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ISBN : 2742708510
Éditeur : Actes Sud (04/06/1999)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 178 notes)
Résumé :
Dans le Montréal populaire des années cinquante, Michel Tremblay, par la magie des mots et le jeu des signes, découvrait qu'au fond des livres bat le coeur du monde. Dans la compagnie de SaintExupéry, Eschyle, Jules Verne, Victor Hugo, Gabrielle Roy, il entrait en littérature - avec la complicité de sa mère, cette Rhéauna aux reparties si savoureuses qui allait devenir la Grosse femme des Chroniques du Plateau Mont-Royal. Après les Vues animées et Douze coups de thé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
yva63
  01 août 2013
Grâce à une amie « babélienne » et, de surcroît, québécoise, je viens de refermer un petit bijou : « Un ange cornu avec des ailes de tôle » de Michel Tremblay, auteur dont je ne connaissais…que le nom, je dois l'avouer.
Interpellée par cette lecture épatante, j'ai voulu combler mes lacunes et voici pour ceux qui, comme moi, sont un peu ignorants de la richesse de la littérature québécoise le résultat de mes recherches.
Michel Tremblay est né à Montréal en 1942, certains de ses ascendants étaient d'origine française plus ou moins lointaine, d'autres, selon lui, d'origine plus mystérieuse…Il a vécu son enfance dans un modeste quartier de Montréal où la langue courante parlée était le joual, parler français issu de la culture populaire de la ville. Dés sa plus jeune enfance, c'est un passionné de lecture et il comprend très vite qu'« au fond des livres bat le coeur du monde ».
Auteur de nombreuses pièces de théâtre, de romans et récits, il a été un des précurseurs du renouveau littéraire québécois et a réhabilité le joual, longtemps méprisé par les « puristes ».
Venons en au roman. Chapitre après chapitre, chacun consacré à une oeuvre ayant marquée son enfance ou son adolescence (depuis « L'auberge de l'Ange Gardien » jusqu'au théâtre d'Eschyle en passant par « Les enfants du capitaine Grant »…), Michel Tremblay nous raconte ses souvenirs : son quartier, son enfance, sa famille, son amour des livres et ses premiers pas en écriture dans cette langue savoureuse et imagée avec la complicité de sa mère aux réparties truculentes !
Livre plein d'amour et d'humour qui m'a donné envie de découvrir l'ensemble de son oeuvre ce que je vais faire avec sa pièce de théâtre « Les Belles-Soeurs » et « Les Chroniques du Plateau Mont-Royal »… pour commencer.
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Shan_Ze
  04 juillet 2013
J'ai beaucoup aimé (je pourrais même dire que j'ai tripé des bulles !) L'auteur nous parle de sa jeunesse au Québec, surtout de son enfance, à travers son amour des livres. Les discussions avec sa mère sont à mourir de rire ! Je me suis un peu reconnue dans ce livre, avec la relation qu'il a avec les livres...
On le voit petit à petit grandir dans ses livres : se reconnaît dans certains livres, a des héros dans d'autres. La dernière partie était sans doute la plus importante pour lui : celle où il parle de son premier livre publié. D'ailleurs, un ami qui a sorti un livre a dit la même chose que Tremblay sur l'émotion que ça lui procurait : J'ai cru que j'allais m'évanouir. Mon premier enfant.
J'avoue avoir été un peu réticente, le titre me semblait assez étrange mais je ne regrette pas de l'avoir ouvert.
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Moan
  09 mai 2014
C'est rempli d'amour ce livre-là!
D'abord, Michel Tremblay présente sa mère avec beaucoup d'humour et tout l'amour qu'il a pour cette femme qui a toujours été présente pour l'encourager à lire.
Dans quatorze petits chapitres, il parle d'une expérience de lecture:
- La première fois qu'il se rend à la bibliothèque.
- La BD qu'il reçoit de sa tante qui lui fait revoir ses idées sur ce genre littéraire.
- Son cadeau de Noël.
