve ça trop long.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
NievaNieva   16 septembre 2018
Pourtant, son œuvre se composait des livres qu’il n’avait pas écrits, ceux qu’il avait sauvés du feu et de l’oubli, en un geste de défi, payé sans doute ce jour de l’illustre honneur d’être sur la liste des fugitifs établie par la Gestapo. C’était à Paris, en 33, avec les membres de l’Association de protection des écrivains allemands qu’ils avaient imaginé le projet d’une bibliothèque qui rassemblerait les œuvres brûlées, censurées ou passées sous silence par le IIIe Reich. Un an jour pour jour après les premiers autodafés, le 10 mai 1934, Alfred Kantorowicz et Heinrich Mann inauguraient au 65, boulevard Arago, la Bibliothèque allemande de la liberté, Deutsche Freiheitsbibliothek. Un comité d’intellectuels à l’initiative d’André Gide s’y était associé, parmi les signataires Romain Rolland, H.G. Wells, André Malraux, Paul Eluard, Louis Aragon ou Henri Barbusse. « Les écrivains mis à l’index par Hitler fondent des bibliothèques dans les grandes capitales du monde », pouvait-on lire dès le lendemain dans la presse. Kantorowicz publia par la suite un pamphlet intitulé Pourquoi une bibliothèque des livres brûlés ?
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NievaNieva   16 septembre 2018
C’est peut-être cela abdiquer, se dit-il alors, accepter d’être bringuebalé dans un grand huit sans moufter, être pulvérisé en morceaux, ne plus s’indigner, survivre, ne plus vraiment vivre, faire de son existence un parcours d’espérances trompées, se rendre honteux de ses faux pas, humilié sans cesse. Il songea à l’exil, à ce qu’il advient de celui qui reste, à ce qui reste de celui qui part. Et à la figure de l’émigré qui le hantait depuis ce soir de décembre 33 où, la clef sur la porte de l’appartement de Berlin, figé, sur le seuil, perdu déjà dans le souvenir des années enfuies, le piano à droite dans l’entrée, la bibliothèque de son bureau, ses livres et le temps d’hier avant même qu’il soit demain, il avait fermé la porte des rappels.
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NievaNieva   16 septembre 2018
Il songea à l’exil, à ce qu’il advient de celui qui reste, à ce qui reste de celui qui part.
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nadiouchkanadiouchka   14 août 2018
Claude Lévi-Strauss avait par deux fois traversé l’Atlantique sur la ligne des Amériques, certains membres de l’équipage étaient d’ailleurs de vieilles connaissances, des compagnons de route, qui, en dépit des conditions, avaient à cœur de maintenir un certain standing au seul habitué à bord. (…) Un chercheur, un écrivain, sans doute pas, même s’il gardait enfouie dans sa sacoche, vingt-sept pages d’un roman inabouti, Tristes Tropiques, il ne savait qu’en faire.
P.86
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nadiouchkanadiouchka   23 août 2018
 Le commandant Ferdinand Sagols ne s’imaginait pas jouer au cache-cache avec les Anglais, longer le rivage marocain, camouflé par le train d’une escorte clownesque, traître pour les uns, audacieux Capitaine pour ses matelots, sauveteur, passeur ou collabo aux yeux de ses passagers.
p.109
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Adrien Bosc ; Le livre qui a changé ma vie.
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