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EAN : 9782875681409
272 pages
Espace Nord (06/01/2017)
3.88/5   4 notes
Résumé :
Le premier texte relate la vie du moine bouddhiste zen Ryôkan (1758-1831). Pratiquant le haïku, il est l'ami des enfants et des oiseaux. Sa fin de vie est transcendée par l'amour de Teishin, belle et sage moniale de quarante ans sa cadette. Le second texte met en scène Jeanne, qui, dans sa cuisine, raconte sa vie et son placement dans un centre de soin familial en psychiatrie.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Croquignolle
  04 mars 2017
Ce livre est comme les personnages qui l'habitent : contemplatif...
J'ai eu besoin de plusieurs jours pour écrire ces quelques mots sur cet ouvrage car le tempo de ses pages invite le lecteur à la lenteur, à la méditation, à la réflexion et au silence. Et j'ai eu peur qu'en écrivant mon avis, je dénature la pureté, l'humilité, la douceur et la force qui émanent des deux romans de ce livre.
Dans "Nuage et Eau", c'est la vie du moine Ryôkan qui nous est contée au coeur d'un Japon spirituel et beau.
Ce récit est une invitation au voyage lointain mais aussi tout proche. Il nous propose de poser un regard critique sur nos manières de vivre, sur nos relations, nos attachements et nos questionnements.
C'est aussi une plongée dans les souvenirs intenses de mon séjour au Japon, sur le Koya San, cette montagne aux 117 temples bouddhistes.
Sous la plume experte de Daniel Charneux, j'ai ressenti à nouveau au plus profond de moi la prière matinale au temple, le bruit du roulement des moulins de prière, la douceur des regards des moines et la vibration de leurs chants graves et envoûtants.
L'auteur est un fin connaisseur du bouddhisme et de manière simple, accessible et romancée, il nous invite à la découverte de cette spiritualité, voire à sa pratique .
Ce premier texte est une halte bienfaisante au coeur de nos vies trop chargées. A déguster sans modération !

Changement de décor avec "Maman Jeanne" qui raconte l'histoire de vie d'une femme d'un autre temps - pourtant pas si lointain - qui, devenue veuve, vit une misère affective et physique intense.
On aimerait être à ses côtés, lui dire que sa vie a du prix, que malgré les douloureuses "aventures" que lui offre son quotidien misérable, elle est importante pour nous. En quelques lignes, je me suis attachée à cette femme simple et j'ai eu envie de voyager dans le temps afin de l'aider, la conseiller, la sauver.
Ces deux romans sont de belles histoires d'amour, de beaux chemins différents vers la recherche d'un absolu, d'un bonheur que l'on croit accessible. Les deux personnages ont en commun cette simplicité de coeur qui leur permet de faire un choix radical qui ouvre à l'Autre, au divin.
Deux histoires profondément émouvantes et riches, exigeantes et denses qui nous invitent à nous taire et à méditer.
Un petit bémol tout à fait personnel : Une fois de plus, j'ai l'impression que le bouddhisme est présenté comme une philosophie bienfaisante, positive qui apporte des solutions concrètes à nos problèmes actuels tandis que le catholicisme y est présenté de manière plutôt négative, comme une religion hiérarchique qui rabaisse la femme qui n'est bonne qu'à réciter machinalement le chapelet et à supporter l'autorité des hommes qui la pratiquent.
Bien sûr, on ressent dans ce livre que la vie de moine bouddhiste n'est pas facile, que les choix de Ryôkan sont radicaux et difficiles et que c'est une lutte de tous les instants. Il en ressort cependant une impression positive, une belle lumière.
Dans "Maman Jeanne", tout ce qu'on dit de la religion catholique est lourde de préjugés. Jeanne ne trouve aucun repos, aucun soutien, aucune espérance dans cette foi chrétienne qui apprend aux gens à rabâcher des prières et à respecter le prêtre tout-puissant.
Comme le yin et le yang s'équilibrent et se complètent,
comme ces deux récits s'éclairent et s'ajustent,
j'aurais aimé que les deux spiritualités dansent sur le fil du beau et du positif sans renier leurs failles et les difficultés de leur pratique.
Un grand merci à Babelio et à la Collection Espace Nord pour la découverte de cet auteur dont je n'avais jamais entendu parler. Quand la Belgique rencontre la Suisse, le courant passe magnifiquement ! MERCI !
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wivin
  02 mars 2017
[Livre reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique]
Quand j'ai reçu le livre, j'ai commencé par lire Maman Jeanne. En partie parce que, comme j'étais fatiguée, j'ai choisi de commencer par le roman le plus court des deux. En partie parce que je suis une jeune maman et que le thème de la mère seule poussée à faire des choix difficiles me touchait. Je pensais en lire juste quelques pages avant de dormir. Je l'ai lu en entier (en une heure environ). J'ai ressenti beaucoup de compassion pour cette femme qui n'a pu faire aucun choix déterminant dans sa vie, à qui tout à été imposé et se retrouve à porter une charge très lourde, à subir les critiques, le mépris et surtout à être privée de la présence et de l'amour de ses enfants. Une femme qu'une profonde injustice de plus amène au seuil de la folie, seuil depuis lequel elle nous raconte son histoire.