- La manière dont il réinvente la fin de Blanche Neige et les sept nains.
- Sa découverte de Gabrielle Roy...
Une écriture savoureuse du début à la fin... Un vrai bonheur!
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Errant
  22 janvier 2018
De sa jeune enfance jusqu'à la parution de son premier livre, Tremblay nous raconte ici, sous forme de treize moments, chronologiquement orchestrés, chacun correspondant à la découverte d'un livre ou d'un genre littéraire, sa passion de la lecture et son goût naissant de devenir écrivain. Un pur délice, du début à la fin! Les dialogues avec sa mère, et accessoirement avec sa grand-mère, sont savoureux, pétillants d'intelligence, dans une langue que lui seul a si bien rendu. Et, pour qui aime les livres, le tout frise l'indécence tellement à chaque évocation, il réussit à aller au coeur de l'oeuvre dont il parle, à nous faire miroiter ses multiples facettes tout en nous confiant, en toute simplicité, en quoi ces bouquins ont été marquants dans son évolution de lecteur.
Mais le charme ne tient pas qu'à cette dimension. On y découvre Tremblay. Enfant; tout un méchant gosseux lorsqu'il avait une idée en tête, en même temps qu'il a eu la chance d'avoir une mère à l'esprit ouvert qui savait lui tenir tête lorsque nécessaire. On sent l'amour suinter entre ces deux-là tout au long du livre... Confronté à l'imbécillité (appelons les choses par leur nom) des Frères de l'instruction chrétienne à l'adolescence, spécifiquement sur la question des livres à l'index, il tire brillamment son épingle du jeu et on jouit pratiquement avec lui de sa douce mais explicite revanche. Aucune fanfaronnade non plus autour de la publication de son premier livre, dont l'accouchement n'a vraiment pas semblé évident... Pour un auteur de sa renommée, cette humilité l'honore.
Je ne m'autorise vraiment pas souvent, pour ne pas dire jamais, de dire qu'une lecture est incontournable. Mais dans ce cas-ci, oui. C'est tout dire!
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VALENTYNE
  10 novembre 2018
En treize chapitres, Michel Tremblay nous fait part de sa passion pour les livres. Cela commence très tôt, à trois ans il ne sait pas encore lire mais il emmène des livres à sa grand-mère qui ne peut pas se déplacer. Cela continue ainsi de chapitre en chapitre : sa première lecture de « grand » : « L'auberge de l'ange-gardien » de la comtesse de Ségur, sa découverte de Tintin et de la BD qu'il méprise au départ avant de se laisser subjuguer par cet univers, sa découverte des romans d'aventures de Jules Verne, sa passion pour les contes avec Blanche Neige et les sept nains – il essaie pendant plusieurs semaines de changer la fin de ce conte par sympathie pour les nains, sa rencontre-choc avec la littérature québécoise et « Bonheur d'occasion » de Gabrielle Roy, sa découverte quand il est adolescent de Victor Hugo (des pages très drôles où Michel Tremblay se sert de Victor Hugo pour contester les Frères qui enseignent dans son collège de jésuites). Enfin il raconte également ses multiples virées dans les bibliothèques et notamment ses stratagèmes pour emprunter un livre « Orage sur mon corps » d'André Béland, livre qu'il n'arrivera jamais à emprunter d'ailleurs car la censure veille : il faut être majeur pour pouvoir emprunter un livre traitant d'homosexualité. Il découvre dans d'autres livres que son homosexualité n'est pas une chose isolée et que beaucoup d'hommes sont comme lui.
A chaque chapitre, il y a des passages savoureux de dialogues avec sa maman qui, elle, lit très peu mais qui encourage sa soif de lecture. le lecteur suit donc le jeune Michel de ses 3 ans jusqu'à ses 25 ans, de la passion de la lecture à la concrétisation de sa passion de l'écriture avec la publication d'un recueil « Contes pour buveurs attardés ».
