AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782742759392
114 pages
Actes Sud (23/01/2006)
3.45/5   19 notes
Résumé :
En 1912, alors que le dernier empereur chinois était chassé du trône, grand-mère Lie-Fei avait cinq ans. Elle venait de subir l'opération destinée à rapetisser ses pieds, afin de les rendre "beaux comme des fleurs de lotus".

Mais grâce au changement de régime, ou à cause de lui, l'opération fut vite interrompue, et c'est avec des pieds "moyens" - garants d'une position médiane dans le conflit entre la tradition et la modernité - qu'elle traversa sans... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
bilodoh
  31 juillet 2016
L'eau qui coule dans mon pays natal garde les souvenirs de ceux qui y ont vécu. Ying Chen raconte l'histoire de sa grand-mère qui est aussi l'histoire de la Chine du vingtième siècle.

C'est d'abord une petite fille de 5 ans dont on a bandé les pieds pour qu'ils restent tout petits, mais avec la chute de l'empereur, le pays rompt avec le féodalisme et on libère ses pieds qui resteront à demi transformés.

C'est une jeune fille qui apprend le français avec un « oncle », un étranger européen amoureux de la Chine, qui vit dans la concession française de Shanghai.

C'est ensuite une jeune femme qui épouse un marchand de chaussures, un petit bourgeois qui possède même une usine de fabrication.

C'est plus tard une mère qui devient une camarade qui apprend à broder des drapeaux rouges et qui est fière de son fils membre du parti.

Mais c'est aussi une mère qu'on lapidera sur la place publique parce que son fils est un universitaire, un intellectuel qui doit être rééduqué.

C'est une grand-mère qui verra sa petite-fille émigrer vers l'Amérique.

On a peine à croire à autant de bouleversement dans une seule vie…
Tant de choses dans un tout petit roman d'une centaine de pages !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          312
ghis38
  16 avril 2015
Après avoir parcouru la Finlande avec un lièvre, là, je me suis immergée dans la culture de ce grand pays qu'est la Chine. Comme quoi, avec les livres, on peut voyager à moindre frais!
Ce livre est dédié à la mémoire de Lie-Fei, grand-mère de Ying Chen, dont elle relate l'histoire. Cette chronique familiale débute en 1912 avec l'abdication de l'empereur et se termine en 1976 avec la mort de Mao.
Le récit commence lorsque Lie-Fei a 5 ans et qu'elle va subir cette horrible mutilation qu'est le "bandage de pieds". Les pieds rapetissés étaient un signe de noblesse, glorifiés pour leur côté esthétique et érotique mais condamnaient les femmes à une totale dépendance.
Un livre très pudique qui retrace la vie de cette grand-mère qui va vivre de grands bouleversements sociaux. Il denonce, entre autres, l'oppression des femmes contraintes à l' obéissance.
Le récit est composé de 10 chapitres dont certains peuvent se lire indépendamment des autres, ce qui m'a un peu perturbée car je ne voyais pas où elle voulait aller. Je trouve dommage que l'auteure n'ait pas consacré quelques lignes sur les premiers pas de sa grand-mère dans sa nouvelle vie d'épouse, sur la découverte de cet homme qu'elle ne connaît pas, sur sa nuit de noces. D'ailleurs, le thème des relations intimes n'est jamais abordé, certainement dû à une grande pudeur.
Un style simple et direct. Une belle découverte. C'est le 1er roman de Ying Chen et j'ai envie de découvrir ces autres romans.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
cathe
  21 septembre 2015
Ce roman est un hommage de l'auteur à sa grand-mère, Lie-Fei, qui a commencé à subir l'opération qui rapetissait les pieds des femmes chinoises alors qu'elle avait cinq ans. Mais nous sommes en 1912, le dernier empereur est chassé du trône et tout change ! On ne bande plus les pieds des femmes ! Toute sa vie Lie-Fei sera partagée entre la joie d'avoir évité la douleur de ces interventions, mais aussi la honte de ne pas avoir les petits pieds qui symbolisaient la beauté féminine. Ces impressions se superposent aux bouleversements politiques et économiques qu'a connus la Chine au 20è siècle.