Nuage et Eau, par contre, je l'ai lu lentement. Quelques pages à la fois. Je m'y sentais invitée par la découpe en courts chapitres. Je suis entrée dans cette histoire et m'y suis sentie tellement bien que j'ai eu envie de la faire durer, de la savourer. le thème du zen nourrissait des réflexions et des rêveries surtout, faisait écho à des événements de ma vie et à certaines préoccupations.
Au delà du thème du bouddhisme, le personnage m'a intéressée car c'est un moine atypique. Il joue avec les enfants, écrit des poèmes. Il cherche la cohérence avant tout, il applique réellement les textes sacrés dont il est passionné. Ainsi, il refuse le pouvoir par deux fois, pour mener une vie solitaire et dépouillée à l'extrême. Il applique la compassion pour tous les êtres, jusqu'aux poux qui l'habitent. Bien que le zen promeuve le détachement et l'acceptation de l'impermanence, il continue à aimer certains êtres plus que tous les autres, il pleure les membres de sa famille qu'il perd, et ressent le manque de leur présence encore des dizaines d'année après. Il tombe amoureux.
J'ai maintenant terminé le livre depuis une dizaine de jours. Depuis, j'enchaîne les lectures sur le zen et le bouddhisme. J'avais sous la main « La citadelle des neiges », « Moine zen en occident » et la BD « Ikkyu ». J'aimerais lire « Neige » et d'autres essais et romans sur le zen, les haïkus, le Japon. Nuage et eau m'a marquée et a attisé ma curiosité.
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stayfunny
  24 février 2017
Tout d'abord, un grand merci à babelio et masse critique pour m'avoir fait découvrir ce livre. L'ouvrage est composé de deux récits avec des similitudes.
Le premier relate la vie de Ryokan qui devient moine bouddhiste. Sa vie sera frugale mais il profitera pleinement des bonheurs de la vie qui l'entoure sans ressentir de manque ou de besoin. Cela jusqu'à sa rencontre avec Teishin, qui est également moniale bouddhiste. La relation qui les lie va leur faire ressentir le manque et beaucoup de sentiments vont se développer pour chacun d'entre eux.
La seconde histoire: «maman Jeanne» nous depeint la vie d'une veuve avec trois enfants qui va se retrouver au service d'un prêtre. Elle va être précipitée dans le malheur alors que sa vie semblait s'améliorer.
L'amour est un des sujets principaux des deux histoires, un amour impossible, ou bien platonique.
Deux récits agréables à lire malgré la cruauté du second. Une très belle découverte que voilà.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
CroquignolleCroquignolle   10 mars 2017
Oui, ce hameau à la frontière, on y naissait, on y mourait. On y vivait peut-être un peu, entre les deux, comme en passant. J’aurais aimé ça, moi, être d’un coin, et y rester, qu’on entende un soir le glas tinter pour moi et qu’on dise : V’là la Jeanne qu’elle s’en va…
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CroquignolleCroquignolle   07 mars 2017
C’est dont ça, être femme ? Saigner, souffrir, tourner de l’œil ? Si je restais petite fille ?
Elle sort de l’enfance, meurt à nouveau pour mieux revivre. La voilà demoiselle. Ses kimonos vont changer de couleurs.
Elle a compris que le combat ne s’arrête pas au premier sang.
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CroquignolleCroquignolle   14 février 2017
Il eut une pensée pour sa mère. Elle ne vivrait pas éternellement. Avait-il bien mesuré, en prenant sa décision, la peine qu'il lui causait ? En poursuivant l'idéal de compassion universelle qu'avait légué le Bouddha, ne lâchait-il pas la proie pour l'ombre ? Quelle valeur avait une vocation qui, pour apaiser la souffrance de millions d'inconnus hypothétiques, faisait d'abord souffrir une mère de chair et d'os ?
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CroquignolleCroquignolle   10 mars 2017
Je ne vous aime pas, mon amie, vous valez bien mieux que cela. Je ne désire que vos yeux dans mes yeux. Je ne désire rien de plus, car plus serait moins. De vous, je veux juste être assuré de la présence aux moments où la vie se fait un peu lourde, un peu pierre. Je veux simplement savoir vos épaules sous ce ciel, vos pieds sur cette terre. De vous je ne désire que la pensée en moi, comme en l’huître la perle. De vous je ne veux rien, car vouloir serait perdre.
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CroquignolleCroquignolle   07 mars 2017
Et Ryôkan, peu à peu, fit comprendre à Yûshi que l’on pouvait s’enivrer sans alcool. Quel l’on pouvait trouver l’ivresse dans un chant d’oiseau ou un champ de coquelicots, dans quelques grains de riz au fond d’un bol ébréché, dans la fumée montant à la verticale du brûle-encens, dans le premier appel du coucou au printemps, dans l’ombre du bambou, la rosée du matin, dans le mélancolique coassement des grenouilles, le feu des lucioles par une nuit sans lune, le claquement d’une canne sur les pavés de la route, la floraison mauve du paulownia, un nénuphar, un cèdre, un pinceau de soleil.
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