Le ton de Michel Tremblay est absolument adorable : il est drôle, caustique, ironique et à la fois tendre et bienveillant avec sa maman. En résumé un livre qui m'a autant plu que « Bonbons assortis », un peu bâti sur la même idée : raconter des tranches de vie de son enfance jusqu'à ce qu'il devienne jeune adulte.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   03 mai 2013
Page neuf, après quelques courts dialogues entre guillemets que je compris bien, la comtesse de Ségur écrivait ceci :
"L'ENFANT. - Moi, ça ne fait rien ; je suis grand, je suis fort ; mais lui, il est petit ; il pleure quand il a froid, quand il a faim."
L'HOMME. - Pourquoi êtes-vous ici tous les deux ?

Qu'est-ce que le mot "homme " et le mot "enfant" faisaient là, suivis d'un point et d'un tiret ? Est-ce que ça voulait dire qu'ils parlaient ?" - ben oui mon drôle, la Comtesse faisait représenter ses livres par les enfants qui l'entouraient. A six ans, j'ai lu Les malheurs de Sophie. Nos parents nous privaient de portables et nous ne pouvions que lire. Nous étions des enfants martyrs. "Est-ce qu'il fallait dire les noms des personnages à voix haute dans sa tête avant de lire le reste ? Si oui, ça me dérangeait parce que je n'aimais pas m'entendre dire "L'enfant" avant de lire ce que 'enfant avait à dire ! C'était donc bien niaiseux ! Je n'avais pas besoin de ça pour comprendre, je n'étais pas un épais, alors pourquoi l'avoir mis là ? Y avait-il une raison que je ne saisissais pas ? Pourtant futur auteur de théâtre, cette façon de transcrire les dialogues me rebuta tellement qu'après avoir recommencé une dizaine de fois la page neuf sans avoir trouvé de réponse à ma question, je me mis à pleurer dans mon livre. Si je ne comprenais pas au bout de trois pages, qu'est-ce que ce serait sur cent quatre-vingt-dix ? Une grosse peine d'enfant qui sait pourquoi il pleure mais qui n'a personne pour lui donner la solution à son problème me chavirait le cœur. Je n'étais pas loin de penser que j'étais déjà puni de ma mauvaise action. Je refermai le livre en me disant que, le matin de Noël, quelqu'un de ma famille m'expliquerait tout ça et que je pourrais enfin lire L'Auberge de l'Ange-Gardien. Ça ne me soulageait qu'à moitié, cependant, parce que, déjà trop orgueilleux, j'aurais voulu comprendre tout seul. Je me mouchai tant bien que mal dans la manche de mon chandail de laine", suivant les consignes de Mme Bachelot, "et remis le livre à sa place.


Mais, au risque de me faire surprendre, je revins presque chaque jour ouvrir le livre pour essayer de saisir pourquoi Comtesse - on aurait vraiment dit un prénom de chien ! - de Ségur avait écrit ses dialogues de cette façon-là. Je feuilletais les pages, je me rendais compte que ce genre de dialogues se retrouvait partout dans le livre, je le refermais brusquement en me disant que je n'arriverais jamais au bout de l'histoire parce que ça m'énervait trop de voir les noms des personnages en lettres majuscules à tout bout de champ... Je faisais une véritable fixation sur les dialogues de L'Auberge de l'Ange-Gardien et je me mis à haïr le livre avant même d'avoir dépassé la page neuf.

Les Fêtes approchaient et un bon matin je trouvai mon livre emballé dans un grand portrait de père Noël hilare" - mais comment fait-il donc, cet adulte, pour aller jusqu'à se souvenir du papier l'emballage de son cadeau ? Qu'est-ce que je suis nul !

Puis, une nuit, une question me frappa qui me cloua sur place, incapable de bouger et le cœur dans un étau : est-ce que tous les livres étaient écrits de cette façon-là ? Et est-ce que ça voulait dire que je n'aimerais jamais lire ?