Ce récit est intéressant car à la fois il est empreint de sensibilité et de poésie et à la fois c'est un témoignage sur le sort des femmes en Chine au 20è siècle.

L'auteur, Ying Chen, est née à Shanghaï en 1961 et vit à Montréal depuis 1989. Elle écrit en français.
Commenter  J’apprécie          10
Neneve
  08 novembre 2016
J'ai découvert cette auteur au secondaire, parce qu'un de ces bouquin était un livre obligatoire à lire (L'Ingratitude) et je suis tombée sous son charme. Y'a de ces lectures qui touchent directement au fond du coeur et c'est ce que me font les livres de Ying Chen.
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
wellibus2wellibus2   18 décembre 2014
....." Sur le dos des femmes, nous disait-on, il y avait trois montagnes qui risquaient de les écraser : le droit de leur père, le droit de leur mari et le droit de leur fils... Une fois libérées, ces femmes pourraient soulever la moitié du ciel."
Commenter  J’apprécie          240
bilodohbilodoh   31 juillet 2016
Seule sur le quai, elle regarda le bateau partir vers son pays natal. Elle eut soudain l’impression que la vie s’éloignait d’elle comme ce bateau, emportant des êtres chers ou détestés, et surchargés d’amour ou de haine.

(Leméac, p. 96)
Commenter  J’apprécie          160
wellibus2wellibus2   18 décembre 2014
.....J'avais à ce moment-là, comme le reste de la nation, une grande soif de croyance. J'étais prête à croire en Dieu, au diable, à Bouddha, aux fantômes, à n'importe quoi pourvu qu'on me donnât quelque chose auquel croire. je ne distinguais pas la religion de la superstition puisque l'une comme l'autre étaient également blâmées et interdites
Commenter  J’apprécie          70
ghis38ghis38   15 avril 2015
Accompagné de sa mère, un homme entra dans la chambre de Lie-Fei. Il
s' inclina poliment devant le lit, sortit de sa poche un gros rouleau de bande en coton blanc et se mit à l'enrouler sur le pied de la petite fille. Celle-ci ne voyait pas les yeux de l'opérateur. La bande se ressera de plus en plus. Elle se mit à crier et à pleurer de désespoir, suppliant maman Ai-Fu de la sauver, cherchant des yeux sa mère qui était sortie de la pièce elle ne savait quand.
Maman Ai-Fu pleurait elle aussi. C'était la première fois qu'elle assistait à un tel spectacle. Et il s' agissait de sa "chère petite" !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
ghis38ghis38   15 avril 2015
Grand- mère apprit qu'à l'époque où l'on avait inventé les caractères chinois, les femmes étaient dangereuses. Ainsi, l'orthographe indiquait qu'une femme qui faisait quelque chose était dangereuse, qu'une femme qui s' occupait de plus d'une affaire paraissait détestable, qu'une femme morte devenait un démon et qu'une femme n'était bonne que lorsqu'elle avait un fils. En plus des leçons d'orthographe, il y avait celles de morale. Le professeur lui avait enseigné quatre mots dans cet ordre : le roi, le supérieur, le père, le fils.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Video de Ying Chen (3) Voir plusAjouter une vidéo
autres livres classés : chineVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Classiques en Chine

Hymne aux femmes de toute condition dans une société féodale, ce chef d'oeuvre de la littérature classique chinoise fait évoluer plus de 400 personnages. De quel roman s'agit-il ?

L'histoire des trois Royaumes
La Cité des femmes
Epouses et Concubines
Le rêve dans le pavillon rouge

10 questions
98 lecteurs ont répondu
Thèmes : chine , littérature chinoise , culture chinoiseCréer un quiz sur ce livre