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EAN : 9782882534927
192 pages
Luce Wilquin (15/08/2014)
4.1/5   5 notes
Résumé :
Si le titre Illusions perdues n'était déjà pris par un illustre romancier, il aurait pu servir à l'auteur de Trop lourd pour moi. Car Jean-Baptiste Taillandier, le protagoniste narrateur de ce récit, perdra une à une les illusions de son enfance. Né au milieu des années 50, il entre dans la vie avec la louable intention d'aider la veuve et l'orphelin. Tenté un temps par la coopération au développement, il devient finalement psychologue en milieu scolaire. Or, la sat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
"Qui se met à parler court le risque de ne pas être compris. Est-ce une raison pour se taire ?", s'interroge Jean-Baptiste Taillandier, le narrateur de Trop lourd pour moi. En tout cas, dans ce livre, il est bien décidé à se livrer, et à tout nous dire de façon la plus honnête possible.
En compagnie de Jean-Baptiste, nous parcourons le dernier demi-siècle du dernier millénaire, avec ses révolutions industrielles, l'émergence du rock et ses slogans publicitaires qui parlent à certains d'entre nous (et oui, Seb, c'est bien !).
Pour ma part, la grande force de ce roman ne réside pas dans l'évocation d'une époque ou d'un destin ; d'ailleurs, celui de Jean-Baptiste n'est pas particulièrement remarquable : on y voit des illusions, des découvertes, sur soi et les autres, des essais, une ambivalence très forte dans l'approche de l'autre (notre narrateur tente par exemple de se fondre dans un collectif bouddhiste mais se refuse l'intimité avec une dame... enfin, c'est plus compliqué que ça, mais...). En dépiautant avec une très belle écriture bien équilibrée la vie de son anti-héros, le lecteur que je suis s'est senti invité à regarder à son tour sa vie, celle qu'on imaginait, celle qui a été, celle qui se profile.
J'ai trouvé beaucoup de justesse dans ce titre, dans les choix de vie, dans la façon de les aborder, dans le ton et l'écriture. C'est une magnifique découverte, que j'ai beaucoup apprécié, mais il vaut mieux, avant de se lancer, ne pas avoir le moral dans les chaussettes (même si le tout n'est pas dénué d'humour) !
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Daniel Charneux est un ecrivain que j'ai rencontré à plusieurs reprises , un homme passionnant qui a une grande sensibilité, qui a déjà une longue carrière derrière lui , il est également passionné par le bouddhisme, il écrit des haïkus .
Dans ce roman , il se livre un peu mais avec la réserve qui le caractérise , un peu autobiographie mais pas trop , mêlant habilement confidences et création romanesque .
J'ai beaucoup aimé ces passages où l'auteur se dévoile , avec une grande pudeur .
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Il y a un peu plus d'un an, je découvrais Daniel Charneux avec « Comme un roman fleuve ». C'est avec plaisir que je l'ai retrouvé ici, dégustant lentement, son écriture pleine de charme et de rigueur. Il aime faire vibrer les mots qu'il choisit avec soin pour décrire le quotidien, les émotions, les personnes rencontrées ou les paysages traversés. Sa langue s'est allégée des multiples appositions qui alourdissaient quelque peu son roman précédent et j'ai pris encore plus de plaisir à la lire. Formellement, ce roman est donc pour moi une réussite.

En ce qui concerne le fond, j'avoue avoir déchanté au deux tiers du roman. Jean-Baptiste Taillandier est à peine plus vieux que moi et j'ai beaucoup aimé découvrir ses souvenirs d'enfance, sa famille et ses habitudes, les objets du quotidien, les loisirs qui étaient les siens... Je me suis en quelque sorte replongée moi aussi en enfance à l'évocation de ces souvenirs qui faisaient écho en moi.

Là où cela se corse, c'est dans la manière dont il aborde sa vie d'adulte. Un Oedipe mal réglé, une perte prématurée, un égo assez développé... et ce petit garçon qui semblait avoir tout pour devenir un adulte épanoui, va passer sa vie à se chercher, à passer à côté des autres et de lui-même. A chaque obstacle, il s'enfonce un peu plus dans la déprime, voire la schizophrénie et perd pied avec la réalité. Cherchant son équilibre dans un métier tourné vers les autres (psychologue en milieu scolaire), dans des relations où il se laisse faire sans vraiment faire de choix, et même dans le bouddhisme ! Il se perd un peu plus au fil du temps qui passe.

Si l'enfant et l'adolescent m'ont émue, l'adulte m'a passablement irritée. Témoin passif des déboires du monde, des problèmes de notre société, de sa propre existence, il fuit toute réalité ne faisant jamais face. Il se pose en victime, telles les héroïnes des tragédies grecques, ballotées par la fatalité. Par peur, par lâcheté, par manque d'audace, il est le jouet du destin, jamais acteur de sa propre existence. Que j'aurais aimé le secouer !

Un récit de vie tout en finesse à fuir si l'on est soi-même un peu déprimé. Un roman à l'écriture minutieuse que j'aurais souhaitée au service d'un récit optimiste. A lire pour se faire sa propre impression.

Lien : http://argali.eklablog.fr/tr..
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Jean-Baptiste Taillandier n'en peut plus de sa vie, c'est trop lourd pour lui, il faut changer de cap.
Le narrateur près de la soixantaine est mal dans sa peau : il se revoit enfant, ado, jeune adulte. Qu'a-t-il enduré ? A-t-il agi ? Son entourage l'a-t-il aidé ? Quels sont ses moments heureux ? Toute la vie quotidienne de la deuxième moitié du vingtième siècle est revisitée. Qu'a-t-il fait de sa vie tant affective que professionnelle ? Il se retrouve seul et son métier de psychologue dans une école secondaire ne l'a pas gâté non plus.
Malgré la morosité qui se dégage de par le caractère du narrateur, le lecteur trouve un réel plaisir de lecture : style imagé, belle étude de la vie courante des années cinquante jusqu'à nos jours, avec toute l'évolution des moeurs boostée par l'internet et le numérique.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Cinquante ans .Les jours coulent goutte à goutte comme à l'hôpital , le sérum dans les tuyaux d'une perfusion .
Et c'est ma vie qui lentement s'écoule .
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