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PersepolisPersepolis   14 juin 2011
Eveil de la princesse, pâmoison devant le damoiseau, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, fin de l'histoire.
Et les pauvres nains, eux?
Quand je sortais une autre version de Blanche-neige de la salle pour enfants de la Bibliothèque municipale, la bibliothécaire, que j'avais fini par adorer parce qu'elle me laissait sortir plus de livres que le nombre auquel j'avais droit, fronçait les sourcils.
"Encore ça! T'es pas tanné de toujours lire la même histoire?
- J'ai pas lu cette version-là...
- Coudonc, rêves-tu que le prince arrive pas pis que Blanche-neige sèche dans son cercueil de verre comme une vieille pomme pourrie?"
Je n'allais tout de même pas lui avouer que je rêvais plutôt que la rescapée et le grand insignifiant emmènent les nains avec eux en voyage de noces, alors je me taisais.
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CielvariableCielvariable   03 mai 2013
J'aime les livres, je I' ai assez dit jusqu'ici, j'aime les palper,les feuilleter,les humer; j'aime les presser contre moi et les mordre; j'aime les malmener, les sentir vieillir entre mes doigts, les tacher de café- sans toutefois faire exprès-, y écraser de petits insectes, l'été, et les dépose n 'importe où ils risquent de se salir, mais quand je vois pour la première fois un de mes livres à moi, un enfant que j'ai pensé,pondu, livré, l'émotion est tellement plus forte, la joie tellement plus vive, que le monde s 'arrête littéralement de tourner. Je ressens une petite secousse comme lorsqu'un ascenseur s'arrête, mes genoux se dérobent, mon coeur tape du pied comme ma grand-mère Tremblay sur le balcon de la rue Fabre quand j 'étais enfant, et chaque fois – ce livre-ci sera le quarantième -, je pense à maman qui n'a jamais su que j 'écrivais, qui est partie doublement trop tôt: parce que je I'aimais et parce que je n'ai jamais pu lui confier les deux secrets de ma vie, mon orientation sexuelle et... Qu'aurait-elle dit en ouvrant le premier livre de son fils qui I'avait si souvent exaspérée?
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MoanMoan   09 mai 2014
Ouvrir un livre demeure l'un des gestes les plus jouissifs, les plus irremplaçables de la vie.
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CielvariableCielvariable   03 mai 2013
He’s already sleeping… With a book on his chest… Isn’t that cute…
- Ouan… Y va finir par s’arracher les yeux avec ses folleries…

Le ton de ma mère est sans équivoque : elle sait très bien que je ne dors pas et elle veut que je sache qu’elle n’est pas dupe de mon petit jeu. - You can’t say he reads too much… C’est toé qui l’encourage à lire...
- J’y dis de pas se casser le cou quand y lit, de pas lire couché, de lire assis, le corps droit, de faire attention qu’y’aye assez de lumière, que la lumière vienne de la gauche, de l’éteindre avant de s’endormir… Y’écoute pas, y’écoute pus, y’écoute jamais…
- Don’t say that, he looks so sweet…
- Ben oui, he looks so sweet quand y’a du monde, mais y’es pas du monde quand chua tu-seule avec lui!
- Chus sûre que t’exagères…
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Videos de Michel Tremblay (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Tremblay
Moment décisif aujourd?hui : les séries des libraires prennent fin avec un ultime duel qui oppose deux monuments de la littérature québécoise? et deux merveilles de la librairie indépendante. D?un côté, c?est Michel Tremblay, auteur chouchou de notre littérature, et son roman Un ange cornu avec des ailes de tôle qui est défendu par la Superbe de Trois-Rivières, la rayonnante Audrey Martel de la librairie l?Exèdre. de l?autre, c?est la bien-aimée des lecteurs, Anaïs Barbeau-Lavalette, auteure du méga-succès La femme qui fuit, qui compte sur les arguments-chocs de la Menace de Saint-Jean-sur-Richelieu, le passionnant Denis Gamache de la librairie Au carrefour.
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